29 avril 2007

ELLIOTT MURPHY : Collector inédit : Something borrowed, something blue, something new


Acquis probablement chez Parallèles à Paris vers 2000
Réf : 3042425 -- Edité par Last Call en France en 1998 -- Ce CD inédit vous est offert par votre disquaire. Interdit à la vente -- Not for sale
Support : CD 12 cm
Titres : Glorious feeling -- As bad as it gets -- Take time to know her

Au temps où j'achetais des disques neufs en magasin, j'avais rarement l'occasion de participer aux opérations promotionnelles du type "Acheter le nouveau CD de X" et vous aurez un CD en plus avec des titres rares, tout simplement parce que les artistes qui m"intéressaient étaien rarement l'objet de ce type de promotion. Mais quand je tombe sur un de ces disques "interdits à la vente" pour pas cher, j'aime bien le prendre, surtout quand il s'agit de gens que j'aime bien, comme Elliott Murphy.
Ce disque a été diffusé au moment de la sortie de l'album "Beauregard", un disque que je ne connais, mais qui marque apparemment le début de la collaboration d'Elliott Murphy avec le guitariste Olivier Durand. Et si j'en crois la qualité de ces morceaux qui en sont contemporains, l'album doit être bon.
"Glorious feeling", qu'on trouve en bonus sur quasiment toutes les éditions de l'album, est un très bon exemple du style typique de composition de Murphy pour des titres au tempo assez rapide.
"As bad as it gets", qu'on trouve en bonus sur de nombreuses éditions non-européennes de l'album (et sur le vinyl allemand !), est le titre que j'aime le moins des trois. Murphy est un peu emprunté et la chanson a du mal à décoller. A la production, on trouve Kevin Salem, l'un des producteurs de "Chore of enchantment".
Le "Something borrowed" du disque, c'est "Take time to know her", reprise d'un tube de Percy Sledge de 1968. Un superbe slow, de bonnes paroles, et une deuxième voix, très grave et très réussie, due à Alain Chennevière. Evidemment, c'est ce titre qui est le plus dur à trouver puisque, outre ce CD trois titres, on ne le trouve que sur l'édition japonaise de "Beauregard"...

28 avril 2007

MARCEL BIANCHI et ses "HAWAÏANS BEACHCOMBERS" : Blue moon


Acquis sur le vide-grenier d'Oger le 22 avril 2007
Réf : EPL. 7 827 -- Edité par Vogue en France dans les années 1960
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Blue moon -- Dream -/- What is this thing called love -- Japanese sandman

Il faisait beau, le vide-grenier était très familial et sympathique, ce qui n'est pas toujours le cas, et dans le premier petit carton de quelques disques que j'ai fouillé, au beau milieu d'une série de disques sans aucun intérêt, la bouille de Marcel Bianchi m'a souri, sur fond de ciel bleu également.
A ma question, la dame du stand a répondu que les petits disques étaient à 1 €, comme les grands, et à son ton j'ai bien compris qu'il n'y avait pas à discuter là-dessus, même si j'avais l'air surpris. Mais de toute façon, je n'avais pas envie de discuter. Cet EP de Marcel Bianchi, avec sa pochette et son disque en parfait état, me convenait parfaitement et j'étais bien content de l'empocher pour 1 €. D'autant plus qu'il y a "Blue moon" dessus.
Je crois qu'il est à peu près impossible de faire une version complètement mauvaise de "Blue moon". Le 31 décembre 2003, j'ai assisté à Nantes à un spectacle des Plasticiens Volants, dont l'accompagnement musical était composé uniquement de versions de "Blue moon". Et bien, croyez-moi si vous le voulez mais toutes ces versions étaient bonnes !
En fait, cette version par Marcel Bianchi, je l'avais déjà depuis le 11 novembre 2005, jour où j'ai acheté l'album compilation "Super Surprise-Partie Kangourou Tentation n° 9", sur lequel elle figure. C'est ce même jour que j'avais trouvé le EP de Santo & Johnny avec "Sleep walk" et "Blue moon" dessus.
La guitare hawaïenne de Marcel Bianchi est excellente sur "Blue moon", même si globalement la version est assez quelconque, avec du glockenspiel et une contrebasse un peu pataude. par contre, l'enchaînement est parfait avec "Dream", un tube de 1958 signé Johnny Mercer, sur lequel la guitare hawaïenne est aussi présente.
La face B est beaucoup moins dans mes goûts. On est dans le jazz avec une reprise de Cole Porter et un classique signé Whitting. La contrebasse est toujours aussi pataude, et surtout la guitare se met en retrait, à tel point que le xylo-métallo-truc a carrément droit à un solo sur chacun des deux titres !
Mais bon, moi aussi je peux me mettre en retrait. En effet, le texte collé par Vogue au dos de la pochette de ce disque de la série "Spécial danse" se suffit à lui même :
"Blue moon", cela signifie beaucoup de choses.
"Dream", le dictionnaire nous dit "Rêve".
"What is this thing called love", n'importe quel élève de 6e vous dira : "Quelle est cette chose que l'on appelle l'amour".
Et "Japanese sandman", le fameux "Marchand de sable japonais", cher aux enfants de Californie et d'ailleurs.
Voici quatre titres qui, pour une fois, traduits en français, vous donnent une idée exacte de la poésie qui se dégage des disques de danse de MARCEL BIANCHI qui, une fois de plus, nous entraîne au pays de la "Lune bleue".

