28 octobre 2006

NICK LOWE : Cracking up


Acquis dans l'un des Record & Tape Exchange de Londres vers le milieu des années 1980
Réf : ADA 34 -- Edité par Radar en Angleterre en 1979
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Cracking up -/- Basing Street

Généralement, je sais assez précisément quels disques j'ai, et ce qu'il y a dessus. Mais là, je me suis fait avoir, et en beauté !
Tout a commencé la semaine dernière par une visite sur l'excellent blog Post Punk Junk. Je suis tombé sur un billet à propos d'une compilation de Nick Lowe dont je n'avais jamais entendu parler, "The wilderness years", qui reprend des titres enregistrés entre la séparation de Brinsley Schwartz en 1975 et les premiers disques Stiff en 1977.
Comme je suis raisonnable, et que mon temps n'est pas extensible, je choisis de télécharger une seule des six ou sept chansons proposées en téléchargement, pour voir comme au poker, ou plutôt pour écouter.
Pour choisir, je regarde les titres des chansons, et mon choix se porte sur "Basing Street", parce que c'est au Basing Street Studio que Nick Lowe a produit les meilleurs enregistrements d'Elvis Costello à la fin des années 1970.
J'écoute la chanson, et là c'est la claque ! Une chanson très lente, plus chuchotée que chantée, qui semble raconter un fait divers sur Basing Street, avec comme accompagnement uniquement quelques notes de guitare acoustique et une pedal steel qui, si elle était encore un peu plus discrète, ne serait carrément pas sur la bande. Une chanson qui, si c'était une démo, se suffirait à elle-même et il ne faudrait surtout pas la produire plus en studio. Une chanson qui aurait pu être chantée par Costello, sauf que même à ses débuts il aurait sûrement été tenté d'en faire trop...
Le lendemain, j'ai cherché à en savoir plus sur "The wilderness years", et j'ai découvert que :
a)"Basing Street" n'est pas du tout sur "The wilderness years", contrairement à ce que le billet de Post Punk Junk pouvait laisser croire ;
b) en fait, il s'agit de la face B de "Cracking up", un 45 tours de Nick Lowe que j'ai chez moi depuis quinze ou vingt ans, même si je n'ai pas dû l'écouter plus de deux fois.
Je l'ai donc ressorti, et à l'écoute de la face A, je comprends mieux pourquoi j'ai vite passé ce disque par pertes et profits. C'est un pop-rock quelconque, entre pub rock et Rockpile. Et surtout, titrer une chanson "Cracking up" alors qu'il y a déjà un chef d'oeuvre du rock signé Bo Diddley qui porte ce titre, c'est tout sauf une bonne idée.

PS : The Minus Five a repris "Basing Street" sur son premier album en 1995.

BELLE AND SEBASTIAN : Legal man


Acquis dans une boutique caritative en Ecosse ou en Angleterre entre 2001 et 2004
Réf : JPRCDS 018 -- Edité par Jeepster en Angleterre en 2000
Support : CD 12 cm
Titres : Legal man -- Judy is a dick slap -- Winter wooksie

J'ai mis très longtemps à commencer à m'intéresser à Belle and Sebastian. Je lisais les articles et les critiques, je regardais les pochettes des disques, qui dans un certain sens semblaient prendre la suite de celles des Smiths (des photos en noir et blanc sélectionnées de près par les membres du groupe). j'avais entendu un titre par ci par là, mais ça ne m'intéressait pas plus que ça : de la pop un peu intello qui au mieux me ramènerait à un certain âge d'or indé du milieu des années 80.
Puis au fil du temps je me suis mis à emprunter leurs albums à la médiathèque, et au fur et à mesure je me suis mis à y trouver des chansons que j'apprécie, notamment dans les disques récents ("Another sunny day" et "Dress up in you" dans le dernier par exemple). J'aime aussi de plus en plus l'humour qu'on sent dans les photos prises par Stuart Murdoch.
Avant de commencer vraiment à m'intéresser un peu à Belle and Sebastian, j'avais acheté ce single, principalement parce qu'un maxi CD d'occasion pas cher en bon état d'un groupe de qualité, ça ne se laisse pas passer.
Je ne savais pas à l'époque que ce single, sorti un mois avant l'album "Fold your hands child you walk like a peasant", contenait trois titres qui ne figurent sur aucun album (ils ont été depuis compilés tous les trois sur "Push barman to open old wounds"... on voit bien avec ces titres de disques qu'ils ont de l'humour).
J'ai bien l'impression que la raison d'être de la sortie de "Legal man" c'était de remettre sur le devant de la scène les Maisonettes, un groupe rétro sixties du début des années 80, auteur d'un unique tube, "Heartache avenue" ("Hou hou hou hou hou hou hou", oui, c'est bien ça). En tout cas, c'est très réussi, car les choeurs féminins des Maisonettes bénéficient d'un superbe écrin, un titre au son psychédélique, avec ce qui sonne comme du sitar et de l'orgue. Ça leur a valu une quinzième place au hit-parade anglais et un passage à Top of the Pops.
Et la fête continue, avec ce qui est apparemment le premier instrumental publié par B&S, "Judy is a dick slap". Il faut dire qu'avec un titre pareil ("Judy est une tête à claques", sauf que, si je comprends bien, les claques en question lui sont administrées par un autre membre que la main, typiquement masculin...!), on peut se passer de paroles ! C'est un titre très enlevé et très réussi, au son sixties également, à la mélodie jouée au clavier, mais qui comporte une deuxième partie toute calme au piano solo.
Le dernier titre, "Winter wooskie", correspond plus à ce qui serait dans mon esprit typiquement du Belle and Sebastian : voix mal assurée, tempo moyen, amour littéralement transi, mais ça donne une chanson de très bonne qualité pour une face C de single.

