30 avril 2006

ENSEMBLE TAUHITI : Tahiti je t'aime


Acquis sur le vide-grenier de Mardeuil le 30 avril 2006
Réf : FOL 3 -- Edité par PBM en France dans les années 1960 (Folklore international, 3)
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Meko -- Paoa moorea -/- Pae tahatai -- Tiare anani

C'est souvent comme ça. En arrivant au premier stand du vide-grenier, j'ai aperçu deux caisses de disques avec un papier les annonçant à 50 centimes. Il y avait un gars en train de les regarder, et il ne m'a pas fallu une minute pour me rendre compte que c'était un collectionneur, qui sélectionnait la plus grande partie des disques intéressants du lot, regardant l'état des pochettes, des disques, et même de la languette des EPs sixties. Mais comme on n'avait pas tout à fait les mêmes goûts, j'ai pu récupéré quelques disques qui m'intéressaient, et surtout, grâce au bagoût du collectionneur, j'ai pu accéder après lui à une valise de disques que les exposants conservaient en réserve dans leur garage.
Et c'est comme ça que j'ai mis la main sur ce 45 tours, le troisième volume d'une collection sur le folklore international, les deux premiers étant consacrés à des chansons napolitaines et russes !
L'intérêt de ce disque c'est qu'il ne s'agit pas d'enregistrements pour touristes ou de tamouré kitsch, mais de "vieux chants polynésiens" recueillis et enregistrés par le célèbre photographe Sylvain.
Trois de ces chansons sont très belles : "Meko", à deux voix, avec une instrumentation discrète, y compris le solo de guitare ; "Pae tahatai", avec deux voix également (celles de Loma et Tihoni), et un ukulele solo crédité à Petio (peut-être le Monsieur Petiot qui accompagne la même Loma sur le CD "Tahiti belle époque volume 2" et qui, en temps que membre des Barefoot Boys, joue sur le "Tahiti belle époque volume 3" ; et enfin "Tiare anani", qui est chantée par Tihoni.
Le quatrième titre, "Paoa moorea", est une chanson de fête rapide et percussive, avec une voix principale et des choeurs, un style de chanson que j'aime moins.

29 avril 2006

MYSTIC KNIGHTS OF THE OINGO BOINGO : You got your baby back


Acquis chez Woolworths à Londres dans les années 1980
Réf : 45-1001-A -- Edité par Pelican aux Etats-Unis en 1976
Support : 45 tours 17 cm
Titres : You got your baby back -/- Ballad of the caveman

Il y avait un Woolworths du centre de Londres (Kensington ? Victoria ?) qui proposait régulièrement des lots de dix 45 tours emballés sous plastique pour pas cher (peut-être bien trois livres). Plusieurs fois, j'y suis passé pour tenter ma chance : le jeu consistait à regarder tous les paquets, à évaluer l'intérêt des deux seuls disques dont la pochette était visible, et à essayer de deviner en scrutant les tranches s'il pouvait bien y avoir un ou plusieurs disques intéressants parmi les huit autres, qui rendent l'achat valable. Mais évidemment, c'est le fait lui-même d'acheter ces disques un peu à l'aveuglette qui rendait le jeu intéressant !
Evidemment, la plupart du temps, il n'y avait pas de bonne surprise. La plupart des disques, qui venaient probablement de la centrale d'achat de Woolworths, étaient des disques commerciaux invendus. Sur le tas, je me souviens avoir acheté un disque des Shirts sans pochette, un disque des Warm Jets sur Bridgehouse, un de The Quick, un des Invaders avec sa pochette. Des trucs comme ça. Mais le truc le plus intéressant que j'ai jamais ramené de ce magasin, c'est bien ce 45 tours, qui selon toute logique n'aurait jamais dû s'y trouver, jamais !
En effet, il s'agit d'un 45 tours autoproduit de la toute première incarnation de Oingo Boingo, sans sa pochette, qui a apparemment été vendu surtout lors des spectacles du groupe, ainsi que dans quelques boutiques de Californie, et qui a servi d'outil promotionnel à ce collectif formé autour des frères Elfman, qui semble avoir compté au moins une française en son sein.
C'est un exemplaire de ce 45 tours que j'ai donc trouvé un jour dans un de ces sacs en plastique, sans sa pochette.
Je m'étais intéressé à Oingo Boingo à leurs débuts, après avoir lu des comparaisons mal placées avec Devo, mais je n'ai pas trop accroché aux deux premiers albums, que j'avais achetés, au point même qu'ils font partie des rares disques que, dans mon parcours d'amateur de disques, j'ai décidé de revendre (et encore plus rares, ils font partie des très rares disques que je ne regrette pas d'avoir revendus !).
Mais ce disque, qui a très peu à voir avec "Only a lad" ou "Nothing to fear", me plait bien. Surtout la face A, un excellent doo-wop parodique à la Zappa/Mothers époque Ruben & the Jets, qui fait référence à l'enlèvement de Patti Hearst, et qui est dédié à son père, le magnat de la presse William Randolph Hearst ("Whoah Patti baby, I knew deep down in my heart that you would be coming back to your Papa, and hey honey, I didn't believe anything they wrote in those silly newspapers, especially the ones that I did own").
La face B est moins intéressante. C'est un autre doo-wop qui raconte une histoire, un peu comme "Stranded in the jungle", le titre repris en son temps par les New-York Dolls.

