31 janvier 2009

THE DEAD 60'S : Riot radio


Acquis au Petit Bazar Primitif à Reims le 25 janvier 2009
Réf : SAMPCS 15033 1 -- Edité par Deltasonic Records 2002 en Angleterre en 2005 -- Promo only - Not for sale
Support : CD 12 cm
Titre : Riot radio

C'étaient les portes ouvertes de La Radio Primitive, qui a démarré comme radio pirate à Reims sous le nom de Radio Manie-Vesle il y a trente ans maintenant. J'ai donc trouvé tout à fait approprié de me procurer à l'occasion du Petit Bazar Primitif ce single promo où il est question d'émeute à la radio !
L'an dernier, Bob Morlock m'avait prêté le premier album des Dead 60's, dont ce single est extrait. Quand je le lui ai rendu, il avait été un peu surpris que je lui dise que j'avais trouvé ça sympa, sans plus. Lui trouvait qu'il contenait quelques titres vraiment excellents, dont Riot radio. Ces titres, je les avais trouvés pas mal, mais il m'est impossible de m'y investir pleinement car, privilège de l'âge, j'ai beaucoup trop baigné dans la musique originale qui a influencé les Dead 60's pour apprécier leur musique avec une oreille neuve.
Je crois que la première fois que ça m'a fait ça, c'est avec Elastica en 1995. Il faut dire qu'Elastica avait carrément pompé des mélodies ou des bouts de chansons de Wire. Riot radio ne pompe personne en particulier il me semble, et leur son ne me rappelle pas un groupe précis (les plus proches étant peut-être les Members, à mi-chemin entre Clash et XTC), mais leur musique à base de guitares angulaires, d'énergie punk, de rythmiques ska et d'inventivité new wave utilise uniquement des ingrédients dans lesquels j'ai trop longtemps baigné pour encore apprécier leur saveur quand je les trouve réutilisés tels quels des décennies plus tard.
Ça n'empêche que Riot radio, dont la pochette pousse le côté rétro jusqu'à utiliser le logo de l'opération Home taping is killing music (leur single Ghostfaced killer reproduit aussi ce logo, en gros plan), est un titre effectivement agréable, pas mauvais. Il a tout simplement un trop fort goût de déjà-vu pour moi...

Les Dead 60's se sont séparés début 2008, après leur deuxième album. Comme Riot radio est sorti deux fois en single, il y a deux clips différents, la version 1 et la version 2.

30 janvier 2009

LA GUITARE EN 10 LEÇONS


Offert par le Père Noël à Châlons-sur-Marne le 24 décembre 1972
Réf : EX 45 384 ADA -- Edité par Unidisc en France au début des années 1970
Support : 33 tours 17 cm
10 titres

Voici un billet un peu particulier aujourd'hui, puisqu'il s'agit du 500e de Blogonzeureux!, 3 ans et 3 mois tout pile après le premier, consacré à un bel EP français de Tennessee Ernie Ford.
Quand j'ai démarré Blogonzeureux! avec ce principe de chroniques de tranches de vie à partir de mes rondelles discographiques, je savais que j'avais de la matière devant moi pour un bon bout de temps. Ce que je n'avais pas imaginé, c'est que je continuerais à acheter des disques qui m'intéressent à un rythme aussi soutenu : je n'ai pas fait de calcul, mais la proportion de billets chroniquant des acquisitions faites après le démarrage de Blogonzeureux! est bien supérieure à tout ce que j'aurais pu imaginer. Ce qui signifie que, non seulement il me reste de la matière première, mais en plus les stocks ne diminuent pas. Rendez-vous pour le n° 1000, alors !

Pour ce disque-ci, une fois n'est pas coutume, je vous propose de commencer par écouter le premier titre du disque, Accord de la guitare :

Avec le recul, quand j'entends ça, je me dis que, même si je n'avais probablement aucune aptitude pour être musicien (ce dont je suis à peu près persuadé), je ne risquais pas de le devenir avec cette "Méthode infaillible pour vous accompagner à la guitare. Expérimentée par 10 000 jeunes. Aucune connaissance musicale antérieure n'est nécessaire", comme il est indiqué de façon excessivement mensongère au dos de la pochette : si, rien que pour accorder sa guitare (c'était avant les accordeurs électroniques, est-il besoin de le souligner ?) il faut à la fois chanter juste A la claire fontaine et La Marseillaise (ce dont je suis bien incapable) et savoir accorder une corde pile deux octaves sous une autre (quoi ? keskidi ?), imaginez le calvaire du "jeune" quand il s'agit de commencer effectivement à jouer de son instrument !!

