31 mai 2006

THE BONGOS : Time and the river


Acquis au Record & Tape Exchange de Notting Hill Gate à Londres en 1983 ou 1984
Réf : FM 2009 -- Edité par Fetish en Angleterre en 1982
Support : 33 tours 30 cm
8 titres

Je n'ai encore jamais acheté "Drums along the Hudson" (sûrement un clin d'oeil à un livre intitulé "Drums along the Congo"), le premier album des Bongos. Je l'ai vu à l'époque en vente à Châlons et à Paris, mais c'était un import américain assez cher. Mais finalement ce n'est pas très grave, car "Drums along the Hudson" compilait l'intégralité du mini-album "Time and the river" (probablement une référence au second roman de Thomas Wolfe, "Of time and the river"), précédemment paru an Angleterre, et des titres parus en singles, et au bout du compte j'ai acquis la majeure partie de ces titres dans leur édition originale à Londres.
Des cinq groupes américains enregistrés en concert au Rainbow de Londres le 20 février 1981 (ça a donné l'album live "Start swimming" chez Stiff), les Bongos, les Raybeats, les Bush Tetras, les Fleshtones et les dB's, c'est de ces derniers que les Bongos sont les plus proches : ils font aussi de la pop-rock énergique, avec pas mal d'aspects rétros. Mais à la réécoute de "Time and the river", surtout les titres les plus rapides, une référence évidente saute à l'oreille : ces percussions effrénées, cette basse nerveuse, ces petits solos de guitare coupants, oui, on est pas loin de leurs contemporains et voisins de Hoboken, les Feelies.
Tout le disque est bon, mais j'ai toujours eu deux chansons préférées, et de loin. "Question ball", d'abord, qui ouvre le disque. Très courte, avec les instruments qui entrent un par un dans la chanson (basse, batterie, bongos bien sûr et guitare sèche), des breaks bien marqués, et un court solo de guitare pour finir. Un bijou de concision.
Quant à "Certain harbours", c'est une grande chanson pop, avec encore une intro à la basse. L'atmosphère sonne plus new wave avec de la guitare électrique et surtout un saxo invité très présent.

30 mai 2006

THE PASSIONS : Michael & Miranda



Acquis à La Clé de Sol à Châlons-sur-Marne en 1980
Réf : 2383 573 -- Edité par Fiction/Polydor en France en 1980
Support : 33 tours 30 cm
12 titres

Comme pour les Associates, on est sûrement nombreux à avoir porté une attention particulière à ce premier album des Passions parce qu'il sortait sur Fiction, le label qui a révélé The Cure. Mais à la limite, la parenté est bien plus marquée entre "Three imaginary boys" et ce disque qu'avec le premier album des Associates (quand bien même on entend Robert Smith aux choeurs sur "The affectionate punch", sans parler de Michael Dempsey qui a fait partie des Associates).
Il est vrai que, comme chez les Cure du début, on a affaire ici à de la pop-rock ligne claire à guitares, sans synthé ni boite à rythmes, et l'instrumental "Miranda" qui clôt la face A peut faire penser à "A reflection" sur "Seventeen seconds", sorti en même temps que "Michael & Miranda". Mais comme la voix des Passions est féminine, onpeut penser aussi aux Raincoats ("Oh no it's you") ou même à Family Fodder ("Absentee").
Les titres rapides, comme l'excellent premier titre "Pedal fury", alternent tout au long du disque avec des titres plus lents. Les textes vont de l'anecdote ("Pedal fury" encore, avec la classique histoire du motard qui se plante à force de rouler trop vite, sauf que là c'est une motarde) aux relations femmes-hommes et à la place des femmes ("Why me"), en passant par des titres plus prises de tête ("Brick wall", "Absentee") et des références à la dope ("Snow", qui fait écho à leur premier single, "Needles and pills").
L'ensemble forme un disque excellent et agréable. Sûrement pas un chef d'oeuvre, mais un classique mineur de la new wave, un des rares à n'avoir encore jamais bénéficié d'une réédition en CD. Cela est peut-être dû au fait que les Passions ont quitté Fiction juste après cet album pour Polydor, où ils ont rencontré le succès, enfin un succès avec le single "I'm in love with a German film star", une sorte de slow qui fait encore le bonheur des compiles de succès des eighties.

PS : Certains 45 tours étaient sensément des "doubles faces A". Cet album avait lui une pochette à double recto, blanche ou noire selon le sens dans lequel on prenait le disque, d'où les deux clichés du même disque ci-dessus...

29 mai 2006

KATHRYN WILLIAMS : Exclusive album sampler


Acquis dans une boutique caritative en Angleterre en 2003
Réf : SAM00696 -- Edité par Caw & East West en Angleterre en 2002 -- For promotional use only
Support : CD 12 cm
5 titres + documents sur partie CD-Rom

J'ai découvert Kathryn Williams au moment de son album "Little black numbers" et j'ai vraiment craqué pour ce disque acoustique et apaisant, parfait contrepoint féminin du "Moving up country" de James Yorkston, sorti deux ans plus tard, mais que j'ai découvert presque en même temps que "Little black numbers".
Dans mes souvenirs, ce sampler faisait partie de ces nombreux CDs édités en Angleterre depuis quelques temps qui sont distribués avec des quotidiens ou hebdomadaires grand public et qu'on retrouve du coup en grand nombre dans les boutiques d'occasion. Mais non, aucun logo de journal sur la pochette. C'est quand même bien un disque promotionnel qui vise le public plutôt que la presse, et qui a probablement été distribué dans les magasins Virgin du Royaume-Uni.
Le principal intérêt de ce disque est de proposer une synthèse efficace de la production de Kathryn Williams. En effet, autant "Little black numbers" est un album essentiel, bourré de bonnes chansons, autant sur la longueur "Old low light et l'album de reprises qui ont suivi lassent un peu : la quantité de chansons lentes, chantées d'une voix douce, avec une instrumentation faisant la part belle au violoncelle et à la contrebasse que je peux ingérer a quand même des limites.
Mais ici, le dosage est parfait : un titre du premier album, qui prouve que ce disque est largement au niveau des suivants, deux des excellents titres de "Little black numbers", "Flicker" et "Soul to feet", dans une version live au Queen Elizabeth hall, proche de la version studio, mais qui je pense n'est disponible que sur ce disque, et deux extraits de l'album alors à paraitre, "Old low light", dont mon titre préféré de ce disque, "Mirrorball".
Que demander de plus ? Une des douze cartes postales créées spécialement pour l'occasion disponibles dans la partie CD-Rom ? Non merci, pas pour moi. La musique me suffit, et ces cartes postales me plaisent peu !

28 mai 2006

THE TAPES : Life in the new city


Acquis au Virgin Megastore de Londres en 1982
Réf : MACH 5 -- Edité par Magic Moon en Angleterre vers 1981
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Life in the new city -/- Micro-wave

J'ai acheté ce 45 tours, soldé 10 pence chez Virgin, en pensant/espérant qu'il s'agissait du groupe hollandais The Tapes, dont je connaissais les deuxième et troisième albums, Party et On a clear day. Ce n'était pas le cas. Ces Tapes-là sont probablement anglais (un duo composé de messieurs Gardner et Boult, si j'en crois les crédits de composition des chansons), mais je n'ai pas du tout regretté mon achat, car ce single m'a suffisamment plu pour que j'en achète un exemplaire de secours un peu plus tard au Record & Tape Exchange, pour pas plus cher.
Le label Magic Moon a plusieurs références à son actif, parmi lesquelles notamment Zoot Money, mais apparemment celui-ci est le seul qu'ils ont sorti des Tapes. Le nom du label et son logo font très baba années 70, pourtant ce 45 tours est de la pop synthétique et moderniste (références aux villes nouvelles, et aussi et aux micro-ondes, summum de la modernité à l'époque).
La face A est excellente. On pense à Telex, ou aux Sparks période When I'm with you, mais sans les voix de diva. Ils prétendent au début croire vraiment à la vie paradisiaque dans la ville nouvelle, mais semblent vomir leurs tripes quand ils chantent le refrain à la fin de la chanson.
La face B est un reggae synthétique, mais un peu moins électronique : il semble qu'on entende de la basse électrique, ce qui semble logique pour un reggae !

