31 décembre 2005

MRS. MILLS : Everybody's welcome at Mrs. Mills' party


Acquis dans une boutique caritative à Douvres le 26 août 2005
Réf : GEP 8918 -- Edité par Parlophone en Angleterre en 1963
Support : 45 tours 17 cm
4 potpourris de 12 titres en tout

Puisque c'est fête ce soir, il est peut-être temps de répondre à l'aimable invitations de Mrs. Mills !
C'est évidemment pour la pochette que j'ai décidé d'acheter ce disque...!

Mrs. Mills, Gladys de son prénom, a connu un certain succès en Angleterre au début des années 1960. Pourtant, rien ne l'y prédestinait. Elle vivait avec son mari Bert dans une maisonnette de Loughton, dans l'Essex, et était responsable d'une équipe de dactylos dans une trésorerie de Londres.
Elle s'est retrouvée sous les feux de la rampe à quarante ans après avoir été repérée lors d'un spectacle du groupe semi-professionnel dont elle faisait partie, les Astorians.
Son premier disque a eu un certain succès, et elle a joué dans toute la Grande-Bretagne. Elle est aussi passée beaucoup à la télé et à la radio.
Pendant quelques années, Parlophone a sorti un disque d'elle tous les ans avant la période des fêtes. Il s'agit de medleys instrumentaux qui font la part belle à son piano. Comme quoi, ils n'avaient pas que les Beatles pour s'occuper chez Parlophone à cette époque !
Ce soir, je réveillonnerai en ayant une pensée pour Mrs. Mills, qui est décédée en février 1978.

30 décembre 2005

JACOB MILLER : Keep on knocking


Acquis dans une boutique spécialisée reggae, à Paris ou à Londres, au tout début des années 1980
Réf : [sans] -- Edité par Joe Gibbs en Jamaïque en 1979
Support : 45 tours 30 cm
Titres : Keep on knocking (Jacob Miller) -- This old man (U Brown) -/- Above rocks bubbler (Joe Gibbs & The Professionals)

J'ai rarement fréquenté les boutiques spécialisées de reggae, mais les rares fois où je l'ai fait (Blue moon, Daddy Kool, Dub Vendor,...) j'ai eu l'impression de pénétrer dans un monde qui m'était étranger, avec tous ces disques sans pochettes, et parfois même sans rondelle avec juste une annotation au feutre. Ça me fait le même effet ces temps-ci quand je m'aventure dans une boutique spécialisée techno. Mais j'ai toujours été bien accueilli dans ces boutiques reggae, et en général j'en ressortais avec un disque de gens que je connaissais (Augustus Pablo, Lee Perry,...).
Jacob Miller, c'est par "Tenement yard" sur la bande originale du film "Rockers" que je l'ai connu. Un pur chef d'oeuvre avec une performance vocale éblouissante.
A l'époque où j'ai acheté ce disque, je cherchais en fait à me procurer l'album avec "Tenement yard" dessus. A défaut, je me suis rabattu sur ce maxi jamaïcain avec une superbe pochette générique du label de Joe Gibbs. "Keep on knocking" est le premier single de Jacob Miller, enregistré en 1974 avec Augustus Pablo (on trouve cette version en CD sur "Who say Jah no dread"), mais il s'agit là d'une autre version, enregistrée pour Joe Gibbs.
La chanson principale est très bonne, même si ça n'a pas grand chose à voir avec "Tenement yard". Le discomix se poursuit avec U Brown, qui enchaîne avec un toast coupé au bout de trois-quatre minutes, mais on a l'impression que le jour de l'enregistrement il était parti pour toaster un bon bout de temps. Son point de départ est une comptine, "This old man".
Comme c'est la coutume pour les maxis discomix jamaïcains, la face B est un dub. J'ai longtemps cru qu'on y entendait Augustus Pablo au mélodica, mais apparemment c'en est plutôt une bonne approximation au clavinet.
En cherchant une reproduction de la pochette du disque sur Internet, je suis tombé sur un site qui estimait ce disque à 220 $. C'est n'importe quoi (d'autres en demandent quatre fois moins), d'autant plus que l'intégralité de ce maxi est reprise sur la compilation CD "I'm just a dread".

29 décembre 2005

MELON GALIA : Vous me quittez déjà


Offert par Philippe D. en 2002
Réf : G 001 -- Auto-édité en Belgique en 1998
Support : CD 12 cm
Titres : L'occasion de me taire -- Carrés d'atmosphère -- Le gel -- Le blanc

C'est le premier disque de Melon Galia. Après, ils ont sorti deux autres EPs et un album en 2001, "Les embarras du quotidien", réédité en 2003 au Canada. Rien d'autre depuis, mais je n'ai pas vu d'annonce de séparation, on peut donc toujours espérer un nouveau disque...
Avec Melon Galia, j'ai pris les choses à rebours, puisque je me suis déjà intéressé à leurs disques, avant d'étudier en détails la discographie de Superflu (même si j'adorais déjà "Vingt-cinq ans") et de remonter le temps pour découvrir "Les garçons ont toujours raison" de Diabologum, alors que et Diabologum et Superflu pourraient être considérés comme des grands frères de Melon Galia...

C'est surtout pour "L'occasion de me taire" que je chéris de ce disque, même si les trois autres chansons sont pas mal non plus, et même si j'adore les deux faces de la pochette. C'est dommage que cette chanson ne figure pas sur leur album.
La musique est très bonne, dans le style pop ligne claire, mais ce sont les paroles, ou plutôt les dialogues, qui me font jubiler à chaque écoute. En effet, plutôt qu'une chansonnette, c'est presque une pièce de théâtre de trois minutes qui se déroulent sous nos oreilles :

"L'occasion de me taire", pièce en deux actes par Melon Galia.
Distribution des rôles : une fille et un garçon (pas besoin de chercher à compliquer, avec ça on peut faire ou refaire le monde).
la scène se passe à la terrasse d'un café (Dans une chronologie fictive des événements, elle pourrait se situer juste après le "Puis je ?"/"May I ?" de Kevin Ayers).

Extrait des dialogues :
Le garçon : Vous semblez me regarder ?
La fille : Discrètement de côté
Le garçon : Assez pour m'intimider
La fille : C'est à vous d'interpréter
Le garçon : Mais enfin...
La fille : C'est pourtant clair

Le garçon : Me trouvez-vous séduisant ?
La fille : Y a mon copain qui m'attend

Le garçon : Je viens vous dire au revoir
La fille : Vous me quittez déjà
Le garçon : Il commence à se faire tard
La fille : Et puis vous avez très froid
Le garçon : Non, pas vraiment
La fille : Alors restez

Le garçon : Maintenant je n'y vois plus très clair
La fille : C'est tout l'effet que je vous fais
Le garçon : Bien plus que ça n'en a l'air

Dans cette histoire, on a bien l'impression que le garçon se fait mener par le bout du nez, mais si la fille est charmante, le jeu en vaut sûrement la chandelle !

28 décembre 2005

MADNESS : One step beyond...


Offert par Bernard Lenoir et France Inter fin 1979 début 1980
Réf : 940822 -- Edité par Stiff en France en 1979
Support : 33 tours 30 cm
15 titres

Qu'est-ce qu'on n'est pas amené à faire parfois, simplement pour recevoir un disque gratuitement, surtout quand on est un lycéen fauché !!
Donc, Bernard Lenoir, à la grande époque de Feedback et du revival ska, avait lancé ce concours où il fallait lui envoyer une photo rigolote pour gagner, au choix, le premier album des Specials ou celui de Madness.
Avec Eric L. et Didier B., on a décidé de se lancer dans l'aventure, et on s'est mis à cogiter au lycée. Nous est venue cette idée de Skaman, le gars tellement fou de ska qu'il se retrouve couvert de damiers façon two-tone...! Oh, on a bien bossé l'affaire. Eric a passé des heures à tracer des carrés noirs au feutre sur un short blanc, et la séance de prises de vues a bien dû duré au minimum tout un mercredi après-midi ! On a fait ça au polaroïd, pour se rendre compte du résultat, et on a envoyé les meilleures à Lenoir. Il ne me reste que les moins bonnes, mais sur celle ci-dessous, on a une bonne idée de l'ambiance : dans la chambre de mon frère, Eric joue le psychiatre et Didier le fou à lier, le nez contre la fenêtre, dehors et torse nu alors qu'on devait être en octobre ou novembre !
Evidemment, on a fait partie de la dizaine ou de la vingtaine de gagnants. Comme c'était moi le plus grand fan de ska, et c'est moi qui avais accepté qu'on me peigne consciencieusement des damiers à la gouache sur tout le corps, j'ai gardé le disque. J'avais choisi l'album de Madness car j'avais déjà celui des Specials.

En fait, autant j'apprécie et j'ai toujours beaucoup écouté le premier album des Specials, autant celui-ci m'a toujours laissé un peu froid. C'est sûr, on dansait à toutes les fêtes sur "One step beyond" et même "Night boat to Cairo". J'aime aussi beaucoup "My girl", dont j'avais transcrit les paroles à l'époque. Mais pour le reste, à part les titres de singles (" The prince", "Madness", "Bed and breakfast man", c'est quand même un album qui comporte une bonne moitié de titres faibles, y compris une version du "Lac des cygnes", très à la mode en 1979 puisque que PIL l'a aussi enregistré.
Et avec des aventures de ce style (il y en a eu d'autres), vous ne serez pas surpris d'apprendre que, cette année-là, notre terminale a battu des records en termes d'échec au bac !

27 décembre 2005

THE MURPHY FEDERATION : The fed up skank


Acquis probablement chez A l'Automne Alité à Reims au début des années 1980
Réf : [sans] -- Edité par London Madras en Angleterre au début des années 1980
Support : 45 tours 17 cm
Titres : The fed up skank -/- Slipping past on the inside

J'en ai vu des pochettes bricolées, souvent le 45 tours dans sa petite pochette d'usine blanche en papier entourée d'une feuille A4 photocopiée (le meilleur exemple de ce genre reste quand même le "Three wishes" des Television Personalities), mais là, ça bat pas mal de records. Ils ont pris la petite pochette blanche, agrafé dessus des pages d'un magazine féminin genre "Marie Claire", coupé le tout plus ou moins au carré. Mais il y a quand même du boulot, parce qu'après ça ils ont collé ou agrafé dessus des bouts de photocopie aux différentes pages, avec le nom du groupe, des photos de ses membres, les paroles de la chanson, et même en dernière page une recette de gâteau aux bananes (!) avec cette justification :
"A very good dinner is a very good thing". I know that some of you listeners out there don't eat as well as you might, what with having to buy all these expensive records, but try and look after yourself, eh ?

