26 novembre 2006

ALAIN BASHUNG : Live tour 85


Acquis probablement à La Clé de Sol à Reims en 1985
Réf : 824 872-1 -- Edité par Philips en France en 1985
Support : 33 tours 30 cm
8 titres

Je ne me souviens plus du tout pourquoi on avait monté toute cette opération. Après tout, ce concert de Bashung le 18 avril 1985 à la Maison de la Culture André Malraux de Reims était un simple concert isolé, ce n'était même pas dans le cadre d'un festival. En tout cas, ce soir-là Reims Radio FM était en direct du concert de Bashung, ou plutôt, pour être précis, intervenait en direct d'à côté du concert : j'avais dû bénéficier d'une place gratuite pour l'occasion et, avec quelques compères de la radio, j'ai fait trois ou quatre fois l'aller-retour entre le fin fond de la grande salle de la Maison de la Culture et le Centre Culturel Saint-Exupéry, situé à une cinquantaine de mètres, pour rendre compte à l'antenne de l'ambiance du concert ! Il est possible qu'on ait piraté quelques extraits de la performance de Bashung pour les diffuser en léger différé, mais ce n'est même pas sûr. En tout cas, on ne diffusait pas le concert en direct, et je ne crois pas que quelqu'un de la radio ait fait une interview du Grand Homme pour l'occasion.
Pour ma part, j'occupais bien l'antenne ce soir-là car, comme c'était un jeudi, j'avais enregistré au préalable le 25ème numéro de mon émission culino-musicale Buffet Froid, qui a été diffusé dans la soirée, avec Julian Cope en plat de résistance. Le lendemain,je préparais un reportage sur le concert, diffusé le dimanche suivant dans le Nouveau Panorama, notre grand magazine d'informations du dimanche.
Vous l'avez peut-être compris, ce premier album live de Bashung a été en partie enregistré à Reims ce soir-là, et aussi à Clichy et Rueil-Malmaison.

On ne fait pas que des bonnes affaires en se précipitant pour acheter un disque dès sa sortie. Un de mes souvenirs les plus cuisants, c'est d'avoir acheté fin 1979 le tout premier pressage français de "London calling" de Clash, le seul au monde je pense à ne pas contenir le titre bonus "Train in vain" !
Pour ce "Live tour 85" c'est un peu pareil. Bashung souhaitait dès le départ sortir un double album, mais Philips a refusé pour des questions budgétaires. Ce simple est donc sorti, et quelques mois plus tard, surprise, il reparait, avec une superbe pochette en noir et blanc et surtout un deuxième disque live et la reprise de "Hey Joe" en studio ! Ce simple est donc plus ou moins un collector, mais un collector avec de la musique en moins est sans intérêt pour moi !

Musicalement, le disque commence très bien, avec un Bashung new wave au possible : le disque, comme le concert je crois, commence par "Imbécile", un de mes titres préférés du gars, dont je connais toujours les paroles par coeur, et on enchaîne ensuite sur une bonne version de "Martine boude", une des réussites de l'album "Play blessures". Après, on tombe dans les défauts habituels des albums live, avec des versions de tubes ou de titres anciens qui n'apportent rien aux versions originales. Et au moment où, à l'écoute, je me dis que "Bijou bijou" est une exception, une chanson qui fonctionne bien quel que soit le contexte, Bashung entonne après le refrain un "A la basse, François Delage" qui casse tout !

24 novembre 2006

BESERKLEY CHARTBUSTERS VOLUME 1



Acquis chez Assaut à Châlons-sur-Marne vers 1981 & au Record & Tape Exchange de Notting Hill Gate vers la fin des années 1980
Réf : BZZ 401 011 (BSERK 6) & UAS 29858 -- Edité par Beserkley en France en 1977 & par United Artists en Angleterre en 1975
Support : 33 tours 30 cm
11 titres

Les magasins Assaut (il y en avait au moins deux dans la Marne, un à Reims et un à Châlons, mais c'était peut-être une chaîne nationale puisqu'il en subsiste un de nos jours à Guipavas, en Bretagne), c'était exactement ce que sont les magasins Noz aujourd'hui, des endroits où on trouve des déstockages, des fins de séries, des stocks rachetés suite à des faillites.
Le distributeur français du label Beserkley, Sofrason, a dû faire faillite à la fin des années 1970, c'est pourquoi on a trouvé un temps chez Assaut, à 10 francs l'album, la majeure partie du catalogue du label Californien édité en France : Earth Quake, les Rubinoos, Sean Tyla, et surtout les trois premiers albums studio de Jonathan Richman & The Modern Lovers.
A cette époque, je comptais strictement l'argent de mes disques, et je ne connaissais pas bien la musique de Jonathan Richman, ce qui explique pourquoi, au lieu de m'emparer de l'album "Jonathan Richman" de 1976, du "Rock'n'roll with the Modern Lovers" de 1977 ou de "Back in your life" (1979), j'ai choisi de façon assez prudente cette compilation d'artistes Beserkley, onze chansons de quatre groupes, dont quatre de Jonathan Richman. J'aurais pu faire un plus mauvais choix ce jour-là, par exemple prendre un album de Earth Quake ou le "Yachtless" de Sean Tyla, mais de toutes façons, quand j'ai commencé à avoir des regrets de ne pas avoir pris les Jonathan Richman, il était trop tard : le magasin Assaut avait brûlé quelques semaines après ma visite !
Quelques années plus tard, je suis tombé au Record & Tape Exchange sur un exemplaire de ce même "Beserkley chartbusters volume 1" (il n'y a jamais eu de volume 2), qui avait été baissé de deux livres à trente pence faute de trouver preneur, comme c'est la règle dans ce magasin. Je m'en suis emparé, pour avoir une copie de sauvegarde du disque, bien sûr, mais surtout parce que cette édition anglaise sortie la même année que l'originale américaine, 1975, avait une pochette différente.