28 avril 2006

TALKING HEADS : Psycho killer


Acquis à La Trocante à Nantes dans les années 1990
Réf : 6078 610 -- Edité par Sire en Belgique en 1977
Support : 45 tours 30 cm
Titres : Psycho killer -/- Psycho killer -- I wish you wouldn't say that

J'avais depuis très longtemps (1979 ? 1980 ?) le 45 tours français de "Psycho killer", avec sa pochette énigmatique, et en face B la version dite "acoustique" de "Psycho killer", qu'on trouve aussi sur ce maxi.

Mais ce jour-là, j'ai été bien content de trouver ce maxi en édition belge, avec peut-être bien le torse de David Byrne pour une pochette pas très réussie, mais aussi et surtout avec un titre en plus, "I wish you wouldn't say that", sorti à l'origine aux Etats-Unis en face B du single "Uh-Oh love comes to town". Les trois titres forment donc un 45 tours excellent, bien représentatif des Talking Heads première époque, ceux pour lesquels j'ai sans doute le plus d'affection.
Ce disque est sorti en Angleterre avec la même référence et les mêmes titres, mais seulement en petit 45 tours, si j'en crois cette discographie. Mais la pochette semble encore avoir été différente :

On dirait la pochette belge avant retouche et ajout d'un "Smile" incongru...!
Il traîne sur le réseau ces temps-ci, et notamment ici, un ensemble de quinze titres démos enregistrés par Talking Heads pour CBS en 1975. On retrouve une majorité des titres du premier album et des premiers singles, plus quelques-uns qui ont attendu le deuxième album pour voir officiellement la lumière du jour. Les chansons qu'on connait bien sont parfaitement formées et arrangées. C'est excellent, et on se dit qu'au moment de l'enregistrement effectif des disques, les producteurs n'ont pas dû avoir trop de boulot...

24 avril 2006

FRED SCHNEIDER & THE SHAKE SOCIETY


Acquis au Carrefour de la Chapelle-Saint-Luc le 28 novembre 1987
Réf : 25158-1 -- Edité par Warner Bros aux Etats-Unis en 1984
Support : 33 tours 30 cm
9 titres

A la fin des années 1980, le CD était bien lancé, et les labels éclusaient leurs derniers stocks de vinyls. Warner Bros a donc dû envoyer des palettes de disques "cut-outs" (disques déclassés avec un coin coupé ou un trou dans la pochette) qu'on a retrouvés à 10 F jusque dans les grandes surfaces de nos provinces. Alors que j'étais en visite chez mon pote Eric M. à Troyes, j'avais été tout content de fouiller dans ce gros tas de disques, et d'y trouver cet album solo du chanteur des B-52's, dont je n'avais même pas idée de l'existence auparavant.
Toutes les musiques du disque sont signés par une certain John Coté (inconnu au bataillon). L'ambiance générale est très synthétique, façon Devo époque "New traditionalists". Bernie Worrell coproduit et joue, mais ça s'entend peu, sauf sur "Cut the concrete" qui a un côté plus funky, mais personnellement je préfère de toutes façons les titres vraiment synthétiques, mais ça donne quand même à l'affaire un sympathique petit côté Tom Tom Club.
"It's time to kiss", en duo avec Patti Labelle, est chaud par définition, mais l'ambiance est surtout aux B-52's, avec évidememnt la voix omniprésente de Fred Schneider, et d'autant plus qu'il y a beaucoup de choeurs féminins, dont certains sont tenus par sa collègue Kate Pierson des B-52's.
La qualité de l'ensemble est quand même plutôt moyenne. Au mieux, on atteint le niveau des B-52's en plus synthétiques, mais ça arrive seulement sur quelques chansons, qui sont mes préférées, "Monster (malgré ses paroles faciles, "There's a monster in my pants and it does a nasty dance", "Wave" et "Summer in hell").
"Juicy jungle", sur l'album "Bouncing off the satellites" des B-52's sorti en 1986, est peut-être à considérer comme le dizième titre de cet album, comme il est aussi signé Fred Schneider/John Coté, mais il n'est pas excellent non plus.
Après le succès de "Love shack", le label a réédité ce disque en CD en 1991, sous le titre "Fred Schneider" tout court, et avec cinq titres remixés.
Certains, à commencer par AllMusic, croient que cette sortie CD est la première parution du disque, mais ils se trompent lourdement ! Ce disque de 1984 le prouve...