Et la musique ? Et bien en plus elle est très bien. Avec "Skank" dans le titre de "The fed up skank", on s'attend à une atmosphère reggae, et c'est ça qu'on trouve ici sur la face A : de ce dub new wave blanc assez courant à l'époque, à mi-chemin entre les premiers disques solo de Jah Wobble et le "Skank bloc Bologna" de Scritti Politti. La face B, très proche dans l'esprit, est un peu plus lente et instrumentale.
Apparemment, Rob Murphy, de son vrai nom Robert Storey, un des membres de The Murphy Federation, fait toujours de la musique, notamment sous le nom d'Orchestre Murphy. Il est aussi l'ingénieur du son des Frank Chickens et a fait un disque sous le nom de Murphy No Geisha avec des membres du groupe. Jon Dale chez Factmag nous apprend qu'il a aussi joué avec Milk from Cheltenham et que Bing Selfish, qui a sorti des disques sous son nom,  était aussi membre de The Murphy Federation (c'est lui qui chante sur la face A).

Quant à la pochette du disque, elle est évidemment unique. La preuve, cet exemplaire qui a été vendu sur eBay. C'est fait main aussi, mais ça n'a rien à voir.

26 décembre 2005

COME! : A CREATION RECORDS PROMOTIONAL CASSETTE


Offert par Laurence V. à Paris le 21 avril 1986
Réf : CRE PROMO ONE -- Edité par Creation en Angleterre en 1986 -- Not for resale
Support : Cassette
Titres : Therese (The Bodines) -- Cold heart (The Jasmine Minks) -- Love song # 2 (The Weather Prophets) -- Love's going out of fashion (Biff, Bang, Pow !) -- Rolling moon (The Chills) -- Subterranean (Primal Scream)

Ce fut une journée bien chargée, ce lundi 21 avril 1986. Elle s'annonçait bonne, car Jonathan Richman devait donner un concert à l'Eldorado à Paris.
J'étais parti de Reims avec un membre des Combinaisons (Bruno ?) pour aller retrouver un autre membre du groupe (Philippe, mais c'est peut-être l'inverse) chez lui à Paris. Tous les trois, on s'est ensuite rendus assez tôt dans l'après-midi vers le lieu du concert. A quelques centaines de mètres de l'Eldorado, boulevard Saint-Martin, on passe devant une sanisette ouverte. Il y a un mec inconscient assis sur la cuvette, avec une seringue qui pend, plantée dans son bras. On se serait cru dans un film. Il nous a fallu quelques minutes pour trouver une cabine et appeler les secours. Pendant que j'écoutais le répondeur qui me disait qu'on prendrait bientôt mon appel, on a finalement vu arriver les secours arriver près de la sanisette, et on a pu continuer notre chemin.
Les Combinaisons ont acheté leur billet pour le soir, tandis que moi j'ai réussi à me faire admettre à l'intérieur, et j'ai pu assister à la balance de Jonathan Richman, accompagné d'Andy Paley et de Brennan Totten, tous les deux à la guitare acoustique. L'événement, c'est que pour la première fois de ma vie, j'entendais Jonathan jouer du saxophone ! (notamment pour une version d' "Egyptian reggae", il me semble me rappeler).

Ensuite, j'ai pu récupérer un passe pour le concert, et je me suis rendu à l'appartement de Laurence V. Laurence, la dernière fois que je l'avais vue, c'était à Londres l'automne précédent, au retour de deux concerts de Jesus and Mary Chain à Manchester et à Leeds. Là, comme elle était à Paris aussi, on s'était donnés rendez-vous. Au cours de la conversation, elle a sorti cette cassette promo de Creation, et m'a demandé si j'en avais eu un exemplaire. La réponse étant négative, elle m'a donné son exemplaire, car elle comptait en récupérer un de retour à Londres.

Un peu plus de deux ans après les débuts de Creation, il s'agit donc de la première parution promo du label, à un moment où il était en pleine expansion.
Il y six titres dessus. "Therese", des Bodines, allait devenir un gros succès. "Cold heart" des Jasmine Minks et "Love's going out of fashion" de Biff, Bang, Pow ! sont parmi les meilleurs des singles respectifs de ces deux groupes. "Rolling moon" des Chills est extrait du premier disque édité par Creation qui ne soit pas une production originale : "Kaleidoscope" a été sorti par Creation en Angleterre sous licence de Flying Nun. Les Weather Prophets n'avaient sorti aucun disque sous leur nom au moment de la diffusion de la cassette. "Love song # 2" était donc alors inédit, mais on a retrouvé cet enregistrement en face B de leur premier single, "Almost prayed", sous son titre définitif, "Like Frankie Lymon".
Le titre le plus intéressant du lot, c'est "Subterranean" de Primal Scream, tout simplement parce que cette très bonne chanson est restée officiellement inédite. C'est d'ailleurs incompréhensible, puisque, à l'automne 1985 lorsque je les avais vus en tournée, cette chanson figurait en très bonne place dans le répertoire du groupe. Ils l'ont même enregistrée pour une Peel session. Je pensais même à l'époque que "Subterranean", avec son refrain "I love you, do you love me ? I love you, ah do you love me now ?" serait la face A du second single du groupe. Eh bien non, et on n'a retrouvé cette chanson ni sur le premier album, ni même sur une obscure face B de single. Je ne serais pas surpris que l'enregistrement proposé ici soit celui de la Peel session.
Il y a un message de propagande publicitaire imprimé sur la jaquette de la cassette, presque illisible en noir sur bleu, mais on peut déchiffrer : "A taste of things to come...Get ready for Lawrence...Creation Records, the world just wouldn't be the same without it" (et en effet, "Ballad of the band" de Felt allait sortir ce printemps 1986).

Après un café, je suis retourné rapidement à l'Eldorado, pour trouver l'entrée bloquée par quelques voitures de flics de Pasqua (le Sarkozy de l'époque était effectivement Pasqua, le parrain politique des Hauts-de-Seine et de Sarkozy !). J'ai très vite appris que le concert venait d'être annulé car la salle n'était pas aux normes. Jonathan était sorti s'excuser auprès du public un peu plus tôt, et avait chanté quelques chansons a capella. Mais pas mal de gens étaient arrivés depuis, dont certains avaient fait des centaines de kilomètres pour l'occasion.
Avec mon passe, j'ai pu entrer dans l'Eldorado, juste à temps pour croiser Jonathan qui quittait les lieux, lui expliquer la situation et lui demander s'il pouvait rechanter quelques chansons. En sortant, j'ai récupéré un paquet des affiches géantes et moches du concert que j'ai distribuées aux gens dehors pendant que Jonathan entamait un mini-tour de chant sur le trottoir du boulevard de Strasbourg, accompagné d'Andy à la guitare et de Brennan aux percussions (sur sa guitare retournée) : "That Summer feeling", "Give Paris one more chance", "Chewing gum wrapper"... Evidemment, un petit attroupement s'était formé autour des musiciens, et tout le monde les accompagnait en choeur. Mais la maréchaussée était bien sûr toujours présente, alors, avant d'entamer sa dernière chanson, "Just about seventeen", Jonathan a tenu à s'adresser à eux pour leur demander "Gendarme, c'est possible pour encore une fois ?".

Le lendemain, je quittai Paris avec une cassette Creation en poche, mais sans avoir assisté à un concert complet avec Jonathan Richman au saxophone...

Ajout du 29 janvier 2010 :
Pour avoir une idée ce qu'on a raté à Paris le 21 avril 1986, voici un extrait du concert de Madrid plus tôt dans la tournée, le 8 avril.
Jonathan, Andy Paley et Brennan Totten interprètent "This kind of music", "The UFO man" et "La bamba".



Ajout du 28 novembre 2013 :
Et voici l'affiche promo correspondante, en noir et blanc à peine lisible, trouvée sur la page Facebook des Jasmine Minks.

25 décembre 2005

DOGBOWL : Songs for Narcisse


Offert par Dogbowl en avril 2005
Réf : eye003 -- Edité par Eyeball Planet aux Etats-Unis en 2005
Support : CD 12 cm
14 titres

Il y a fort peu de chances que cet album figure dans les palmarès des meilleurs disques de l'année 2005. Ce n'est pas qu'il ne le mérite pas, au contraire, mais c'est plutôt que sa diffusion a été si confidentielle que la plupart des faiseurs d'opinion ne connaissent même pas son existence, et c'est bien dommage.
Il faut dire que, comme les deux précédents disques de Dogbowl, le live "Le chien lunatic" et le studio "Fantastic carburetor man", celui-ci a été édité par Dogbowl lui-même sur son micro-label Eyeball Planet.
Comme le titre du disque l'indique, "Songs for Narcisse" comprend une majorité de titres écrits pour la création en avril 2005 à New-York de la pièce de Jean-Jacques Rousseau, "Narcisse", mais il y a aussi quelques chansons qui n'ont visiblement rien à voir avec le thème de la pièce.
Contrairement aux autres disques récents de Dogbowl, celui-ci n'est pas enregistré en solo. Il y a de la batterie, et aussi si l'on en croit les notes de pochette de la basse. Par contre, je ne gobe pas un instant le nom des musiciens (Stephanie Samplestein et Sidney Fleshflower), et encore moins les pseudo-noms de groupes dont ils auraient fait partie : Filthy Gynocologists, Bearded Farmhands, Plung-Dung Inc, Dopesetters, Girls Who Hate Asprin et Mrs. Emsixteen !
En-dehors de la série d'excellentes chansons originales à tempo lent ou moyen que compte le disque, on compte quelques titres rapides et très électriques, notamment "Penguin jetliner" et "I'm on a one-wheel" (sur la nouvelle passion de Dogbowl, le monocycle), et deux reprises, une excellente version du "Waterloo sunset" des Kinks et une autre de "Ballad of the boy-wonder" de Diabologum, écrite par Michel Cloup, dont Dogbowl fut le complice pour un double 45 tours en commun, "Nuage nuage" et en participant aux enregistrements de Peter Parker Experience.
Allez visiter le site de Dogbowl pour en savoir plus sur "Songs for Narcisse", en écouter des extraits et même l'acheter si vous le souhaitez...