27 octobre 2006

THE SLITS : Return of the giant slits


Acquis dans un Our Price du Grand Londres vers 1984
Réf : 40-85269 -- Edité par CBS en Angleterre en 1981
Support : Cassette
9 titres

J'ai rarement acheté des musicassettes du commerce. Je ne voyais pas l'intérêt de payer cher un support fragile et de faible qualité. Mais là, il s'agissait d'une cassette en soldes, d'un album que je ne trouvais pas facilement en vinyl, et avec des bonus en plus…
J'avais trouvé "Cut", le premier album des Slits, dans l'un des deux bacs de disques d'occasion qui se trouvait pendant des années sous les tables de livres soldés devant la librairie La Belle Image rue Chanzy à Reims, mais en fait je n'ai jamais trop écouté cet album. Non, la chanson qui m'a vraiment fait m'intéresser aux Slits, c'est leur reprise de "Man next door" de John Holt, un reggae post-punk découvert sur la compilation Rough Trade "Wanna buy a bridge ?".
Dennis Bovell coproduit une petite moitié de ce disque, mais il n'y a quasiment pas de reggae ici ("Difficult fun" le titre le plus reggae, n'est pas produit par lui), par contre, il y a une grosse basse sur tout le disque, et des techniques de dub, autrement dit, on a affaire à un son et une ambiance typiquement post-punk, qui peut rappeler People in control, le super-groupe d'un seul disque, le son Rough Trade, ou les disques enregistrés au studio Cold Storage, comme ceux de This Heat.
Il y a un énorme progrès au niveau des vocaux par rapport au premier album, et c'est l'une des grandes réussites du disque (comme sur "Improperly dressed" par exemple)
Le plus proche point de référence me semble être "Odyshape", le second album des cousines les Raincoats, sorti la même année : c'est surtout flagrant pendant la deuxième moitié de "Or what it is ?", sur "Walk about" (qui part en dub à la fin, mais ça s'interrompt très vite, dommage), ou avec le violon de "Difficult fun".
"Earthbeat", la chanson d'ouverture, suffirait à donner son intérêt au disque. On a là la quintessence des Slits : une rythmique tribale (Bruce Smith, du Pop Group, est à la batterie), un son primitif, des vocaux qui semblent remonter aux origines du langage, une véritable musique du monde, élémentale : "Même la terre a le vertige, Même les feuilles éternuent, Même les nuages toussent". Ça n'a rien à voir avec le côté tribal de façade de groupes comme Adam & The Ants & Bow Wow Wow. (la réédition japonaise de l'album en CD propose une version de "Earthbeat" en japonais qui fonctionne encore mieux (les paroles anglaises faisaient déjà référence au Japon) : le chant en japonais sonne à mes oreilles profanes comme un dialecte inconnu, des onomatopées qui conviennent tout à fait à l'esprit de la chanson).
Avec "Face place" c'est autre chose, on est carrément dans les musiques de traverses. Il y a là une grande maîtrise musicale, dans un style difficilement classable. Il y a sûrement la patte de Steve Beresford, qui joue beaucoup sur ce disque (dixit les notes de pochette, très lapidaires).
Les deux titres en bonus de la cassette (en fait les deux faces d'un 45 tours inclus avec les premiers exemplaires de l'album en Angleterre) valent surtout pour l'interview sur une radio américaine : 12 minutes extraits d'une émission qui a dû durer au moins une heure, avec des Slits en pleine tournée et soi-disant fatiguées. Ça ne s'entend pas du tout à l'antenne ! On a droit à du pur rock'n'roll et à un grand moment de radio. Dès qu'il demande la prononciation du prénom de Tessa Pollitt, l'animateur perd le contrôle de son émission, et ensuite les Slits sortent leur ghetto blaster, avec ce qui semble être le son d'un tracteur enregistré sur cassette, et le balancent à fond dans le micro à chaque fois qu'une question ne leur plait pas, et pour faire bonne mesure elles rajoutent souvent un caillon pas possible fait de percussions sur la table du studio et de cris !!! Pour couronner le tout, de nombreux auditeurs sont invités à téléphoner pour poser des questions au groupe, les pauvres, avec de grands moments comme la féministe qui balance son grand discours, le gars qui réussit à obtenir une réponse sérieuse du groupe (ce qui lui vaut de gagner le concours et surtout de recevoir les félicitations des Slits) et surtout, pour finir en beauté, le gars à qui le DJ dit "Vous êtes à l'antenne" et qui répond du tac au tac "Je ne veux pas être à l'antenne"…!
Tout ça est fait avec beaucoup d'humour, et donne une bonne idée de ce qu'étaient les Slits et de leur fonctionnement en tant que groupe. C'est un document d'autant plus rare que les Slits se sont séparées relativement peu de temps après le flop de cet album (mais le groupe s'est reformé récemment avec une partie de ses membres originaux).