23 avril 2006

THE MOONFLOWERS featuring DRUMMY GREEN : Shake it together


Acquis au Cash Converters du boulevard des Batignolles à Paris dans la seconde moitié des années 1990
Réf : PGCD32 -- Edité par PopGod en Angleterre en 1995
Support : CD 12 cm
Titres : Shake it together -- Soul heavy -- Dub it together -- I would like to see Egypt one of these days

Ce jour-là, je suivais une formation à Paris et j'avais profité de ma pause déjeuner pour me glisser dans ce Cash Converters à l'heure de sa réouverture de l'après-midi. Il y avait un prix spécial sur les CD singles quand on en prenait dix, et j'ai trouvé suffisamment de quoi pour faire un lot, au sein duquel figurait celui-ci.
Pourtant, j'avais un préjugé défavorable sur les Moonflowers. J'avais lu des interviews d'eux et écouté un de leurs titres sur une compilation, et mon opinion était faite : une bande de néo-hippies, proche des crusties, à éviter. Et je reste persuadé d'avoir raison sur ce point.
Mais deux choses sauvent ce disque : il est dans un style plus ou moins reggae, et surtout ils ont un invité, Drummy Green, probablement un chanteur jamaïcain, le gars en photo avec un chapeau de paille au dos de la pochette.
Drummy Green ne suffit pas, avec ses quelques interventions vocales, à sauver les trois premiers titres. Il y a une grosse basse reggae, et pas grand chose d'autre (Ah si, un solo de guitare presque progressif, donc presque insupportable pour moi, sur "Soul heavy"). Grosso modo, ils ratent tout ce que The Murphy Federation, par exemple, avait réussi avec "The fed up skank" une quinzaine d'années plus tôt.
Heureusement, il y a "I would like to see Egypt one of these days", le dernier titre, écrit et chanté par Drummy Green. Et là, dès les premières notes, tout tombe parfaitement en place. Là, c'est vraiment du reggae, du bon, il y a de l'orgue qu'on croirait sorti d'un single jamaïcain de rock steady, il y a des choeurs féminins discrets mais efficaces, et surtout le chant excellent de Drummy Green. En dehors de ce disque avec les Moonflowers, je n'ai trouvé aucune référence à Drummy Green sur internet. J'en déduis donc, peut-être hâtivement, qu'il n'a pas fait d'autre disque. Si c'est le cas, c'est bien dommage.
"I would like to see Egypt one of these days" est disponible en CD sur la compilation des Moonflowers "Dirty and lost", sortie en 2002.

22 avril 2006

MARCEL ZANINI : Tu veux, tu veux pas


Acquis sur un vide-grenier de la Marne dans les années 1990
Réf : 121 257 -- Edité par Riviera en France en 1970
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Tu veux, tu veux pas -/- Ça balance terrible

Malheureusement, je n'ai plus "mon" exemplaire de ce 45 tours. Il faudrait que je me renseigne, il est peut-être chez ma maman ou chez mon frère. Celui-ci, je l'ai racheté il y a quelques années, sur un vide-grenier ou dans un dépôt-vente. Il a appartenu par le passé à Jean et Michèle S.
Le mien, mon exemplaire, il m'avait été dédicacé par Marcel Zanini lui-même, en 1973 je crois, à l'issue d'un concert donné pour l'inauguration du magasin de bricolage B3, rue Lochet à Châlons-sur-Marne. Dans la cohue qui a suivi cette performance, mon père avait héroïquement réussi, non seulement à récupérer un exemplaire gratui de ce 45 tours à mon intention, mais aussi à le transmettre à bout de bras à Zanini, resté sur la scène improvisée, en lui criant mon nom pour qu'il le dédicace. Malheureusement, dans le bruit et la confusion, Zanini n'a pas bien saisi ce que mon père lui disait, et il a écrit "Pour Pitou" sur le disque, ce qui ne correspond pas tout à fait à mon petit nom familial !
Après une vingtaine d'années d'un parcours tranquille sur la scène jazz française, cette reprise d'un tube brésilien de Wilson Simonal a propulsé Zanini dans le monde de la variété, sur les ondes de toutes les radios et dans les émissions de toutes les deux chaînes de télé de l'époque.
Musicalement, rien de putassier ici. Pour ce qui est de la qualité, on est largement au niveau des meilleurs titres de Louis Chédid. La touche brésilienne est très discrète sur la face A. Ce qui a fait le succès du disque, c'est bien sûr ce gimmick "Tu veux ou tu veux pas". Il va de soi qu'à l'époque j'étais bien incapable de saisir les sous-entendus de cette expression. Mais j'ai peut-être pu m'en faire une idée plus précise avec la version beaucoup plus suggestive que Brigittte Bardot en a donné dans la foulée quelques temps plus tard.
La face B est plus jazzy, et balance pas mal effectivement, ce qui est logique car le groupe qui accompagne Marcel sur ce disque s'appelle les Swingers...