22 décembre 2005

RUFUS THOMAS : Do the funky chicken


Acquis sur le vide-grenier du Jard à Epernay le 18 décembre 2005
Réf : 569034 -- Edité par Stax en France en 1969
Support : 33 tours 30 cm
11 titres

Avec ces vide-greniers d'hiver, froids et humides, avec uniquement des exposants professionnels en petit nombre, il y a toujours un grand risque de rentrer bredouille. Mais il suffit d'un stand, ou même d'une caisse, pour amortir le déplacement, comme avec celle-là qui contenait tout un lot d'albums en pressage français de la fin des années 60, dont l'ancien propriétaire, un habitant de Sarrebourg, avait un bon goût marqué.
J'ai acheté quatre albums, dont celui-ci, un excellent album de Rufus Thomas, qui a pas mal marché je crois à l'époque.
Comme il le dit lui-même dans les notes de pochette (et quelle pochette !!), Rufus Thomas était connu surtout pour être le chien ("Walking the dog"), et avec cet album, le voici transformé en poulet funky !
La chanson "Funky chicken" elle-même, qui ouvre l'album, n'est jamais qu'une sorte de danse des canards, mais essayez juste d'imaginer une danse des canards funky enregistrée par Stax à Memphis en 1969, et vous verrez bien que ça change tout. Sans en faire un album concept, Rufus s'est amusé au début de la deuxième face à reprendre en deux parties le traditionnel "Old McDonald had a farm", en insistant bien sur le fait, bien sûr, que dans la ferme de McDonald il y avait un poulailler !
Les autres grands moments du disque sont une excellente reprise de "Lookin' for a love", créée en 1962 par les Valentinos de Bobby Womack sur le label de Sam Cooke (cette version devrait figurer sur toutes les bonnes compilations de soul rhythm'n'blues...), une bonne version remise au goût du jour de "Bear cat", que Rufus Thomas avait enregistrée en 1953 sur Sun (celle-ci ne dispense pas de se procurer la version originale), et une reprise de "Sixty minute man", qui ne fait que sept minutes mais qui donne l'occasion à Rufus Thomas de faire des prouesses vocales.

21 décembre 2005

WASTED YOUTH : My friends are dead


Acquis à Châlons-sur-Marne en 1980
Réf : 8097 -- Edité par Underdog en France en 1980
Support : 45 tours 30 cm
Titres : My friends are dead -- Jealousy -/- I'll remember you -- Baby

Ce maxi compilait pour le marché français les deux premiers 45 tours de ce groupe de new wave londonien, et ça tombe bien, car ce sont aussi quatre de leurs meilleures chansons.
Ici, les faces A et B des deux singles sont allégrement mélangées, mais le meilleur titre, c'est de loin "Jealousy", la face A du premier 45 tours. Ça sonne comme une ritournelle de boite à bijoux musicale sur les couplets, ("If you're not bleeding, how do you know you've been cut ?"), et ça s'énerve un tout petit peu sur le refrain ("Your jealousy is killing me").
"Baby" est très bien aussi, mais on est en pleine new wave à corbeaux : "Baby, why do you have to act so cool girl, you're nothing more than a little school girl, don't take me for a ride girl, we're goin' down, down, I'll take you down, down, to the city after dark" !
Le second single est produit par Peter Perrett des Only Ones, mais en entendant "My friends are dead", on comprend que le groupe soit allé chercher Martin Hannett, le producteur de Joy Division, pour le disque suivant.
Je n'y avais jamais pensé à l'époque, mais aujourd'hui, le son de guitare de "I'll remember you" me fait un peu penser au Monochrome Set.
Les singles suivants de Wasted Youth sont moins bons, et leur unique album studio, sorti fin 1981, était en partie décevant. Après, il y a eu un album live et une compilation posthume de raretés et d'inédits, tous les deux à éviter (surtout la version "dance" de "Jealousy" de 1982).


Une publicité pleine page du label Underdog parue dans Best au moment de la sortie du disque.

20 décembre 2005

WANTED - CERTIFICAT D'APTITUDE MUSICALE 88

Acquis chez Parallèles à Paris au début des années 1990
Réf : SPCD 1388 -- Edité par Wanted en France en 1989 -- Tirage limité. Vente interdite au public
Support : CD 12 cm
28 titres

Il s'agit d'une compilation catalogue promo de ce qui devait être un sous-label d'EMI.
Je l'ai achetée parce qu'on trouve dessus les deux faces du premier 45 tours de Saï Saî, le duo raggamuffin des "rouleurs à l'heure".
La bonne surprise que j'ai eue à l'écoute du disque, et ce qui en fait une véritable curiosité, c'est que chacune des 14 chansons qu'il contient est précédée d'un jingle confectionné et chanté par Saï Saï !
Bon, je ne suis pas sûr qu'ils auraient fait carrière dans la pub, avec des slogans comme "Wanted, Wanted, ils sont très recherchés", mais on rigole bien à l'écoute du disque avec des trucs comme "On ne rigole pas avec le Top 50, nous ce qu'on fait avec c'est qu'on y rentre, (...) sur de la bonne musique des paroles intelligentes" (!) à propos de Guesch Patti, ou, à propos du groupe Fate, "C'est de l'art danois, c'est du hard danois, ils ont de la qualité en quantité", ou encore "Rocks 1, rocks 2,... rocks 7 ils viennent de Suède et ils s'appellent Roxette" !!!
Vous l'avez peut-être deviné à l'énoncé des ces quelques noms d'artistes, la plupart des jingles de Saï Saï sont bien plus intéressants que les morceaux eux-mêmes, mais outre le "Savez-vous faire le DJ ?" de Saï Saï, il y a quand même quelques trucs sympas ici, comme "More" des Kingsnakes, "Au chaud" de Zab, voire même le "Bon anniversaire" de Guesch Patti. Quant à Jennifer Taylor, Pino Daniele ou Franco Battiato, tous présents sur le disque, je n'en parle même pas...

19 décembre 2005

CHILDREN OF NUGGETS : Original artyfacts from the second psychedelic era 1976-1995


Offert par Rhino Records en décembre 2005
Réf : R2 74639 -- Edité par Rhino aux Etats-Unis en 2005
Support : 4 x CD 12 cm
100 titres

Je vais finir par m'habituer à voir les mouvements musicaux auxquels j'ai pu m'intéresser au fil des années entrer dans l'histoire musicale avec un grand H, celle des rééditions, des revivals parfois réduits au repompage intégral et des coffrets rétrospectifs.
Ce qu'il y a d'amusant avec ce coffret-ci, le troisième d'une série qui poursuit et prolonge à partir du double-album de raretés garage sixties underground compilé par Lenny Kaye au début des années 1970, c'est justement qu'il fait la rétrospective d'un mouvement qui était déjà lui-même revival : tous ces groupes qui, du milieu des années 1970 au milieu des années 1990 se sont évertués à recréer le son et l'ambiance du psychédélisme garage des années 60. Et c'est pas avec une centaine de titres qu'on va passer en revue l'ensemble de ces groupes, d'autant plus que ce coffet couvre les Etats-Unis, l'Europe et les antipodes.
A ce jeu de la compilation, des Flamin' Groovies aux La's, chacun trouvera toujours son bonheur sur la quantité, et repérera des manques criants (les Jasmine Minks, par exemple, alors qu'il y a deux titres de Primal Scream période néo-Byrds, ou les Cybermen et les Television Personalities). Personnellement, j'ai été très content de retrouver le "There must be a better life" de Biff, Bang, Pow ! (c'est grâce à eux et à mes archives bien rangées que j'ai pu me faire offrir ce coffret par Rhino), la version single de "Sunspots" de Julian Cope, et tous ces titres avec plein d'orgue qu'on trouve un peu partout sur les quatre disques. C'est par contre pas croyable de constater le nombre de titres ici qui sont carrément mauvais : un pseudo-son sixties, une mauvaise composition et un mauvais chant, ça n'a jamais rien donné de bon, même vingt ans après.

18 décembre 2005

THE COOKIES : Don't say nothing bad about my baby


Acquis chez Emmaüs à Vénissieux le 22 juin 2005
Réf : RE 10.144 S -- Edité par London en France en 1963
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Don't say nothing bad about my baby -- Softly in the night -/- Chains -- Stranger in my arms

Plusieurs bonnes raisons pour choisir d'acheter ce EP sixties : il était en bon état, pas cher, les Cookies sur la pochette sont à croquer, si je peux me permettre, et surtout les quatre titres sont signés du célèbre couple Goffin/King.
Mon préféré est "Don't say nothing bad about my baby", et c'est aussi leur plus gros hit. A chaque fois que je l'écoute, je pense à Françoise Hardy (j'ai même vérifié si elle n'avait pas repris cette chanson, mais non). La chanteuse principale a le même timbre de voix qu'elle, et la pose de la même façon. A tel point que si on supprimait les choeurs (ce qui serait dommage pour un girl-group !) et qu'on remplaçait l'accompagnement par une guitare sèche, ça pourrait être du Françoise Hardy en anglais...
"Chains" sur la face B, un petit hit également en 1962 pour les Cookies, est surtout connu pour avoir été repris par les Beatles, avec George Harrison au chant.
Les Cookies ont eu une carrière un peu compliquée : formé en 1955, le groupe s'est séparé à la fin des années 50 quand Ray Charles l'a embauché pour créer ses Raelettes. Ce n'est qu'au début des années 60 qu'une des membres originales de la première formation a reformé avec succès les Cookies à New York avec deux nouvelles recrues.

17 décembre 2005

PONEY & TALKING TO TEAPOTS : People don't know what -- 12 to 21 seconds left right left to live


Offert par Philippe de Coster en décembre 2005
Réf : IBR 28675 -- Edité par Ines Boukov en Belgique en 2005
Support : CD 12 cm
21 titres

S'il y a une chose qu'on ne pourra pas reprocher au groupe belge Poney, c'est d'être égoïste ! Ils avaient partagé leur premier CD en 1999 avec deux autres groupes, les hollandais John Wayne Shot Me et les français Super Prestige à partir d'une idée simple : sur un CD, il y a bien de la place pour l'équivalent de trois albums vinyles, alors pourquoi ne pas inviter des groupes qu'on aime bien ?
Ils refont le coup cette fois-ci, avec un seul groupe invité, les suédois Talking To Teapots. Entre temps, ils se sont aguerris pendant plusieurs mois en accompagnant Dogbowl sur scène au moment de la sortie de son best-of sur 62 TV Records.
Les Poney sont ici en pleine forme, toujours en formation basse-guitare-batterie-saxo. Le premier titre, "Sensitive song", est une réussite, qui fait justement un peu penser à leurs copains John Wayne Shot Me. Mes deux autres chansons préférées sont "Show me a poor (just to feel better)" et "Secret bee".
Talking To Teapots joue un pop-rock délirant toujours en train de se barrer, un peu à la Gruppo Sportivo. J'ai particulièrement apprécié "A new pair of eyes" et "Head".