Ajout du 19 août 2012 :

Je suis retombé aujourd'hui sur mes 45 tours de The Tapes. Du coup,vu que du temps a passé depuis que j'ai publié ce billet (plus de six ans !), j'ai eu l'idée de voir si je trouvais plus d'infos sur ce 45 tours. Et quelle récolte !
Déjà, c'est inespéré, il y a eu une vidéo de tournée pour cette chanson en 1980. A voir ci-dessous, avec le duo de moustaches. Les photos de pochette ont été prises au moment du tournage du clip et le 45 tours, qui l'eut cru ?, a été édité en Italie et en Allemagne.
Il faut dire que Fred Gardner et Jeff Boult (j'ai aussi trouvé leurs prénoms) n'étaient pas complètement des débutants. Ils ont fait partie du groupe Oppo, qui a fait la musique d'une pub pour les voitures Mini en 1975. Le titre, Miracles, est sorti en 45 tours en 1976 et a été aussitôt repris, en version chantée, par une certaine Anita Garbo.
En 1979, Gardner and Boult ont sortis, sous ce nom, deux 45 tours, Magic eyes et Hollywood, qui ont la particularité d'être produits par Trevor Horn, des Buggles.

26 mai 2006

JONATHAN RICHMAN & THE MODERN LOVERS : Egyptian reggae



Acquis au Troc de l'île de Charleroi en 2002
Réf : 11689 -- Edité par Beserkley au Bénélux en 1977
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Egyptian reggae -/- Rollercoaster by the sea

J'ai une histoire assez longue avec ce 45 tours, dont j'ai raconté la première partie en 1995 dans le n° 2 du fanzine Vivonzeureux! (l'article n'est pas en ligne car je n'ai plus le fichier, je l'ai scannée ci-dessous mais je ne garantis pas que c'est très lisible. Essayez quand même en téléchargeant l'image et en zoomant...). Mais ce jour de 2002, alors que je me rendais au festival de Dour, j'ai été bien content de tomber sur cette version bénéluxembourgeoise du 45 tours.
Pas tellement parce que le recto de la pochette est d'un beau rouge et noir, même si je le préfère au jaune et noir habituel, mais surtout pour cette superbe photo du verso, qui nos présente une image rare de la formation des Modern Lovers qui a tourné avec un grand succès en Europe en 1977 (tournée documentée sur l'album (indispensable) "Modern Lovers Live !"), soit de gauche à droite, Jonathan Richman à la mode Ajax d'Amsterdam, D. Sharpe, Asa Brebner et Leroy Radcliffe.
Je ne sais pas si c'est dû à un quelconque règlement ou à une habitude culturelle locale, mais très souvent au Bénélux les pochettes originales des 45 tours étaient remplacées par des photos et un lettrage simplifié. Ici, le recto a échappé à la modification, mais on a quand même un super verso !
Côté musique, c'est excellent. Rien de rare : ce sont les deux faces habituelles du single, qu'on retrouve toutes les deux sur l'album (indispensable) "Rock'n'roll with The Modern Lovers". "Egyptian reggae" est un instrumental redoutablement efficace, un classique co-crédité à Earl Johnson lors de la sortie d'une nouvelle version en 1996 sur l'album "Surrender to Jonathan". "Rollercoaster by the sea" donne l'occasion à Jonathan de remercier un manège de l'avoir aidé...!


Ajout du 1er janvier 2015 :

Jonathan Richman, avec une horrible moustache, et les Modern Lovers, font semblant de jouer Egyptian reggae en 1977 à la télévision.

23 mai 2006

LETKISS PARTY


Acquis sur le vide-grenier de Mardeuil le 30 avril 2006
Réf : 60 102 -- Edité par Polydor en France en 1965
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Letkiss -- Letka jenkka -/- Sauna jenkka -- Sisu jenkka

Je l'ai trouvé le même jour que le disque de l'Ensemble Tauhiti, un peu plus haut dans la rue, un stand dans un garage. La dame était aimable, et les 45 tours à vingt centimes ! Mais je n'ai pas acheté celui-ci pour le prix (je serais monté jusqu'à 1 €), ni pour le letkiss (l'une des nombreuses danse à la mode ayant envahi l'Europe dans les sixties, celle-ci ayant l'originalité d'être originaire de Finlande). Non bien sûr, j'ai reconnu les énergumènes sur la pochette, même si ils sont ici rejoints par un quatrième compère : ce sont ceux des "Variétés chantées n° 1" des bonbons Becco !
Bravo donc au photographe Michel Laguens qui a réussi à vendre deux photos de la même session pour deux disques édités par des sociétés différentes, qui n'ont rien à voir entre elles. Rien à voir non plus entre le sujet de la photo et la musique, même si les bulles créent un lien avec le côté imprononçable du finnnois pour les français !
Côté musique, la face B est typiquement letkiss. Logique, puisque l'orchestre s'appelle "The Original Finnish Jenkka All Stars". Je préfère cependant la première face, qui voit Roberto Delgado et son orchestre nous donner une version fête foraine du letkiss, c'est à dire très baloche-musette, mais avec un petit rythme mécanique qui me plait bien...
Et puis, le plan élargi permet de se rendre compte que ce que j'avais pris pour une taîga d'île de France sur la pochette des "Variétés n° 1" est peut-être plutôt un coin perdu du Morvan préhistorique.

22 mai 2006

VARIETES CHANTEES N° 1


Acquis sur un vide-grenier de la Marne vers 2003
Réf : [sans] -- Edité par Becco en France dans les années 1960
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Quand une fille aime un garçon -- La bande à Bonnot -/- Au coeur de septembre -- Yvan, Boris et moi

Il s'agit d'un des multiples exemples de collection de disques promotionnels-publicitaires, distribués par une marque d'essence ou de lessive contre des points, des timbres ou des espèces, les plus connus étant peut-être les disques Boum Bomo's des bas Bomo.
Dans ce cas précis, c'était le premier d'une collection Haute Fidélité des bonbons Becco, qu'on pouvait se procurer soit par correspondance, toutes indications utiles figurant sur les sachets de bonbons Becco, soit chez son boulanger habituel.
Le slogan de la collection tue : "Becco, la joie du palais, la joie de l'oreille" !!
En fait, question oreille on a droit à des reprises fades mais compétentes de succès de variété d'époque, de Joe Dassin à Marie Laforêt. La joie, elle est plutôt pour les yeux avec cette pochette surréaliste, dont on peine à trouver le lien avec les chansons qu'elle illustre : Quand une fille aime deux garçons ? La bande à Bonnot fait la guerre du feu ?? Yvan, Boris et elle dans la taïga de l'Île de France en plein mois de septembre ???
Moi, ça me fait plutôt penser à une scène d'un film des Charlots avant l'heure...! Mais je ne m'attendais pas à tomber un jour sur une deuxième scène de ce Pierrafeu à la française...

21 mai 2006

ALIVE IN THE LIVING ROOM


Acquis chez Rough Trade ou à la Living Room à Londres en 1984
Réf : CRE LP 001 -- Edité par Creation en Angleterre en 1984
Support : 33 tours 30 cm
12 titres