26 avril 2007

THINK ABOUT MUSTAPHA


Acquis neuf en France en 1994
Réf : A.P.C. 02 -- Edité par A.P.C. en France en 1994
Support : CD 12 cm
11 titres

Les CDs étant souvent emballés sous cellophane, on enlève les étiquettes en les ouvrant, c'est donc autant moins d'indices pour se souvenir du lieu d'achat d'un disque. Pour celui-ci, j'hésite entre Reims et Paris, mais mémoire me fait défaut.
Par contre, je me souviens très bien de Jonathan Richman au Printemps de Bourges en 1994, succédant à Ben Vaughn sur scène et chantant "Tu m'alloumes comme une alloumette" et "Je prends les roses et les épines aussi" quand il reprenait "Mustapha" sur scène.
A.P.C. (Atelier de production et de création) est à l'origine une maison de création de mode, qui s'est diversifiée au fil du temps et s'est lancée dans la production musicale dans les années 1990. Ils sont sorti plusieurs productions de Bill Laswell, plusieurs compilations et surtout, c'est A.P.C. qui a replacé Lili Boniche sur le devant de la scène. Ils sortent moins de disques depuis quelques temps, mais ont encore publié récemment un album de Jean Touitou, "Let the poor boy rock'n'roll", le fondateur d'A.P.C. et l'homme qui, plus que probablement (les notes de pochette ne donnent aucune précision à ce sujet), est à l'origine de cet album.
Cette compilation est consacrée à "Mustapha", une chanson orientale dont l'origine reste discutée (elle se situe probablement en Egypte), surtout connue en France pour la version franco-arabe qu'en a donné Bob Azzam en 1960 ("Chérie je t'aime, chérie je t'adore, como la salsa del pomodoro").
Déjà, j'aime beaucoup cette chanson. En plus, une sacrée brochette de personnalités attachantes s'est attachée ici à lui rendre justice. Il est notamment intéressant de voir rassemblés sur le même disque Jonathan Richman et Pascal Comelade (Comelade reprend depuis des années "Egyptian reggae", sur scène et sur disque), sachant qu'ils n'ont à ma connaissance encorre jamais enregistrés ensemble. Là on y était presque, mais pas tout à fait encore : ils ne jouent pas ensemble, mais leurs titres s'enchaînent.
C'est justement Jonathan Richman qui ouvre le bal, avec un enregistrement produit par Brennan Totten, son producteur attitré de ces années-là. L'arrangement est très travaillé et très réussi, et c'est toujours un plaisir de l'entendre chanter en français. La version instrumentale qui est proposée un peu plus loin sur le disque est un enregistrement différent de la version chantée. Il fait la part belle au jeu de guitare acoustique de Jonathan (avec même un peu de guitare électrique en plus) et est très réussi. Sa version est la plus proche de celle de Bob Azzam, avec celle de Rachid Taha, qui est évidemment parfaitement dans son élément ici et qui "rocke la casbah" avec son interprétation.
Comelade joue avec nos nerfs dans sa version : on a l'impression qu'il la construit élément par élément, et ce n'est que dans le dernier quart des 2'30 qu'elle dure qu'on reconnaît l'air du refrain de la chanson.
On ne peut pas dire non plus qu'on reconnaît beaucoup la chanson de départ dans la version de Solo (mixée par Doctor L.), sauf lors d'un très bref break, qui est dominée par une excellente ligne de basse digne de Jah Wobble. Les deux versions en bonus à la fin du disque avec des sons d'ambiance me plaisent moins
Nicky Skopelitis, avec Bill Laswell à la co-production, donne une autre version instrumentale, de 11'30, qui sonne tèrs orientale, avec des tablas et du sitar.
Grégoire Garriques et Jean Touitou proposent tous deux des versions très rock de "Mustapha". Celle de Grégoire Garrigues, dans un style rockabilly, est chantée dans une langue que j'ai eu du mal à identifier, mais qui semble bien être de l'anglais. Celle de Jean Touitou est plutôt dans un style surf rock, dans un style proche de celui de certains enregistrements de Jonathan Richman, avec l'utilisation d'un effet de son aquatique sur la guitare qui rappelle nombre de disques du genre, et notamment le "Jacques Cousteau" de Plastic Bertrand et Andy Paley.