24 octobre 2006

GIANT SAND : Chore of enchantment


Acquis par correspondance chez Ow Om aux Etats-Unis en octobre 1999
Réf : V2ADV-27061-2 -- Edité par V2 aux Etats-Unis en 1999 -- For promotional use only
Support : CD 12 cm
16 titres

Ça fait longtemps que je n’ai pas fait le compte, mais Howe Gelb a bien dû sortir en tout une quarantaine d’albums, sans exagérer. Si on jouait au jeu à la con qui voudrait qu’on n’en garde qu’un seul, c’est celui-ci que je choisirais, sans aucune hésitation. Et pourtant, ce chef d’œuvre fin de siècle, ce petit bijou de production, a bien failli ne jamais être diffusé au public !!
En effet, le 30 mai 1999, Howe annonçait tout fièrement sur le livre d’or de son site officiel que le nouvel album de Giant Sand, "Chore of enchantment" sortirait fin août. Il précisait que ce serait la première fois qu’un de leurs disques aurait une sortie mondiale sur un seul label le même jour, et que, en toute honnêteté, c’était quelque chose qu’ils avaient voulu faire avant la fin du siècle. La précédente fois que Giant Sand avait signé avec une filiale de major, c’était avec Imago pour "Glum" en 1994. Malheureusement, le label avait été mis en faillite peu de temps après la sortie du disque. Là, c’est la qualité et le succès de "Slush", l’album d’OP8 enregistré avec Lisa Germano, qui avait ouvert à Howe les portes de V2.
Mais le 7 août, patatras. Howe annonce que V2 a décidé de ne plus rien avoir à faire avec Giant Sand. Son commentaire : "Difficile de dire si c’est un problème ou pas. Maintenant on ne le saura jamais". En tout cas, il enchaîne aussitôt en proposant de vendre à ceux qui fréquentent régulièrement le site les exemplaires promos du disque : si le groupe décide d’abandonner la sortie de l’album, il en restera une trace, et avec moins de 500 exemplaires ça en fera un collector
Ow Om, le label maison étant une petite structure, et Paypal n’existait pas encore ou ne s’était pas imposé. En tout cas, je me suis retrouvé au bureau de poste, à envoyer un mandat postal international à Tucson, le genre de truc qui coûte très cher et met très longtemps à arriver. La preuve : ce n’est que début octobre 99 que j’ai reçu mon exemplaire, dans sa petite boite transparente en plastique souple, sans pochette ni livret, faut pas trop en demander, mais avec une photo dédicacée (un clin d'œil au cliché pris par Will Oldham pour la pochette du "Spiderland" de Slint).
Le 1er novembre, après un mois d’écoute, je communiquais mes premières impressions sur le forum.
Ce que je ne savais pas à l’époque, c’est que l’album avait eu une longue gestation de dix-huit mois (mais seulement cinq semaines de studio sur cette période). Fin 1997, Howe avait quitté un moment la tournée européenne d’OP8 pour se rendre au chevet de son mentor et meilleur ami, le guitariste Rainer Ptacek. Après le décès de Rainer, Howe a connu une période de blocage créatif, très inhabituelle chez lui. Quand il a été prêt à enregistrer, avec John Parish à Tucson puis avec Jim Dickinson à Memphis, il s’est heurté au fait que les deux autres membres du groupe, Joey Burns et John Convertino, étaient de moins en moins disponibles, leur autre groupe Calexico ayant pris de l’importance dans l’intervalle. Ce qui explique qu’une bonne partie du disque a été complétée et mixée avec Kevin Salem à New-York, sans la section rythmique titulaire de Giant Sand.

Cet album est littéralement habité par l’ombre tutélaire de Rainer, à qui le disque est dédié. Du point de vue sonore, cela ne se traduit pas seulement par le titre qui clôt l’album, "Shrine", qui est littéralement un autel dédié à Rainer, avec un vrai bout de son jeu de guitare slide dedans. La trouvaille musicale qu’a trouvée Howe Gelb pour associer Rainer à son œuvre, ça a été d’utiliser des extraits d’une cassette de ses airs favoris d’opéra, retrouvée par sa femme après son décès. Le disque s’ouvre et se clôt avec certains de ces airs, mais l’utilisation la plus poignante qui en est faite, c’est sur "No reply", avec un air de "L’élisir d’amour" de Donizetti qui porte un titre approprié, "Une larme furtive", et qui est magistralement incorporé à la chanson, presque comme un instrument solo.

Globalement, le disque est surtout sur des tempos moyens et lents. Même "Dusted", le titre qui ouvre l'album, que j'avais découverte dans une version très électrique sur scène en avril 97, a ici un rythme très ralenti, une sorte de déhanchement porté par la basse. On est tout à fait dans la lignée de "Glum" et "Slush", et pas loin dans l’esprit du "Love sick" de Dylan sur "Time out of mind", avec de la production studio en plus. De la production, mais aussi de la spontanéité : la fontaine de l’Ardent Studio joue la pluie sur "Dirty from the rain" et le train de marchandises du soir de Tucson s’invite à la fin de "Way to end the day".
Pour changer de rythme, il n'y a guère ici que le groovy "Wolfy", la vignette "1972" et "Satellite", qui rappelle le Giant Sand rock de "Center of the universe" ou des débuts du groupe. Entre ces deux titres, il y a une séquence imparable avec "Shiver", "Dirty from the rain", "Astonished" No reply, des chansons poignantes, d'un très haut niveau de qualité. Il est extrêmement rare d'en trouver un aussi grand nombre réunies sur un seul album, d'autant qu'il y en a d'autres du même niveau ailleurs sur le disque, notamment "Raw", une véritable prouesse, un exercice d’équilibre avec un fil tendu sur lequel viennent taper les marteaux du piano.
La qualité musicale est impressionnante. Pour ne prendre qu'un exemple, il y a la fin de "Astonished": le solo de guitare auquel on pourrait s'attendre est réduit à quelques notes/arpèges d'autant plus efficaces.
Tout au long du disque, la pluie est omniprésente dans les paroles, qui sont au niveau de la performance musicale, particulièrement pour "Raw" (encore), "Astonished", "Shiver" ("Forget aging well like some treasured splendor… With words just so strong and a touch just so tender"), "No reply" et "Way to end the day".