16 décembre 2005

HUMAN SEXUAL RESPONSE : Guardian angel


Acquis au Record and Tape Exchange de Londres dans les années 1980
Réf : Z5 -- Edité par Don't Fall Off The Mountain en Angleterre en 1981
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Guardian Angel -/- Jackie Onassis

Au fil des boutiques d'occasion, je me suis procuré la quasi-totalité de la discographie de Human Sexual Response, un groupe de Boston qui a été actif de 1978 à 1982, période pendant laquelle deux albums sont sortis. Mais il n'y a qu'un titre d'eux qui compte pour moi (même si j'aime bien aussi "Pound"), c'est la face B de ce single, "Jackie Onassis", qu'on trouve aussi sur leur premier album, "Figure 14" (réédité en CD avec un titre en plus, donc sous le titre "Figure 15", c'est malin !". Je trouvais ce morceau tellement bon que j'ai acheté le 45 tours trois fois ! (mais à 10 pence à chaque fois, c'est pas la ruine...).
"Jackie Onassis" est chantée par une des filles du groupe, contrairement à la majorité des autres titres, et il y a un très beau travail sur les choeurs. Et puis surtout, c'est une chanson qui reste en tête : "I want to be Jackie Onassis, I want to wear a pair of dark sunglasses, I want to to be Jackie Onassis, oh yeah (...) i want my portrait done by Andy Warhol, I'll let them market a Jackie O. doll (...) I'd be happy to be Jackie".
Cette chanson a été un mini-tube sur les radios locales en version démo cassette, avant même de sortir en disque. Malheureusement, le groupe a connu peu de succès ensuite.
Le guitariste Rich Gilbert a fait carrière ensuite, au sein des Zulus d'abord, puis dans de multiples projets. Il était notamment le guitariste des Catholics de Frank Black, ce qui signifie que j'ai dû le voir jouer il y a deux ans sur scène à Nantes sans savoir que j'avais en face de moi le guitariste de "Jackie O". De toutes façons, c'était un concert de Frank Black, donc déprimant.
Une petite curiosité pour finir. En 1979, Mike Thorne produit "A question of degree", une face B de single de Wire, groupe dont le guitariste répond au nom de famille de Gilbert. En 1981, le même Mike Thorne a produit le second album de Human Sexual Response, groupe dont le guitariste répond également au nom de famille de Gilbert, et le disque s'ouvre par une chanson intitulée "A question of temperature" !! (c'est une reprise d'un titre des années 60 qui n'a rien à voir avec la chanson de Wire).

11 décembre 2005

KEVIN AYERS : The up song


Acquis sur un vide-grenier à Ay vers 2001
Réf : 6138 046 -- Edité par Island en France en 1974
Support : 45 tours 17 cm
Titres : The up song -/- Everybody's sometime and some people's all the time blues

Ça fait maintenant quelques années que je guette les disques de Kevin Ayers dans les dépôts-vente et les vide-greniers, et j'en ai très peu vus. A part l'album "Sweet deceiver", très décevant, que j'ai trouvé au début de ma quête, il n'y a que celui-ci que j'ai réussi à me procurer, sur le stand d'un antiquaire qui avait juste une dizaine de 45 tours, provenant, et ce n'est pas rare, de la discothèque de F.I.R. Reims, l'ancêtre de France Bleu.
L'intérêt principal de ce disque, c'est que jusque très récemment sa face A ne se trouvait qu'ici, et sur aucune autre parution de Kevin Ayers. Le gros problème, c'est que la chanson est sans aucun intérêt, et que je n'arrive pas à comprendre comment Ayers et son label ont pu décider de sortir ça en face A de single. La face B est très bonne, mais elle est extraite de l'album du moment, "The confessions of Dr. Dream and other stories".
Le contraste est flagrant avec l'autre single sorti la même année par Ayers, "After the show", qui est un petit bijou (je n'ai toujours pas écouté la version de "Thank you very much" qui est en face B, mais il a réenregistré cette chanson des années plus tard, et c'est excellent).
Si vous voulez vous faire votre propre opinion, dirigez-vous vers la compilation des années Island, "Didn't feel lonely till I thought of you", sortie en doucle CD l'an dernier, qui contient les titres de ces 45 tours.

10 décembre 2005

THE GIFTED CHILDREN : Painting by numbers


Acquis chez Rough Trade à Londres en 1983
Réf : WHAAM 001 -- Edité par Whaam! en Angleterre en 1981
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Painting by numbers -/- Lichtenstein girl

Ce qu'il y avait de bien chez Rough Trade (et chez Music Box ou New Rose aussi en leur temps), c'est qu'ils vendaient leurs disques sans aucune spéculation, même si les disques indépendants à petits tirages dont ils étaient spécialistes étaient parfois des collectors avant même leur sortie. Et même si, comme c'est probablement le cas pour celui-ci, ils retrouvaient un paquet de disques perdu dans un entrepôt alors qu'il était épuisé depuis longtemps, ils le mettaient en vente au prix normal, c'est à dire 1,20 £ pour celui-ci.
Il s'agit bien sûr des Television Personalities sous un autre nom, à un moment où Dan Treacy pensait éventuellement arrêter le groupe, et c'est la première sortie sur son label Whaam!
Les deux titres, excellents, ne sont pas rares en tant que tels, puisqu'on les retrouve dans les mêmes versions sur le deuxième album des TVP's, "Mummy, you're not watching me", sorti quelques mois plus tard (Dan avait changé d'avis entre temps, il y a juste "Lichstenstein girl" qui est devenue "Lichstenstein painting").
Cet album reste peut-être mon préféré des TVP's. On se rend bien compte sur ces deux titres par exemple qu'ils ont fait des progrès musicalement, notamment la section rythmique (Mark Sheppard et le bassiste Bernie Cooper, qui a fait un passage éclair dans le groupe).
Une troisième chanson sera attribuée aux Gifted Children sur une compilation sortie par Dan en 1984.

09 décembre 2005

BARBARA MANNING : Sings with the Original Artists


Acquis probablement par correspondance chez Glitterhouse en Allemagne entre 2000 et 2004
Réf : 6257-2 -- Edité par Normal en Allemagne en 1993
Support : CD 12 cm
11 titres

Heureusement, ce genre d'aventure ne m'arrive pas souvent : l'autre semaine, après m'être intéressé à Stuart Moxham, j'ai passé un bon moment sur internet à chercher à acheter ce disque de Barbara Manning enregistré avec les Original Artists de Stuart Moxham. Je n'ai pas trouvé de prix qui me convenait, et tant mieux car en cherchant autre chose j'ai eu la bonne surprise de le trouver bien rangé dans mes CDs. J'ai dû l'acheter il y a quelques années, l'écouter deux-trois fois, le ranger et oublier que je l'avais !
Quelle erreur, car, du peu que je connais de sa carrière, c'est un des disques les plus agréables de Barbara Manning.
Mon principal problème avec elle, c'est souvent son chant, que je trouve plat, voire limite juste. Mais ici, globalement ça va. Sauf que quelqu'un aurait quand même dû la dissuader de s'attaquer à "Cry me a river" !! L'autre reprise du disque, "Martian man" de Lora Logic (à l'origine sur l'album "Pedigree charm" en 1982) est elle une réussite.
La moitié des titres est signée Stuart Moxham. "My 1st gun", celui qui ouvre le disque, orné d'espagnolade de guitare, est chanté en duo avec Moxham et c'est une réussite.
"When I dream" est excellente aussi, mais un peu frustrante. La boite à rythmes (discrète), la basse et la guitare sont typiques des Young Marble Giants, et là la voix de Barbara Manning gêne un peu (mais la version de cette chanson que Stuart Moxham a enregistrée pour son album acoustique "Fine tuning" deux ans plus tard n'est pas mieux et n'a pas ce côté YMG).
Il y a aussi deux très bonnes chansons écrites par Jon Langford (Mekons, Waco Brothers, etc), qui a aussi participé à l'enregistrement. Quant au seul titre signé par Barbara Manning, il est très bon aussi, dominé par la présence d'une trompette bouchée.

08 décembre 2005

WIN : You've got the power


Acquis au Record and Tape Exchange de Notting Hill Gate à Londres vers 1986
Réf : SWDX 8 -- Edité par Swamplands en Angleterre en 1985
Support : 2 x 45 tours 30 cm
Titres : You've got the power (US dance mix) -/- In heaven (Lady in the radiator song) -- Unamerican broadcasting (7" edit) [Réf SWXX 8] & Unamerican broadcasting -/- Unamerican broadcasting [Réf SWX 5]

Win, ce groupe fondé par des ex-Fire Engines au milieu des années 1980, n'a pas rencontré le grand succès. Pourtant, tous les atouts ont été mis de leur côté. Leur musique lorgnait vers les pistes de danse, même s'ils avaient gardé des paroles-slogans assez politiques, rappelant en cela le Gang of Four "commercial" de "Hard". Et leur maison de disques, successeur du label Postcard très vite adossé à la major London, a tenté tous les coups marketing possibles pour les imposer : autocollants, remixes variés, posters couleurs, emballage artistique, etc.
Ce package de deux maxis, avec poster couleur (en fait une simple feuille imprimée pliée en deux à la taille d'une pochette de 33 tours), a l'avantage de rassembler deux des meilleurs disques du groupe.
Le second maxi d'abord, "You've got the power", dans une bonne version remix. Le refrain est accrocheur, et il y a un fort côté Fire Engines relooké pour les dancefloors des années 80, avec un bon riff de synthé. En face B, on trouve ce qui est chronologiquement la seconde reprise de "In heaven", la chanson du film "Eraserhead" que j'ai connue, après celle de WC3 et avant celle des Pixies, ainsi que la version 45 tours de "Unamerican broadcasting", leur premier single.
C'est d'ailleurs le maxi de ce premier single qui est fourni en bonus. Il ne lui manque que sa pochette. La version longue est très bonne, très rythmée, avec là aussi un bon refrain. La seconde partie fait très Kraftwerk, avec un jouet électronique qui épelle des lettres de l'alphabet en vedette. Comme pour "You've got the power", la version de cette chanson qui sera incluse plus tard sur leur premier album sera beaucoup moins intéressante, moins rythmée et plus lente.
Win s'est séparé après deux albums. Son leader, Davey Henderson, a fondé ensuite The Nectarine n° 9.