17 avril 2006

WINOGRADOFF : Je cherche le rock


Acquis probablement à La Clé de Sol à Châlons-sur-Marne vers 1983
Réf : AZ/1 956 -- Edité par Disc'AZ en france en 1982
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Je cherche le rock -/- Rock russe

Avant le développement des radios libres et de la presse alternative, il n'y avait pas trente-six moyens de découvrir de nouveaux groupes. Une chronique ou une pub dans Rock & Folk ou Best, un passage radio chez Lenoir, ou à Europe 1 ou RTL.
C'est comme ça que j'ai dû entendre parler de et entendre tout court ce 45 tours de Winogradoff. Le refrain, "Je cherche le rock avec une lampe électrique, Donne-moi ton riff que je le troque contre mon vieux tempo en brique", m'avait bien plu, du coup je l'avais acheté le jour où je l'ai trouvé en soldes à cinq francs. Et aujourd'hui j'aime toujours beaucoup cette chanson.
La face B, comme son titre l'indique, est effectivement chantée en russe, ce qui tend à confirmer que Winogradoff n'est pas un pseudonyme.
Il y avait eu un premier 45 tours avant celui-ci sous le diminutif de Wino. Je croyais me souvenir qu'il y avait aussi eu un album, mais je dois me tromper car je n'en trouve pas trace.
Michel Winogradoff n'a peut-être pas trouvé suffisamment de rockers avec ce disque pour poursuivre sa carrière en solo, par contre il n'est pas resté inactif, que ce soit au sein de l'Orchestre du Splendid, ou comme acteur ou compositeur.

16 avril 2006

CHRIS GONTARD : J'ai envie de crever


Offert par Sorry But Home Recording en novembre 2005
Réf : [sans] -- Edité par Sorry But Home Recording en France en 2005 -- Disponible sur www.sorrybut.com
Support : 1 fichier zip comprenant 25 fichiers MP3 et 1 fichier jpg
25 titres

Bientôt sûrement, on parlera ici de musique disponible uniquement sous forme de fichier à télécharger ou à écouter en ligne. On n'en est pas encore là avec ce disque, mais on est à mi-chemin : c'est bien un disque, puisqu'il y a un semble cohérent, une liste de titres ordonnée, un titre général et une pochette. Mais c'est un disque qu'on ne peut pas acheter chez le marchand ou commander par courrier : il faut télécharger le fichier, graver le disque et fabriquer sa pochette. Et ce n'est pas moi qui m'en plaindrai ! Si on m'avait dit en 1980 qu'un jour je pourrais fabriquer mes disques tout seul à la maison, j'aurais signé tout de suite ! En plus, dans ce cas précis, la musique est diffusée gratuitement...
Chris Gontard est l'aîné des Frères Nubuck. Cet album est une collection de ses démos enregistrées entre 2000 et 2004. Comprenez, pas des premières versions de chansons enregistrées ensuite par les Nubuck, mais plutôt une partie des chansons qui sont restées dans leur état original et n'ont pas eu l'occasion d'être retravaillées ensuite pour être publiées par le groupe. Plusieurs de ces titres sont d'ailleurs crédités aux Nubuck et, en ce printemps 2006, pour leur "Leader d'opinion tour", les Nubuck interprètent trois des excellentes chansons de ce disque : "Ami", "Madeleine" et "Le port de Sitia". Parmi les autres participants, on trouve Sigmund K de Crooner Mic Action et Cyrz, et aussi Lou Barlow, mais là je pense que c'est une participation involontaire...
Globalement, il s'agit d'un excellent disque. Certes, le son est brut, la musique principalement concoctée à base de samples, mais ce n'est pas un problème. Ce qui compte, c'est que les chansons sont bonnes. On apprécie notamment les paroles de Chris Gontard, qui est capable de nous faire plonger dans l'atmosphère de ses histoire en quelques phrases. On peut dater certaines des chansons en fonction de l'ambiance de ces textes, plutôt proche de "Chez les nudistes" ("Sao Polo") ou de "Chaque vivant est un mort en puissance" ("La maison du pendu", "J'ai envie de crever"). Il y a même deux chansons en anglais, une reprise de Kim ("Am I still in your heart") et une, je suppose, de Lou Barlow ("People came"), mais peut-être Chris aurait-il dû les traduire en français...
J'aime un trop grand nombre de ces chansons parmi les 25 pour citer mes préférées. Disons juste que les premières qui m'ont accroché sont "Le pompiste et le panda" et "Erreur de casting", que toutes celles citées plus haut sont indispensables, et que "Les cabots", "Le Stromboli", "Quatorze lignes dans le journal" ou "A côté de la plaque" sont aussi très bien !