Il y a quelques bons titres sur ce disque, dont la reprise énergique de "Friday on my mind" et "Mr. Security" par Earth Quake et le très Nick Lowien "All the right reasons" de Greg Kihn (avec Jonathan Richman qui s'invite à la fin en deuxième voix pour des "No no no"), mais il n'y a qu'une seule vraie raison pour qu'on parle encore de ce disque plus de trente ans après sa sortie : on y trouve les quatre premiers enregistrements jamais publiés par Jonathan Richman (Ce n'est pas par erreur que je ne mentionne pas les Modern Lovers : ils ne sont pas crédités sur ce disque. Jonathan y est accompagné par Earth Quake et les Rubinoos pour deux titres chacun).
Et quels premiers pas discographiques ! Ça commence par "The new teller", avec Jonathan en amoureux transi (voir la traduction des paroles ci-dessous). Il y a des claquements de mains, des choeurs, un solo de guitare plein d'enthousiasme adolescent, et c'est bouclé en à peine deux minutes, soit le temps qu'il faudra à Elvis Costello quelques temps plus tard pour nous compter une autre aventure de ces Roméo et Juliette modernes (sur "Mystery dance", Roméo et Juliette essaient de passer à l'acte mais sont bien dépourvus car ils ne savent pas comment s'y prendre).
Ensuite, on enchaîne sur la première version officiellement publiée du classique "Roadrunner" (une version enregistrée quelques années plus tôt avec John Cale paraitra l'année suivante sur l'album "The Modern Lovers" ; Les deux titres figurent sur les deux faces d'un single sorti en 1977, mais c'est la version "Chartbusters" qui est en face A). Sans l'orgue de Jerry Harrison, "Roadrunner" s'éloigne un peu de son modèle "Sister Ray", mais la guitare électrique, les tom-toms de batterie et les choeurs en font une version enthousiasmante.
Le troisième titre de Jonathan Richman, "Government center", date aussi du répertoire des premiers Modern Lovers (une version sera ajoutée en bonus aux rééditions CD de "The Modern Lovers"). On est encore dans la bonne humeur, avec cette histoire d'un Jonathan qui entreprend de mettre de l'ambiance dans la cité administrative de Boston "to make the secretaries feel better when they put the stamps on the letter".
Le quatrième et dernier titre de Jonathan Richman figurant sur cette compilation est une reprise d'un titre doo-wop des Showmen, "It will stand". La légende veut que Jonathan se soit intéressé à cette chanson après que Kim Fowley lui ait indiqué que son idole Iggy Pop l'adorait. En tout cas, cet hymne au rcok'n'roll semble avoir été écrit sur mesure pour lui.

La nouvelle guichetière (Jonathan Richman, 1975)

Tout le monde dans la file à la banque
Sait que j'en pince pour la nouvelle guichetière
C'est tellement clair, je pourrais aussi bien lui dire
Elle lève les yeux vers moi et elle le sait très bien

Et tous les gens dans les files à côté
Ils sourient de ma façon de rougir
Je les laisse me passer, je ne suis pas pressé
J'en pince pour la nouvelle guichetière
Elle lève les yeux vers moi et elle le sait

Ils ne sont que trois dans les autres files
Et si je compte bien la mienne atteint les dix-huit
Pas de problème, je suis au paradis
J'en pince pour la nouvelle guichetière
Elle lève les yeux vers moi et elle le sait

23 novembre 2006

A HOUSE : I am the greatest


Acquis par correspondance via Amazon aux Etats-Unis en novembre 2006
Réf : RARD-10600 -- Edité par Radioactive aux Etats-Unis en 1992
Support : CD 12 cm
13 titres

L'autre samedi, en rentrant de chez ma maman, je me suis éclaté dans la voiture en écoutant une vieille cassette. Il n'y a plus guère que dans la voiture que j'écoute des cassettes. Sur celle-ci, deux disques prêtés par Laurent T. il y a une dizaine d'années, avec dessus "Ruby vroom" de Soul Coughing, un disque qui sera toujours associé pour moi à leur concert des Transmusicales en 1994, et pour compléter la cassette une sélection de mes titres préférés de l'album "I am the greatest" d'A House, un groupe irlandais qui a fait cinq albums en moins de dix ans et a connu un certain succès, mais pas en France où ils ont été très discets.
Je trouve que l'enchaînement des trois premiers titres du disque, "I don't care", "You're too young" et "Endless art" est imparable, et je l'avais conservé comme tel sur la cassette.
J'ai trouvé ça tellement bon qu'en rentrant chez moi j'ai vérifié que je n'avais pas acheté ce disque entre-temps (j'avais juste un maxi CD avec deux des titres de l'album), et je me suis mis en quête pour le trouver sur le net.
J'ai fini par porter mon choix sur cette édition américaine, parce qu'elle n'était pas chère (genre 54 centimes et 10 fois plus de port), et surtout parce que la pochette avec l'illustration en gros plan me plaisait beaucoup plus que la pochette originale chez Setanta (voir ci-dessous). Je me suis quand même méfié, et j'ai essayé de vérifier avant d'acheter que cette édition américaine n'avait pas fait l'objet d'un remix sauvage en traversant l'atlantique...
Huit jours plus tard je reçois le disque, tout est parfait, sauf que je me rends compte très vite que les américains ont sucré trois chansons de l'album original, dont deux quand même ("Cotton pickers" et "Live life dead die") figuraient parmi les sept que j'avais mises sur la cassette !
Dommage, car le reste du disque, à commencer par la séquence d'introduction, est intact et en grande partie excellent. Musicalement, le violon fait parfois penser au Velvet Underground, et la patte du producteur Edwyn Collins se fait entendre, notamment dans le son de guitare, proche de celui du "Johnny Thunders" de Vic Goddard, également produit par Edwyn Collins.
Tout ça est bien beau, mais il est hors de question de rester sur cet échec, et si vous voyez passer un exemplaire pas cher de l'édition originale de "I am the greatest", je suis preneur !

22 novembre 2006

FELT : The splendour of fear


Acquis neuf à Londres début 1984
Réf : M RED 57 -- Edité par Cherry Red en Angleterre en 1984
Support : 33 tours 30 cm
6 titres