Au bout du compte, avec le soutien des fans, exprimé suite à la diffusion de la version promo du disque, des amis musiciens et de plusieurs labels, Giant Sand a finalement pris la décision de sortir officiellement "Chore of Enchantment", qui sera diffusé au début de l’année 2000 par Thrill Jockey aux Etats-Unis et Loose en Europe.

22 octobre 2006

GERARD JACQUET & PASCAL COMELADE : Pop-songs del Rossello


Acquis par correspondance chez Trabucaire en France en 2002
Réf : 2-912966-39-6 -- Edité par Octave / Editions Trabucaire en France en 2000
Support : CD 12 cm
14 titres

Il est toujours amusant de constater que les sorties bien distribuées en France de Pascal Comelade sont toujours bien reçues dans la presse, avec plein d'étoiles et de croches et parfois des interviews, alors que les autres sorties en Espagne ou avec une distribution plus légère, même en mettant à part les disques sortis à quelques centaines d'exemplaires, tombent dans un trou noir médiatique. C'est ce qui s'est passé par exemple avec les albums récents "Espontex sinfonia", "La manera més salvatge" ou "La filosofia del plat combinat", ou avec les deux volumes de "Pop-songs del Rosselo" enregistrés avec Gérard Jacquet. Si j'étais mauvaise langue, je dirais qu'un grand nombre de journalistes professionnels ne s'intéresse à la musique de Comelade que quand elle leur parvient en service de presse...
Pour mon compte, quand j'ai découvert au cours d'une recherche sur le net que ce disques existait, je l'ai aussitôt commandé auprès de son éditeur (il est toujours disponible, avec un titre en écoute), et je n'ai pas regretté mon achat.
Ce n'est pas le seul disque de Comelade composé quasi-intégralement de musiques populaires catalanes. Avant, il y a eu le live "Un tal jazz", et depuis il y a eu "Musica pop". La différence ici, c'est que le disque est presque entièrement chanté par Gérard Jacquet (le remerciement à un membre de l'équipe du Festival des 3 Cultures donne à penser que ce répertoire a peut-être été travaillé à l'occasion d'une performance dans ce cadre).
On reconnait bien sûr tout au long du disque les arrangements et les instrumentations "à la Comelade", avec un surplus de guitare électrique qui est peut-être la patte de Gérard jacquet, bien qu'il n'y ait qu'un titre qui figure régulièrement au répertoire du Bel Canto Orquestra ("L'hereu riera", dont je préfère les versions lives publiées par ailleurs). Il y a aussi des titres comme "La matinada fresca" ou "La canço de les mentides" que j'ai l'impression d'avoir déjà entendus avec des paroles en français, ce qui ne me surprendrait pas du tout, vu qu'il s'agit de chanson populaires (en réécoutant, je me dis que c'est à une chanson de Brassens, un autre gars du sud de la France, que "La canço de les mentides" me fait penser...). Ces deux chansons au rythme enlevé font partie de mes préférées sur le disque, avec "El capella i la gallina" et "Qui és aquista morena ?" et "L'allioli".
Ce qui est pratique avec ce disque, pour les chroniqueurs pressés, c'est que le dernier titre, qui dure huit minutes, est en fait un résumé des treize titres précédents ! Mais attention, il ne s'agit pas d'un simple montage sonore, mais bel et bien d'un autre enregistrement de ces titres en medley, avec d'autres arrangements !

21 octobre 2006

XTC : This is pop


Offert par Dorian F. à Villedommange le 10 mai 2006
Réf : 2097 951 -- Edité par Virgin en France en 1978
Support : 45 tours 17 cm
Titres : This is pop -/- Heatwave