Ça fait un moment que je voulais parler ici d'un disque Creation, mais je ne savais pas par lequel commencer. Au bout du compte, la logique a prévalu, et j'ai choisi celui-ci, le premier album édité par le label, et surtout un document sonore qui rend compte des concerts organisés par Alan McGee et ses amis à Londres de l'été 83 au printemps 84 sous l'étiquette "The living room", dans des pubs tels que l'Adam's Arms dans Conway Street, jusqu'au 10 février 1984, et l'Union Tavern, près de King's Cross.
Cat album au son brut me touche d'autant plus que j'ai assisté à la plupart des concerts documentés ici, à l'exception je pense de ceux des Mekons, des et des Three Johns (pour ce dernier, j'ai une bonne excuse : je discutais au bar avec Jowe Head).
La principale qualité de ce disque est d'être un album live-vérité. Les concerts avaient donc lieu dans une arrière-salle de pub, le son de la batterie n'était pas repris sur la sono (après ça, j'ai toujours souri à voir des groupes amateurs passés des heures à faire la balance d'une batterie pour jouer dans une MJC), la sono d'ailleurs, avec deux tous petits hauts-parleurs de servait je pense que pour les micros de voix...
Les conditions d'enregistrements étaient en parfaite adéquation avec le son sur place. Dave Musker s'en occupait, avec son frère je crois. Il avait à sa disposition un petit magnétophone à cassette avec un micro, qu'il positionnait où il pouvait à l'arrière de la salle, si possible en hauteur. Régulièrement pendant les concerts on le voyait aller s'affairer autour du magnétophone, à effectuer je ne sais quel réglage ou vérification impossible ! Certains concerts ont aussi été captés en vidéo. On en trouve un témoignage sur le site de Dave Morgan, alors batteur de The Loft (Il s'agit de The Loft à la Living Room (Union Tavern) le 15 mars 1984, en première partie d'Alternative TV.
Je suis content aussi que ce disque laisse un témoignage sonore des performances de The Legend ! and his Swingin Soul Sisters. Je les ai vus deux ou trois fois, et c'était hilarant. Ils étaient trois, en costar et lunettes façon Blues Brothers, avec peut-être bien un rythme ou un fond musical sur une radio-cassette, et ils reprenaient à la hache et a capella pendant un quart d'heure des classiques de la soul.
Les Pastels, avec une reprise de Red Crayla, ne sont pas à leur meilleur ici. Les autres grands moments du disque sont pour moi le premier enregistrement paru des June Brides ("I fall"), les deux reprises par les Jasmine Minks ("Seven and seven is" et "Green fuz" ; dommage, ils n'ont pas choisi "ESP" des Buzzcocks, qu'ils jouaient souvent à l'époque) et "Your door shines just like gold" de The Loft. Et puis aussi, bien sûr, les deux titres des Television Personalities, enregistrés le 10 février 1984. Il y a la version électrique de "A day in heaven", avec les effets de guitare bruyante de Joe Foster, et "Three wishes", une de mes chansons préférées du groupe, brutalement interrompue suite à la demande de la police, qui était intervenue, de façon assez justifiée il faut le dire, pour non respect des règles de sécurité incendie. Dommage, car je passais ce jour-là un très bon moment, assis aux pieds de Dan Treacy à m'en mettre plein les oreilles, à prendre quelques photos, flottant sur un petit nuage après avoir eu l'honneur d'annoncer au micro les TVP's, façon "Ladies and gentlemen... The Rolling Stones" !

Dave Musker, Alan McGee (caché) et Joe Foster annonçant la fermeture du Living Room à l'Adam's Arms, quelques secondes après l'interruption brutale du concert des Television Personalities pendant "Three wishes".

PS : A peine plus de cent disques dans ce blog et je m'y perds déjà ! J'ai déjà parlé d'un CD édité par Creation (

20 mai 2006

LA VARIETE : Je déteste la variété


Acquis chez Parallèles à Paris vers 1994
Réf : 1732 -- Edité par Rosebud en France en 1993 -- Disque promotion interdit à la vente
Support : CD 12 cm
Titres : Je déteste la variété -- J'écoute une K7 de la vedette (The Balanescu vocal mix).

J'ai acheté ce disque, en complément du EP et de l'album, pas pour "Je déteste la variété" qui, à 3'34", fait la même durée que sur les deux autres disques (Mais en les réécoutant tous bout à bout, je viens de me rendre compte que la version de l'album, qui est aussi celle de ce single, est remixée par rapport aux EPs : il y a notamment des sons de cordes en plus), mais pour "J'écoute une K7 de la vedette", qui est une toute nouvelle version.
A l'origine, ce titre est un hommage à Kraftwerk, et l'idée géniale que le groupe ou son label a eue, a été d'aller à Londres réenregistrer leur chanson avec le Balanescu Quartet, qui venait de se faire remarquer en 1992 avec son album "Possessed" où figuraient cinq chansons de Kraftwerk en versions pour quatuor à cordes.
Le même traitement a été appliqué à la chanson kraftwerkienne de La Variété, mais j'avoue que le résultat final a les mêmes qualités et les mêmes défauts que "Possessed" : c'est un peu moins réjouissant que l'idée qu'on peut s'en faire, notamment à cause du chant d'Alexander Balanescu.
Par contre, il est amusant que la filiation évidente de "J'écoute une K7 de la vedette" avec le "Mini calculateur" de Kraftwerk, version française de "Pocket calculator", est confirmée à la fin du morceau quand Balanescu laisse échapper un "I'm the operator" tout droit sorti des paroles originales de Kraftwerk !

19 mai 2006

LA VARIETE : EP


Acquis chez Parallèles à Paris vers 1994
Réf : 861 015 2 -- Edité par Rosebud en France en 1992
Support : CD 12 cm
Titres : Les guetteurs -- Je déteste la variété -- Noëlle en décembre -- Under the milky way -- J'écoute la K7 de la vedette

Ce disque est arrivé un beau jour à La Radio Primitive, et j'ai craqué tout de suite pour ce groupe belge à la musique plutôt synthétique, avant d'acheter mon exemplaire d'occasion quelques temps plus tard.
Deux raisons principales pour chérir ce disque : "Je déteste la variété" et "J'écoute la K7 de la vedette".
Pour la première, le titre et les paroles sont bien vus, surtout pour un groupe qui a choisi de s'appeler La Variété. D'autant plus que la chanson ne fait pas référence au sous-genre musico-économique français (et le nom du groupe non plus, peut-être. Ont-ils pensé à l'album de Weekend ?) : "Je déteste les surprises, Je déteste les menus variés, Je déteste l'improviste, Je déteste la variété". Le tout chanté sur un ton suffisamment las pour qu'on y croit vraiment.
Le second titre est un pastiche/hommage au groupe Kraftwerk, et plus particulièrement à la chanson "Mini calculateur", version française de "Pocket calculator". Tout y est, l'ambiance musicale et même les paroles ("Je mets la pause et recompose" fait écho au "Je compose et décompose" de Kraftwerk"). En plus, on a droit ici à la version allongée de la chanson (7'26), qu'on ne retrouve pas sur leur unique album, "Pour la gloire", sorti l'année suivante. Il existe par contre une autre version, réenregistrée par le Balanescu Quartet, sortie en single.
Parmi les autres titres, "Noëlle en décembre" est une chanson très réussie sur les amours mensuelles et les prénoms de filles, qui fait penser, en un peu plus synthétique, à d'autres belges, Melon Galia, ou à des français nordistes, Superflu, ou d'autres encore (Les Frères Nubuck par exemple). "Les guetteurs" est un petit instrumental d'ouverture, et le seul point faible à mon goût est "Under the milky way", une reprise de The Church, surtout à cause de l'élocution en anglais !

14 mai 2006

THE SPECIALS : Specials plus


Acquis au Carrefour de Châlons-sur-Marne en 1980
Réf : CHR TT 5003 & 6198 357 -- Edité par Two Tone en France en 1980
Support : 33 tours 30 cm & 45 tours 17 cm
11 & 2 titres