C'est le premier disque de Felt que j'ai acheté au moment de sa sortie. Il faut dire que j'avais été "sensibilisé" par "My face is on fire" et "Penelope Tree", et puis ce mini-album n'était pas très cher. J'avais dû être influencé aussi par une chronique du single "Mexican bandits", le premier de Felt à être extrait d'un de leurs albums, qui faisait référence au "Seventeen seconds" de Cure.
Pourtant, c'est un album que j'ai relativement peu écouté. L'ambiance générale est presque gothique, avec plein d'écho, et on est très loin des réussites pop que sont "My face is on fire" et "Penelope tree". Il n'y a que deux titres chantés, dont l'un dure plus de huit minutes.
La comparaison avec Cure pour "Mexican indians" et "Red indians" ne pouvait que paresseusement alluder aux courts intrumentaux "A reflection" et "The final sound" qui ouvrent les deux faces de "Seventeen seconds". Mais s'il avait fallu trouver des points de comparaisons avec le groupe de Robert Smith, on aurait pu pointer "Faith" et sa chambre d'écho funéraire ("The stagnant pool") ou "Pornography" et ses percussions (pas de cymbales ici, comme sur le mini-album précédent, "Crumbling the antiseptic beauty"). Les peaux-rouges de "Red indians" (déjà sortie dans une première version en 1981 en face B de "Something sends me to sleep") et les bandits mexicains font bien sûr penser à des westerns, spaghetti ou non, pourtant on est très loin ici de Morricone ou même de Calexico.
J'aime décidément mieux Felt en version pop ramassée qu'en longues dentelles de guitare concoctées par Maurice Deebank, mais ses morcaux de bravoure ici ("The stagnant pool" et une nouvelle version de "A preacher in New England", précédemment paru en face B de "Penelope Tree", qui englobe ici l'autre face B du maxi, "Now Summer's spread its wings again") passent très bien la rampe. Par contre, sur l'autre bon et long instrumental, "The optimist and the poet", les crédits sont très clairs : Maurice Deebank n'officie pas, et seul Lawrence est à la guitare.
S'il n'y a qu'un titre à retenir de ce disque, et en tout cas à mon sens c'est le seul extrait de "The splendour of fear" qui devrait immanquablement figurer sur toute rétrospective de Felt, c'est "The world is as soft as lace". Là, pour une fois, la guitare solo de Deebank se marie parfaitement au propos de la chanson, le souligne et le renforce, alors que Lawrence entonne d'une voix sans illusion, "If I could I would change the world But you know my visions they're absurd And all my great plans get blurred (...) If I knew all about this world Do you think I'd stay here that's absurd I'd be the brightest star you heard We'd be the softest lace on earth".
Des choeurs sublimes, non crédités (je n'arrive pas à déterminer s'ils sont féminins ou masculins), sont utilisés sur ce morceau. Je pense que c'était la première fois pour Felt, et cela annonce peut-être, en quelque sorte, la réussite parfaite que serait "Primitive painters" l'année d'après.

21 novembre 2006

SUBSONIC 2 : Addicted to music


Acquis dans l'un des Record & Tape Exchange de Londres en 1991 ou 1992
Réf : 65740 7 -- Edité par Unity / Columbia en Angleterre en 1991
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Addicted to music (The Incognito brass mix) -/- Addicted to music (The original seven inch edit)

L'an dernier, quand je réfléchissais au nom de baptême de ce blog, avant d'opter pour une déclinaison de la marque Vivonzeureux!, j'avais penché un moment pour "Addicted to music" ("Accro à la musique"), en référence au titre de ce single. Il faut dire qu'on est en plein dans le sujet : "Tell me you can handle it, did you forget, how a record shop sale put you in a cold sweat ? (...) You know I'm speakin' from the heart 'cos I'm a victim myself It's a habit... I grab it... Just can't refuse it... It's time I kicked it but I'm addicted to music".
En parlant d'être accro aux disques, j'ai ce titre sur trois des quatre formats dans lesquels il est paru, tous achetés d'occasion : ce 45 t, un maxi CD et le seul album du groupe, "Include me out". Je n'avais pas envie de parler de l'album, et j'aurais choisi le maxi CD si seulement la version originale avait été dessus, mais il n'y a que quatre remixes.
On est ici dans le hip hop qui que j'adore et qui me fait danser, celui qui va de Mantronix aux Dub Pistols, en passant par les Justified Ancients of Mu Mu, les Stereo MC's avec ou sans Cesare, et KLF avec ou sans Cesare.
Comme souvent, le "groupe" est un duo, avec des noms ridicules, MC Steel et Docta D. Musicalement, il n'y a rien à redire. J'adore la version originale, et le remix en face A, avec les sections de de cuivres et de percussions du groupe Incognito, est très réussi également, contrairement aux trois autres du maxi CD.
Subsonic 2 peut se targuer d'avoir sorti au moins un autre single classique avec plein de références musicales, "Unsung heroes of hip hop".

20 novembre 2006

THE BORDER BOYS : Tribute


Acquis probablement à La Clé de Sol à Reims ou Châlons-sur-Marne vers 1984
Réf : TWI174 -- Edité par Les Disques du Crépuscule en Belgique en 1983
Support : 45 tours 30 cm
Titres : This picture is nailed on my heart -- When will you be back ? -/- When the party is over -- Sorry

Je pense que j'ai dû acheter ce disque en solde, parce que 25 F. à l'époque c'était pas très cher pour un maxi en import, distribué en France par Madrigal.
Je pense aussi que c'est le nom d'Andy Paley à la production qui m'a donné envie d'acheter ce disque, et peut-être aussi sa pochette très réussie.
En tout cas, ce n'est pas sur la réputation du compositeur des quatre titres que j'ai acheté ce disque car Philippe Auclair était alors un parfait inconnu qui sortait son premier disque, et il n'avait pas encore pris l'identité de Louis Philippe.
Je ne suis pas sûr que les Border Boys étaient vraiment un groupe (rien n'est précisé sur la pochette), mais c'était en tout cas au minimum un duo puisque Jean-François Champollion joue de la guitare sur le disque.
Comment l'américain Andy Paley s'est-il retrouvé à produire à Bruxelles ce disque d'un groupe français ? Tout simplement parce qu'il se trouvait dans la capitale belge pour y produire un single de Plastic Bertrand, avec qui il avait déjà collaboré pour "Jacques Cousteau". Je n'ai pas les disques sous la main, mais je pense qu'il en a résulté un ou deux titres sortis sur l'album "Chat va ? Et toi ?" ou sur un 45 tours qui en a été extrait. Mais quand Michel Duval, le patron des Disques du Crépuscule, a cherché un producteur pour ce maxi des Border Boys, il a proposé Andy, sachant que et lui et Philippe Auclair étaient de grands fans des Beach Boys (par la suite, Andy Paley allait probablement réaliser un rêve en collaborant longuement avec Brian Wilson).
Même si l'illustration de pochette n'est pas du tout dans ce style, puisqu'on est en Belgique on dira que la musique des Border Boys est de la pop ligne claire : quatre titres épurés, deux par face, deux rapides, deux lents.
Mon préféré est "This picture is nailed on my heart", avec ses guitares cristallines, son refrain entraînant, sa batterie, ses choeurs. Une vraie réussite.
"Sorry" est bien aussi, carrément power pop avec ses riffs de guitare électrique.
Parmi les titres lents, "When will you be back ?" est une ballade aux accents sixties. J'ai juste un peu de mal quand la voix tente de monter dans les aigus sur les refrains. Quant à "When the party's over", avec ses accents latin jazz à la "Girl from Ipanema", c'est peut-être le titre qui se rapproche le plus de ce que je connais de la suite du parcours de Louis Philippe.