Ce disque est toujours en vente sur le site d'A.P.C.

22 avril 2007

JONI DEE featuring THE TIMES : Here come the holidays (Voici les vacances)


Acquis chez Rough Trade à Londres début 1984
Réf : POP 50 -- Edité par Art Pop en Angleterre en 1982
Support : 45 tours 17 cm
Titres : JONI DEE featuring THE TIMES : Here come the holidays (Voici les vacances) -/- THE TIMES : Three cheers for the sun

Dans l'esprit de "Il fait beau" d'Helen Love, un disque sorti près de quinze ans plus tôt. Alors que Dan Treacy des Television Personalities fondait Whaam! Records, son compère Ed Ball lançait Art Pop avec ce single, crédité à l'origine sur la pochette à Joni Dee (et Joni Dee featuring The Times au dos), mais sur mon exemplaire, distribué après les premiers succès d'estime de The Times, un autocollant reprenant le logo de The Times pour l'album "This is London" a été apposé sur le nom de Joni Dee.
"Here come the holidays" est un exercice de style de chanson pop légère de vacances, et dans ce style, il est beaucoup moins réussi que "Il fait beau". Déjà, à part l'expression "Voici les vacances", il est chanté entièrement en anglais, le rythme est un peu lourdaud, surtout la basse, et la voix de Joni Dee ne convient pas tout à fait au genre d'esprit léger que visait ce single. Pour écouter Joni Dee dans un bien meilleur contexte, je vous conseille de vous reporter à la face B du "Collapsing new people" de Fad Gadget, sur laquelle elle signe et chante une très belle valse, "Spoil the child", sous le nom de Joni Sackett.
On reconnait quand même bien la patte et le classicisme pop d'Ed Ball sur ce titre. Par moment, notamment quand il y a un break, on pense à son "tube" "I helped Patrick McGoohan escape".
La face B, "Three cheers for the sun", est une version instrumentale plutôt mieux réussie de "Here come the holidays". L'orgue-synthé au son pourri répond à la guitare acoustique et à la guitare électrique à la Shadows, ce qui convient bien à une chanson sur le soleil et qui n'est pas dû au hasard car on trouve gravé sur le disque le message "Out of the shadows".

20 avril 2007

HELEN LOVE vs. BELMONDO


Acquis par correspondance chez Che en Angleterre en 1996
Réf : WJ 4 -- Edité par Wurlitzer Jukebox en Angleterre en 1996
Support : 33 tours souple 17 cm
Titres : BELMONDO : Metroliner -- HELEN LOVE : Il Fait Beau

Pas un nuage ni une goutte de pluie depuis plus de deux semaines, les membres de la liste de discussion sur Jonathan Richman qui s'interrogent sur Helen Love, il était temps de ressortir ce disque.
A l'époque, je commandais régulièrement des disques chez Che, et si j'ai commandé ce flexy d'Helen Love, dont je ne connaissais aucun enregistrement, c'est parce que j'avais beaucoup aimé la reprise de son "Punk boy" par Ash, parce que le titre en français était intrigant, et parce que ce disque souple était presque donné.
C'est Belmondo qui ouvre le bal, un groupe de Washington qui, d'après ce que nous apprend Tweenet, a juste sorti un single chez K.
"Metroliner" n'est pas mauvais, avec un son un peu noisy pop années 80, la basse en avant, mais je n'avais pas dû l'écouter plus de deux fois avant aujourd'hui.
Car le titre mémorable du disque, c'est bien le "Il fait beau" d'Helen Love.
Il est enregistré en France, à Surges (Mappy n'a même pas pu me situer cet endroit), chez la tante de Sheena, pendant les vacances on imagine.
La musique est une pop synthétique bricolo et lo-fi, qui pourrait faire penser à la Lio d' "Amoureux solitaires", et la chanson est effectivement chantée en français, avec tout le charme que les anglo-saxons apportent généralement à cet exercice.
Et pour les paroles elles-mêmes, c'est léger, mais rafraichissant. Ça commence par "Il fait beau, c'est bien, Teenage Fan Club à la radio", après ça se gâte un peu côté prononciation : "Nousse mangeons tu et moi", puis un truc que je comprends pas qui commence par "Plastique plastique".
C'est vers le milieu de la chanson que vient la référence qui augmente encore la bonne humeur de l'auditeur : "Regarde le soleil dans le ciel, Jonathan Richman à la radio, il fait beau, c'est bien".
On trouve aussi "Il fait beau" sur la compilation CD "Radio hits 2" d'Helen Love, sortie en 1997.