15 avril 2006

THE BEACH BOYS : Louie, Louie


Acquis aux Puces du Canal à Villeurbanne le 9 avril 2006
Réf : EAP 1-20658 -- Edité par Capitol en France en 1965
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Louie, Louie -- Wendy -/- Pom, pom play girl -- Hushabye

Un groupe de légende, les Beach Boys, un classique du rock, "Louie, Louie", une pochette qui fait de ce EP un superbe objet, un vendeur professionnel sympathique qui vend sa propre collection de disques à prix raisonnable, bref, une affaire immanquable.
D'autant plus que, si les quatre titres ne sont pas rares (ils sont extraits de "All summer long" et "Shut down volume 2", deux albums de 1964), "Louie, Louie" n'est pas sorti en single aux Etats-Unis, et ce couplage de chansons est probablement exclusif à la France. J'ai d'ailleurs eu bien du mal à trouver une reproduction de la pochette en ligne, je l'ai finalement trouvée sur cet intéressant site.
Difficile pour moi de comparer car je ne connais pas bien du tout cette période-là des Beach Boys, mais j'aime beaucoup ces quatre titres.
La version de "Louie, Louie" fait évidemment la part belle aux voix, et le discret accompagnement acoustique est proche dans l'esprit des versions de cette chanson que Jonathan Richman a pu jouer sur scène en solo.
"Wendy" est marquée par ce que je pense être un petit solo d'orgue aigrelet.
"Pom, pom play girl" transpose l'univers surf des Beach Boys dans le monde du football américain. C'est écrit par Gary Usher, ça dure 1'30", mais il y la place pour un mini solo de guitare.
Pour "Hushabye", j'ai pensé que ça pouvait être une berceuse pour Wendy, la fille de Brian. Mais non, raté, car Wendy n'est née qu'en 1969, cinq ans après l'enregistrement de cette chanson !

06 avril 2006

LES BOUM BOMO'S : Punk en kit


Offert par Les Boum Bomo's en février 2006
Réf : GADGET n° 77 -- Edité par Cacao en France en France en 2006
Support : CD 12 cm
14 titres

Si je compte la compilation "L'intégrale", celui-ci doit être le troisième album des Boum Bomo's, le premier, "Réunion Tupperwild" étant sorti en 2000. La formation du groupe a beaucoup évolué au fil des années, mais le duo de base semble être Mike Branque et Luis Marionnous, ce dernier étant un ex-rémois, et donc sans surprise un ex-animateur de La Radio Primitive.
Ce disque est quasiment un concept-album sur le punk, du coup, la tonalité musicale (punk à guitares) est plus uniforme que sur les précédents disques. Ça ne les empêche pas de déconner énormément au niveau des textes, en s'en prenant à des cibles faciles, mais qui le méritent (Céline Dion dans "Céline à la joie", Jean-Claude Van Damme dans "Aware à bière", Milosevic avant sa mort dans "Madame est Serbie"). Faites cependant attention à ne pas vous pisser dessus en écoutant "Courante alternative / Courante continue", peut-être mon titre préféré de l'album hors bonus. Il y a aussi "Stupid wednesdays", une reprise de Nono Futur qui figurait à l'origine sur un split single avec cet artiste.
Les bonus sont excellents, avec notamment la ritournelle acoustique "Je suis punk", "Utah beach (J'habeach chez une copine)", une reprise asiatique des Ramones, "Suzie Wan is a punk rocker", et la reprise de The Exploited qui figurait l'an dernier sur la compilation "Raffarin is not dead".
Pour rester fidèle au titre de l'album, les Boum Bomo's offrent dans le livret du disque une chanson gratuite en kit pour ceux qui veulent cracher sur la société mais qui, comme moi, ne savent ni jouer ni chanter. Ça s'appelle "Punk Ikea", et ils fournissent les grilles des trois accords et les paroles (refrain : "Punk d'opérette, punk Ikea ; Esclave servile du patronat ; Punk Ikea, punk d'opérette ; En skaï est ton blouson, en plastique est ta crête").
Quatre titres des Boum Bomo's peuvent être téléchargés sur leur page MySpace.