Je suis tombé pour la première fois sur ce deuxième album des Specials un soir, alors que, comme ça nous est souvent arrivé, je faisais les courses à Carrefour avec mon père. Bon, évidemment, ça m'a valu très vite de me faire plus ou moins engueuler car, au lieu de vider le chariot à la caisse, j'étais déjà plongé dans l'examen de la pochette et du 45 tours inclus avec l'album. Sans parler que lui ai sûrement imposé l'écoute du disque le soir même à la maison, mais ça reste un cadeau dont je suis très content et un bon souvenir.
L'album original s'appelle More Specials. En France, le label a eu la bonne idée de traduire le titre. Même si Plus de Specials aurait mieux convenu, ça a surtout l'intérêt de faire ce cette édition une curiosité (en Espagne, c'est Mas Specials qui est sorti...), d'autant que toutes les rééditions en CD portent le titre original anglais.
En Angleterre, l'album est sorti initialement avec un 45 tours contenant deux titres inédits, plus ou moins des projets solo de membres du groupe, Roddy Radiation et Neville Staples. En France, le label a préféré inclure le 45 tours Rat race, qui était sorti à peine quelques mois plus tôt. Tant mieux pour moi : j'avais déjà Gangsters et le premier album, et j'avais aussi investi dans l'import du EP live avec Too much too young, mais je n'avais pas acheté Rat race. Il faut dire que ce disque a dû se vendre mille fois moins que Gangsters en France et sa "carrière" n'a peut-être pas été facilitée par le fait que la "distribution exclusive" de Chrysalis, le label qui diffusait Two Tone hors Angleterre, est passée de chez Phonogram à RCA pile à cette période. RCA a dû récupérer le stock d'invendus avec le contrat, a fait apposer des étiquettes et des gommettes sur 15 000 exemplaires du disque pour masquer toute mention de Phonogram, et les a insérés dans l'album plutôt que de presser un 45 tours spécialement pour l'occasion. Aux Etats-Unis, pas de 45 tours mais Rat race a été inclus sur l'album lui-même.
Ce deuxième album ne pouvait sûrement que décevoir les fans de ska qui venaient de passer un an à danser sur Gangsters, A message to you Rudy, Nite klub ou Too much too young. Les paroles du premier album étaient loin d'être vraiment gaies, mais celles de Specials plus le sont encore moins. Le ton est donné par  Enjoy yourself, qui ouvre et ferme le disque. Il s'agit d'une reprise d'une chanson de 1949, popularisée par Guy Lombardo, mais j'imagine que les Specials étaient surtout familiers avec la version de Prince Buster. Le message de la chanson ("Enjoy yourself, it's later than you think, Enjoy yourself, while you're still in the pink, The years go by as quickly as you wink") pourrait se résumer par le slogan hip-pop optimiste, "Le temps passe vite, vivez heureux en attendant la mort" !. Ce n'est pas désagréable, mais pour les Specials le moment de grâce était déjà passé. Les fans attendaient encore un disque rapide et dansant, ils se sont retrouvés avec un album patchwork, sans grande unité, avec des titres au tempo plutôt moyen et une tonalité nouvelle inattendue, une sorte de muzak easy listening, qui marque la dernière partie du disque. Les chansons prises individuellement sont plutôt bonnes, mais le disque ne fonctionne pas bien en tant qu'album, et surtout il était déroutant. Ça ne m'empêche pas d'apprécier une bonne partie de ses chansons prises individuellement.
Les singles sortis par le groupe en 1980 sont symptomatiques de cette situation. Ils se sont certes plutôt bien vendus en Angleterre mais, tout comme Rat race, les deux titres extraits de l'album, Stereotype et Do nothing, n'avaient pas l'allure de tubes. 
Stereotype est pourtant un morceau d'anthologie que je fais figurer sans hésitation dans mon panthéon personnel (Ne me demandez pas la liste des titres ce panthéon, je serais bien incapable de vous la donner !), mais dans sa version album, mise au pluriel en Stereotypes car il y deux parties, Stereotype, la version du single, et Stereotype pt 2. Ce n'était pas évident de classer ce single dans les dix premières ventes du moment : petite boite à rythmes Casio, trompette mexicaine, quelque chose qui sonne comme un balalaïka, et l'histoire d'un gars stéréotypé qui se bourre la gueule tous les soirs, rentre chez lui écouter sa stéréo, et finit par se planter dans un lampadaire en bagnole alors qu'il est poursuivi par les flics après sa première cuite post-cure de sevrage alcoolique...
La première partie est bien, mais on aurait pu se contenter de commencer à la deuxième, qui est une sorte de discomix à la jamaïcaine. Ça commence par reprendre intégralement la partie 1, avant d'enchaîner sur un dub toasté, boite à ryhmes qui s'éclate, grosse basse, effets stéréo sur les voix, et Neville Staples dans le rôle du DJ jamaïcain qui improvise à partir des paroles originales (le gars stéréotypé, l'alcool, la musique en stéréo) un toast qui me touche toujours autant, même vingt-cinq ans plus tard. Peut-être parce que j'ai un peu l'impression d'entendre mon portrait : "All I want is my stereo (...) I don't drink no beer (...) They call me the stereo type (...) You stop into your flat and you feel so relax with your stereo (...) I don't need no speed to make me go fast, Just give me little 45 and 33, I buy my stereo I want to be free, I'm a stereo type".
Même si, à part Stereotypes, j'ai beaucoup moins écouté cet album que le premier, je restais assez intéressé par le groupe pour m'offrir à Londres l'années suivante le livre Specials illustrated, qui contenait les paroles et les accords des chansons des deux albums, illustrées par Nick Davies. Un livre jamais réédité, actuellement très recherché par les fans du groupe.

La réédition remasterisée de 2002 de More Specials est toujours disponible en CD. Elle ne comporte aucun bonus, même pas les deux titres du 45 tours de l'édition anglaise.


The Specials, Stereotypes, en public à Amsterdam, dans l'émission Countdown.





13 mai 2006

THE SHAMEN : Phorward


Acquis chez Parallèles à Paris en 1989
Réf : somacd 3 -- Edité par Moksha en Ecosse en 1989
Support : CD 12 cm
11 titres

J'ai connu les Shamen assez tôt dans leur carrière puisque, en février 1988, ils avaient remplacé Biff, Bang, Pow ! au pied levé pour un concert en tête d'affiche au Rex à Paris (avec Momus et The Beloved à la même affiche). Après ça, leur manager responsable du label Moksha m'avait envoyé leur premier album, un maxi et des badges pour le cas où j'aurais l'occasion de monter un concert pour eux à Reims. Ça ne s'est psa fait, même si j'aimais bien leur pop psychédélique (surtout des titres comme "Strange days dream", "Where do you go" et "Happy days". Le principal défaut de ces premiers disques était d'être vraiment comlètement ancré dans une vision rétro sixties des choses.
Je les ai lâchés vers 91, au moment où ils ont explosé avec les tubes pop house "Move any mountain" (remix en moins bon de "Pro>Gen"), "Boss drum" ou "Ebeneezer good". A ce moment, l'influence de l'ecstasy semble l'avaoir emporté sur le LSD, mais au moment de la sortie de "Phorward", la balance est parfaite entre les côtés sixties (la plupart des titres sont des chansons du début remixées) et les influences hip-hop et house.
J'avais vu ce CD pas cher près de la caisse de Parallèles une première fois, mais je ne l'avais pas acheté, comme pour le premier album des Stereo MC's. Il faut dire que je venais juste d'acheter ma première platine CD. Une pas trop chère avec un seul faisceau laser qui m'a fait la surprise au bout de quelques semaines de faire des à-coups de lecture qui donnaient l'impression de reproduire des rayures de vinyls !
J'ai fini par l'acheter la fois suivante, et je l'ai beaucoup écouté et beaucoup diffusé, pas seulement parce que j'avais très peu de CDs chez moi à ce moment-là.
En gros, ce disque est un mini-album de remixes de chansons récentes ("You, me and everything") et d'autres un peu moins ("Strange days dream", "Happy days", "Knature of a girl"). L'ambiance est très synthétique, dans le style de hip-hop que j'aime beaucoup, à la Mantronix des débuts.
"You me, and everything", qui ouvre le disque, est pas mal du tout, mais ma séquence préférée commence à la piste 5, avec l'enchaînement de la version 1989 de "Strange days dream", de "Phorward", et des versions "S & N sessions" de "Happy days" et de "Knature of a girl". Par contre, le mega-mix "Evil edit" d'un quart d'heure qui vient ensuite est un peu trop pour moi.
Le CD a été réédité en 1999 avec un titre en plus, et j'imagine qu'il doit se trouver sans trop de soucis.