Les quatre titres de ce maxi assez recherché figurent sur "I still believe in you", un best of 1984-1996 de Louis Philippe édité par Trattoria au Japon.

19 novembre 2006

PLASTIC BERTRAND : Jacques Cousteau


Acquis d'occasion dans la Marne à la fin des années 1980
Réf : 101583 -- Edité par RKM / Vogue en France en 1981
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Jacques Cousteau -/- Paradis

L'album de 1981 de Plastic Bertrand, "Plastiquez vos baffles", figurait dans le lot de disques Vogue offerts par mon cousin Jeannot à Noël 1981.
Le seul titre qui m'intéressait sur ce disque, "Jacques Cousteau", ne lassait pas de m'intriguer : il était co-écrit par Andy Paley, des Paley Brothers, un gars qui jouait sur quatre titres du "Back in your life" de Jonathan Richman.
J'en ai évidemment parlé à Andy Paley lorsque je l'ai rencontré en juin 1985, alors qu'il officiait à la batterie pour le concert de Jonathan Richman à la Maison Commune du Chemin Vert de Reims. Il m'a expliqué que "Jacques Cousteau" était un titre qu'il avait sorti en 45 tours, et qu'il s'était contenté d'utiliser la même bande musicale pour la reprise de la chanson, en y remplaçant sa voix par celle en français de Plastic.
Il m'a fallu attendre le 22 avril 1986, au lendemain d'un concert annulé de Jonathan Richman à Paris, pour entendre enfin la version originale de "Jacques Cousteau", au casque, sur le walkman d'Andy. Et plus de dix ans encore avant d'écouter cette version originale à nouveau, grâce à la compilation "Pulp surfin'" empruntée à la Médiathèque d'Epernay.
La version originale de "Jacques Cousteau" est sortie en 1981 sous le nom des Young Jacques (Andy Paley doit être friand de pseudos, puisqu'il avait déjà commis en 1978 l'inénarrable "Washing the defectives" des Beatles Costello). Il y a seize musiciens sur le disque, dont quand même trois membres des Cars.
La version de Plastic Bertrand est sortie la même année, en face A de single et sur l'album. L'adaptation en français est signée Plastic Bertrand lui-même, et il s'en tire très bien, tant du point de vue du chant que des paroles, qui ont un côté Richmanesque plus marqué que l'original ("How low can you go" traduit en "C'est beau la vie sous l'eau" ou "Les poissons lui sourient comme des jeunes mariés, pour lui c'est le moment de les photographier). Comme la musique originale était excellente, ça fait un disque à ne pas laisser passer la prochaine fois que vous le verrez dans un vide-grenier...


Andy Paley, batteur des Modern Lovers de Jonathan Richman, à Reims, le 13 juin 1985 (photo : Marc Roger)

PLASTIC BERTRAND : J'te fais un plan


Acquis neuf en solde à Châlons-sur-Marne au début des années 1980
Réf : LDO.8508 -- Edité par RKM / Vogue en France en 1978
Support : 33 tours 30 cm
8 titres

Non, il n'est pas question d'ironie ou de moquerie ici. Certes, comme Andy Paley me l'a expliqué un jour, Plastic Bertrand a commencé sa carrière comme clown, et c'est un rôle de "performer" qu'il joue dans la société du spectacle. Mais ceux qui penseraient qu'il n'y a que des artistes créateurs purs et durs dans le show business (en anglais, c'est littéralement la société du spectacle) se trompent lourdement.
A mon petit niveau de discophile, je me contente de constater qu'il y a un petit nombre de chansons de Plastic Bertrand que j'apprécie vraiment, sans aucune arrière-pensée : "Ça plane pour moi", "Le petit tortillard", "Bambino", "Jacques Cousteau", "Tout petit la planète".
Et puis aussi, il y a des indices qui ne trompent pas, et qui montrent que derrière le clown il y a aussi un amateur de musique. Par exemple, on trouve sur ce disque une chanson signée Lou Deprijck intitulée "Affection". Malheureusement, c'est un slow de bal banal, avec juste une ligne de texte qui me fait sourire, "Mon grand chien que j'aime bien qui me lèche la main me dit dans son langage ouah ouah ouah ouah ouah ouah, ce qui se dit affection".
En lisant ce titre, "Affection", les fans de Jonathan Richman auront dressé l'oreille, même s'ils ne sont pas chiens. Se pourrait-il qu'il y ait le moindre rapport avec le classique "Affection" de Jonathan Richman ? Eh bien oui. Le titre de Plastic Bertand n'est pas une reprise, mais quand on ouvre la pochette double de cet album en vinyl rose, on peut lire : "Affection" est dédicacé à Jonathan Richman, qui est le chanteur le plus "indispensable" de notre époque. Cette époque étant 1978, la dédicace est d'autant plus significative que la version originale du "Affection" de Jonathan Richman n'a été éditée pour la première fois qu'en 1979, sur "Back in your life". On peut donc en déduire que Plastic Bertrand et son accolyte Lou ont probablement découvert et aimé cette chanson lors des tournées européennes de Jonathan Richman & The Modern Lovers à partir de 1977.
Par la suite, Plastic reprendra "Jacques Cousteau" un obscur single sous pseudonyme d'Andy Paley, musicien et producteur de Jonathan Richman, et fera venir ce même Andy Paley à Bruxelles en 1983 pour y produire des enregistrements.
Il y avait une autre raison pour que je m'intéresse à ce disque. Cette raison, c'est "Tout petit la planète", qu'on trouve ici dans sa version complète de 8'16. J'étais persuadé que cette chanson était écrite par Telex, mais en fait elle est signée Pierre Van Dormael et Bernard Loncheval. Elle est quand même effectivement produite et interprétée par Dan Lacksman, de Telex. Je me souviens très bien des prestations télé de Plastic Bertrand pour cette chanson, où il faisait l'extra-terrestre avec les index sur les tempes. Dans le genre, il s'en sortait aussi bien que Jacques Villeret dans "La soupe aux choux".


Plastic Bertrand, Tout petit la planète. Une prestation mémorable le 24 janvier 1979 dans l'émission de Danièle Gilbert Midi Première.