Ce disque m'a été offert avec ma première guitare, non pas pour mes dix ans comme je le croyais et comme je l'ai indiqué sur mon profil Blogger, mais le Noël précédent, comme l'atteste la date indiquée sur l'album photo familial, sur lequel j'ai mis la main :


Précisons que le livre-disque Nana Mouskouri chante Noël qu'on aperçoit au sol sur la première photo n'était sûrement pas un cadeau du jour : on le sortait chaque année pour l'ambiance...
Veuillez noter aussi avec quel naturel, quelques secondes seulement après avoir déballé l'objet, je prends en main la guitare, sans sangle, comme le fait Jonathan Richman depuis quelques années maintenant. Admirez d'ailleurs ce même naturel, toujours sans sangle, près de quinze ans dans plus tard, dans une photo-posée frime prise pour la promotion de JC Brouchard par Philippe Roger, sur le balcon qui menait à l'appartement de Dave Evans et Paul Rosen :

Au moment où cette dernière photo a été prise, j'avais depuis longtemps abandonné toute velléité d'apprendre à jouer de la guitare, mais je n'ai pas rendu les armes sans combattre.
Déjà, vers 193-1974, j'ai pris quelques leçons de guitare avec Daniel V., qui avait été mon moniteur en camp de vacances. Daniel, un fils d'assureur qui a depuis repris le cabinet de son père, avait une superbe guitare acoustique douze cordes et il en jouait très bien. Il a tenté de m'enseigner les accords de base et les rudiments du jeu de guitare pendant quelques séances, gratuitement je crois. Je le remercie de sa gentillesse et de sa persévérance !
Persévérant, je l'étais aussi puisque j'ai fait l'acquisition à Carrefour à peu près au même moment d'une autre méthode de guitare :

Je ne savais pas quand je l'ai achetée que S.L.C. était l'abbréviation de Salut les copains. Là encore, malgré le talent de guitariste de Mickey Baker, cette méthode m'a été de peu d'utilité. D'autant plus que j'ai acheté le livret seul, alors qu'il existe un 25cm d'accompagnement édité par Polydor dans les années 60, dont j'ai fait l'acquisition depuis. En tout cas, même avec le slogan "S'amuser à apprendre", cette méthode ne m'a été d'aucune utilité !
J'ai fini par échanger ou revendre ma guitare à mon frère. Il s'est fait la main dessus avant d'acquérir sa première guitare électrique, une copie de Gibson SG. Il en fera bon usage, notamment comme guitariste d'Epsylon.
Cependant, depuis des années, il traîne toujours chez moi au moins une guitare acoustique, généralement au moins en partie écordée, qui me sert à faire de l' "air guitar" solide et sonore en "accompagnant" certains disques quand ça me prend.
La dernière en date de ces guitares a été déplacée il y a quelques temps et se trouve désormais à portée de chat. Hors, depuis une semaine ou deux, mon chat a trouvé un moyen épatant pour me faire lever la nuit lorsqu'il en a envie : il "joue" littéralement de la guitare avec ses griffes. Et la dernière fois, on aurait même dit qu'il tentait d'accorder la guitare (en tout cas, le son qu'il faisait ressemblait à celui que je produis moi quand j'essaie d'accorder une guitare !). Je me demande s'il ne profite pas des périodes où il est seul à la maison pour écouter La guitare en 10 leçons !

Pour conclure en beauté, je vous propose d'écouter en avant-première mondiale un extrait de l'album solo de reprises que je prépare pour Vivonzeureux! Records. Il s'agit d'une version de Desafinado d'Antonio Carlos Jobim. L'idée de reprendre ce titre m'est venue il y a quelques mois, lorsque j'ai pris en cours un reportage d'Arte sur la bossa nova. On y voyait Jobim interpréter cette chanson, avec des sous-titres donnant la traduction des paroles en français qui ont été une révélation pour moi.
C'est une traduction très fidèle des paroles en portugais que je propose, à l'inverse de celle interprétée par Richard Anthony sous le titre Faits pour s'aimer qui, comme souvent chez les yéyés, exprimait l'inverse du sentiment de la chanson originale. La seule fantaisie que je me suis permise c'est — on ne se refait pas — de transcrire "bossa nova" en "new wave" !
Je vous propose donc d'écouter une chanson de circonstance, Désaccordés, par Pol Dodu avec Georges Jouvin, sa trompette d'or et son orchestre (2008) :