06 décembre 2005

MANTRONIX : The best of (1986-1988)


Acquis à la FNAC probablement à Paris au début des années 1990
Réf : DIXCD 91 -- Edité par Ten en Angleterre en 1990
Support : CD 12 cm
10 titres

On avait dû recevoir ce disque à La Radio Primitive, et j'avais tout de suite accroché à ce hip-hop électro, c'est pourquoi j'avais décidé de l'acheter. A l'époque, je l'ai beaucoup passé dans mon émission, c'était assez représentatif de ce que j'appelais la hip-pop optimiste.
Ce disque couvre la première période du groupe, celle des trois premiers albums, quand Kurtis Mantronik était accompagné du rapper MC Tee. Après le départ de MC Tee, ça s'est gâté. Mantronix a tourné house funky, et leur succès s'est élargi ("Got to have your love"), mais moi c'est cette période purement électro qui me plait.
Je pense que les Stereo MC's pour leur premier album, et les Justified Ancients of Mu Mu pour "1987... What the fuck is going on ?" ont dû beaucoup écouter ces disques de Mantronix.
L'avantage de ces sons électroniques (boites à rythmes, synthés et même vocoder sur "Needle to the groove"), que Kraftwerk ne renierait pas, c'est qu'ils vieillissent bien. Près de vingt ans plus tard, tout ça n'a pas pris une ride. Et ça donne toujours autant envie de bouger !
Ce disque n'est plus distribué, mais on trouve un best of plus large (1985-1999), un peu dilué donc mais avec une partie de mes titres préférés de celui-ci, qui sont "Who is it ?", "Scream" et "Sing a song".

05 décembre 2005

GRANDADDY : Could this be love


Acquis par correspondance chez Vinyl Ink aux Etats-Unis en 1998
Réf : BJ 005 -- Edité par Big Jesus Enterprises aux Etats-Unis en 1994 -- Exemplaire n° 441
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Could this be love -- Flairless -/- Kim, you bore me to death

Ça sert d'écrire des articles. Au moins à pallier les trous de mémoire. C'est en relisant un de mes vieux articles de Vivonzeureux! pour écrire ce billet que j'ai "appris" que c'est par l'intermédiaire d'une reprise de "Taster" en concert par OP8 que j'avais découvert Grandaddy !
Comme je l'expliquais das l'article, j'avais ensuite fait la chasse aux disques de Grandaddy. Et si je n'ai jamais trouvé leur première cassette, ni le second 45 tours ("Taster"-/-"Nebraska"), j'ai quand même réussi à acheter celui-ci, leur tout premier, avec la pochette en gros carton sérigraphié, l'insert photocopié, et un Peter Falk dessiné sur la rondelle de la face B.
En le ramenant en voiture après l'avoir interviewé avec Jim Fairchild pour la Radio Primitive, avant leur concert à L'Usine de Reims le 20 novembre 1998, Aaron Burtch avait été assez surpris quand je lui avais dit que j'avais ce disque. Il joue dessus, mais il m'avait expliqué qu'il n'en avait même plus un exemplaire pour lui-même !
A l'écoute, on a vraiment l'impression que Kevin Garcia venait d'acheter sa première basse, et qu'il apprenait à en jouer en reproduisant note par note et au ralenti les lignes de basses de Kim Deal ! J'avais un bon souvenir de "Could this be love", mais aujourd'hui, je me dis que ce n'est quand même pas très bon. Ils ont bien fait de ne garder que "Kim, you bore me to death" pour leur premier mini-album, "A pretty mess by this one band". Quant à "Flairless", ce n'est que quelques secondes de guitare électrique.

04 décembre 2005

SPHERICAL OBJECTS : Further ellipses


Acquis chez Parallèles à Paris le 2 décembre 2005
Réf : OBJ-12 -- Edité par Object Music en Angleterre en 1980
Support : 33 tours 30 cm
11 Titres

Il y a 15 ou 20 ans j'aurais laissé passer ce disque, même en solde comme ici. Après tout, je ne connaissais pas du tout ce groupe, même si je devais savoir quand même que c'était un groupe new wave de la bonne époque. Mais bon, de nos jours on n'a plus si souvent l'occasion de trouver des productions new wave indépendantes d'époque à bon prix, alors dans ces cas-là, maintenant je prends.
Spherical Objects était un groupe de Manchester, et ceci est leur troisième album, sur quatre édités entre 1978 et 1981. A première écoute, vues l'époque et la ville, je les aurais associés à The Passage, en beaucoup moins bien quand même. C'était avant que je fasse un peu de recherches et que j'apprenne que ces deux groupes étaient très proches, et que The Passage avait aussi sorti des disques sur Object Music, qui était plus ou moins le label d'un collectif de musiciens de Manchester.
Globalement, ce n'est pas un très bon disque, donc. Principalement parce que c'est une new wave pas très inventive, et surtout parce que le leader du groupe, qui chante, le fait plutôt mal.
Il y a quand même quelques bons titres, et bizarrement ce ne sont pas comme d'habitude les titres des débuts de face.
Non, les titres qui sortent du lot sont les trois derniers de la face A : "Don't worry about me" démarre avec un bon riff qui rappelle quelque chose, et continue bien en faisant un peu penser à Pere Ubu ; "The final part" surprend plus encore, avec un motif de guitare espagnole et des effets de synthé qui font penser à une bande originale de film; quant à "Buy it", c'est un bon titre de new wave, avec un petit son de synthé sympa.

03 décembre 2005

LES FRERES NUBUCK : Chaque vivant est un mort en puissance


Offert par Le Vieux Mad le 30 novembre 2005
Réf : #30 -- Edité par Sorry But Home Recording en France en 2005 -- Exemplaire n° 194/250
Support : CD 12 cm
15 titres

On commence à parler de Cyrz grâce à sa sélection par le FAIR, mais il est bien dommage que Les Frères Nubuck et le Bingo Bill Orchestra, qui sont les têtes de file du label grenoblois Sorry But Home Recording, restent dans l'ombre.
Avec un peu de chance, ça va changer pour les Frères Nubuck avec ce nouvel album que j'attendais avec impatience, presque deux ans après ce sommet qu'était "Chez les nudistes".
Ils ont fait encore mieux cette fois-ci, avec au moins autant d'excellentes chansons, et une instrumentation et une production de grande qualité, avec plein de vrais instruments (violoncelle, saxo,...) en plus de leurs guitares et de leurs synthés.
Oublié le naturisme, cette fois-ci le fil rouge du disque est la maladie et la mortalité. Il y a plein de bonnes chansons sur ce thème, notamment les trois premières, mais ma préférée est "Ronald est seul". En gros, je la résume, Ronald se sent très mal à cause des effets secondaires de sa chimio, et en plus il va crever de son cancer à 28 ans... Mais qu'est que ça swingue en attendant !
Attention, ce n'est pas un concept-album, et il y a des chansons qui n'ont rien à voir avec le thème principal. Parmi celles-ci, il y a surtout ma préférée, "L'éducation musicale", avec ce vers qui fait mouche : "Ecoute les Modern Lovers et tu m'accorderas tes faveurs". Ça sent le vécu, ça !
L'an dernier, j'avais mis un peu de temps à aimer "L'histoire du monde", le titre des Frères Nubuck qui figurait sur la compilation "Les banlieusards". Là, dès les premières notes, je l'ai reconnue et appréciée pour ce qu'elle est vraiment, une grande réussite !
Ne cherchez pas plus loin un excellent album de rock en français : il est en vente sur le site de Sorry But Home Recording.

PS : Ma soeur et moi-même sommes remerciés dans les notes de pochette. Nous nous étions rendus à Grenoble l'an dernier pour "Si vous passez par là", notre rubrique radio en différé d'ailleurs dans le monde entier. Merci pour le remerciement !!

PS du 11 avril 2006 :
Sur scène c'est aussi bien voire mieux !

Les Frères Nubuck en concert à l'E.V.E., Grenoble, le 6 avril 2006 (Photo Pol Dodu)

PS du 9 novembre 2007 :

La preuve en son et en images avec Du goudron et des plumes, live à Télé Grenoble en mai 2006.

02 décembre 2005

THE BEAT : Doors of your heart


Acquis au Record & Tape Exchange de Pembridge Rd à Londres vers 1982
Réf : FEET 129 -- Edité par Go-Feet en Angleterre en 1981
Support : 45 tours 30 cm
Titres : Doors of your heart (Dub) -/- Drowning (Dub)

Autant The Beat a pas mal fait parler de lui au moment de la sortie de son premier album en 1980, en pleine vague ska, autant leurs disques sont passés inaperçus par la suite, en France en en tout cas. La pochette du deuxième album, "Wha'ppen ?" était bien moche, il faut dire, et ça n'a pas dû aider. Celle de ce maxi, qui reprend deux titres de l'album en version allongée dub, est très réussie. Une arche de Noë dessinée avec toutes les espèces qui copulent joyeusement. C'est tout à fait dans l'esprit de la pochette du "Noah's ark" de CocoRosie, en plus réussi.
"Doors of your heart", sans être un tube formaté, a un refrain très accrocheur. Sur le thème, on n'est pas loin de "Affection" de Jonathan Richman, avec peut-être même un clin d'oeil dans les paroles à Joy Division : "I think we think too much, Why can't we just feel love thumping at the doors of our hearts, feel love thumping as it tears us apart".
On est dans le reggae plutôt que dans le ska, avec Cedric Myton des Congos comme invité aux choeurs, et un excellent toast de Ranking Roger. The Beat a fait la première partie de Clash quand ils ont joué une semaine au Théâtre Mogador à Paris en septembre 1981, l'année de la sortie de ce disque. Le meilleur souvenir du concert que j'y ai vu c'est, de ma place au balcon sur le côté de la scène, d'avoir vu arriver Ranking Roger d'un pas chaloupé pendant le rappel des Clash pour délivrer un toast magistral sur "Armagideon time".