05 avril 2006

PERIO : No western land fits your passion


Offert par Perio en mars 2006
Réf : VISA 4534 -- Edité par Lithium en France en 1998 -- For promotional use only. Not for resale
Support : CD 12 cm
Titres : No western land fits your passion -- Sunday painter

Pour la première fois, on m'offre un disque suite à la publication d'un billet du blog ! J'ai commencé l'année en parlant d'un CD promo de Perio pour "Golden burrito". Eric et Sarah, les membres de Perio, sont tombés dessus, et ont proposé de m'offrir un autre CD promo, celui-ci.
Ce disque promo est sorti après "Golden burrito" : sur le premier, la sortie de l'album "Medium crash" était annoncée pour octobre 1998, alors que sur celui-ci elle est reportée au 12 janvier 1999. Encore une fois, la pochette ne se contente pas de reproduire celle de l'album.
Les deux titres ici sont plus lents et plus acoustiques que ceux du premier disque. De la photo de pochette au titre, tout pointe "No western land fits your passion" vers l' Americana", plutôt du côté folk-rock que néo-country. A l'écoute de cette chanson chantée par Eric, on peut penser à Neil Young, ou à du Grandaddy sans claviers... "Sunday painter" est une ballade, chantée par Sarah, avec de l'orgue cette fois.

04 avril 2006

THE RECOGNITIONS : This first dance


Acquis au Record & Tape Exchange de Notting Hill Gate à Londres fin 1983
Réf : COACH 1 -- Edité par Blue Train en Angleterre en 1982
Support : 45 tours 17 cm
Titres : This first dance -/- Big sunny day

J'ai vu ce groupe en concert au Dingwalls de Londres le 19 novembre 1983, en première partie de R.E.M.. Et des deux groupes, c'est les Recognitions que j'ai préférés ce soir-là ! Je me souviens notamment que j'avais apprécié leur son de guitare très twangy...
Quelques temps plus tard, je suis tombé sur ce 45 tours (leur seul disque paru, je crois) dans le bac à 10 pence du Record & Tape Exchange et je ne l'ai évidemment pas laissé passer (J'en ai même trouvé un autre, quelques temps plus tard, à 20 pence ; je l'ai pris aussi pour le refiler éventuellement à un pote, mais je l'ai toujours !).
La face A ne m'a jamais trop plu. Elle est très datée. Pour rester dans des références écossaises de l'époque (les Recognitions étaient de Glasgow), disons que ça fait penser à Positive Noise (il y a du saxo aussi), aux Scars ou aux Associates (mais pas aux meilleurs moments des Associates). Et je ne sais pas si c'est dû à la production ou quoi, mais la voix du chanteur ressort bizarrement.
Il n'y a pas ce problème de voix pour la face B, qui est instrumentale, à part quelques choeurs, dont on se serait bien passé d'ailleurs. Ce titre m'a, lui, toujours beaucoup plu. Il y a une grosse ligne de basse façon "A song from under the floorboards" de Magazine, une mélodie accrocheuse, et même quelques notes de "twangin' guitar" au début.
Je ne sais pas du tout ce que les cinq membres du groupe ont fait ensuite. Comme information, j'ai juste trouvé une chronique d'un de leurs premiers concerts, en première partie de Strawberry Switchblade.

03 avril 2006

ROCK FELLER : 6 titres


Acquis auprès de Dorian Feller à Reims en 1983
Réf : A.A.A. S02 -- Edité par A l'Automne Alité en France en 1983
Support : 45 tours 30 cm
Titres : I see you -- Seventh -- P. Green Pepper -/- You're not invited -- Skins of tiger -- Ancient (Part one)