12 mai 2006

FAD GADGET : Incontinent


Offert par Jean H. à Châlons-sur-Marne à Noël 1981
Réf : 540018 -- Edité par Mute en France en 1981
Support : 33 tours 30 cm
9 titres

Cette année-là, mon cousin Jeannot avait vraiment joué les Père-Noël. Venu pour les fêtes avec ses parents de sa banlieue parisienne, il avait pris soin d'amener avec lui deux cartons de la production de son nouvel employeur. Son nouvel employeur étant l'entreprise Vogue de Villetaneuse, les cartons contenaient chacun une vingtaine de disques !
La répartition des disques au sein de la famille n'a pour une fois pas posé trop de problèmes. Il faut dire que la production Vogue de ces années-là n'était pas folichonne : il y avait plusieurs Jacques Lantier, des doubles albums de Donna Summer, un Abba, du disco-soul sophistiqué avec Crown Height Affair,... Et surtout, comme Vogue venait de signer avec Mute pour distribuer ce label en France, il y avait ce deuxième album de Fad Gadget, qui venait de sortir et que je n'avais pas encore eu les moyens de me payer. Je me le suis attribué d'autorité, sans que cela suscite la moindre réaction car j'étais le seul intéressé par ce disque ! Il faut dire que j'avais déjà à l'époque le premier album et le single "Ricky's hand".
La photo de pochette, signée Anton Corbijn, est superbe. Elle surprend pour un groupe réputé synthétique, mais après tout, avec son déguisement de marionnette Punch et son maquillage de cirque, Franck Tovey a un petit air de Siouxsie Sioux !
Ce qui marque d'ailleurs dès les premières notes du disque, c'est justement que le son est moins synthétique qu'auparavant. Les synthés et les séquenceurs sont toujours là, mais plus les boites à rythmes. La batterie et la basse acoustique, beaucoup plus présentes que sur le premier album, modifient la tonalité générale. On trouve ici des éléments qu'on retrouvera sur les albums suivants (les choeurs féminins sur "Under the flag", le break de batterie de "Swallow it" qui annonce "Collapsing new people").
L'album est ramassé et très cohérent, avec juste un coup de mou au milieu, avec deux instrumentaux pas géniaux qui s'enchaînent en fin de face A et en début de face B.
Les deux premiers titres du disque sont très bien ("Blind eyes" et "Swallow it"), mais c'est dommage que deux titres encore plus accrocheurs soient relégués en fin de face B : le tube du disque "King of the flies", avec sa phrase d'attaque "Right from the start I got it wrong, I did the things I shouldn't have done" et son passage un peu disco sur le refrain comme pour le "At home he's a tourist" de Gang of Four, et "Plain clothes" avec carrément une attaque de guitares électriques.
Après la pochette, "Saturday night special" nous ramène dans une ambiance de fête foraine avec son rythme de valse et un clavier qui imite un clavecin. Si ça vous fait penser à quelque chose, sachez que ce titre est sorti en single, dans une version légèrement réenregistrée/remixée, le 5 janvier 1982, soit une semaine avant le "Golden brown" des Stranglers. Malheureusement pour Fad Gadget, il n'y avait pas de place pour deux valses synthétiques dans la programmation des radios... Les paroles semblent s'attaquer à l'Amérique de Reagan, mais c'est bizarre, j'ai la drôle d'impression que ces paroles sont parfaitement d'actualité en 2006, sans en changer un mot...
Vous savez peut-être que Frank Tovey, le leader de Fad Gadget, est mort en 2002. Mais grâce à Mute, son label de toujours, toute sa discographie est disponible. Un DVD live accompagné d'une nouvelle compilation est annoncé pour bientôt. Juste un regret : que les quatre titres des deux singles extraits de l'album (les nouvelles versions de "Saturday night special", "King of the flies" et "Plain clothes" ainsi que la version live de "Swallow it") n'aient pas été ajoutées en bonus sur la réédition en CD d' "Incontinent", même si personnellement j'ai tendance à préférer les versions originales.

11 mai 2006

3 MUSTAPHAS 3 : Si vous passez par là


Acquis chez New Rose à Paris ou à Londres en 1986
Réf : NS 111 -- Edité par GlobeStyle en Angleterre en 1986
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Si vous passez par là -/- Staréhé Mustapha I !!

Ça fait partie de ces denses coïncidences dont Howe Gelb parle dans son journal à la date du 30 avril 2006... Il y a à peine deux semaines, on parlait avec Henri Bingo et Noël Belmondo, deux vedettes du label Sorry But Home Recording, de "Si vous passez par là" des 3 Mustaphas 3. Ils venaient de découvrir que j'avais produit une rubrique radio reprenant ce titre (et cette musique en fond sonore aussi, d'ailleurs), et comme moi, ça fait presque vingt ans qu'ils étaient à la recherche des références de la chanson originale. On s'était quittés en se disant que le premier qui trouverait préviendrait l'autre, et bien ça y est, j'ai trouvé ! Ça s'est passé hier, complètement par hasard.
Tout d'abord, j'aurais dû trouver beaucoup plus tôt, mais j'ai été égaré sur plusieurs fausses pistes. Le titre de la chanson d'abord, "Si vous passez par là", qui n'est pas celui de la chanson originale. Les crédits donnés par les 3 Mustaphas 3 ensuite, qui font référence à un "M. François" et un "Pousca", alors qu'il semble bien que l'auteur de la musique soit plutôt un certain "Pueca". Un article de Libération qui remonte à la sortie du disque en France en 1987, si mes souvenirs sont bons, qui attribuait la chanson originale à un chanteur africain, le Sapeur Franco. C'est cette référence que j'avais retenue et que je cherchais. Et je ne risquais pas de trouver !
Mais la chance a tourné hier, donc. J'étais chez le célèbre cantateur Dorian Feller à fouiner dans ses piles de disques, et je tombe sur les deux éditions du maxi "Si vous passez par là", l'originale anglaise et l'édition française, sortie en 1987 (il ne doit pas y avoir des dizaines de maisons en France où on trouve les deux éditions, mais c'est au moins le cas chez lui et chez moi, même si je n'ai que le 45 tours anglais). J'en profite pour ramener ma science et lui expliquer que, outre la pochette et les faces B différentes, la version française se distingue de l'originale par le fait que les Mustaphas se sont saignés à blanc pour lui rajouter une piste de "trompette d'or" jouée par un certain Expen$ive. C'est alors que je remarque au dos du maxi français une précision après le titre : (Sérénade argentine). Comme ça sans guillemets. J'avais déjà dû lire cette mention en pensant que c'était encore une de ces grosses blagues des Mustaphas pour ajouter un faux genre musical pour qualifier le morceau, à la façon de ce qui se faisait dans les années 1950-1960 avec des mentions sur les pochettes comme "hully gully-surf" ou "jerk lent".
En fait, "Sérénade argentine" est bel et bien le titre de la chanson originale. Mais ça, je ne l'ai su qu'hier soir après une courte recherche sur internet, et grâce à une autre mention qui figurait sur le disque de Dorian. En effet, il y avait noté au dos du disque au crayon de mine "Pierre Malar". Intrigué, j'ai interrogé Dorian, qui m'a expliqué qu'il avait entendu une fois à la radio un gars expliquer qu'il était de la famille de Pierre Malar, créateur notamment de la chanson reprise par les 3 Mustaphas 3.
Et c'est vrai, si on en croit cette courte notice biographique. "Sérénade argentine" est sortie à l'origine en 1949 sur un 78 tours Odéon, avec "Boléro flamenco" en face B. Ce titre a également été interprété par plein d'autres artistes, parmi lesquels Rina Ketty, Jacques Hélian et son orchestre, et même André Verchuren. Voilà un petit mystère résolu (avec une précision supplémentaire : la mélodie originale était intitulée "Amparito"). Il ne me reste plus qu'à trouver le moyen d'écouter la version de Pierre Malar.
Celle des 3 Mustaphas 3 est excellente. Il faudrait au moins un bouquin pour raconter leur histoire mythique. J'aurais peut-être l'occasion d'en reparler en présentant un autre de leurs disques. En tout cas, j'aimerais bien avoir des souvenirs plus précis de leur concert à L'Usine de Reims le 27 avril 1989, avec Les Combinaisons en première partie. En attendant, vous pouvez consulter ce billet de blog, qui pointe une prémonition troublante sur la pochette française de "Si vous passez par là".

10 mai 2006

JONA LEWIE : Vous et moi


Acquis au Grand Bazar de la Marne à Châlons-sur-Marne en 1981
Réf : 640.154 -- Edité par Stiff en France en 1978
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Vous et moi -/- The baby, she's on the street

J'avais dû entendre ce 45 tours à la radio, sûrement chez Jean-Bernard Hébey dans "Poste restante", et ça m'avait beaucoup plu. Sur la face A, il y avait cet effet de guitare associant vibrato et delay (le seul truc que j'ai jamais su faire avec une guitare électrique, en poussant tous les boutons de l'ampli à fond), et ce refrain en français, "Vous et moi, c'est ce soir, baisez-moi ce soir", qui faisait quand même très bonne société et rétro avec ce vouvoiement.
La face B aussi (une face A d'un autre single à l'origine) me plaisait beaucoup, dominée par le piano, elle.
Mais globalement, ce qui m'avait attiré, c'est que tout dans ce disque me faisait penser à Lewis Furey, l'ambiance, le look de Jona Lewie et la musique.
Il y avait aussi l'aura de Stiff. Comme beaucoup, j'étais persuadé que c'était le premier 45 tours de Jona Lewie, et que l'album "On the other hand there is a fist" dont il est extrait était aussi son premier. En fait, Jona Lewie avait déjà eu de nombreux tubes depuis le tout début des années 1970, et j'aurais pu le deviner car c'est probablement un des disques d'or qu'il a eus pour ses singles parus chez Sonet qu'on voit encadré au mur sur la pochette !