J'ai à peu près tous les disques sortis par XTC entre 1977 et 1983, mais il me manquait celui-là, gentiment offert par Dorian F. qui l'a récupéré dans un lot issu de la collection d'une discothèque rémoise (d'où le tampon "Echantillon gratuit - Vente interdite" au dos). Je n'avais jamais mis ce disque dans mes priorités d'achat car, bien que les deux faces ne soient disponibles sur aucun album original, je les ai très vite eues à ma disposition sur la cassette "Eighties goldies", sortie uniquement en France, que j'ai achetée à sa sortie en 1980.
A l'époque, Virgin était distribué en France par Polydor, qui visiblement avait pris la mauvaise habitude de modifier les pochettes des disques. C'est ce qui est arrivé avec ce 45 tours. L'illustration de la pochette originale anglaise (ci-dessous) était assez travaillée. En France, elle s'est retrouvée au dos, et au recto on a droit à de la typo bien grasse et à une photo anodine du groupe. Pour "Go 2", l'album qui allait suivre six mois plus tard, ce fut encore pire car la France fut le seul pays à ne pas traduire la pochette hyper-conceptuelle de l'album, et à la remplacer par une photo en gros plan de deux membres boutonneux d'XTC, qui se trouvait à l'origine sur l'insert à l'intérieur du disque !
C'est la deuxième version publiée de "This is pop". La première était sur l'album "White music". Le label pensait que ça pouvait faire un tube et a envoyé le groupe en studio pour en enregistrer une version plus punchy avec le producteur Robert Mutt Lange, que je connais surtout comme producteur d'AC/DC, qui en a pas mal fait baver au groupe, d'après ce qu'Andy Partridge en raconte. Andy Partridge imagine une chanson pour le Moloko Milk Bar d'"Orange mécanique : "What do you call that noise that you put on ? This is pop". En traversant la Manche, le single a perdu le "?" qui avait été ajouté après le titre. Pour Partridge, un groupe pop est un groupe populaire, donc qui vend des disques. XTC aura dû attendre "Making plans for Nigel", composé par Colin Moulding, pour devenir un groupe pop répondant à cette définition.
Début 78, XTC était un jeune groupe en plein bouillonnement créatif. Les faces A de ses singles étaient signées Andy Partridge, et les faces B souvent Colin Moulding, comme ce superbe "Heatwave", qui ne fait pas référence au réchauffement climatique, ce n'était pas d'actualité à l'époque, mais à l'attrait de la machine à bronzer. Trois ou quatre ans plus tard, une chanson de cette qualité aurait figuré sur un album d'XTC ou une face A de single, elle n'aurait pas été reléguée sur la face B d'un 45 tours.

20 octobre 2006

THE WHITE STRIPES : Hotel Yorba


Offert par Philippe R. dans la Marne à Noël 2001
Réf : 7243 5461052 3 -- Edité par XL en Union Européenne en 2001
Support : CD 12 cm
Titres : Hotel Yorba – Rated X (Live at the Hotel Yorba) – Hotel Yorba (Live at the Hotel Yorba)

J’avais entendu parler des White Stripes dans la presse, mais je n’avais jamais entendu un seul titre d’eux avant de recevoir ce maxi en cadeau de Noël, et pourtant le groupe en était alors à sortir son troisième album, "White blood cells".
Un très bon choix que de m’offrir ce disque en cadeau puisqu’il s’avère que c’est l’un de mes préférés des White Stripes, ceci pour une raison toute simple : je ne suis pas un vrai amateur de gros rock-blues électrique, et chez les White Stripes j’ai tendance à préférer les ballades ou les titres à dominante acoustique. Je suis donc gâté avec ce disque, puisque la face A, "Hotel Yorba", extraite de l’album, est une chanson très entraînante emmenée par une guitare acoustique. Le chant et les paroles fonctionnent très bien.
L’Hôtel Yorba existe vraiment, à Detroit, la ville de Meg et Jack White. C’est d’ailleurs devant l’hôtel qu’ils sont pris en photo sur la pochette, habillés tout en rouge, les pieds dans la neige blanche, et c’est dans la chambre 286 de l’hôtel lui-même que les deux faces B ont été enregistrées "live" par Brendan Benson ! Jack est à la guitare acoustique et au chant, Meg tape sur un carton, joue du tambourin et fait les chœurs. C’est super, et j’aurais vraiment aimé assister à cet enregistrement, ou à un concert acoustique du duo avant qu’ils ne remplissent les Zénith et autres grandes salles…
"Rated X" est une très bonne reprise de Loretta Lynn, une excellente chanson sur la mauvaise réputation faite aux femmes divorcées et les cancans qu’elles peuvent susciter, qui j’imagine doit dater des années 60 ou du début des années 70. C’est sûrement à la suite de cette reprise que Jack White s’est retrouvé quelques années plus tard à produire l’album "Van Lear Rose" de Loretta Lynn, un disque que je vous recommande chaudement. Rétrospectivement, sachant que Jack et Meg sont divorcés, cette chanson prend un relief particulier, surtout que la chanson se termine par Jack qui dit "Laisse-les causer, Meg".
Si la seconde version de "Hotel Yorba" prouve une chose, c’est que les White Stripes auraient pu faire des économies de studio pour "White blood cells" : cette musique de chambre vaut largement la version studio, je préfère les chœurs de Meg à ceux de la version de l’album, et j’adore cette ambiance tambourin, dans l’esprit de l’album "Beach Boys Party !" ou de certains disques de Jonathan Richman.

15 octobre 2006

HERMAN DÜNE : Between the little houses


Acquis à la Petite Boutique Primitive à Reims vers 2001
Réf : PRO 017 & ATM20010 -- Edité par Prohibited & Atmosphériques en France en 2000 -- For promotional use only / Not for sale
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Shakespeare & North Hoyne -/- I do the crabwalk

C'est Le Vieux Thorax qui le premier m'a fait écouter Herman Düne, en me disant tout le bien qu'il pensait du premier album, "Turn off the light". J'avais entendu parler de ce groupe dans la presse, mais je ne les associais pas du tout à la France à l'époque.
J'avais l'album en copie quelque part et un jour j'ai raté de peu le EP "15 trapped in a fire" dans une FNAC, mais quand je suis tombé dessus, je n'ai pas laissé passer ce 45 tours tout orange, édité à l'intention du marché anglais selon Prohibited.
Il m'intéressait d'autant plus que "Shakespeare & North Hoyne" est l'une de mes chansons préférées de "Turn off the light". A la veille de la sortie du très attendu "Giant", leur septième album, c'est impressionnant de voir comme le groupe avait déjà bien mûri sa personnalité et son son dès le premier disque : David-Ivar chante déjà très bien, la guitare slide ou lap steel est superbe, et il y a même des choeurs.
"I do the crabwalk" n'est pas mal non plus, mais elle vaut surtout pour sa piste de guitare électrique, à mon goût.