25 janvier 2009

THE HALFBREEDS : The foot foot song


Acquis chez Emmaüs à Tours-sur-Marne le 27 décembre 2008
Réf : 45 - 5643 -- Edité par Jubilee aux Etats-Unis en 1968 -- Promotion copy not for sale
Support : 45 tours 17 cm
Titres : The foot foot song -/- Simple melody

Ce disque figure parmi les neuf 45 tours que j'ai ramenés de chez Emmaüs le jour où j'ai acheté le Roy Etzel. Neuf, un multiple de trois car les 45 tours sont en ce moment à 1 € les 3 à Tours-sur-Marne.
Quels ont été mes critères pour intégrer ce 45 tours dans le lot, malgré sa pochette kraft miteuse ? C'était un vieux disque, visiblement, la mention "Vocal with inst. accomp." faisant même penser à ce qu'on trouvait sur les 78 tours. C'est un pressage américain ensuite, et un disque promotionnel pour couronner le tout. Ça suffisait largement pour me convaincre même si, évidemment, je ne connaissais pas du tout ce groupe (ni le label d'ailleurs).
Le lendemain, nous avons écouté ce disque ensemble avec Philippe R., qui m'accompagnait la veille chez Emmaüs.
Nous avons trouvé la face A The foot foot song sympa, sans plus. C'est typiquement une chanson enfantine, chantée en choeur par des enfants ou des jeunes ados. La musique est pop, de la variété bubblegum, et les paroles sont typiques du genre : il y est question de soupe au lapin et de l'un de ces animaux qui s'échappe de la forêt et finit à Hollywood, sous le nom de Bugs Bunny !
Nous avons retourné le disque pour écouté Simple melody et, dès les premières notes, nous nous sommes regardés en nous disant : là, c'est autre chose. Exit le bubblegum, la chanson est acoustique, avec une guitare, une basse (sûrement un guitarrón) et un shaker pour seule percussion. La chanson est aussi simple que son titre l'indique, et les paroles, toujours chantées par des enfants, sont celles d'une chanson d'amour des plus basiques :
Listen to my melody, a simple little melody,
It tells a story, a lovely story.
Listen very carefully, it has this special melody,
It says I want you, it says I love you,
Walking and singing, watching the people as they sing along, as they sing along.
It's a happy melody, it's written just for you and me,
It says I want you, it says I need you,
It says I love you with all my heart.
Pa pa pa pa pa pa pa, pa pa pa pa pa pa pa, pa pa pa pa pa, pa pa pa pa pa.
Walking and singing, watching the people as they sing along, as they sing along.

C'est Philippe qui a trouvé le point de référence le plus approprié pour cette chanson : le jeune Ben Lee des débuts de Noise Addict.
En tout cas, voici un petit joyau tout simple que je suis bien content d'avoir dégotté, et que vous pouvez écouter grâce au radio-blog ci-contre, dans la colonne de droite.

Le plus dur, ça a été d'essayer d'en savoir plus sur ces Halfbreeds (Les Métis). Ce disque ne semble pas absolument rare puisque j'en ai trouvé deux ou trois exemplaires en vente sur le net, mais bizarrement ces exemplaires sont tous des promos comme le mien. Il semble bien cependant que ce disque soit le seul sorti par les Halfbreeds.
Le label, lui, est assez important. Jubilee Records a été fondé en 1949 et s'est fait connaître notamment en révélant The Orioles, réputé pour être le premier groupe vocal de rhythm and blues, c'est à dire l'un des groupes fondateurs du doo-wop.
Jusqu'à sa fermeture au début des années 1970, Jubilee a sorti un nombre impressionnant de 45 tours et d'albums, parmi lesquels on note des disques de Harry Belafonte ou les tous débuts d'Emmylou Harris.
Je présume que l'arrangeur de la face A, Irving Spice, qui avait été un temps l'un des dirigeants de Mohawk Records, avait des responsabilités au sein de Jubilee au moment de la sortie de ce disque.
Mais c'est la face B qui nous intéresse. Nous avons comme indication l'auteur de la chanson, Reuben Steven Ortiz et l'arrangeur Reuben Ortiz. Après quelques tatonnements, il s'avère en fait que les auteurs de la chanson sont deux frères, Reuben et Steven Ortiz, membres avec leur soeur Anita des Coronados, un groupe pop (rien à voir avec les français des années 80) qui a sorti plusieurs singles chez Jubilee, et un album, Hey, love !, en 1969.
Le livre de Mary Caroline Montaño Tradiciones Nuevomexicanas: Hispano Arts and Culture of New Mexico, édité par l'Université du Nouveau Mexique en 2001 et dont on peut consulter de larges extraits ici, m'a apporté de nombreuses informations sur la famille Ortiz.
Les membres des Coronados étaient des enfants de la balle. Leurs parents, comme leurs grands-parents, avaient un cirque, sous le nom de la compaña Hermano Ortiz. Leur père Jose Torres Ortiz était un clown, mais ses enfants ont vite préféré la chanson. Les fils ont commencé à chanter à quatre et cinq ans et ils ont fondé avec leur soeur Anita le Trio Ortiz dès 1949, trio qui est devenu ensuite The Coronados.
Le groupe a eu un certain succès et est passé de nombreuses fois à la télévision, où il a même un temps animé sa propre émission. Dans les années soixante, le chanteur country Eddie Arnold a enregistré le poème de Steve Ortiz Poor boy.
Steve Ortiz est toujours en activité et on peut louer ses talents de chanteur-guitariste mariachi.