09 mai 2006

RAINER : Live at the Performance Center


Acquis par correspondance chez Glitterhouse en Allemagne en 2001
Réf : GRCD 483 -- Edité par Glitterhouse en Allemagne en 2001
Support : CD 12 cm
20 titres

Rainer Ptacek est reconnu comme un des meilleurs guitaristes de blues de sa génération. C'est aussi le "maître de musique" de Howe Gelb. Il est mort en novembre 1997 à 46 ans d'un cancer du cerveau, qui s'était manifesté la première fois en 1996 par une attaque. Il avait dû ensuite complètement réapprendre à jouer de la guitare.
Ce disque a été enregistré lors d'un concert entièrement solo à Tucson en juin 1997 (lire une interview publiée la veille de ce concert). Même sans connaître les circonstances de son enregistrement, je crois qu'on pourrait s'accorder pour dire que ce qui caractérise ce disque c'est qu'il est poignant. C'est celui que je conseillerai comme premier choix à toute personne souhaitant découvrir Rainer : il couvre tout son univers musical, et personnellement je préfère ses enregistrements acoustiques aux électriques, parfois un peu trop blues boogie pour moi (surtout quand il enregistre avec ZZ Top !).
Je ne vais pas commenter ici les vingt titres du disque, simplement trois qui ont connu ici leur première publication.
Le premier, en tout début de concert, parle de lui-même. Il s'intitule "Parfois c'est dur de se souvenir" : "Sometimes it's hard to remember/Sometimes it's hard to recall/the reasons why we're here at all/And then it hits me like a big jolt, coming straight into my brain/that the only reasons why we're here/is just to love away the pain/Cos it's so painful where we're living/Painful, yes it's true/And the only thing we've been given/is just enough love to pull us through."
Le second est un instrumental, "Di Lantin", qui réussit à être encore plus poignant, même sans l'aide de paroles, au point de me faire parfois venir les larmes aux yeux (D'après Fred Mills dans sa chronique du disque, le titre serait un jeu de mots sombre, sur "die" j'imagine, mais je ne l'ai pas trouvé). Rainer a souvent repris le "Sleepwalk" de Santo & Johnny. Dans un style proche, "Di lantin" se situe largement au même niveau. A l'écoute, je me suis longtemps demandé comment Rainer avait pu enregistrer ce titre tout seul en live avec juste sa guitare. Je n'ai compris qu'à la lecture des commentaires de Howe Gelb dans la même chronique de Fred Mills : les deux pédales numériques qui permettent d'enregistrer sa propre guitare et d'en passer des boucles ! C'est devenu très couru (Joseph Arthur, Dominique A, Andrew Bird, Anaïs,...), mais Howe est l'un des premiers que j'ai vu faire ça, et il a appris ce truc de Rainer...
Le troisième, c'est "The Farm", écrit au printemps 97. Rainer commence par se souvenir de la ferme de son enfance et du départ de sa mère ("How did we ever survive with so much missing"), avant de s'adresser à sa fille Lily pour lui dire qu'il ne l'abandonnera pas, même si la maladie gagne ("Never gonna leave here, never gonna change that, no matter how many come to lay me flat"). Je préfère cette version de "The farm" à celle en studio parue par la suite sur l'album du même titre.
Même "Cheer down" en fin de concert, une reprise de George Harrison, semble écrite pour l'occasion.

En juillet 1999, j'ai imaginé que Jonathan Richman, Howe Gelb et son Band of Blacky Ranchette se retrouvaient pour un album hommage virtuel à Rainer. Lorsque Howe Gelb a reçu ma lettre lui communiquant ce rêve éveillé, Jonathan Richman et Tommy Larkins se trouvaient être présents dans la pièce ! Cela a suffisamment marqué Howe pour qu'il me dédicace "Inner flame", sa chanson co-écrite avec Rainer et publiée sur l'album-hommage du même titre, sur scène à Nantes le 23 octobre 2000 quand Giant Sand s'est retrouvé à partager l'affiche avec Jonathan Richman.

Plus d'infos :
Le site officiel de Rainer.
La discographie de Rainer.
"Live at the Performance Center" fait partie d'une trilogie d'albums posthumes publiés par Glitterhouse. Le label vient de boucler sa discographie avec la parution d'un premier best-of, "17 miracles".

08 mai 2006

PETER ASTOR AND THE HOLY ROAD : Almost falling in love


Acquis d'occasion quelque part en France dans les années 1990
Réf : DANCD110 -- Edité par Danceteria en France en 1992
Support : CD 12 cm
Titres : Almost falling in love -- Leaving train -- Never been as good as this -- Joe's revenge

Autant j'ai suivi de près et énormément apprécié les disques de The Loft des Weather Prophets, autant les deux premiers albums solo de Peter Astor, sortis chez Creation, m'ont glissé dessus sans me marquer. Il a fallu que Peter se retrouve sur un label français pour sortir deux albums excellents, "Paradise", dont ce single est extrait, et"God and other stories". Malheureusement pour lui, je crois que ces disques n'ont pas été distribués en Angleterre. Ensuite, Danceteria a fait faillite, et Peter a continué son chemin, avec notamment les projets Wisdom of Harry et Ellis Island Sound, et même l'an dernier avec un nouvel album sous son nom, "Hal's eggs".
Seul le premier titre est extrait de l'album. "Almost falling in love" décrit très bien ces phases de séduction qui peuvent mener, ou non, au début d'une aventure. L'ambiance musicale est détendue, plus proche des Weather Prophets des débuts que de l'ambiance plus électrique de "Judges, juries, horsemen". On note la présence de Neil Scott, qui a accompagné plein de gens, dont notamment Felt et Everything But The Girl, et un choeur féminin très réussi sur le refrain. Après "Almost prayed", il se confirme que les titres commençant par "Almost" lui réussissent !
"Leaving train" est un inédit probablement issu des sessions de l'album, sur lequel il aurait mérité de figurer.
Les deux derniers titres sont des nouvelles versions studio de deux des très bonnes chansons des Weather Prophets. Elles sont plutôt bonnes mais ne dépassent pas les versions originales. "Never been as good as this" est plus rapide, mais bizarrement plus molle. Quant à "Joe's revenge", qui est une sorte de suite de "Joe Schmo and the eskimo", elle est excellente mais ne peut pas rivaliser avec l'originale, un petit chef d'oeuvre probablement enregistré en solo, à base de claviers et de boite à rythmes.
Grâce à l'alors jeune association Les Pirates de l'Art, la tournée qui a suivi la parution de "Paradise" est passée par Reims le 15 avril 1993, pour un concert d'excellente facture au cours duquel Peter m'a fait le plaisir de me dédicacer la version de l'excellent "Blue rooftop".
Le concert, comme ce disque, était très pop-rock, mais un peu plus tard dans la soirée, alors que le groupe était resté à la porte du très peu hospitalier "club rock" rémois "Le Tigre", ce n'est pas sur du rock que Peter et ses potes dansaient dans la rue, mais sur le premier album de hip hop déjanté de The Pharcyde !