14 octobre 2006

TOM LUCY : Paris, France


Acquis au Record & Tape Exchange de Notting Hill gate à Londres vers 1984
Réf : BHS 15 -- Edité par Bridgehouse en Angleterre en 1982
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Paris, France -/- Man found dead in graveyard

Lorsque je suis tombé sur ce disque dans les bacs à 10 pence du sous-sol de Record & Tape Exchange, j'ai d'abord reconnu le logo du label, le même que celui des disques de Wasted Youth. ensuite, j'ai reconnu les titres des chansons : il y a les deux mêmes sur l'album posthume de Wasted Youth, "The beginning of the end". Sans surprise, j'ai aussi reconnu le nom du compositeur crédité pour les deux titres, "K. Scott", un membre de Wasted Youth. Tom Lucy, par contre, je n'avais jamais entendu parler de lui !
J'ai pensé qu'il s'agissait d'un coup de la maison de disques, qui avait fait reprendre par un autre artiste deux titres de son catalogue, mais j'ai quand même été très surpris de me rendre compte, en les comparant, que les versions de ce 45 tours étaient absolument identiques à celles de l'album de Wasted Youth !!
Je me suis longtemps interrogé au sujet de cette énigme mais, n'ayant aucun élément pour la résoudre, j'ai fini par simplement ranger ce disque, mais en le classant avec ceux de Wasted Youth bien sûr.
Wasted Youth est en fait un groupe très moyen. Il y a eu de très bon titres parus en singles, mais le premier album était très décevant, et il a été suivi d'un live désastreux, puis le fameux album posthume très superflu.
Dans le lot, ces deux chansons ne sont pas les plus mauvaises.
"Paris, France" est un titre rapide, avec un riff de guitare électrique renforcé par une ligne de synthé. Ca a un côté Stranglers des débuts, et les paroles parlent effectivement de "Stupid French boys" qui prétendent être des gigolos à Pariset ne sont que des "bored little French boys, ooh la la dear".
"Un homme trouvé mort dans un cimetière", c'est un titre de chanson bien trouvé, qui aurait sa place dans les "Perles de la presse" du Canard Enchaîné. la chanson, elle, rejoint la longue ligne des repompages éhontés du Velvet Underground ("Sister Ray"): tout y est, la musique, l'élocution duc hanteur, et les paroles ("Little Suzie was a dancer although she got no legs at all"... "Just like her daddy would"). Du coup, ça en vient à sonner comme un sous-"Roadrunner", une chanson elle-même déjà dérivée de "Sister Ray". Il n'y a que le petit break "I can dream if I want to once in a while" qui sort de la parodie.

Lorsque j'ai fait un billet sur Wasted Youth à la fin de l'an dernier, j'ai découvert le site de Bridgehouse Records, un label lié en fait à un pub de l'est de Londres, qui accueillait de nombreux concerts. Je me suis rendu compte qu'il manquait dans leur discographie ce single si mystérieux de Tom Lucy.
Le patron du label m'a envoyé une réponse assez cryptique : Tom Lucy un parent d'un des membres de Wasted Youth; C'est maintenant un cascadeur reconnu, mais je nepeux pas en dire plus. Le disque est très rare, et moi qui suis propriétaire du label, je n'en ai même pas un exemplaire. Je crois qu'il y en a eu très peu de pressés.

Je n'ai pas été le seul à les interroger sur ce disque, et ils ont enfin fini par l'intégrer dans leur discographie complète sur le site, avec le même type de message mystérieux. Finalement, après plusieurs mois et après avoir obtenu l'autorisation de Tom Lucy et de sa famille, ils viennent enfin de donner le fin mot de l'histoire.
Il n'y avait pourtant pas de quoi en faire un plat. C'est juste que le groupe pensait que sa réputaiton et son nom (Jeunesse gâchée ou Jeune ravagé par la drogue) les avait fait mettre sur une liste noire des radios (seul John Peel les passait régulièrement). Ils ont donc sorti ce single "anonyme" sous le nom d'un cousin germain du bassiste, qui suivait le groupe de près. Le disque est effectivement passé en radio plus que ceux de Wasted Youth, mais le groupe a "refusé de céder aux pressions du business en changeant de nom et de style" !
En tout cas, Bridgehouse considère bien ce disque désormais comme un disque de Wasted Youth, puisqu'il figure sur "Memorialize", la rétrospective des singles du groupe qui est sortie récemment.

09 octobre 2006

FIVE OR SIX : Another reason


Acquis d'occasion à Londres vers 1984
Réf : Cherry 19 -- Edité par Cherry Red en Angleterre en 1981
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Another reason -/- The trial

