06 juillet 2008

LOOK DE BOUK : Bec et ongles


Acquis probablement chez AYAA à Reims en 1992
Réf : T.I.C.0890 -- Edité par AYAA en France fin 1991 ou début 1992
Support : CD 12 cm
24 titres

J'ai eu la chance, par l'intermédiaire de Dorian Feller, de faire la connaissance d'Etienne Himalaya et Kwettap Ieuw, les fondateurs de Look De Bouk, dès 1982, alors que Germain Hubert Alès, le groupe d'Etienne et Dorian, existait encore. J'ai ainsi pu suivre les projets de l'association A l'Automne Alité (Festival des Musiques de Traverses, journal Notes, compilation Douze pour un) et passer d'agréables soirées rue de Courlancy à Reims, à découvrir des musiques nouvelles avec à mes pieds la chienne Truffe, à qui le titre Grasse bailleuse de cet album est dédié.
Quand A.A.A. a changé de statut pour devenir la SARL AYAA et que cette société a eu besoin de fonds propres, j'ai fait l'acquisition d'une action, à 300 ou 500 francs. C'est la première et probablement la dernière fois que je me suis retrouvé actionnaire d'une entreprise ! L'unique action ne m'a jamais rien rapporté, mais je ne regrette pas mon investissement pour autant !
Pour une raison ou pour une autre, probablement parce que j'étais plus occupé avec l'Angleterre et Creation qu'avec ce qui se passait à Reims, j'ai raté le premier album de Look De Bouk, Lacrimae rerum, en 1985. Je l'ai écouté, à la radio et chez Dorian Feller, mais je ne l'ai pas acheté. Par contre, je n'ai pas raté ce deuxième album à sa sortie, vers 1992, pas seulement parce que j'en ai vendu quelques exemplaires que nous avions en dépôt à la Petite Boutique Primitive.
Ce qui me plait dans ce disque, et qui m'a toujours un peu surpris, connaissant les projets précédents d'Etienne comme Germain Hubert Alès ou Noces d'Or, c'est que les morceaux de ce disque sont quasiment intégralement au format chanson, avec le chant et les paroles mis en avant, y compris un nombre énorme de jeux de mots, à commencer par les titres, de Bises cornues à La castratrice chauve.
Ceci étant posé, et n'étant pas à un paradoxe près, je ne crains pas de souligner que mon titre préféré du disque était à l'époque de la sortie et demeure aujourd'hui Inte quanta, un instrumental et qui plus est la seule reprise du disque ! Il s'agit d'un titre solo de Lars Hollmer, du groupe Samla Mammas Manna, sorti à l'origine en 1983 sur l'album Från natt idag. AAA avait notamment organisé une tournée de Von Zamla dans la Marne et les Ardennes au début des années 80, avant qu'AYAA édite en 1993 l'album Vandelmassa d'Hollmer.
Inte quanta a fait récemment l'objet d'un nouvel arrangement pour fanfare pour l'album Karussel Musik de la Fanfare Pourpour et de Lars Hollmer. Quel que soit la qualité de cet arrangement, il ne peut pas être aussi délirant et enthousiasmant que celui qu'en propose Look De Bouk : un assaut de kazoos joue la mélodie principale, la basse semble être un "pom pompom" vocal samplé et retravaillé et le solo est joué sur une tonalité aigüe, un son produit par un instrument inconnu, mais qui est peut-être bien aussi une voix très trafiquée. Je crois que ce titre fut un temps utilisé comme indicatif d'une émission de France Culture.
Sur tout le reste du disque, les arrangements très travaillés et les sonorités biscornues sont associés au chant tenu tour à tour par les trois membres du groupe, Etienne Himalaya, Kwettap Ieuw et Denis Tagu, ainsi que par leurs invités, dont Dorian Feller pour une devinette sur Perle des varinettes.
Je l'ai dit, les paroles associent jeux de mots et détournement de proverbes ou de comptines. Au "J'aimerais mieux être un animal" de Gratter pour casser la croute répond la complainte hilarante du cheval dans Le retour du fils de c'ui d'en-haut : "Fils du jockey, sale gosse, le vache me traite de rosse, me méprise et m'éperonne quand sous son cul j'm'époumonne, mais je pars au galop, lui botte le derrière et envoie ce salaud les quatre fers en l'air".
Des vingt-quatre titres, trois seulement dépassent les trois minutes. Le plus long, Les vrais méchants ne meurent jamais, n'est pas le plus mauvais et les six secondes du plus court, Sur un air Galbon Varan, suffisent pour rendre ce titre mémorable.
Je ne vais pas citer tous mes titres préférés, mais La couverture du rat en fait assurément partie, tout comme Surf sur duvet d'oie, avec son chant à l'orientale, Le petit pâtissier, le quasi-rock Carottes et gruyère et Massacre en latinie.
Il s'était passé sept ans entre la parution des deux premiers albums de Look De Bouk. Il a fallu en attendre trois de plus pour les voir jouer des titres de ce disque sur scène à Reims. Ça s'est passé le 17 février 1995 à la Girafe Bleue. Je n'ai pas conservé le détail de la programmation de la soirée, mais je sais qu'il y avait notamment de la musique acousmatique, puisque c'était la première fois que j'entendais cette expression, et je crois bien que Bernard Odot d'A Gethsemani accompagnait Look de Bouk ce soir-là. Quant au troisième album de Look de Bouk, Le monde entier moins le monde entier sans vous, il a été enregistré d'août 1995 à... décembre 2002 et est sorti en 2003 sur InPolysons, le label de Denis Tagu.
InPolysons a également réédité Bec et ongles, mais malheureusement cette réédition est elle-même épuisée mais, sans chercher longtemps on trouve encore facilement des exemplaires de ce disque à bon prix. Et, en attendant de recevoir son exemplaire, on peut se délecter avec le clip de La couverture du rat, fourni à l'origine en bonus du troisième album.

Aucun commentaire:

LinkWithin

Linkwithin