07 mai 2006

LA RAGE AGAINST LES QUOTAS



Offert par la Férarock en 1994
Réf : FERA 1 & 79579-2 -- Edité par La Férarock & Mélodie en France en 1994
Support : CD 12 cm
18 titres

C'est le seul disque pour lequel j'ai jamais signé avec un contrat avec une maison de disques !!! Oh, ce n'était pas un contrat d'artiste pour moi, juste un contrat de licence au titre de la Férarock avec Mélodie pour fabriquer et distribuer cette compilation dont l'objectif était de faire du bruit contre le projet de créer des quotas idiots de diffusion de titres en français sur les radios musicales.
Ces quotas idiots, qui obligent censément les radios à demander aux artistes une attestation de nationalité française et à comptabiliser au % prêt la diffusion de titres francophones, sont toujours en application. Cette compilation n'a donc pas complètement atteint son but...
On s'était réparti le travail entre les radios pour ce disque. Sol s'était occupé de la mastérisation, Dio de la pochette et moi pour la Primitive j'ai notamment mis en page le livret sur mon Mac Plus avec son écran noir et blanc riquiqui. Le plus drôle dans l'histoire, c'est que je n'ai même pas en ma possession un des exemplaires collectors de ce disque, ceux avec la pochette originale (en noir et blanc ci-dessus), qui a été retirée après fabrication de quelques exemplaires et avant mise en vente parce que quelqu'un chez Mélodie s'est rendu compte au dernier moment qu'on avait repiqué une photo connue du film "Vol au-dessus d'un nid de coucou" avec Jack Nicholson ! Radio Dio s'est donc occupé vite fait et plutôt avantageusement de remplacer la photo originale, et notre présidente Françoise Duval a réussi à sauvegarder quelques exemplaires du disque avec sa pochette originale. Chaque radio en a eu un, mais je n'ai pas eu l'occasion de mettre la main sur celui destiné à la Primitive !
Du point de vue musical, et avec plus de dix ans de recul, cette compilation est assez inégale, comme tous les projets de ce genre. Chaque radio a demandé à un groupe de sa région d'enregistrer un titre pour l'occasion. La tête d'affiche était bien sûr Billy-ze-Kick et les Gamins en Folie, qui ont enregistré une version électrique de leur "Radio k sur" avec un autre groupe rennais, les Skippies (Ce titre est d'ailleurs probablement le seul du disque actuellement disponible à la vente, sur l'album "Premiers titres" de Billy-ze-Kick). Ils étaient alors au faîte de leur gloire, et proches de la Férarock depuis longtemps. A part celui-ci, mes titres préférés sont les mêmes qu'à l'époque, ceux de Santiago Stereo, Jungle Beanz & DJ DNA et Bly, ainsi que le groupe sélectionné par La Radio Primitive, les Sales Sons, de Troyes. Leur son est synthétique, et Clouzot chante excellement. Avec un titre paru sur une compilation de Découvertes du Printemps de Bourges, ce "Radio du village" est une de leurs rares chansons à avoir été largement diffusée.

05 mai 2006

BRIAN BRAIN : Culture


Acquis à La Clé de Sol à Châlons-sur-Marne en 1981
Réf : 12 SHH 109 -- Edité par Secret en Angleterre en 1980
Support : 45 tours 30 cm
Titres : Fun people -- Working in a farmyard in a white suit -/- At home he's a tourist -- Careering

Brian Brain, c'était le groupe de Martyn Atkins, qui a surtout fonctionné entre les deux des "contrats" qu'Atkins a effectués comme batteur de la société Public Image Limited. Il a refait un 45 tours sous ce nom après son dernier séjour chez PIL avant de fonder Pigface.
De ce que je connais de cette discographie assez longue pour un groupe très mineur, ce disque est mon préféré.
Je l'ai acheté pour la connexion avec PIL, mais aussi pour les deux reprises de la face B. Ce n'était pas trop surprenant de le voir reprendre un titre de PIL, "Careering", même si ce n'est pas lui qui joue sur la version studio (Jah Wobble avait lui aussi utilisé des musiques de PIL sur son album "The legend lives on..." quelques mois plus tôt, et Atkins joue d'ailleurs sur deux titres de cet album). C'était par contre un peu plus surprenant de le voir reprendre un autre titre de 1979, le second single de Gang of Four (J'imagine que ça fait de Brian Brain le premier groupe à avroir repris Go4 !). Les deux versions ne sont pas mauvaises, elles sont surtout plutôt banales, assez proches des originales. "Careering" est quand même plus intéressante, pour la batterie justement.
Les deux titres de la face A sont peut-être les deux meilleures faces de singles originales de Brian Brain. Ça n'en fait pas des chefs d'oeuvre pour autant : ça manque d'originalité, et il n'y a rien de génial. Mais on a entendu bien pire sur des disques avec beaucoup plus de budget, beaucoup de promotion, et même beaucoup de ventes ! J'ai un petit faible pour "Working in a farmyard in a white suit", le titre est rigolo, et chanté de façon moqueuse avec force répétitions.
Brian Brain est sûrement mon groupe préféré chez Secret Records : j'ai appris aujourd'hui que ce label était surtout spécialisé dans le Oï et le skinhead !

04 mai 2006

THE (HYPOTHETICAL) PROPHETS : Person to person


Acquis au Record & Tape Exchange de Notting Hill Gate à Londres en 1984
Réf : A3257 -- Edité par Epic en Angleterre en 1983
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Person to person -/- On the edge

J'avais lu un petit article dans les news de Rock & Folk ou Best qui présentait les Prophets. Enfin, qui parlait de ce groupe composé de deux personnes qui souhaitaient conserver l'anonymat, dont l'une était un français assez connu (Maintenant, ils ne se cachent plus, et on sait que Joseph Weil et Norman D. Landing étaient en fait Bernard Szajner et Karel Beer). Du coup, à chaque fois que je suis tombé sur un de leurs disques dans les bacs d'occasion ou de soldes, je l'ai pris. Ils ont sorti deux maxis et leur unique album ("Around the world with the (hypothetical) Prophets") sur leur propre label, avant de signer chez Epic, qui a réédité l'album et en a extrait deux 45 tours, celui-ci (qui existe aussi en maxi) et "Fast food", que je ne vois listé nulle part dans leur discographie, mais que j'ai bien (deux versions de "Fast food" ; mon exemplaire est cassé, et sans pochette !).
Avec la présence de Bernard Szajner, il est évident que la tonalité musicale des Prophets est électronique. "Person to person" a toujours été ma chanson préférée du groupe. Il y a une basse synthétique, une boite à rythmes discrète, sur un tempo moyen, mais ce sont les vocaux qui tiennent toute la chanson (les Prophets sont ici renforcés par une chanteuse créditée sous le nom de "Caroline no"). Les "Person to person" sont les petites annonces de rencontres des journaux. Dans l'esprit, les paroles et le débit du chant me font beaucoup penser à "Top ten sexes" de Lewis Furey. Sinon, la musique et le côté détaché des vocaux peuvent aussi faire penser aux Flying Lizards.
En préparant cette rubrique, je suis tombé sur des références à des choeurs "à la Beach Boys" pour "Person to person". A part le "Featuring Caroline No" ça me paraissait un peu tiré par les cheveux, mais non. Je n'avais jamais fait attention, mais il y a bien des choeurs dans la chanson qu'on jurerait être chantés par les Beach Boys, à tel point que j'ai plus l'impression d'entendre un sample avant l'heure qu'une performance vocale "à la manière" des Beach Boys !
La face B, "On the edge", est un autre extrait de l'album.
Aujourd'hui, Bernard Szajner a de nombreux projets musicaux. Quant à Karel Beer, il programme des concerts et des expositions à l'Hôtel du Nord à Paris.
"Person to person", "Wallenberg" et un titre de Bernard Szajner sont actuellement disponibles sur la compilation "So young but so cold" éditée par Tiger Sushi en 2004.