Lorsque j'ai accueilli Felt à Reims le 21 juin 1986 pour leur premier concert français, le groupe n'était accompagné que d'une seule personne, un certain Dave Harper, qui conduisait la fourgonnette. Oh, pas de gros mot, il s'agit de Felt et Felt a de la classe. Dave n'était ni roadie, loin de là, ni tour manager (d'ailleurs, c'était un concert isolé, pas une tournée). Non, Dave, avec son look très smart, en chemise blanche, conduisait le fourgon et accompagnait le groupe.
J'étais bien occupé ce week-end là, ce qui explique qu'il m'a fallu quelques heures avant de tilter et de poser la question évidente à Dave : était-il le David Harper qui jouait dans Five Or Six, le groupe du label Cherry Red ? Eh oui, c'était bien lui ! J'ai pu lui dire que j'avais quasiment l'intégrale des disques de son groupe, mais, entre sa retenue toute britannique et le manque de temps, je ne crois pas me souvenir qu'on ait pu discuter plus en détails de son groupe.
J'ai eu l'occasion de rencontrer Dave plusieurs fois par la suite à Londres, C'était une personnalité importante de la scène locale car il était l'attaché de presse de Factory Records et d'autres labels à Londres. Il avait son bureau au 83 Clerkenwell Rd à Londres, l'immeuble très rock de la City qui pendant un temps hébergait aussi les labels Creation et Heavenly.
Five Or Six a fait une carrière très modeste (un ou deux albums et trois ou quatre singles, selon les sources), mais sur un label en vue, Cherry Red, et il est quand même très surprenant que ce groupe soit complètement tombé dans l'oubli. A part les références de deux ou trois titres sur des compilations Cherry Red, dont "Portrait" sur "Pillows and prayers", une recherche sur le net ne vous apprendra quasiment rien sur eux. En tout cas, ils devaient être fans de nombres, car certains membres de Five Or Six avaient fait partie au préalable d'un groupe punk appelé Two Against Two (et un autre venait de The Fast Set).
"Another reason" est leur premier single. C'est sûrement le titre d'eux que j'ai écouté le plus : ligne de basse paresseuse, boite à rythmes à la Enola Gay, comme le précise une annonce d'eBay, voix désincarnée typique de l'époque, petite ligne de piano, cette chanson est une des réussites de la new wave.
Il s'était écoulé une quinzaine d'années quand Death in Vegas a sorti son single "Dirge", extrait de l'album "Contino sessions", un disque que j'ai et que j'aime bien, mais quand même, j'aurais dû pister à l'écoute de "Dirge" le sample de Five Or Six qu'il contient : cet échantillon constitue la colonne vertébrale de la chanson ! Et non, il a fallu que Les Huiles Merrol me mette sur la piste dans un commentaire sur Blogonzeureux! pour que je m'en rende enfin compte ! A ma décharge, il faut dire que et l'album et le single de Death in Vegas annoncent crânement que "Dirge" est composé par Tim Holmes et Richard Fearless, les deux membres du groupe, sans aucune référence au sample de Five Or Six. Les choses ont été corrigées depuis, puisque les membres de Five Or Six sont bien crédités sur les sites de vente en téléchargement de la chanson.
Comme "Portrait" sur "Pillows and prayers", la face B est produite par Kevin Coyne. Malheureusement, c'est un espéce de truc informe auquel je n'ai jamais trouvé beaucoup d'intérêt.

08 octobre 2006

FELT : Penelope Tree


Acquis probablement dans un Record & Tape Exchange à Londres fin 1983
Réf : 12 CHERRY 59 -- Edité par Cherry Red en Angleterre en 1983
Support : 45 tours 30 cm
Titres : Penelope Treee -/- A preacher in new England -- Now Summer's spread its wings again

Après m'être délecté avec "My face is on fire" sur "Pillows and prayers", ce maxi est le premier disque de Felt en tant que tel que j'ai acheté, d'occasion, peu de temps après mon arrivée à Londres. J'aurais parié l'avoir trouvé dans un Record & Tape Exchange, mais je doute car il n'y a aucune trace d'étiquette, alors que leurs étiquettes sont traditionnellement indétachables, à l'exception des collectors.
En tout cas, ce fut une bonne pioche, car "Penelope Tree" est l'une de mes chansons préférées des débuts de Felt, avec "My face is on fire" justement. Ce n'est sûrement pas un hasard si ces deux chansons qui me plaisent beaucoup ont été enregistrées en trio, sans le guitariste virtuose Maurice Deebank, qui apparemment était membre du groupe de façon intermittente à l'époque.
Penelope Tree est un mannequin célèbre des années 60. Je crois que c'est elle qui est en photo sur la pochette, une des moins réussies de Felt à mon goût.
Les paroles sont bien, par contre, et Lawrence a dû les trouver à son goût également, puisqu'il en a par la suite utilisé deux extraits pour intituler une chanson, "Sunlight bathed the golden glow", et un album compilation, "Gold mine trash".
Musicalement, on est dans l'esprit de "My face is on fire" : une chanson au rythme rapide, une ligne de basse minimale, une batterie sans cymbales où les toms-toms dominent. Il n'y a que la guitare qui change un peu. C'est toujours le jeu basique de Lawrence, que j'apprécie et préfère à celui de Deebank, qui a tendance à vouloir jouer trop de notes à la fois à mon goût, mais là le son avec beaucoup d'écho cherche visiblement à reproduire celui de Deebank.
Sur la face B, Maurice Deebank réapparait brusquement, et en solo s'il vous plait, pour deux instrumentaux qui nous font la bonne grâce de ne pas durer trop longtemps.
J'aime bien "A preacher in New England", qui a une certaine dynamique et qui aurait eu tout à fait sa place sur "Crumbling the antiseptic beauty", le premier mini-album de Felt, et j'aime un peu moins "Now Summer's spread its wings again". On retrouvera d'ailleurs ces deux titres dans une nouvelle version, sous le seul intitulé de "A preacher in New England", sur le second mini-album de Felt, "The splendour of fear".