C'est le centième billet sur ce blog (moins de cent trente jours après le premier, ce n'est pas si mal, même si le rythme d'un billet par jour n'est pas tenu). Il y a encore de la matière pour quelques années, mais pour l'instant on va se contenter de marquer le coup avec un disque particulier, puisque j'ai participé de près à sa confection.
J'ai fait la connaissance de Dorian Feller en 1982 lors de mes débuts à Reims Radio FM (La Radio Primitive avant qu'elle ne s'appelle La Radio Primitive). Il faisait une émission le même soir que la nôtre (qui s'appelait "La chevaunique fantasfauchée" ou "La chevauchée fantasphonique") et s'est très vite retrouvé à assurer régulièrement en plus la technique de "Camisole", que je produisais avec Philippe Roger. Dorian était surtout très actif dans le monde des musiques de traverses, en tant que musicien, notamment au sein de Germain Hubert Alès, et en tant que membre d'A l'Automne Alité, association à l'origine de la création du Fesival des Musiques de Traverses, qui était aussi le distributeur français de Recommended, un label en propre et l'éditrice du magazine "Notes".
Comme si ça ne suffisait pas, Dorian s'est lancé en 1982 dans son projet personnel, Rock Feller. Son but était de faire du rock avec un esprit musiques de traverses, ou des musiques de traverses avec un esprit rock (du rock fêlé, quoi, d'où le nom du groupe !). Ça a réussi artistiquement, puisque ce disque, le seul édité par Rock Feller, est une réussite, mais par contre le concept n'a pas très bien fonctionné, car les fans d'avant-garde trouvaient ce disque trop simple, et les fans de rock l'ont trouvé trop zarb !
Et quel a été mon (modeste) rôle dans tout ça ? Eh bien je fais partie, sous le pseudonyme de Stéphane Pollarok, des quelques personnes qui ont participé à la souscription qui a rendu possible le financement du disque : contre 500 francs, je me suis retrouvé quelques mois plus tard avec vingt ou trente exemplaires du disque, que j'ai vendus ou donnés autour de moi, mais il m'en reste encore quelques-uns aujourd'hui !
Je crois aussi me souvenir que Dorian m'avait demandé de relire ses paroles en anglais, mais surtout je me souviens d'avoir passé une paire d'après-midi chez lui en janvier 1983 pour l'aider à la confection des pochettes des 500 ou 1000 exemplaires du disque : pour économiser, il avait fait le choix de pochettes blanches, sur lesquelles sont insérées une carte recto-verso imprimée par l'imprimeur de Notes, et au dos un tampon spécialement fabriqué pour l'occasion est apposé. Mais pour insérer la carte, il fallait donner quatre coups de cutter sur les pochettes, et le tampon, il fallait bien l'apposer. C'est à ce petit jeu-là que nous nous sommes amusés...
Le groupe se présente comme un trio (Joss Mandall, Jerry Goal et Dorian Feller), mais en fait c'est le sieur Feller Dorian qui fait tout (guitares, basses, chant, claviers, pilotages de boite à rythmes) à l'exception de la batterie, effectivement tenue par Joss Mandall. Le tout a été enregistré à Reims à la maison, mais mixé à Paris dans l'un des immenses studios de Radio France, grâce à la complicité d'un ingénieur du son alors en poste à Reims.
Musicalement, à mon sens, on est beaucoup plus dans un esprit new wave que rock. Mes trois titres préférés sont "I see you", avec sa boite à rythmes et son refrain accrocheur, "You're not invited", dont la ligne de basse, le chant et la guitare me font toujours irrésistiblement penser à Snakefinger, et "Skins of tiger", dont certains passages sont effectivement très électriques, mais la composition dans son ensemble est tellement travaillée que les fans de hard-rock ne risquaient pas de s'y retrouver !

Quelques exemplaires du disque sont toujours disponibles en s'adressant directement à Dorian Feller, 13 rue de Saint-Lié, 51390 Villedommange, France.



Ci-dessous, une fausse interview que j'ai réalisée avec la complicité de Dorian Feller, publiée dans le n° 9 du magazine Notes en 1983 sous le pseudonyme de Stéphane Polarroc.


02 avril 2006

THE TELEVISION PERSONALITIES : My dark places


Acquis par correspondance chez Glitterhouse en Allemagne en mars 2006
Réf : WIGCD166 -- Edité par Domino en Angleterre en 2006
Support : CD 12 cm
16 titres

L'album précédent de nouvelles chansons des TVP's date de 1995. C'était "I was a mod before you was a mod". Depuis, il y a eu un album de reprises et des compilations, et surtout une période noire pour Dan Treacy, apparemment liée à la dépression et aux drogues, qui l'a menée plusieurs fois en prison.
Lors de son dernier séjour, il a eu connaissance de rumeurs le donnant pour mort. Il s'est alors manifesté par un email diffusé par un ami. Ces nouvelles ont suscité un mouvement de solidarité, qui a facilité la relance des TV Personalities à sa sortie de prison.
Dans la nouvelle formation, montée depuis plus d'un an maintenant, on retrouve le vieil ami Ed Ball, cofondateur du groupe, mais pas Jowe Head (la formation est complétée par Victoria Yeulet et Mathew Sawyer).
L'an dernier, le groupe a commencé par proposer trois excellents MP3s en téléchargement gratuit, qu'on retrouve dans de nouvelles versions sur l'album. Pour l'occasion, et pour la première fois à ma connaissance, le groupe est devenu THE Television Personalities.
Certains associent peut-être toujours les TVP's à des petits rigolos qui se moquent des punks et font une fixation sur le pop art et le psychédélisme, mais il suffit de parcourir quelques-uns des titres enregistrés par le groupe ces vingt dernières années pour comprendre que la période noire de Dan Treacy n'a pas commencé hier : "This time there's no happy ending" (1989), "Very dark today" (1992), "I don't want to live this life" (1994) ou "I can see my whole world crashing down" (1995)... Il y a des titres de ce genre dans ce nouvel album, à commencer par "My dark places", bien sûr, ou "Sick again". Il y a aussi des titres amers, "Ex-girlfriend club" notamment, et surtout il y a plusieurs chansons très réussies avec de belles mélodies, comme "I'm not your typical boy", "She can stop traffic", "I hope you're happy now" ou "Dream the sweetest dreams",...
"All the young children on crack", la chanson choisie comme single (disponible en MP3 ici et en vidéo ) est loin d'être la plus gaie et la plus accrocheuse, avec son rythme martial à la "We will rock you".
J'étais assez curieux d'écouter la chanson "Velvet Underground", signée Dan Treacy, surtout que Jonathan Richman a enregistré une chanson du même titre sur son album "I, Jonathan" en 1992, dont le refrain est "How in the world were they making that sound ? Velvet Underground". Et là, surprise ! Le "Velvet Underground" des TVP's, un peu jazzy, assez différent musicalement de celui de Jonathan Richman, sonne en fait comme s'ils avaient tenté de faire une reprise de la chanson, sans la réécouter avant et sans se souvenir vraiment des paroles ("How could they get that sound, Velvet Underground ?").