15 avril 2007

MISSING SCIENTISTS : Big city, bright lights


Acquis d'occasion probablement dans un Record & Tape Exchange à Londres vers la fin 1983
Acquis en solde en France peut-être bien chez Royer à Epernay dans la seconde moitié des années 1980
Réf : RT 057 -- Edité par Rough Trade en Angleterre en 1980
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Big city, bright lights -/- Discotheque X

Je crois bien que, quand je suis tombé sur ce disque la première fois, je venais juste d'apprendre qu'il avait un lien avec les Television Personalities, mais je ne les avais pas encore vus en concert, et donc je n'avais pas encore rencontré Joe Foster. La deuxième fois, j'ai trouvé un exemplaire en meilleur état à 20 F soldé 12, et je l'ai pris comme "copie de sauvegarde".
Joe Foster est surtout connu comme un ancien membre des Television Personalities, comme le producteur maison des premières années de Creation Records, puis comme le fondateur du label Rev-Ola. Mais avant de sortir deux singles et un album dans les années 80 sous le nom de Slaughter Joe, il avait aussi sorti au tout début de la décennie ce single sous le pseudonyme des Missing Scientists. Au moment où ce disque est sorti, les membres de la nébuleuse Television Personalities sortaient des disques dans tous les sens, sous les noms les plus divers : The Gifted Children, The Times, Teenage Filmstars...
Ce single est intéressant car il est sorti par Rough Trade Records, mais il est enregistré au Blackwing Studio, l'antre de Mute Records, avec Eric Radcliffe et John Fryer comme ingénieurs du son, Larry Least à la co-production et Jacki au synthé. Ces deux derniers noms étant ceux respectivement du producteur et d'un membre des Silicon Teens, et ce sont des pseudonymes d'une seule et même personne, Daniel Miller, le fondateur de Mute Records. C'est à ma connaissance la seule apparition créditée comme telle des Silicon Teens en-dehors de leurs propres disques, et leur contribution est marquante car leur patte se reconnait fort bien dans le solo au synthé de la face A du disque. Les autres participants à cet enregistrement sont DanDan, soit Dan Treacy, des Television Personalities, et Empire, le batteur des Swell Maps.
La face A est une reprise assez fidèle d'un excellent hit reggae anglais de Dandy Livingstone. Joe Foster assure lui-même à la basse et au chant. L'original date de 1972, mais il y avait déjà un synthé bien en évidence dessus.
Dans une interview, Dan Treacy explique que la face B, "Discotheque X", a été improvisée en studio. On veut bien le croire. Le titre n'est cependant pas désagréable à écouter, une fois de temps en temps, avec une bonne rythmique, reggae également, sur laquelle on entend des bouts de dialogue.

14 avril 2007

SILICON TEENS : Memphis Tennessee


Acquis sur le vide-grenier de Bisseuil le 8 avril 2007
Réf : 6079 800 -- Edité par Mercury en France en 1979 -- Echantillon gratuit -- Vente interdite
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Memphis Tennessee -/- Chip 'n' roll