17 novembre 2006

ELLIOTT JAMES MURPHY : 12


Acquis chez New Rose à Paris en 1990 ou 1991
Réf : rose 237 CD -- Edité par New Rose en France en 1990
Support : CD 12 cm
21 titres

Avant la sortie de ce disque, je ne m'intéressais pas vraiment à Elliott Murphy. J'avais en tête l'image de ce dandy en costume blanc aux longs cheveux blonds très clairs, et aussi "Anastasia", ce 45 tours que j'avais acheté et que je n'aimais pas trop. Le principal point positif que j'avais en tête, c'est qu'Elliott Murphy avait été assez fan du Velvet Underground pour se retrouver à écrire les notes de pochette du "Live 1969" du Velvet Underground dans les années 70.
Et on a reçu ce disque en nouveauté à La Radio Primitive, que j'ai ensuite acheté chez New Rose (ils vendaient les disques qu'ils éditaient vraiment pas cher).
Je crois que j'ai été conquis dès les premières notes de "The loser", le premier titre, une chanson lente de près de 7 minutes. Guitare acoustique, basse ronde d'Ernie Brooks, acoustique également, voix discrète qui semble presque chercher à ne pas déranger quelqu'un qui dort dans la pièce d'à côté, et surtout pour les refrains une montée de notes et une deuxième voix qui me font immanquablement penser à chaque fois au Lewis Furey de "Fantastica" ou de "Night magic".
"The loser" est une chanson pleine d'incertitude dans son thème, mais qui respire pourtant la sérénité. Elle annonce le sujet de l'album : une vie pleine de certitudes aux Etats-Unis qui s'écroule et un nouveau départ à Paris, après une période de troubles.
Elliott Murphy le précise dans ses notes de pochette : "L'ordre des titres, à une ou deux exceptions près, est celui dans lequel ils ont été enregistrés et la plupart ont été écrits ou terminés pendant l'année passée 1989-1990. C'est là que se trouve le concept de l'album. Il y a de la vérité, et de l'imagination pas moins réelle, et l'histoire de la vie d'un homme, augmentée à l'occasion par le parcours d'un ami à la fois opposé et similaire."
Toujours dans ses notes de pochette, Elliott s'excuse presque : "Ça m'étonnerait que quelqu'un arrive à écouter tout ça en une seule fois. C'est comme un recueil de nouvelles – prenez le temps de les digérer une par une". Certes, ce disque est long (plus de 75 minutes), mais je ne suis pas du tout d'accord avec M. Murphy : la grande qualité de toutes les chansons et l'unité de son et d'ambiance font de "12" un disque tout à fait agréable à écouter en une seule fois d'un bout à l'autre !
J'ai eu l'occasion de voir Elliott Murphy au moins deux fois en concert dans la Marne depuis la sortie de "12", et à chaque fois j'ai apprécié de l'entendre interpréter certains de mes titres préférés de cet album, généralement ceux que je range dans la catégorie des "rapides", "The epicenter !!", "Sicily" ou "Destiny".
Je ne sais pas pourquoi, en réécoutant cet album je repensais au "Chore of enchantment" de Giant Sand, dont j'ai parlé récemment. Pourtant, il n'y a a priori pas grand chose de commun entre ces deux disques. Celui-ci est très homogène et très dépouillé au niveau de la production et de l'instrumentation, alors que "Chore of enchantment" a connu une gestation mouvementée, qui s'est déroulée dans au moins trois studios avec autant de producteurs. Et pourtant, j'ai fini par trouver un point commun entre les deux albums, tout à la fin avec "Let it rain", une chanson cousine du "Dirty from the rain" de Giant Sand.

"12" a été réédité par le label allemand d'Elliott Murphy, Blue Rose (rien à voir avec New Rose), et ils vendent ce qu'eux-mêmes appellent le meilleur disque d'Elliott vraiment pas cher.

12 novembre 2006

SEX PISTOLS : Anarchy in the UK & God save the Queen



Acquis sur le vide-grenier de la rue de l'Hôpital à Epernay le 12 novembre 2006
Réf : 640 112 & 640 106 -- Edité par Sex Pistols Records/Glitterbest en France en 1977
Support : 2 45 tours 17 cm
Titres : Anarchy in the UK -/- I wanna be me & God save the Queen -/- Did you no wrong

Côté vide-grenier, le week-end avait pourtant très mal commencé : nous nous faisions une joie d'aller hier sur le vide-grenier de la rue de la Chaude Ruelle à Epernay, le dernier vraiment intéressant de l'année, mais il s'est mis à tomber une pluie glaciale de huit à neuf heures du matin qui, ajoutée à ma crève, à ruiner tous nos espoirs d'une matinée sympa sur les lieux où j'avais acheté il y a un an un EP de Santo & Johnny.
Ce matin, au moins, le temps était sec et il y avait même parfois un timide rayon de soleil. On a donc tenté notre chance rue de l'Hôpital, toujours à Epernay, pour un vide-grenier généralement beaucoup moins intéressant.
Le premier stand sur lequel je suis tombé, c'était celui d'un pro qui avait une table de 33 tours et quelques cartons de 45 tours, le genre à n'avoir aucun prix marqué et à annoncer qu'il fait "le tiers de la cote" sur tout, que par exemple les albums commencent à 5 € pour les disques courants comme les Sting, et que ça monte à plus pour les Who et les Stones et même encore plus pour les trucs plus rares comme les Zappa, et que c'est au client de lui montrer les disques et il fera le prix. Moyennant quoi, il a annoncé à un pauvre gamin qui lui montrait "Exodus", un des disques les plus courants de Bob Marley, qu'il le lui faisait 8 € "seulement parce que la pochette est un peu abimée"...
Je me suis sauvé en courant, et moins de cinquante mètres plus loin je suis tombé sur un stand familial sympa, avec trois cartons de 45 tours. Côte à côte, il y avait "Bons baisers... de Saint-Flour" d'André Verchuren et le "Anarchy in the UK" des Pistols. Quand j'ai demandé le prix, on m'a répondu que sur ce stand le client faisait son prix, à condition qu'il soit raisonnable. J'ai donc proposé mon prix de base, 50 centimes pour un 45 tours, et j'ai mis de côté ces deux 45 tours, avant de finir de regarder les autres. A deux 45 tours de la fin du dernier carton, je suis tombé sur "God save the Queen"...
Je n'ai acheté aucun des 45 tours des Pistols de la grande époque au moment de leur sortie. En 1977, j'en étais encore à ma période Beatles, et quand j'ai acheté mon premier Best, en février 1978 pour lire dans la voiture au retour des vacances au ski, les Pistols étaient en couverture, mais c'était pour annoncer leur séparation.
Je me souviens d'avoir lu avec attention les paroles de "God save the Queen" au dos du single, un jour au Hifi-Club à Châlons, mais le premier 45 tours des Pistols que j'ai acheté, c'était "Somethin' else"/"Friggin' in the riggin'", au moment de "La grande escroquerie du rock'n'roll".
Mais aujourd'hui, avec ces deux disques, je me rends compte que j'ai maintenant la majorité des 45 tours importants des Sex Pistols. Il y a une paire d'années, j'avais déjà trouvé le maxi français d' "Anarchy in the UK", encore et toujours à Epernay, et j'ai aussi acheté il y a quelques années pour pas cher dans un Record & Tape Exchange les pressages anglais de "Pretty vacant" et "Holiday in the sun", mais sans les pochettes. Par contre, pour "Submission", je n'ai que la pochette française, récoltée aussi sur un vide-grenier !
Je ne m'étendrai pas sur les deux grands classiques que sont "Anarchy in the UK" et "God save the queen". A mon sens, ces deux chansons suffisent pour donner la meilleure définition possible du punk (Si on me pousse pour ajouter une troisième chanson, je mettrai sûrement le "White riot" des Clash dans le lot). Du côté des faces B, j'ai toujours beaucoup aimé "I wanna be me", qui aurait pu figurer en bonne place sur "Never mind the bollocks". Par contre, je trouve "Did you no wrong" plus quelconque, et donc bien à sa place sur cette seule face B.
Quant à "Bon baisers... de Saint-Flour", c'est un tango très rigolo chanté par André et rythmé par des bisous ! (et Didier Wampas l'avait aussi étant gamin !)