28 novembre 2005

TAHITI : ILE DE PARADIS


Acquis sur le vide-grenier de Cuis le 27 novembre 2005
Réf : SRT-530 -- Edité par Reo Tahiti aux Etats-Unis dans les années 1960, probablement
Support : 33 tours 30 cm
12 titres

Avec la neige de la veille, transformée en neige fondue puis en pluie glaciale, j'avais fait une croix sur ce vide-grenier tardif. Finalement, je ne regrette pas de m'y être laissé traîner en fin de matinée, après une accalmie de quelques heures.
Parmi les rares courageux à tenir un stand, il y avait ce jeune homme, abandonné sur ses huit mètres de stand par sa mère et sa soeur, qui avait pas mal d'anciens livres de classe et des disques, le tout à 50 centimes pièce !
C'est la que j'ai trouvé cette compilation de titres "enregistrés à Tahiti même, réalisés par Monsieur Gaston Guilbert, Haute fidélité".
Comme pour les "Oiseaux du paradis", il s'agit donc d'enregistrements du tournant des années 1950-1960, édités probablement à l'origine par Tiare Tahiti, le label de Gaston Guilbert. Mais ce disque précisément a été publié aux USA, par une filiale spécialisée du label Criterion, et il avait été préalablement édité par MGM Records. Cependant, l'étiquette Manuiti apposée sur le disque indique que cet exemplaire a dû être acheté à Tahiti.
Il y a quelques titres dominés par les batteurs et les choeurs masculins que j'aime moins, mais dans l'ensemble c'est encore un disque excellent, avec un petit chef d'oeuvre de Mila, Loma et Alex, "Ua tai au ia oe", deux titres marqués par une guitare hawaïenne très sonore, "Te ume horotini" et "Umi umi", et "Manureva", qui n'a rien à voir avec la chanson de Gainsbourg et Chamfort, qui est une ballade de Pauline où domine le xylophone.
Je le répète, n'hésitez pas à pister les CDs Manuiti distribués par Playasound, notamment les Belle Epoque n°s 4, 9 et 2 : ils sont assez bien distribués et c'est un moyen simple de vous procurer un concentré de bien-être et de bonne humeur !

27 novembre 2005

DOCTOR SEAN BERG & YA YA HD : A trip to Tripville with Doctor Sean Berg & Ya Ya HD


Acquis à La Cartonnerie à Reims le 25 novembre 2005
Réf : [néant] -- Auto-édité en France en 2005
Support : CD 12 cm
10 titres

Au stand de vente de CDs et de T-Shirts d'Herman Düne, au soir de leur excellent concert à Reims avec Julie Doiron, il y avait tellement d'albums auto-édités d'André Herman-Düne (au moins quatre ou cinq) que je ne savais pas où donner de la tête. Pour David, c'était plus simple, puisqu'il y n'y avait que celui-là, enregistré avec Dr. Sean Berg, de Berg Sans Nipple, qui jouait avec Herman Düne sur cette tournée, mais aussi avec David en solo au printemps dernier. Comme j'aime déjà bien les albums solo de David et ses reprises sous le nom de Yayahoni, le choix a été facilité.
C'est un disque instrumental, où dominent le ukulélé et la guitare slide. Parmi les rares disques instrumentaux que je fréquente (disons Comelade, Felt, Friends of Dean Martinez par exemple), il me semble que ce disque se rapproche le plus des projets solo de Mick Turner, le guitariste de Dirty Three, sous son nom ou sous celui de Bonnevill.
Je ne sais pas si c'est à cette cité que le titre du disque fait référence, mais il existe bien un endroit qui s'appelle Tripville, dans le Wisconsin !
Quant à la succession des titres des morceaux, de "One day you'll get married" à "The wedding song", en passant par "Le chemin des écoliers" puis "Le raccourci" (c'est moi qui traduis), et par "La cabine de péage" et "Est-ce que tu as ton ticket chéri ?", elle me fait croire que ce disque raconte un voyage par l'autoroute pour se rendre à un mariage. Par contre, je me demande bien ce que "The poet is an elephant" vient faire là-dedans !

26 novembre 2005

LAMBCHOP : The man who loved beer


Acquis chez Glitterhouse en Allemagne par correspondance vers 2001
Réf : efa 04974-03 -- Edité par City Slang en Angleterre en 1996
Support : CD 12 cm
Titres : The man who loved beer -- Alumni lawn -- Burly & Johnson

Voilà tout ce qu'il faut pour faire un bon single, même si le titre principal est extrait d'un album : une pochette originale, belle et énigmatique, pas juste la reproduction de la pochette de l'album (et là on a même un verso de pochette illlustré !), une excellente "face A" et deux faces B inédites, pas des remixes inutiles ou un autre titre de l'album.
"The man who loved beer" est une chanson assez emblématique du Lambchop des débuts, lente et douce. Les instruments entrent dans la chanson chacun leur tour; guitare acoustique, pedal steel, percussions, cordes et cuivres. Appremment, les paroles sont inspirées d'un poème intitulé "Débat entre un homme lassé de la vie et son âme", écrit par un égyptien près de deux mille ans avant Jésus-Christ.
Un single typique, donc, à part que justement "The man who loved beer" est tout sauf une chanson pop formatée pour le commerce de la musique. Et pourtant, à chaque écoute il me reste en tête les paroles du début des couplets ("To whom can I speak today") et celles de ce qui fait office de refrain ("And the violent man comes down on everyone"). David Byrne ne s'y est pas trompé, qui a repris cette perle sur son dernier albm en date.
"Alumni lawn" a été enregistré en 1992 dans le salon de Kurt Wagner. C'est un titre jazzy avec de l'orgue, ce qui est assez peu courant chez Lambchop, et du saxo notamment, et la voix éraillée typique de Wagner. Tout ça se termine par un grand éclalt de rire... "Burly & Johnson" est un instrumental à base de percussions, de ce qui ressemble à une trompette bouchée, de guitare et de guimbarde.

25 novembre 2005

URUSEI YATSURA : The hated Urusei Yatsura


Acquis par correspondance en Angleterre en 1996
Réf : Ché 46/64338-2 -- Edité par Ché en Angleterre en 1995
Support : CD 12 cm
Titres : Plastic ashtray -- Got the sun -- Miramar -- Yatsura kill taster

En 1995/1996, j'ai suivi avec attention la première année de ce groupe écossais de Glasgow, fleuron du label Ché, en achetant tout ce que je trouvais, et en commandant les premiers singles qui me manquaient.
Voilà ce que j'écrivais à propos de ce disque en 1996 dans un article du fanzine papier Vivonzeureux!, complet avec ses images noir et blanc scannées dans le NME :
"On laisse passer Noël et re-bam!, en janvier sort "Plastic ashtray" le premier single du groupe à sortir en maxi-CD 4 titres. La face A, digne d'un des meilleurs titres du Sonic Youth époque Goo, est exemplaire ("Je suis déjà venu là, tu as un cendrier en plastique... !), et, ce qui est peut-être un progrès par rapport aux précédents singles, les trois autres titres du maxi sont de la même veine et presque tout aussi bons, particulièrement "Yatsura kill taster" et "Miramar".
Pendant tout ce temps, le groupe a enchaîné les tournées en Angleterre, ce qui leur permet de développer leur petit monde de référence : les mangas, le japon et surtout, apparemment, les jouets plus ou moins électroniques (qu'on entend sur plusieurs de leurs enregistrements) et la SF." Près de dix ans plus tard, je suis d'accord avec moi-même. A la fin du disque, un écossais prononce quelques mots, et j'ai à chaque fois l'impression d'entendre Alan McGee parler...
Les singles sont peut-être dificiles à trouver, mais on voit régulièrement dans les bacs à soldes l'album "We are Urusei Yatsura", renommé "We are Yatsura" suite à un procès. Il contient les meilleurs titres des premiers singles du groupe, parfois réenregistrés pour l'occasion, et il vous est fortement recommandé (en fait, on trouve plein de singles sur le site Rocket Girl, lancé par une ancienne du label Ché).

24 novembre 2005

CATHY CLARET : Cathy Claret


Acquis aux enchères par correspondance en novembre 2005
Réf : VICP-22 -- Edité par Victor au Japon en 1990
Support : CD 12 cm
12 titres

C'est bien entendu la connexion historique avec qui a fait que je me suis intéressé à l'achat de ce disque, couplé avec l'album suivant, "Soleil y locura" : Cathy Claret a longtemps été membre du Bel Canto Orquestra, et c'est sa voix, enregistrée alors qu'elle avait trois ans, qu'on entend sur le titre "Chanson" de Comelade.
Il s'agit de son premier album, sur lequel figurent notamment Pascal Comelade, Raimundo Amador du groupe Pata Negra à la guitare flamenco, et Jacques Lyprendi, un ancien du groupe Regrets, qui co-signe plusieurs chansons.
Les principaux ingrédients du disque sont simples : voix de lolita, ambiance bossa nova et guitare flamenco. Je me permets la facilité de la voix de Lolita car il y a justement une chanson intitulée « Loli-lolita ». Cette voix explique peut-être le succès de Cathy Claret au Japon, qui perdure en 2005, et en Espagne où elle réside. Du coup, tout ça me fait souvent penser à Sonoko, la japonaise francophile auteur d’un album classique sur un autre label belge, Crammed (celui-ci est sorti à l’origine sur les Disques du Crépuscule).
Il y a une reprise du « Lundi au soleil », la scie de Claude François, qui passe plutôt bien, mais qui est inutile, vu qu’il y a des originaux bien meilleurs, comme « Regarde-moi sourire », « Fin d’été » ou « Toi ».
La patte de Pascal Comelade se fait surtout sentir sur « She’s the rain » (les deux titres en anglais du disque passent plutôt bien), et bien sûr sur le dernier titre, un « Instrumental » qu’il a composé, et dont je n’arrive pas à déterminer s’il l’a aussi enregistré sur un de ses propres disques.

23 novembre 2005

LE CAMEMBERT RADIOACTIF : F... ! Chirac


Acquis au Record & Tape Exchange de Notting Hill Gate à Londres en 1996
Réf : ZYX 7956-8 -- Edité par ZYX en Allemagne en 1995
Support : CD 12 cm
Titres : Radioactiphonique Camembert Mixe` -- Cordon Bleu Cleubbe` Camembert Mixe` -- Souffleur Camembert Mixe` -- Chateau-Neuf Camembert Mixe`

Ce disque est l'un des effets secondaires de la décision de Chirac en 1995 de reprendre les essais nucléaires aériens à Mururoa. Soyons clairs, aucun intérêt du point de vue musical : c'est de la techno au mètre. Sinon, le geste militant qui ne se prend pas trop au sérieux peut faire sourire. Il y a quand même le numéro de fax de l'Elysée sur la pochette pour envoyer des protestations !
Ces allemands (probablement) sont allés à Rimini enregistrer ce pamphlet léger, qui débute par la Marseillaise, comprend un compte à rebours et se termine par une explosion, bien sûr.
Le plus amusant, ce sont les paroles, une succession de mots et de noms français prononcés rapidement avec un fort accent, du style "Les premiers, Duvallier, travailler, Chevalier, Depardieu Adieu... Fuck Chirac !". "Fuck Chirac", c'est le refrain, répété par des choeurs féminins diaphanes, auxquels font écho les "Oh oh oh" d'un choeur masculin.
Qu'elle soit volontaire ou non, la référence du nom du groupe au "Camembert électrique" de Gong est un bon point !