J'ai dû sélectionner avec bien du mal quatre autres 45 tours dans le carton pour faire un lot de cinq à un euro et me procurer celui-ci. Il faut dire que, à part sur cette page de l'excellent site Vinyl Vidi Vici, je n'avais jamais vu ce disque nulle part. Il a dû être très peu distribué, contrairement à l'autre single des Silicon Teens sorti en France, "Red river rock", qui fut presque un tube chez nous après avoir été sélectionné pour être l'indicatif d'une émission d'Europe 1.
Une fois rentré à la maison, je me suis aperçu que le disque était cassé sur une moitié de son diamètre (mais il passe en sautant à peine). Déjà que la pochette est moche comme tout... Mais c'est pas grave, de toute façon j'ai déjà ces deux chansons depuis la sortie de "Music for parties", l'unique album des Silicon Teens en 1980, et je suis quand même très content d'avoir mis la main sur ce disque car, depuis quelques semaines, les Silicon Teens sont redevenus d'actualité pour moi, notamment à cause de ce clip pour "Memphis, Tennessee" apparu sur YouTube il y a quelques semaines.
Il a beau avoir été mis un ligne par un "gars français" (Frenchbloke), je peux vous assurer qu'à l'époque il n'a pas dû être beaucoup diffusé sur nos trois chaînes de télé ! Et même si je l'avais vu en 1980, les photos de Frank Tovey de Fad Gadget étaient tellement rares à ce moment-là que je ne l'aurais probablement pas reconnu dans le rôle du chanteur des Silicon Teens. Je dis bien le rôle, car il est de notoriété publique que les Silicon Teens, présentés comme un quatuor de jeunes gens férus d'électro-pop, se réduisent en fait à Daniel Miller, alias The Normal, le fondateur de Mute Records. Pour faire croire qu'il n'était pas tout seul, Miller a même poussé le vice jusqu'à créditer certains des rares originaux des Silicon Teens, comme "Chip 'n' roll" ici, au producteur du disque, Larry Least, qui semble bien n'être qu'un autre des pseudonymes de Miller lui-même !
Pour qui aime la techno-pop, ce disque est un régal. Outre qu'elle est excellente, la reprise de "Memphis, Tennessee" a pour immense avantage de rendre les paroles de Chuck Berry très intelligibles, ce qui met en valeur leur grande qualité et l'intelligence de la construction de la chanson (à l'origine en 1959 une simple face B de single, mais qui a eu plus de succès en Angleterre que sa face A, "Back in the USA").
Quant à "Chip 'n' roll", des quatre titres originaux écrits par les Silicon Teens (tous les autres sont des reprises de tubes pop-rock des fifties et sixties"), c'est le seul qui s'amuse à parodier tous les clichés du rock, ce qui fait qu'au bout du compte cet instrumental est très proche de la reprise "Red river rock".

13 avril 2007

GENERAL ALCAZAR : Des sirènes et des hommes


Acquis au Hall du Livre à Nancy en janvier 2007
Réf : CL 05 -- Edité par Chant Libre en France en 2000
Support : CD 12 cm
15 titres

Depuis que j'ai fait la connaissance des chansons de Général Alcazar au moment de la sortie de "La position du tirailleur" en 1998, je suis de près ses productions, même si j'ai parfois du mal à m'acclimater à son chant relativement peu mélodieux.
Je n'ai écouté qu'une fois son dernier album en date, "Les loges de la lenteur" (Oups, apparemment il y en a encore un plus récent, "Les singulières", sorti cette année), mais il m'a beaucoup plu, bien plus que l'un des précédents, "Le rude et le sensible". Reste que c'est celui-ci, "Des sirènes et des hommes", qui me semble être dans son ensemble sa plus grande réussite. Je l'avais emprunté à la Médiathèque au moment de sa sortie, et j'ai été tout content de tomber sur cet exemplaire en solde, avec sa pochette cartonnée ouvrante et ses belles illustrations.
Comme beaucoup j'imagine, je suis venu à m'intéresser aux disques de Général Alcazar grâce à la connexion Pascal Comelade : Patrick Chenière a contribué pendant des années à la musique de Comelade, que ce soit sur disque ou sur scène avec le Bel Canto Orquestra, il n'est donc pas étonnant qu'on retrouve au fil de ses disques des sons ou des tournures musicales qui rappellent l'univers musical de Comelade. Le cas le plus flagrant ici est "La jeune femme en bleu", un instrumental signé Véronique Fis (la joueuse de claviers du groupe), mais c'est aussi vrai pour "Le bleu tahitien", mais là le contraire serait vraiment étonnant car ce titre est composé et joué au piano par Comelade lui-même ! Une des grandes réussites du disque est d'ailleurs un hommage même pas déguisé (il y a une référence à Vernet-les-Bains) à Comelade, "L'homme en noir".
Mais ce serait une grave erreur de réduire ce disque à un sous-produit de la galaxie Comelade. Général Alcazar a son propre univers, admirablement décliné ici autour d'un fil rouge assez lâche, celui de la sirène et des mers du Sud, qui produit quelques-unes des meilleures chansons de l'album, comme "Aloha, aloha", "Une sirène et un homme" et "Le bureau des longitudes" ("Non, je ne vends que du vent, en toute impunité").
Parmi les autres chansons que j'aime vraiment bien sur ce disque, il y a "La prudence", qui est un rare exemple réussi de chanson à message d'éducation et de prévention adressé à des enfants (contre le risque d'agression pédophile), "Nous sommes d'accord" et "L'heure du loup".