01 avril 2006

R.E.M. : S. Central rain (I'm sorry)


Acquis au Virgin Megastore à Londres en 1984
Réf : IRSX 105 -- Edité par I.R.S. en Angleterre en 1984
Support : 45 tours 30 cm
Titres : So. Central rain (I'm sorry) -/- Voice of Harold -- Pale blue eyes

Le 19 novembre 1983, c'était un samedi, et il me semble qu'il pleuvait. J'avais très probablement passé la journée à écumer les disquaires de Londres, et je suis arrivé assez tôt à Camden pour le concert de R.E.M. au Dingwalls, avec les Recognitions en première partie. Au moment où je m'approchais de l'entrée pour acheter mon billet et rentrer me mettre à l'abri, un groupe de gars est sorti en discutant. Ils n'étaient pas encore très connus, mais j'ai tout de suite reconnu les membres de R.E.M., qui venaient probablement de finir leur balance. A l'époque, j'avais lu les chroniques dithyrambiques de "Murmur", sans l'avoir écouté, et je n'avais pas acheté (à regret, par manque d'argent) le premier mini-album du groupe, "Chronic town", avec sa superbe gargouille en pochette, quand je l'avais vu à la Clé de Sol à Reims.
Je garde peu de souvenirs du concert, si ce n'est qu'après coup je m'étais dit que j'avais préféré la prestation des Recognitions ! Des années plus tard, je suis tombé sur un grand article dans le NME (probablement), pour les dix ans de carrière du groupe je crois, et c'est là que j'ai appris que j'avais assisté au premier concert européen de R.E.M. Encore quelques années plus tard, et en triant mes vieilles diapositives je suis tombé sur l'image ci-dessous, prise en concert, que j'ai eu bien du mal à identifier. Au bout du compte, j'ai fini par reconnaître les colonnes en fonte du Dingwalls et l'allure de Michael Stipe, qui avait encore des cheveux !
Même si le concert m'avait laissé froid, j'ai quand même acheté ce maxi à sa sortie en mars 1984. Il faut dire que, suivant un procédé longtemps employé à Londres par les labels pour faciliter la montée de leurs nouvelles sorties dans les charts, le maxi était proposé la semaine de sa sortie au prix du 45 tours, à £ 1,50. Ce qui m'avait décidé aussi, c'est peut-être qu'il y avait en face B une reprise de "Pale blue eyes" du Velvet Underground.
Globalement, le disque est loin d'être une réussite. "So. central rain" a été jugé comme un titre suffisamment accrocheur pour être le premier single extrait de "Reckoning", mais franchement il n'y a pas grand chose d'emballant là-dedans, à part l'intro à la guitare douze cordes de Peter Buck. Le refrain est minimal (le petit riff d'intro repris et Stipe qui chante "I'm sorry") et le reste du temps on a l'impression que le chant et la musique ne sont pas mixés ensemble.
La reprise de "Pale blue eyes" est lamentable, mais bon, la première version est si belle et si simple, et si bien chanté par Lou Reed, que je suppose que c'est une reprise casse-gueule à faire, et effectivement ils se sont bien plantés.
Le seul titre qui m'a toujours plu sur ce disque, c'est "Voice of Harold" (repris par la suite sur la compilation "Dead letter office"). J'ai appris aujourd'hui en faisant quelques recherches qu'en fait la piste musicale est celle de "7 chinese brothers", un autre titre de "Reckoning", que je ne connais pas car je n'ai jamais eu l'occasion d'écouter cet album. Qu'en à la piste vocale, elle est très particulière, car en fait les paroles sont dérivées des notes de pochette d'un album de gospel, "The Joy of Knowing Jesus" par The Revelaires !! Et là pour le coup, je dis chapeau à la performance de Michael Stipe, car ça passe très bien, et jamais je ne m'étais douté de rien !

R.E.M. au Dingwalls de Londres le 19 novembre 1983 (photo : Pol Dodu)

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