22 novembre 2005

THE COLONEL : Too many cooks in the kitchen


Acquis chez New Rose à Paris le 7 août 1982
Réf : VS 380 -- Edité par Virgin en Angleterre en 1980
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Too many cooks in the kitchen -/- I need protection

La pochette que vous voyez n'est pas celle de mon premier exemplaire de ce disque, acheté neuf. Je l'avais prêté à François B., et il n'avait rien trouvé de mieux que de me le rendre avec la pochette superbement colorée au feutre, en se créditant au dos au stylo bille ! Plus tard, j'en ai racheté un autre d'occasion, mais j'ai toujours l'unique exemplaire en couleurs !
J'avais appris l'existence de ce disque à l'occasion d'un voyage à Londres en juin 1982, mais je n'avais pas réussi à mettre la main sur un exemplaire du disque pendant mon séjour, le Virgin Megastore notamment étant en rupture de stock alors qu'un "fantôme" annonçait le disque dans les bacs...
The Colonel, c'est Colin Moulding, le bassiste et faiseur de hits d'XTC. Je suis incapable de me souvenir si je savais déjà que c'était un disque lié à XTC quand je l'ai acheté. Probablement que oui, car je ne vois pas pourquoi je l'aurais acheté, sinon. Mais d'où j'avais bien pu tenir cette information, en ces temps d'avant l'internet, d'avant que je lise le NME ? De Bernard Lenoir sur Feed Back, j'imagine, je ne vois pas d'autre possibilité.
Le disque est très bon. La face A est un ska léger et entraînant, avec des choeurs féminins dans le refrain et un petit coup de "ouin ouin ouin ouin" très accrocheur façon voix canardsillarde.
La face B a un son plus new wave, autour d'un jeu de batterie de Terry Chambers, le batteur d'XTC, qui ferait presque penser au Cure de l'époque de "Pornography", mais deux ans avant.

21 novembre 2005

JOHNNY CASH : Crazy country


Acquis par correspondance vers 2001
Réf : A 28791 -- Edité par Sony aux Etats-Unis en 1998
Support : CD 12 cm
10 titres

Des compilations de Johnny Cash, c'est pas ce qui manque. Celle-ci est thématique, sur la country foldingue, mais bizarrement faite. On trouve des titres qui sont partout ("A boy named Sue" de Shel Silverstein) et d'autres beaucoup plus rares ("Look at them beans", reprise de Joe Tex !). On trouve aussi une moitié de titres carrément légers ("Everybody loves a nut" de Jack Clement) et d'autres beaucoup plus graves ("Oney" de Jerry Chesnut). En tout, la moitié de l'album est due à Silverstein et Clement.
Les points forts sont "One piece at a time", l'histoire de cet ouvrier de la construction automobile qui se construit une Cadillac Frankestein en volant des pièces une à une tout au long de sa carrière, et qui a évidemment des problèmes pour la faire rouler ensuite, et "Chicken in black", une auto-parodie de "The man in black", qui voit Cash se faire greffer involontairement le le cerveau d'un braqueur, Manhattan Flash. Quand il veut récupérer le sien, le chirurgien refuse car il en a mis un bout à la place du cerveau d'un poulet, qui connait un grand succès sur toutes les scènes en interprétant les chansons de Johnny Cash !!
Ma chanson préférée sur ce disque, c'est "Flushed from the bathroom of your heart", une chanson d'amour perdu à la métaphore filée de Jack Clement. Ce n'est pas la version la plus courante, celle en public avec juste une guitare sèche de "At Folsom Prison", qui vaut surtout par les rires du public en réaction à chacun des vers. Celle-ci, dont je n'arrive pas à déterminer sur quel disque elle est sortie à l"origine, est meilleure musicalement, enregistrée en studio, avec une guitare de style hawaïen, mais toujours des paroles qui me font plier de rire.
Extrait : "Dans la rivière de tes plans, je suis échoué sur la rive; Dans ton agenda, je suis à la page de la semaine dernière; Dans le théâtre de ton amour, j'ai perdu mon rôle ; Et maintenant tu dis que tu m'as expulsé de ton organisme; J'ai été chassé de la cuvette de WC de ton amour".

20 novembre 2005

THE NITS : Radio shoes


Acquis au salon du disque de Châlons-en-Champagne le 23 octobre 2005
Réf : 656327 7 -- Edité par CBS en Hollande en 1990
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Radio shoes -/- Solid to gas

Ça fait bien longtemps que je n'achète plus systématiquement les disques des Nits dès leur sortie, mais quand j'en vois un en solde ou d'occasion, je le laisse rarement passer. Pour ce 45 tours, il y avait deux bonnes raisons de l'acheter : la très belle pochette (non créditée) et la face B qui ne figure sur aucun album.
Cette face B, "Solid to gas", est excellente. Une petite ligne de synthé sympa, des voix façon psychédélique, une ambiance orientale, et un petit côté rythmé qui me rappelle une autre face B des Nits, "Man of straw", la face B de "Nescio".
"Radio shoes", la face A qui est aussi la chanson d'ouverture de l'album "Giant normal dwarf", est beaucoup plus quelconque, mais ça tient peut-être beaucoup à la production, beaucoup plus élaborée que pour "Solid to gas". En effet, il y a là aussi un petit côté oriental qui me fait penser que, débarassées de certains oripeaux, ces chaussures radio me plairaient sûrement beaucoup plus.

19 novembre 2005

THE MONOCHROME SET : Ten don'ts for honeymooners


Acquis au Record and Tape Exchange de Notting Hill Gate à Londres vers 1983
Réf : PRE 018 -- Edité par PRE en Angleterre en 1981
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Ten don'ts for honeymooners -/- Straits of Malacca

En 1980, The Monochrome Set a sorti deux albums et trois singles. Après ça, ils ont quitté leur label (ou plus probablement, ils se sont fait virer). Celui-ci est le seul disque qu'ils ont sorti en 1981, et le seul sur PRE, une filiale de Charisma.
Les deux chansons sont excellentes. Au niveau du son, on n'est pas loin du troisième album à venir, "Eligible bachelors". avec peut-être un côté psychédélique un peu plus marqué. Mais surtout, comme la plupart de leurs chansons, tout cela est plein d'humour et de énième degré.
Pour la face A, "Dix choses à ne pas faire pendant sa lune de miel", je ne comprends pas tout, même en ayant les paroles devant les yeux, mais je ne crois pas qu'on soit sensé tout comprendre, de toutes façons ! Ca me fait rire quand même.
Dans les choses à ne pas faire, la première est "Ne descendez pas l'Everest à poil sur vos skis avec du lys dans le nez", par contre, le narrateur explique qu'il "fabriquerait le monde en sept jours et pasteuriserait la voie lactée"...!
Ce disque s'étant encore moins vendu que les autres productions du groupe, il est à peu près impossible à trouver, mais les deux chansons figurent dans la même version, mais avec un meilleur son, sur "What a whopper !", une compilation de raretés délirante sortie en 1991 chez Richmond, un label lié à El et Cherry Red. Ce CD est toujours disponible.

18 novembre 2005

HIGELIN : Remember


Acquis chez Emmaüs à Tours-sur-Marne vers 2000
Réf : SH 40.010 -- Edité par Saravah en France en 1969
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Remember -/- Et voûala le piano (= Je jouais le piano)

J'ai fait la connaissance de "Remember" au début des années 1980, via l'album "Higelin-Areski" qu'un copain m'avait prêté, et le moins qu'on puisse dire c'est que cette chanson m'a marqué, tiens, presque autant que "Closer" de Joy Division à la même époque.
"Je mourrai, dans un voiture, carbonisé. La portière ne voudra pas s'ouvrir. Je hurlerai...".
De la guitare, des voix, et l'une des plus belles réussites de la bande à Higelin-Areski-Brigitte Fontaine (l'une des plus belles réussites de la chanson française dans son ensemble, d'ailleurs). Quand on pense que la même année sortait "Comme à la radio", on se dit que ce n'était pas une année où ils avaient envie de ne rien faire, les hippies, contrairement au slogan de leur label.
Contrairement à l'album, ce 45 tours est crédité à Higelin seul, mais c'est bien le même enregistrement. C'est un superbe objet, avec une pochette ouvrante. La face B, dont le titre sur la rondelle est différent de celui sur la pochette, est un truc un peu free, avec beaucoup de saxo, Higelin à la guitare électrique "très ampère", et les paroles qui n'arrivent qu'à la fin. Ce titre n'est sorti que sur ce 45 tours, je crois.
C'est en espérant secrètement trouver des disques de cet acabit, en bon état qui plus est, qu'on peut passer des heures à compulser des centaines de 45 tours de variétés déprimants dans les vide-greniers ou les dépôts-vente. Merci à Marie-Christine Blin, la précédente propriétaire du disque, d'en avoir pris grand soin.

17 novembre 2005

THE PIRANHAS : Yap yap yap


Acquis au Record & Tape Exchange de Notting Hill Gate à Londres vers 1984
Réf : RB/06/YAP -- Edité par Attrix en Angleterre en 1979
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Yap yap yap -/- Happy families

A force de fouiner dans les bacs de disques d'occasion, j'ai fini par avoir quasiment la discographie complète des Piranhas, un groupe de Brighton qui fait parfaitement le lien, chronologiquement et stylistiquement, entre les Blockheads de Ian Dury et Madness (d'ailleurs, ces trois groupes ont un saxo). Autrement dit, une bande de copains qui jouent de la musique pour se faire plaisir et pour nous faire plaisir, sans se prendre la tête, mais avec de très bonnes chansons.
Ceci est le troisième single du groupe, de retour sur son label local Attrix après un bref passage chez Virgin. "Yap yap yap" est excellent, même si je suis bien incapable de décrire cette chanson. Le chanteur principal a un fort accent, que j'aurais presque qualifié de cockney s'ils avaient été de Londres, et les autres font les choeurs derrière, mais rien à voir avec les Beach Boys ! "Happy families" est plus quelconque...

Les deux titres de ce 45 tours figurent sur le CD "Tom Hark - The Piranhas collection", paru chez Anagram.