THE MONOCHROME SET : Cast a long shadow


Acquis neuf à Paris fin 1982
Réf : cherry 51 -- Edité par Cherry Red en Angleterre en 1982
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Cast a long shadow -/- The bridge

Je ne sais plus comment s'appelait la boîte, peut-être bien "Attitudes Records" ou "Madrigal" ou "Les Disques du Crépuscule France", un truc de ce genre (pas encore Just'In Distribution en tout cas). Ils venaient de se lancer dans la distribution en France de labels indépendants genre Crammed ou Crépuscule, et aussi dans une activité de label je crois.
Tout ce que je sais, c'est que j'avais dû voir une pub indiquant qu'ils vendaient des disques au détail. J'y suis allé, au fin fond d'un arrondissement de Paris loin des quartiers commerçants, et je me suis retrouvé dans un local qui ne ressemblait pas du tout à un magasin, c'est plutôt là que devaient se situer leurs bureaux, avec quand même quand même quelques caisses de disques dans la première pièce. A l'époque, on manquait souvent d'informations sur les nouvelles sorties, et j'ai été tout content de trouver là pour 20 francs un tout nouveau single du Monochrome Set, dont je ne savais même pas qu'il existait.
Le malentendu avec le Monochrome Set, c'est que, entre leur premier single avec une vieille gravure en noir et blanc sur la pochette et un titre en allemand et leur premier album avec une pochette de Peter Saville en gris-bleu argenté représentant un plongeur en négatif, j'ai eu tôt fait de les associer à la plus sombre des new wave, voire même à la cold wave. Grosse erreur évidemment. Quand on entend les disques on s'en rend assez vite compte, et quand on comprend les paroles c'est encoe plus évident. Mais quand même, il m'a fallu longtemps avant de comprendre que tout ce que faisait le Monochrome Set était bourré d'ironie, d'humour, de satire.
C'est avec "Cast a long shadow", le premier 45 tours sans le guitariste Lester Square, sorti fin 1982 juste après le troisième album "Eligible bachelors" et avec "J.D.H.A.N.E.Y.", la face B du 45 tours précédent, où il ridiculisent en beauté leur batteur qui venait de quitter le groupe lui aussi, que j'ai vraiment commencé à saisir l'humour féroce du groupe de Bid.
De la pochette (Cherry Red a évidemment eu des ennuis avec Marlboro à cause de ce visuel), au titre (celui d'un film de 1959), en passant par les paroles (entre Lucky Luke et les western spaghetti) et la musique, toute en guitare twangin' sixties et attaque d'orgue, tout fait de "Cast a long shadow" une chanson western très réussie, qui conte l'éternelle histoire d'un cow-boy trompé vengeur condamné à la pendaison.
A l'époque, je n'aimais pas du tout la face B, "The bridge". Je la trouvais sombre et monotone, avec des percussions un peu lugubres et sa voix récitative. Et puis aujourd'hui, en la réécoutant pour l'occasion, la révélation : j'aime beaucoup ce titre. Il y a certes cette base rythmique et cette voix parlée, mais derrière il y a plein de choses qui se passe, avec de la flûte et plein de petits sons sympas, et même une mélodie pour une chanson très réussie, entre Johnny Cash et Orson Welles. Et je comprends maintenant l'aspect récitatif puisque, en faisant quelqures recherches, je viens d'apprendre que les paroles sont un poème d'Henry Wadsworth Longfellow.

10 novembre 2006

CROOKED FINGERS : Dignity and shame


Acquis chez Parallèles à Paris fin 2005
Réf : FA0058 -- Edité par Fargo en France en 2005 -- Promotional advance copy - Not for sale
Support : CD 12 cm
12 titres

