15 janvier 2007

THE REVOLVING PAINT DREAM : Mother watch me burn


Offert par Luke Chromatone à Londres en février 1989
Réf : CRE LP 039 -- Edité par Creation en Angleterre en 1988
Support : 33 tours 30 cm
11 titres

Rev-Ola, le label de Joe Foster, vient d'éditer en CD l'intégrale de The Revolving Paint Dream sous le titre "Flowers In The Sky : The enigma of The Revolving Paint Dream". Enfin, une intégrale à laquelle il manque un titre, la version de "In the afternoon" parue sur la compilation Whaam! "All for art and art for all", mais bon, cette version d'une chanson écrite par Alan McGee est chantée par lui aurait peut-être dû être créditée à Biff, Bang, Pow ! dès le début... Vivonzeureux! est mentionné dans les notes de pochette, signées d'une certaine Nicole Garcia (!), et je figure même dans les crédits sous mon pseudonyme de JC Brouchard. C'est sympa (dommage par contre que Luke Chromatone, qui joue sur le disque, qui a fait les deux pochettes et qui m'a offert cet exemplaire, ait été oublié...).
Du coup, ça me donne l'occasion de parler de ce deuxième et dernier album du groupe, paru fin 1988 ou tout début 1989, qui s'est vendu à très peu d'exemplaires, et qui reste pour moi un des joyaux inaperçus de Creation Records, avec l'album de Bill Drummond notamment.
Ce qui fait que je préfère "Mother watch me burn" à son prédécesseur, "Off to heaven", ce sont les excellents titres psychéliques bruitistes qu'il contient, "Dune buggy attack battalion" et "Garbagebrain", qui ouvrent chacune des faces, et "Mandra mandra", qui est repris en fin d'album sous le titre "Mandro mandro". Par la suite, en me souvenant de ce son, je me suis toujours demandé pourquoi Creation avait claqué des fortunes en heures de studio pour l'enregistrement de "Loveless" de My Bloody Valentine (même si Kevin Shields explique, et je veux bien le croire, dans le n° 74 de Magnet Magazine que ce disque n'a pas eu le budget légendaire qui lui est généralement attribué), alors qu'il avaient à leur disposition depuis le début un sorcier du son, Andrew Innes, qui prouve avec ces trois titres qu'il avait les capacités artistiques, techniques et peut-être même lysergiques pour élaborer un mur du son digne de celui de My Bloody Valentine. Enfin, bon, Creation n'a quand même pas gâché le talent d'Andrew, puisqu'il a intégré Primal Scream dès 1987 et qu'il en est rapidement devenu le principal architecte sonique.
En-dehors de ces trois titres, "Mother watch me burn" est proche de la pop psychédélique de "Off to heaven", avec une série de bons titres dont le chant est réparti entre Andrew et l'excellente Christine Wanless. Mais là où "Off to heaven" a dû être enregistré en 4 pistes entièrement à la maison, on sent que sur celui-ci il y a des parties enregistrées en studio, puisqu'on entend un batteur, du violon, et même des cuivres. Mais qui peut donc bien jouer sur ce disque, réputé pour la sobriété de ses notes de pochette (il n'y a aucune information à part le nom du groupe, et les titres de l'album et des morceaux) ? On peut avancer quelques pistes. Pour les enregistrements de base de "Electra's crying loaded in the basement", en fait une version chantée par Christine de "It happens all the time" de Biff, Bang, Pow !, je peux affirmer, car j'y étais, que ça se passait à l'Alaska Studio les 27 et 28 septembre 1986, lors des deuxièmes sessions d'enregistrement de l'album "The girl who runs the beat hotel" de Biff, Bang, Pow ! Pour le reste, sans se lancer dans de vaines suppositions, il suffit d'avoir la bonne idée de se pencher sur les crédits de "Green sea blue", le single extrait de l'album, sorti quelques temps plus tôt. Car sur ce single figurent des crédits complets pour cette bonne chanson de l'album ! On apprend donc que Dave Morgan, des Weather Prophets, est à la batterie, que Robert Young, de Primal Scream, est à la basse, et que les cuivres sont tenus par S. Pollock et K. Clinton (saxophone) et M. Wall (trompette). L'enregistrement s'est fait à l'Acid Factory, le studio-maison de Revolving Paint Dream, et au Townhouse, un vrai grand studio. Pour le violon, je suis à peu près certain qu'il est tenu par Frank Sweeney, des June Brides. Sachant qu'en 1987, Innes, Young, Morgan et Sweeney on tous participé aux nombreuses sessions d'enregistrement de "Sonic flower groove", le premier album de Primal Scream, financées par la major Warner pour l'étiquette Elevation, créée par Alan McGee, je pense qu'on peut avancer sans trop se tromper que l'enregistrement de "Mother watch me burn" a dû bénéficier au moins en partie du budget de celui de Primal Scream !!
Mais revenons aux chansons. De celles chantées par Christine, le poppy "Green sea blue" rappelle un peu le Weekend d'Alison Statton, "Electra..." est poignante, et "(Burn this house) Down to the ground" n'est pas loin de "If I die", que Christine a chantée pour Biff, Bang, Pow !. Sur "Untitled (Love song)", la voix très pure de Christine fait encore beaucoup d'effet.
Pour celles où Andrew officie, ma préférée est peut-être "Mother wash my tears away", qui me fait penser aux TVP's de "Mummy you're not watching me", et pas seulement à cause du "Mother" dans le titre. J'aime aussi beaucoup "300 (coda)" avec le violon et son côté folk-western. Quant à "Fever mountain", elle fait aussi tout à fait logiquement penser aux chansons écrites et chantées par Andrew pour Biff, Bang, Pow !

Andrew Innes en studio à Londres en 1987, enregistrant pour Primal Scream, ou pour The Revolving Paint Dream ?

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