04 octobre 2006

ETE 67 : EP


Acquis chez Easy Cash à Cormontreuil le 30 septembre 2006
Réf : BC0432 -- Edité par Black Coffee & Team For Action en Belgique en 2005
Support : CD 12 cm
Titres : Quartier de la gare – Sens unique – Suite d’accords – Générique 67

En route pour un concert du Pauline Easy Project, je me suis arrêté chez Easy Cash. Une page s’est tournée depuis ma précédente visite il y a trois mois : c’est fini, il n’y a plus un disque vinyle en vente dans ce magasin. Mais les bonnes affaires en vinyle sont remplacées par celles en CD, un support en déclin à son tour : j’ai acheté quatre CDs (un album et trois maxis) pour 3,50 €, dont celui-ci.
Le nom du groupe et la pochette, avec cette fille en bikini devant un poster paysager ringard typiquement années 70, m’ont tout de suite accroché, mais je n’avais pas encore tout à fait décidé d’acheter ce disque quand j’ai lu au dos la mention «© Team For Action». Team For Action, c’est une mention que j’ai eue l’occasion de voir au préalable sur les meilleurs disques de Sttellla, une carte de visite des plus recommandables qui a achevé de me décider !
Avec un nom de groupe pareil, je m’attendais musicalement à des références aux sixties, même si le côté décalé de la pochette m’assurait que ce ne serait pas du pur revival. En fait, rien de psychédélique ou de rétro là-dedans, Eté 67 fait de la chanson-pop française belge qui ne perd pas son temps en chemin (4 titres en 11’12’’).
Pour «Le quartier de la gare», le point de référence le plus évident serait Louise Attaque, tant du point de vue de la musique, que des paroles ou de la diction, mais malheureusement la voix n’a pas encore autant de personnalité et d’originalité que celle de Gaëtan Roussel. Les deux titres suivants, dans un style proche, se tiennent tout à fait bien, mais j’ai un petit faible pour le quasi-instrumental «Générique 67», son ambiance caribéenne et ses petits côtés easy listening, qui me rappelle un peu Oui Oui.
Le premier album d’Eté 67 est sorti en début d’année 2006 en Belgique. «Café de la gare» y figure. Apparemment, le groupe va bientôt tourner en France pour accompagner la sortie de son disque chez nous.

01 octobre 2006

BILL DRUMMOND : The king of joy


Offert par Creation Records à Londres en 1987
Réf : CRE 039T -- Edité par Creation en Angleterre en 1987 -- White label
Support : 45 tours 30 cm
Titres : I'm the king of joy -- I want that girl (version) -/- The manager

J'ai eu le plaisir d'être présenté à Bill Drummond dans les bureaux de Creation à l'automne 86. Je lui ai serré la main (ça vous pose toujours comme français quand votre premier réflexe quand on vous présente quelqu'un en Angleterre est de tendre la main) et j'ai eu l'impression d'avoir rencontré un véritable gentleman.
Il s'apprêtait, à 33 ans 1/3, à sortir un album solo sur Creation, "The man", enregistré live en studio avec notamment la majeure partie des Triffids. C'est un disque de country pop très réussi, un de mes albums préférés parmi tous ceux publiés par Creation, et un de mes disques country favoris avec le "Jonathan goes coutry" de Jonathan Richman. A 45 ans, Bill Drummond a publié un livre autobiographique, que je n'ai pas encore lu (je viens de le commander). Je me demande bien ce qu'il fera pour ses 78 ans...
Quelques mois après la sortie de l'album, ce single en a été extrait. "I'm the king of joy" porte très bien son titre : c'est un gospel entrainant, rythmé par une guitare sèche et illuminé par de l'orgue Hammond et une ligne de trompette qui fait un peu penser aux cuivres de Teardrop Explodes (dont Drummond fut le manager).
La trompette et l'orgue sont également très présents sur la version instrumentale de "I want that girl" qui est proposée ensuite.
Quant à la face B, c'est un des premiers grands coups de Bill Drummond, avant The Timelords, The Justified Ancients of Mu Mu, The KLF, The K Foundation et tous les autres : un monologue de dix minutes au cours duquel il se lamente sur l'état du show businees, avant de proposer ses services, avec succès garanti bien sûr, contre un chèque de £ 100. Au lieu de la face A, très pop, c'est bien sûr ce titre qui a donné lieu à un "vidéo clip" réalisé par Bill Butt et envoyé à toute la presse britannique (Et comme on vit une époque formidable, on peut voir ce clip ici.
A l'époque de la sortie de ce maxi, Creation a décliné la possibilité de sortir "What time is love ?", le premier single de The Justified Ancients of Mu Mu. Pour une fois, Creation a laissé passé un bon coup, qui a mené ensuite au succès de The KLF. Avant même la sortie du disque, le groupe avait entamé une campagne de promotion en piratant des panneaux de pub 4 par 3 pour y inscrire son slogan, "Shag ! Shag ! Shag !" ("Baisez ! Baisez ! Baisez !"), ceci à une époque où le NME n'imprimait même pas "Fuck" en entier !

Avis de recherche : J'ai entendu sur une cassette une portion d'une session radio "Spéciale Elvis" enregistrée par Bill Drummond au moment de la sortie de "The man", avec les mêmes musiciens. Il y jouait notamment "Wild in the country" et "Are you lonesome tonight ?". Si jamais quelqu'un dispose d'un enregistrement de cette session, je suis preneur !

La pochette du disque commercialisé :


LinkWithin

Linkwithin