09 avril 2007

MARCEL AZZOLA : Western gala


Acquis au Troc de l'Île de Villeurbanne le 20 février 2006
Réf : FY 2375 M -- Edité par Festival en France vers 1963
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Rocky Mountain yodel -- Carry me back to Old Virginia -/- Wild geese (Mon vieux Joë) -- Allez allez mon troupeau

Je l'avoue, celui-ci je l'ai acheté, d'abord parce qu'il était en bon état et que j'aimais bien l'affiche de recherche de Marcel Rocky Azzola sur la pochette façon western, et aussi parce qu'il y avait dessus "Allez allez mon troupeau", la chanson popularisée en France par Hugues Aufray, une de mes préférées des classiques de colonie de vacances, mais aussi tout simplement dans l'espoir que le disque me plairait assez pour que j'en parle ici.
J'ai ramené le disque à la maison, je l'ai écouté, j'ai été un peu déçu, et je l'ai rangé. Et puis, le mois dernier, j'entends France Info annoncer que Marcel Azzola va se produire pendant le week-end à Metz. Tout content d'apprendre que M. Azzola a toujours bon pied bon oeil, j'ai ressorti mon disque de l' "Oscar mondial de l'accordéon" (C'est amusant, un peu comme les boulangers de Nancy affichent presque tous un Prix gagné pour leur pâté lorrain à la foire locale, les accordéonistes avaient très souvent dans les années 1950-1960 un titre de gloire/argument de vente sur leurs pochettes de disque. Pour André Verchuren, sur le même label, c'était "grand prix du disque").
Je trouve toujours les deux titres country and western de la face A très banals, par contre, j'aime en fait beaucoup la face B.
Le premier titre est une reprise de "Wild geese", un hit instrumental à la Shadows du guitariste hollandais Eddy Christiani. La chanson originale est excellente (on peut en voir un court extrait vidéo ici), et cette reprise est certes un peu moins sauvage, mais c'est un très bon titre, le meilleur du disque.
"Allez allez mon troupeau", on aime ou on aime pas, mais moi j'ai toujours aimé. Et avec cette version instrumentale, j'ai maintenant un accompagnement pour chanter "Ce soir la lune est belle et au creux des chemins, je sens l'herbe nouvelle, le printemps n'est pas loin, sous la dernière neige, bondissent les ruisseaux, allez, allez, allez allez mon troupeau" !

08 avril 2007

MOMUS : The hairstyle of the devil


Acquis chez New Rose à Paris en 1989
Réf : CRE 63 -- Edité par Creation en Angleterre en 1989
Support : 45 tours 17 cm
Titres : The hairstyle of the devil -/- Amongst women only

A cette époque, je n'étais pas en contact avec Creation, et donc ils ne m'envoyaient pas de disques. Celui-ci, je l'ai acheté en bénéficiant d'une opération commerciale que le label avait lancée dans la foulée du succès de la compilation "Doing it for the kids" : proposer les nouveaux 45 tours en édition limitée à 99 pence, sans pochette.
New Rose répercutant les prix anglais honnêtement, en achetant ce single plutôt que le maxi, j'ai perdu une minute de la face A, un des deux titres de la face B et la pochette où l'on voit Momus installé chez un coiffeur à l'ancienne, mais j'ai économisé presque trente francs...
Soyons clair, "Hairstyle of the devil" est l'un des titres de Momus que je préfère. C'est celui que je ferais écouter en premier à quelqu'un qui ne le connait pas du tout. Quand il enregistre ce titre, il s'est déjà éloigné de ses débuts de chanteur acoustique à texte, mais n'a pas encore plongé dans tout électronique. "Hairstyle..." est son tube disco, un disco hi-NRG à la New Order, proche de celui du "Walk like a man" de Divine. Mais, comme il s'agit de Momus, ce disco est le support d'un texte très élaboré et très réussi sur un triangle amoureux bizarre dont l'une des pointes est le diable en personne, le narrateur de la chanson, et le thème central peut-être "le charisme inexplicable du rival", et la jalousie bien sûr. Le ton n'est pas très éloigné de celui de "Sympathy for the devil", et Momus cite d'ailleurs le classique des Stones tout à la fin de sa chanson.
Un texte très réussi, un chant détaché où Momus n'essaie surtout pas de jouer à la disco diva, mais une musique disco entraînante très réussie : Momus aurait pu obtenir avec ce single un tube énorme (ça a été un de ses plus gros succès dans les charts indépendants, mais c'est tout). Sauf que le clip de la chanson, visible ici, probablement réalisé avec un budget quasi nul, ne donne absolument pas envie d'aller s'éclater sur une piste de danse !
Attention, cette chanson a eu une longue vie depuis sa parution originale, mais c'est vraiment cette version originale que je trouve indispensable. On la trouve sur l'album "Don't stop the night", sorti quelques mois plus tard, mais seulement sur le CD, pas sur le vinyl. Par contre, pour la compilation "Monsters of love" sortie en 1990, la chanson a été remixée par Dave Ball et Richard Norris de The Grid, et c'est un désastre car une bonne partie de la dynamique qui fait le succès de la chanson s'est perdue dans l'opération.
Momus en a enregistré une nouvelle version en 1995 pour l'album "Slender sherbet", que je ne connais pas, et il a encore remis son ouvrage sur le métier en 1997 sur l'album "Ping pong" puisque "Shoesize of the Angel" est une chanson dans laquelle la situation décrite dans "Hairstyle of the devil" est inversée, et la musique est la même, mais à l'envers !