03 mai 2006

ANDRE VERCHUREN : T'es balancée comme une reine


Acquis chez Emmaüs à Tours-sur-Marne vers 2000
Réf : FY 45 - 2169 S -- Edité par Festival en France en 1960
Support : 45 tours 17 cm
Titres : T'es balancée comme une reine -- Accordéon musette -/- Mustapha -- La vale à mille temps

Si je compte bien dans la discographie complète publiée sur l'excellent site entièrement consacré à André Verchuren, il s'agit du 80ème 45 tours du célèbre accordéoniste, c'est vous dire sa productivité dès les années 50. Mon exemplaire a appartenu précédemment à Mademoiselle Annick Charlemagne.
C'est bien sûr avant tout pour la pochette que j'aie choisi ce disque. Cette dame blonde, façon Bardot, nue, ses appâts protégés de nos regards uniquement par une tôle ondulée en plastique (une tôle onduléee en plastique !!) et des 45 tours de l'étiquette Festival en vinyl rouge ! Et puis il y a aussi cette petite photo de Verchuren lui-même, dans une posture de rocker impressionnante : on croirait voir Vince Taylor armé d'un accordéon !!
J'avais aussi noté la présence d'une version de "Mustapha" sur ce disque, et je sais par expérience que les interprétations de "Mustapha", comme celles de "Histoire d'un amour", sont rarement complètement mauvaises. Et celle-ci n'est effectivement pas mal, avec des choeurs qui chantent "Chérie je t'aime, chérie je t'adore", d'autant plus que, comme c'était encore le cas pour ce type d'orchestres au début des années 1960, l'instrumentation est acoustique et de bonne qualité, avec contrebasse, guitare et cuivres.
Mais au bout du compte, c'est le titre principal du disque qui est le plus marquant. Un titre "fox medium" en trois temps, avec deux parties instrumentales assez classiques pour le musette, qui encadrent une partie chantée par André Verchuren lui-même (et si je lis bien les crédits, les paroles sont aussi d'André Verchuren sur une musique de René Dénoncin) : "On s'est connus tout mômes dans le quartier, on a joué ensemble à chat perché, mais maintenant tu as seize ans passés, c'est incensé c'que t'as changé ! T'es balancée comme une reine, t'es découpée comme au tour, on dirait quand tu t'promènes que le printemps est de retour. J'n'ai jamais eu les poches pleines, mais si ça vient un beau jour, j'suis prêt à jouer les mécènes pour ta p'tite gueule d'amour."
Un classique de saison, puisqu'il semble ces jours-ci que le printemps est de retour !

02 mai 2006

BILLY ZE KICK & LES GAMINS EN FOLIE


Acquis à La Clé de Sol à Reims en 1993
Réf : [sans] -- Edité par Les Productions du Fer en France en 1993
Support : 2 CD 12 cm
16 + 4 titres

En février 1991, l'occasion des Etats du Rock à Montpellier, nous nous sommes réunis à quelques responsables de six radios associatives rock françaises, dans le but de créer une fédération pour s'unir et se soutenir. Après une intense séance de brain-storming, nous avons décidé de baptiser cette nouvelle association "Férarock". Inutile de dire que le concert qui a suivi au Rockstore avec Little Nemo, Mary Goes Round et Asylum Party n'a pas été pour moi l'événement marquant de la soirée...
Après quelques réunions au printemps, pendant l'été et à l'automne, il a été décidé de profiter des Transmusicales de Rennes pour organiser le 7 décembre 1991 une conférence de presse afin de faire connaître notre jeune fédération à nos partenaires et à la presse spécialisée.
Nos amis de Canal B, la radio rennaise de la Férarock, nous ont organisé tout ça aux petits oignons. Ils ont réservé un bar, L'Inconnu, et organisé la prestation d'un groupe local pour l'occasion (pas de conférence rock sans musique !).
Ce groupe, vous l'avez deviné, c'était Les Gamins en Folie, chorale amateur et improvisée qui ont ouvert comme ils en avaient pris l'habitude depuis quelques temps pour Billy-ze-Kick. Comme ça a souvent été le cas pour ces conférences, je ne suis pas sûr que beaucoup de nos partenaires aient fait le déplacement, mais ce n'est pas grave, j'ai passé un très bon moment, j'ai été conquis, et inutile de dire que le concert qui a suivi dans la salle de sports qui ne s'appelait pas encore Le Liberté, avec notamment James et Nirvana, n'a pas été pour moi l'événement marquant de la soirée...!
J'ai revu le groupe en concert quelques mois plus tard au Printemps de Bourges, mais malheureusement, alors que j'étais à nouveau présent aux Trans en 1993, mon emploi du temps ne m'a pas permis d'assister à l'une des représentations de "Killer's trip", la comédie musicale de Billy-ze-Kick et des Gamins en Folie, mais entre-temps je m'étais procuré leur album.
L'histoire de la première édition de cet album, et de la seconde, la plus courante, est racontée en détails sur le site du groupe, mais ils ont juste oublié de préciser que certains exemplaires de la première édition ont été vendus cellophanés avec un mini-cd gratuit. Ce CD reprend les deux versions du "Chant du psylo" qui ont été largement diffusées par la suite sous le titre "Mangez-moi! Mangez-moi! Mangez-moi!" (l'originale et le raggamix), plus deux autres extraits de l'album ("Jean-Mich Much" et "O.C.B."). Il ne contient donc pas de raretés, mais il est intéressant pour sa belle pochette sérigraphiée sur du papier Canson.
L'album lui-même présente les chansons dans toute leur gloire samplée qui ne se cache pas (les disques samplés sont en photo au dos de la pochette), alors que, sur la deuxième édition, des samples ont été enlevés sur trois chansons.
Après plus de dix ans, ce disque a très bien vieilli. Les neuf titres des Gamins en Folie me font toujours danser et rigoler sans coup férir, et les sept qui suivent, la BO de "Killer's trip", ne déparent pas, avec de grands moments comme "La chanson de M", "Le killer et l'encraoudeur", "Elémentaire" ou "La chanson du sphinx". Contrairement à ce que beaucoup doivent penser, plutôt qu'une grosse rigolade autour des joints et des champignons, ce disque dans son ensemble est avant tout un concept-album construit autour des séances de jeux de rôles qui ont souvent dû les rassembler. Mais c'est aussi bien sûr un disque gai et entraînant qui ne se prend pas au sérieux !
En 1994, Billy-ze-Kick et les Gamins en Folie ont à nouveau soutenu la Férarock. Aujourd'hui, ils annoncent sur leur site la parution prochaine d'un nouvel album.


Ajout du 2 février 2008 :
En triant mes archives, je suis tombé sur quelque chose que j'avais complètement oublié : un livret de chansons photocopié que Les Gamins en Folie avaient mis à la disposition du public lors du concert de décembre 1991 à Rennes pour que nous puissions participer à la bonne humeur ambiante !
Il y a des conseils et des commentaires à toutes les pages, et le premier titre est un inédit (qui a dû le rester depuis je pense), "La loco ça motive".

Dernière et première page du livret de chansons des Gamins en Folie, 1991.

01 mai 2006

STEVE WESTFIELD : Mangled


Acquis au Cash Converters de la rue Beaubourg à Paris en 1999
Réf : BS-20102 -- Edité par Bib aux Etats-Unis en 1994
Support : CD 12 cm
15 titres

J'ai raté plusieurs rendez-vous avec Steve Westfield. Déjà, quand j'ai acheté en solde les disques de son groupe Pajama Slave Dancers, je ne les ai pas aimés, et je les ai refilés à mon ami Phil S., qui lui les appréciait.
Ensuite, on a reçu à la Radio Primitive son deuxième album solo, "Reject me first", que j'ai bien aimé et beaucoup progammé. Mais je ne l'ai pas acheté tout de suite. Il a fallu attendre 1997-1998, quand j'ai commencé à commander des disques chez Glitterhouse, pour que j'acquière sa discographie, complétée par celui-ci, le tout premier, qui m'a tendu les bras un jour, posé de façon incongrue en présentation sur une table d'un Cash Converters.
Entre-temps, je suis passé à côté des nombreuses tournées européennes qu'il a faites avec son Slow Band, y compris la toute dernière en 2000.
Depuis cette date, Steve Westfield semble avoir fortement ralenti ses activités musicales. Son site officiel fait état de concerts isolés en 2001 et 2004, et c'est tout. Le groupe est officiellement en retraite depuis juin 2005.
Il nous reste les quatre albums et demi parus de 1994 à 1998, parmi lesquels "Mangled" est un des meilleurs, même si malheureusement il est plus souvent cité pour ses copains invités prestigieux (Lou Barlow, Joey Santiago) que pour sa très bonne qualité intrinsèque.
Le style général pourrait être qualifié d'Americana avant la mode ou faire penser à un Johnny Dowd avant qu'il ne soit connu autrement que comme déménageur (et qui chanterait mieux !). Mais ce qui compte ce sont les chansons. Ma préférée est "Memory lapse blues" ("When I woke up this morning, the heartache started again"), mais j'ai aussi beaucoup aimé "Free and lonely", "Missing" ("Our old bed it used to squeak, now it don't make a sound, and I don't think you're missing me when you ain't around"), "Alone at last" et "Mangled". Et même si je n'aime pas tout, l'ensemble fait un album qu'il est conseillé de traquer, par exemple en s'adressant directement à Bib Records.

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