16 novembre 2005

THE ROCKINGBIRDS : A good day for you is a good day for me


Acquis je sais plus où en 1991
Réf : HVN 14 CD -- Edité par Heavenly en Angleterre en 1991
Support : CD 12 cm
Titres : A good day for you is a good day for me -- Jonathan Jonathan -- Only one flower

Il s'agit d'un autre de ces disques qui m'ont fait aimé les sons de la country music. Les Rockingbirds étaient un groupe londonien à fond dans un trip country, avec le look adéquat, et malgré cela ils n'étaient pas ridicules.
Le premier titre, enlevé, avec une pedal steel très présente, est très optimiste et répand la bonne humeur.
"Jonathan Jonathan" est un hommage de fan à Jonathan Richman. Ils en feront une nouvelle version en 1992 pour leur premier album, qui sortira en face A de single avec une pochette clin d'oeil au logo des Modern Lovers.
Le dernier titre est une belle ballade, un peu à la Peter Astor, comparaison pas innocente puisque c'est justement Peter Astor qui a produit ce disque, tandis que la section rythmique des Rockingbirds, Dave Morgan et Greenwood Goulding, est celle des Weather Prophets, l'ancien groupe de Peter Astor.
J'ai pu voir les Rockingbirds sur scène le 24 avril 1991 à Londres pour un concert très court dans un bar d'Oxford Street, en première partie d'un showcase de Peter Astor. Moins d'une semaine plus tard, le 30 avril, les Rockingbirds étaient sur la scène du Subterrania, en première partie de.... Jonathan Richman ! Mais j'avoue que je n'ai pas entendu grand chose du concert, à part "Jonathan Jonathan", parce que je papotais dans les loges pendant leur prestation...

15 novembre 2005

JACK HAMMER WITH THE HARRY KING ORCHESTRA : Electricity


Acquis sur le vide-grenier de Bisseuil le 27 mars 2005
Réf : MPO. 3102 -- Edité par Pop en France en 1962
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Electricity -- Wiggling fool -/- Fire baby -- The wiggle

La pochette était remarquable. Le disque en très bon état. Il fait partie de la série "Strict danse tempo" chère au Colonel de l'Opération Kangourou. Si ça n'avait pas été suffisant, les notes de pochette au dos auraient pu me convaincre :
"Jack Hammer est un grand chanteur de rythme. Il sait choisir des chansons qui lui vont bien, et ce qu'il y a d'assez rare à l'époque actuelle, on le sent parfaitement à l'aise au milieu de ces rythmes trépidants.
C'est un garçon, dont on peut dire sans se vanter, qu'il a du métier. Il a une extraordinaire personnalité et une vitalité à tout épreuve.
Ecoutez ces quatre nouveaux titres, avec "Electricity" en tête, qu'il a enregistrés pour vous, vous comprendrez alors son succès auprès de tous."

Trève de plaisanterie. Jack Hammer s'appelait en fait Earl S. Burroughs. Il a commencé sa carrière dans les années 50 aux USA. Il aurait joué avec les Platters. Au cours de sa carrière, il a aussi composé pour d'autres, dont Nina Simone ("Plain gold ring").
Après sa rencontre avec Albert Van Hoogten, le patron du label Ronnex (qui co-signe les quatre chansons de ce disque), il s'installe en Belgique où il devient le spécialiste des danses à la mode : il est le roi du twist, mais aussi le créateur du wiggle, qu'on retrouve ici deux fois.
Là où les notes de pochette n'exagèrent pas, c'est que les quatre titres ont vraiment un rythme très enlevé, avec de la contrebasse bien présente, des choeurs, du saxophone, un très bon petit passage batterie/orgue dans "Wiggling fool", alors que "Fire baby" est quasiment rockabilly.

PS : Les informations biographiques sur Jack Hammer viennent du site de Dirk Dutronic. Et on trouve ailleurs une discographie de Jack Hammer.

14 novembre 2005

CALEXICO : Spoke


Offert par Joey Burns à Reims le 13 octobre 1997
Réf : QS51CD -- Edité par Quarterstick aux Etats-unis en 1997
Support : CD 12 cm
19 titres

En avril 1997, une des premières bénédictions de l'internet a été de me permettre d'être informé en temps utile de la tournée européeenne de Giant Sand pour prendre mes dispositions pour aller les voir en concert à Fribourg-en-Brisgau, en Allemagne. Avant ça, comme leurs tournées européennes ne passaient généralement pas par la France, il n'y avait quasiment aucun moyen de savoir où et comment les voir.
Ce soir-là, à leur stand de disque, il y avait un 33 tours d'un groupe appelé Spoke, édité par Hausmusik. Joey Burns avait demandé aux gens de ce label après un concert en 95 s'ils accepteraient de sortir un disque de son groupe parallèle à Giant Sand. La démo était tellement bonne que le projet de single s'est transformé en album. Seul hic, quand les disques sont revenus du pressage et les pochettes de l'imprimerie, Hausmusik a appris que Burns et Convertino venaient de décider de changer le nom de leur groupe. Fini Spoke, bienvenue à Calexico ! Il était trop tard pour changer l'édition allemande en vinyl, qui est donc sortie sous le nom de groupe Spoke, sans titre d'album. Mais dix mois plus tard, pour la sortie en CD aux USA, "Spoke" était devenu le titre du premier album de Calexico.
A l'automne 97, ce n'est ni Giant Sand ni Calexico ni Spoke ni Lisa Germano qui étaient en tournée, mais un tout ça, puisque OP8 (les membres de Giant Sand plus Lisa Germano) tournaient pour promouvoir leur excellent album "Slush". Et là, pas besoin de faire des centaines de kilomètres pour aller les voir, puisqu'ils étaient programmés à L'Usine à Reims. Malheureusement, Howe Gelb n'était pas de la partie ce jour-là, car il avait dû se rendre au chevet de son ami Rainer.
Le 13 octobre 1997, donc, j'ai eu la chance de pouvoir interviewer OP8 en direct depuis le studio de La Radio Primitive. En repartant vers le lieu du concert, Joey m'a dit qu'il voulait me donner un exemplaire du CD de son nouveau groupe. C'est comme ça que je suis entré en possession de "Spoke", édité en digipack chez Quarterstick.
Bizarrement, j'ai deux albums préférés de Calexico : "Spoke" et "The black light". Un peu comme s'ils avaient été faits par deux groupes différents. "The black light" est l'album au son puissant, aux chansons enlevées, avec les premiers effets mariachis. "Spoke", venu avant le succès, un peu sous-estimé, c'est l'abum folk-rock, relax, détendu, acoustique, enregistré à la maison. Et quel album, avec ce chef d'oeuvre qu'est la chanson "Spokes", et toutes les autres bonne chansons du disque, comme "Low expectations" ou "Removed". Les influeneces hispanisantes sont même déjà présentes ("Sanchez"), tout comme le son de guitare de leur autre projet parallèle, les Friens of Dean Martinez ("Scout").
A mon humble avis, on devrait vendre "The black light" en lot avec "Spoke", afin que les fans connaissent mieux les différentes facettes de la musique de Calexico !

13 novembre 2005

THE GIST : This is love


Acquis probablement chez New Rose à Paris ou chez Rough Trade à Londres en 1981
Réf : RT 058 -- Edité par Rough Trade en Angleterre en 1980
Support : 45 tours 17 cm
Titres : This is love -/- Yanks

Il y a des chansons comme ça qui tombent dans la quatrième dimension de l'édition discographique et disparaissent complètement, sans le mériter aucunement. Au moment où j'écris ces lignes, "This is love" de The Gist n'est disponible nulle part, même pas sur une quelconque compilation rétrospective du label Rough Trade. Le pire, c'est que Rykodisc a réédité en 1999 en CD l'unique album de The Gist, "Embrace the herd", avec quelques bonus, mais à cinq chansons près, dont les deux faces de ce 45 tours, ils auraient pu faire de ce CD une intégrale du groupe formé par Stuart Moxham juste après (ou juste avant plus sûrement) la séparation des Young Marble Giants.
Pourtant, "This is love" fait partie de mes chansons classiques de la new wave, aux côtés de "Final day" et de la plupart des titres de l'album "Colossal youth" des Young Marble Giants, et c'est de loin ma préférée de toute la production de The Gist.
Un coup de batterie pour commencer, puis la basse, puis la guitare jouée note par note, avec différents sons. C'est très épuré, comme YMG, mais sur un tempo très enlevé. Toute la production d'un label comme Sarah et de la scène anorak pop anglaise est contenue dans cette chanson. En mieux.
La face B, "Yanks", sonne beaucoup plus comme les Young Marble Giants. Certes, il y a la batterie en avant, à la place de la boite à rythmes, et la voix de Stuart Moxham, qui n'a rien à voir avec celle d'Alison Statton, mais à l'arrière-plan, l'orgue et le reste pourraient venir d'un instrumental de YMG.
Allez, vous savez ce qui vous reste à faire pour écouter "This is love" ; écumer eBay ou les disquaires spécialisés...

12 novembre 2005

IMPOSSIBLES : The drum


Acquis à l'un des Record and Tape Exchange de Londres au début des années 1990
Réf : DRUCD2 -- Edité par Fontana en Angleterre en 1991
Support : CD 12 cm
Titres : The drum -- Our love is god -- Therapy? -- The drum (12" mix)

Dans les années 80, dans la cave des Record and Tape Exchange de Londres, il y avait les paquets de 45 tours à 10 pence, qui ont longtemps fait mon bonheur. Ça permettait de faire de bonnes affaires, parfois, mais surtout ça permettait d'acheter des disques à l'aveugle, "pour voir", ou plutôt pour écouter.
Dans les années 90, les CD singles à 50 pence ont remplacé les 45 tours, mais le principe est resté le même.
Si j'ai acheté ce disques des Impossibles, c'est uniquement parce que j'ai remarqué que "The drum" était signé Blegvad et Moore, soit Peter Blegvad et Anthony Moore, deux des membres de Slapp Happy, un des groupes pionniers des musiques de traverses anglaises des années 70. Je n'ai jamais entendu la version originale de cette chanson, je sais juste qu'elle a aussi été reprise par Bongwater.
Impossibles est un groupe londonien, qui comptait au moins deux chanteuses (les deux filles de la pochette ?), et qui a sorti trois singles en 90 et 91. Ils sont associés à la scène "twee" et ont parait-il failli signer chez Sarah avant d'opter pour Fontana.
Leur version de "The drum" est excellente. Le remix maxi d'Andy Weatherall, comme d'habitude, enlève plein de bonnes choses au morceau (les voix, la mélodie, la guitare, la basse) et ne rajoute pas grand chose d'intéressant (des beats, bien sûr, et des bouts de basse).
Des deux autres titres, "Our love is god" est pas mal du tout, et "Therapy?" moins bien. En plus ça m'énerve car je n'arrive pas à saisir le rapport entre ce titre et le groupe irlandais Therapy?, d'autant plus qu'ils sont crédités sur la pochette comme "cover stars"...!

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