07 avril 2007

MAGAZINE : About the weather


Acquis chez New Rose à Paris en 1981
Réf : VS 412-12 -- Edité par Virgin en Angleterre en 1981
Support : 45 tours 30 cm
Titres : About the weather -/- In the dark - The operative

Entre la sortie de ce disque début mai 1981 et celle de l'album qu'il annonçait "Magic, murder and the weather" à la mi-juin, Howard Devoto avait annoncé qu'il quittait le groupe qu'il avait fondé, et donc que Magazine s'arrêtait, après quatre ans et autant d'albums studio.
Puisqu'il est question de météo sur la face A, je crois me souvenir qu'il faisait un grand beau temps, chaud et ensoleillé, le jour où j'ai acheté ce disque. Ce qui signifie que c'était probablement vers juin-juillet 1981, même si je ne retrouve pas de trace de ce voyage à Paris.
"About the weather" est tout à fait dans la lignée des singles sortis par Magazine en 1980, comme "Upside down" ou "Sweetheart contract", qui lui avaient valu de connaître ses premières ébauches de succès, et proche aussi de "Rainy season", l'autre single à tonalité météorologique qui serait la première parution solo de Devoto en 1983. C'est une chanson que je trouve agréable, rythmée avec une basse un peu funky bien marquée, mais sans plus, même si je trouve qu'elle s'améliore dans toute la partie finale quand Devoto répète à l'envi "I'm so changeable, it's so frightening". En tout cas, c'est loin d'être ma chanson préférée de l'album.
En face B, "In the dark", composée par Barry Adamson, est une bonne face B, sombre, comme son titre l'indique, avec un son très new wave. Par contre, "The operative" est bien mieux que ça, et aurait vraiment dû être incluse sur l'album. Composée par Devoto et le batteur John Doyle, elle est basée sur un petit rythme de batterie sympa, auqel répondent quelques notes de piano.
Ces deux faces B ont été reprises en 1990 sur la compilation "Scree", en 2000 dans le coffret "(Maybe it's right to be nervous now"), et elles figurent en bonus sur la réédition remasterisée de "Magic, murder and the weather" qui vient sortir (les trois autres albums sont également réédités, avec aussi des bonus).

06 avril 2007

The best of SHEL SILVERSTEIN : His words his songs his friends


Acquis par correspondance chez Glitterhouse en Allemagne en septembre 2005
Réf : CK 94722 -- Edité par Columbia en aux Etats-Unis en 2005
Support : CD 12 cm
25 titres