C'était le 27 juin 2005 à Lyon, sur la péniche Le Sirius. Que ce soit au comptoir où il faisait la permanence de vente de CDs et tee-shirts ou sur la passerelle qui menait jusqu'au au quai, Eric Bachmann avait visiblement envie de parler. et je regrette de n'avoir trouvé que quelques banalités à échanger avec lui, alors que je m'échappais du concert autiste de Richard Buckner (look à la Travolta période "Pulp Fiction", penché sur ses pédales d'effet et sa guitare, ne prononçant pas un mot sauf pour réclamer qu'on baisse les lumières, jouant plus pour lui que pour les quelques dizaines de personnes présentes).
L'ambiance était mille fois plus détendue et agréable pour le concert d'Eric Bachmann en première partie. J'étais pourtant venu pour Richard Buckner. Bachmann, il me semblait n'avoir jamais entendu parler de lui, ni de son groupe Crooked Fingers. Pourtant, ça m'est revenu pendant le concert : je connaissais le nom de ce gars comme celui d'un membre d'Archers of Loaf, vers le milieu des années 1990.
Son concert fut donc très bon. Il était tout seul à la guitare sèche, sauf pour quelques titres ou une chanteuse toute menue et toute timide l'a rejoint pour quelques duos éblouissants (Il s'agit de Lara Meyerratken, une joueuse de clavier et chanteuse australienne, qui a déjà un sacré parcours musical, notamment comme accompagnatrice de Ben Lee). A un moment, il s'est planté dans ses paroles, et a très bien rattrapé le coup. Il a même fait le dernier titre sans sono : le public l'avait rappelé, mais tout le matos était déjà débranché.
Cette tournée de juin 2005 servait à faire la promotion de cet album, "Dignity and shame", le quatrième de Crooked Fingers. Dans l'ensemble, la tonalité est celle d'un rock américain, un peu dans l'esprit de l'Elliott Murphy de ces vingt dernières années. Des illustrations de pochette aux titres de certaines chansons ("Islero", "Andalucia"), il y a une tonalité hispanisante présente sur le disque, mais sans qu'il y ait un concept ou un thème commun ou une couleur musicale qui donnerait une unité au disque, qui est plutôt réussi, mais pas parfait. On retrouve cependant ici un bon nombre des meilleures chansons du concert, notamment les quatre sur lesquelles Lara chante, dont "Call to love", le moment fort du disque.
"Destroyer" et "You must build a fire" sont deux autres moments forts du disque. Quant à la chanson-titre, "Dignity and shame", elle est très belle, jouée au piano avec quelques illuminations de lap steel.
Au retour de sa tournée européenne, Eric Bachmann a choisi de vivre deux mois dans sa camionnette plutôt que de reprendre une location. Pendant cette période il a composé plein de titres qui figurent sur son tout récent album solo, "To the races".

05 novembre 2006

QUEEN LATIFAH & DE LA SOUL : Yaourt EP



Offert par le Centre Info Rock à Paris en 1990
Réf : 718010 -- Edité avec le magazine Yaourt en France en 1990
Support : CD 7,5 cm
Titres : QUEEN LATIFAH Dance with me -- Wrath of my madness -- Mama gave birth to the soul children -- DE LA SOUL : Eye know (The know it all mix)

Moi aussi je fabrique mes propres pochettes de disques. Pour mes compilations maison d'abord, en cassette ou en CD, à raison d'une par mois en moyenne depuis des années. Pour mon label virtuel Vivonzeureux! Records également, et aussi à chaque fois qu'une bonne occasion se présente.
Là, l'occasion était rêvée, puisque ce maxi-CD petit format a été édité avec le magazine Yaourt sans aucune pochette (Yaourt était un magazine professionnel édité par le Centre Info Rock, avant qu'il ne devienne l'IRMA).
En pleine fièvre hip-pop optimiste (une fièvre fortement alimentée par le "Three feet high and rising" de De La Soul, d'ailleurs) et pris d'une subite inspiration, j'ai décidé un soir de fabriquer une pochette pour ce disque. Je ressortis de mes archives des autocollants d'époque du dessin animé Scoubidou, dont le style collait fort bien avec l'imagerie néo-hippie de De La Soul, je pris mes ciseaux et mes feutres de couleur, et je poussai même le vice (ou l'art, à moins que je n'ai été vraiment vicelard !) à récupérer dans ma poubelle l'emballage cartonné d'un paquet de yaourts Yoplait (des yaourts pour le EP de Yaourt, vous saisissez ?) pour le retourner et en faire ce superbe objet.
Mine de rien, Yaourt ayant été un magazine fort peu distribué (et les professionnels n'étant pas réputés pour être ceux qui conservent le plus précieusement leurs disques gratuits), le CD contenu dans cette pochette unique doit être assez rare car je ne l'ai vu mentionné dans aucune discographie sur Internet. Mais de toutes façons, les enregistrements figurant sur ce disque sont eux tous très facilement disponibles.
Parmi les quatre titres, celui que j'ai le plus écouté (et diffusé sur La Radio Primitive), c'est l'excellent remix de "Eye know". C'est ma version préférée de cette chanson de De La Soul, et d'avoir ce petit disque m'a évité l'achat du maxi sur lequel il figurait à l'origine, alors que j'ai casqué pour les remixes grosso modo moins intéressants de "The magic number", "Buddy", "Ghetto thang" ou "Plug tunes".
Les trois titres de Queen Latifah sont extraits de son premier album "All hail the Queen". Ils m'ont beaucoup moins intéressé à l'époque, peut-être à tort car à la réécoute je les trouve très bien, et très proche musicalement de De La Soul, ce qui est normal car le groupe a dû participer à la production et il est même présent au chant sur "Mama gave birth to the soul children". Il faut dire aussi que le seul des trois titres qui ne me plait toujours pas beaucoup aujourd'hui c'est "Dance for me", justement celui que Yaourt a choisi pour ouvrir le disque.

Ajout du 1er mars 2011 :
Suite au commentaire de Jarmo, j'ai piqué sur son annonce eBay cette photo de la page de Yaourt sur laquelle était fixé le CD :

THE BODINES : God bless


Offert par Creation Records à Londres en 1985
Réf : CRE 016 -- Edité par Creation en Angleterre en 1985
Support : 45 tours 17 cm
Titres : God bless -/- Paradise