C'est en cherchant à en savoir plus sur l'auteur des chansons de Johnny Cash "A boy named Sue" et "Boa constrictor" que j'ai commencé à m'intéresser à Shel Silverstein. En 2004, j'ai d'abord trouvé une paire de MP3s qui m'ont bien plu, et j'avais envisagé d'acheter un de ses albums quand j'ai vu ce best-of dans le catalogue Glitterhouse. Je me suis précipité dessus.
C'est un disque posthume, Silverstein étant mort en 1999, à 69 ans. En France, je ne l'ai jamais vu mentionné que comme auteur compositeur, mais il a un CV beaucoup plus varié et riche que ça. Aux Etats-Unis, actuellement, il est avant tout connu comme auteur de livres pour la jeunesse, auteur de livres devenus des classiques, au programme des école (ici, on trouve des ressources pour les enseignants). Sur le site officiel qui lui est consacré, qui vise le jeune public, il faut vraiment creuser pour trouver mention de ses autres activités, et on comprend pourquoi : pendant des années, Shel Silverstein a été l'un des dessinateurs vedettes de… Playboy ! Ce n'est qu'ensuite que cet homme au talent multicartes s'est tourné vers la chanson, comme auteur et comme interprète.
C'est justement comme interprète qu'il a peut-être eu le moins de succès, pourtant il ne manque pas de qualités dans ce domaine. J'aime beaucoup son chant, sûrement parce qu'il met dans sa performance plus de cœur et d'énergie que de technique pure. Comme auteur compositeur, il a une carte de visite en or, avec des classiques comme "The unicorn song", "A boy named Sue", "Marie Lavaux", "Daddy, what if", "The ballad of Lucy Jordan".
En pensant à ce parcours d'un gars avec une réputation bien établie pour des audiences étanches l'une par rapport à l'autre, j'ai eu l'occasion il y a quelques semaines de faire la comparaison avec Tomi Ungerer, connu en France avant tout pour ses livres pour la jeunesse à l'Ecole des Loisirs, mais réputé en Suisse également pour ses dessins "pour adultes". Et voilà-t'y-pas qu'en lisant ici ou des biographies de Shel Silverstein, j'ai appris que Tomi Ungerer et Shel Silverstein étaient amis, et que c'est justement Tomi qui a poussé Shel à publier ses œuvres pour la jeunesse ! Le monde des auteurs pour la jeunesse versatiles doit vraiment être petit…
Contrairement à beaucoup d'autres disques intitulés "The best of", celui-ci constitue un bon point d'entrée dans le monde des chansons de Shel Silverstein, même si, pour des raisons contractuelles, il est loin de couvrir tout son parcours (il n'y a notamment aucun titre de "The great Conch train robbery", alors que les deux que je connais, "So good to so bad" et "June 25 at the fourth of July", sont excellents). Mais ce qui est bien, c'est qu'on retrouve ici, outre Silverstein, une grande partie de ses interprètes les plus connus., notamment Dr. Hook & The Medicine Show, un groupe des années 70 dont les premiers albums ont été intégralement écrits par Silverstein. On les retrouve ici sur quatre titres de 7&-72, "Freakin' at the freakers ball", "Queen of the silver dollar", et mes préférés "Sylvia's mother" et "Cover of the Rolling Stone". Silverstein en a enregistré certains lui-même par ailleurs, mais de toute façon ces versions par Dr. Hook sont très proches dans l'esprit des propres enregistrements de leur auteur.
Par contre, les Irish Rovers avaient enregistré "The unicorn song" en 1968 dans une version très folk qui a eu tellement de succès que cette chanson est devenue leur emblème et un "classique" irlandais, alors que ni son origine ni ses paroles n'ont rien d'irlandais.
Ce n'est sûrement pas un hasard si deux des autres chansons de Silverstein qui se sont le plus vendues, "A boy named Sue" par Johnny Cash et "Marie Lavaux" par Bobby Bare, sont enregistrées en public : c'est probablement dans ces conditions que l'humour de Silverstein fonctionne le mieux, et dans ces deux cas on est particulièrement servis, avec l'histoire du garçon nommé Suzanne qui fait écrouler de rire les détenus de San Quentin et le cri-qui-tue de cochon qu'on égorge que la sorcière vaudou Marie Lavaux réserve aux hommes qui la trahissent.
L'autre très grand succès enregistré en public, "Daddy, what if", par les Bobby Bare père et fils, est lui dans une veine beaucoup plus sage et conservatrice.
Une grande partie de l'album est quand même réservée à Shel Silverstein l'interprète de ses propres compositions. Il y a plein de courts extraits d'albums plus parlés que chantés, avec un accompagnement musical minimal, qui sont des adaptations de ses livres pour la jeunesse, ce qui ne l'empêche pas de s'en donner à cœur joie et d'en faire des tonnes, comme dans "Peanut-butter sandwich" et "Sarah Cynthia Sylvia Stout would not take the garbage out". Et il y a les chansons proprement dites, avec la plus vieille du lot, "Plastic", de 1965, où la voix ma fait un peu penser à Mojo Nixon, la douce "Ickle me, pickle me, tickle me too", la joyeuse "I got stoned and I missed it" et ma préférée, "A front row seat to hear Ole Johnny sing". Celle-ci raconte l'histoire d'un gars qui n'a qu'une obsession dans la vie, avoir un billet au premier rang pour un concert du vieux Johnny (et comme on est aux Etats-Unis, je peux vous assurer qu'il n'est pas question de Jean-Philippe Smet !), avec une participation en clin d'œil d'un certain M. Cash et une chute très bien trouvée.

Ajout du 25 décembre 2009 :

Shel (et Johnny) au Johnny Cash Show le 1er avril 1970 pour un très court duo sur "A boy named Sue" avant que Shel ne donne son interprétation de "Daddy, what if", trois ans avant que Bobby Bare en fasse un tube.

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