Mes archives sont imprécises, mais je pense que ça se passait en avril 19885. Les temps changeaient. Creation venait pour la première fois de toucher le sommet des charts indépendants avec "Upside down" de Jesus and Mary Chain. Alan McG. venait de troquer son petit blouson en daim façon "Rubber soul" des Beatles pour une tenue en cuir des pieds à la tête, et il commençait tout juste à signer de jeunes groupes venus de tout le Royaume-Uni, en-dehors du cercle de base des écossais et des groupes habitués du Living-Room.
C'est aussi sûrement la première fois que je venais à l'Alaska Studio, repaire de répétition et d'enregistrement pas cher, situé sous un pont ferroviaire (!) en plein coeur de Londres, où ont été enregistrés quasiment tous les premiers disques de Creation. Je me suis retrouvé là avec Alan à la fin d'une journée d'enregistrement et/ou de mixage de ce premier 45 tours des Bodines, sous la houlette de Joe Foster (Dave Evans, alors bassiste de Biff, Bang, Pow !, est aussi crédité à la production sur la pochette, mais je ne pense pas qu'il officiait ce jour-là).
On a écouté les deux titres du disque, ça a pas mal discuté, et entre les accents écossais et anglais de la région de Manchester, je ne crois pas que je suivais tous les détails de la conversation, et nous sommes repartis avec une cassette du mix du single.
Dans le taxi du retour, Alan a demandé au chauffeur si on pouvait écouter la cassette, ce qu'on a eu le temps de faire plusieurs fois dans les embouteillages londoniens de fin de journée, et à peine arrivés chez lui, Alan était au téléphone avec Joe pour discuter des détails du mixage et décider d'en faire un nouveau pour améliorer le résultat.
Sur les sillons de ce 45 tours à "double face A", il est gravé "This is the start of cleaning up the charts"(C'est le début de la razzia dans les charts". Mouais, pas tout à fait quand même pour les Bodines, même si on se restreint aux charts indépendants. "God bless"/"Paradise" a bien été accueilli par la presse et par le public (n° 8, classé 8 semaines) et "Therese", leur plus grand succès, a été classé 16 semaines, mais sans dépasser la 4ème place. Après ça, les Bodines ont signé en grande pompe sur la filiale d'un major créée spécialement pour eux, mais et les nouveaux enregistrements des singles Creation et l'album "Played" passeront inaperçus dans les vrais hit-parades.
Et musicalement, que reste-t-il de ce 45 tours vingt ans après ? Et bien pas grand chose, malheureusement. "God bless" a absolument tous les ingrédients de ce qui allait devenir la recette de la jangling pop de C86 l'année suivante ("Therese" figure sur la fameuse compilation du "C86" NME), notamment le son et le jeu de guitare, mais la chanson n'est pas géniale, la production à l'économie ne les sert pas, et surtout le chant est beaucoup trop forcé, surtout sur pendant les refrains et quand le chanteur essaie de partir dans "you hou hou" incontrôlés. On est proche du chant d'Edwyn Collins aux débuts d'Orange Juice, mais je trouve qu'Edwyn s'en sortait mieux quand même.
J'ai toujours préféré "Paradise", la face AA de ce disque. Les ingrédients sont exactement les mêmes mais la chanson a une meilleure dynamique. Le chant est toujours un peu limite dans les refrains, mais il passe beaucoup mieux dans les couplets, que j'aime bien.


Deux des Bodines (Paul Brotherton et John Rowland sauf erreur de ma part) avec Alan McGee dans le "salon de détente" super luxueux de l'Alaska Studio après une séance d'enregistrement pour "God bless"/"Paradise" (Photo : JC Brouchard)


Alan McGee écoutant le premier mix du single dans le taxi au retour du studio. Une nouvelle séance de mixage se profile à l'horizon... (Photo : JC Brouchard)

01 novembre 2006

THE RAINCOATS : Extended play


Acquis chez Rough Trade à Paris en 1994
Réf : BFFP 99 CD -- Edité par Blast First en Angleterre en 1994
Support : CD 12 cm
Titres : Don't be mean -- We smile -- No one's little girl -- Shouting out loud

En règle générale, j'évite de m'intéresser aux reformations de groupes qui m'on beaucoup plu. C'est le meilleur moyen de ne pas être déçu. Depuis quelques temps, quasiment tous les groupes punk et post-punk reprennent du service – c'est assez effarent de regarder les annonces de concert – mais les Raincoats ont été parmi les premières à se prêter au jeu en 1994. Il faut dire qu'un de leurs fans assez influent à l'époque, un certain Kurt Cobain, s'est montré suffisamment insistant et persuasif pour arriver à ses fins : il a obtenu un contrat chez son label Geffen pour la réédition des trois albums des Raincoats et l'enregistrement d'un nouveau, et surtout il les a invitées à assurer la première partie de Nirvana pour leur tournée anglaise du printemps 1994.
Kurt Cobain explique dans les notes de pochette de la réédition du premier album des Raincoats que cette musique avait été très importante pour lui dans des moments où il n'allait pas bien. Malheureusement, il allait beaucoup trop mal en 1994 pour tenir jusqu'à sa tournée avec les Raincoats, et il s'est suicidé le 5 avril 1994, quelques jours avant les dates prévues en Europe.
J'imagine la drôle de situation dans laquelle se sont retrouvées alors les Raincoats, reformées autour de deux des membres originales du groupe, Ana da Silva et Gina Birch (plus Anne Wood au violon et Steve Shelley de Sonic Youth à la batterie), avec un objectif particulier qui n'avait plus aucun sens, la tournée ayant bien entendu été annulée. Elles ont quand même gardé le cap, enregistrant cette session pour la BBC le 16 avril 1994, dédiée à Cobain, bien sûr, avant de publier l'album "Looking in the shadows" en 1996, un disque sorti tellement discrètement que je suis à peu près sûr de n'en avoir pas du tout entendu parler lors de sa sortie.
Je me suis décidé à acheter ce CD par curiosité, surtout parce qu'il contient des versions de deux de mes chansons préférées des Raincoats, "Shouting out loud", sortie à l'origine sur l'album "Odyshape" en 1981, et "No one's little girl", la reine des faces B, sortie au dos de "Running away" en 1982 et de "Animal rhapsody" en 1983 avant d'être incluse sur le troisième album (mais seulement sur les rééditions CD, pas sur le disque original !).
S'agissant d'une session enregistrée quasiment live en studio (pour John Peel, probablement, mais ce n'est pas précisé dans les notes de pochette), j'imagine que les versions des chansons qui sont données ici sont celles qui ont été travaillées en répétition en vue de la tournée.
"Don't be mean", une des deux nouvelles chansons, est une très grande réussite. Avec les coups de violon, les notes glissées de basse et la voix de petite fille que prend Gina Birch, on reconnaît tout de suite le style Raincoats, mais cette chanson a en plus une sacrée pêche, à laquelle Steve Shelley n'est sûrement pas étranger. Une version studio de "Don't be mean", également très réussie, figure sur "Looking in the shadows".
Par contre, "We smile" n'est disponible que sur ce disque. C'est un titre plus lent, auquel le violon donne un petit côté folk, et c'est aussi une réussite.
Pour "Shouting out loud" et "No one's little girl", le grand exploit du groupe c'est de réussir à ne pas me décevoir, alors que je connais les versions originales par cœur. Je ne vais pas tenter de décrire ces chansons ici. Disons juste que, si vous n'avez jamais eu l'occasion d'en écouter l'une ou l'autre des versions ça vaut le coup de vous mettre en quête pour réussir à vous en glisser une dans l'oreille !

LinkWithin

Linkwithin