Bon d'accord, c'est bien toutes ces informations sur les Coronados, mais qu'en est-il des Halfbreeds ?
Sur eux, je n'ai rien trouvé. Une chose est sûre, ce ne sont pas les Coronados qui chantent sur le disque. Comme la pochette de leur album de 1969 le confirme, ils étaient adultes à cette époque :

Et justement, comme ils étaient adultes, je ne pense pas trop m'avancer en supposant que les Halfbreeds étaient des enfants ou des neveux de la fratrie Ortiz, soit au moins la quatrième génération de la famille Ortiz à faire du spectacle !

24 janvier 2009

THE STOOGES featuring IGGY POP : No fun


Acquis chez Our Price à Londres vers 1984
Réf : K52234 -- Edité par Elektra en Angleterre en 1980
Support : 33 tours 30 cm
9 titres

Our Price, c'était une chaîne de disquaires qu'on trouvait à un moment dans les années 1980 quasiment à chaque coin de rue en Angleterre. Il y avait un choix généraliste assez large, les prix étaient moyens, mais on pouvait faire de bonnes affaire avec les singles qui venaient de sortir ou au moment des soldes, comme pour ce disque qui avait été démarqué plusieurs fois avant que je l'achète.
Les fans d'Iggy et les Stooges ne connaissent peut-être pas trop cette pochette d'album avec Iggy et ses gants à paillettes. C'est normal : ce n'est pas un véritable album des Stooges, juste une compilation des deux premiers disques du groupe parus chez Elektra en 1969 et 1970 , The Stooges et Fun house. Je ne sais pas trop pour quelle raison Elektra a pu éditer ce disque à ce moment précis, en 1980. Iggy Pop, avec ses albums New values et Soldier, n'était pas au mieux commercialement. Peut-être que c'est tout simplement parce que, des Sex Pistols à Howard Devoto, en passant par des dizaines d'autres, les groupes punks et new wave continuaient de citer les Stooges comme une influence majeure. En tout cas, pour ce qui me concerne, c'est pour en savoir un peu plus sur les Stooges et pour avoir enfin les versions originales de No fun et I wanna be your dog que j'ai acheté ce disque pas cher, parce que mes groupes préférés du moment les citaient ou les reprenaient à tout bout de champ et aussi bien sûr parce que les Stooges, avec le Velvet Underground, étaient cités partout comme une influence revendiquée des Modern Lovers.
Alors, qu'est-ce qu'on trouve sur ce No fun ? Pas de raretés, donc, mais tous les classiques des débuts des Stooges sans exception sauf erreur de ma part, avec quatre titres du premier album (1969, Real cool time, No fun et I wanna be your dog) et cinq de Fun house (Dirt, Down on the street, Loose, T.V. eye et 1970 (I feel alright)). Ce qui veut dire qu'on échappe à des titres longs comme We will fall (10'18) et Fun house (7'45), que je ne connais pas en fait mais qui sont peut-être essentiels : après tout, le titre le plus long ici (Dirt, 7') est excellent de bout en bout.
Si, lorsque j'ai écouté ce disque à l'époque de son achat, j'ai bien reconnu les chansons reprises par les Sex Pistols ou Dr. Mix & the Remix, et repéré l'influence que les Stooges avaient eue sur des groupes que j'aimais, notamment sur les Modern Lovers, mais pas tant que ça pour Magazine, je suis aujourd'hui mieux en mesure d'identifier les ingrédients qui ont permis aux Stooges eux-mêmes de concocter leur rock'n'roll ultra-pimenté, qui n'est pas sorti de nulle part. Les premières notes du disque sont édifiantes sur ce point : les quelques secondes d'intro de 1969 sont très bluesy, et après le premier "Alright" d'Iggy, c'est quasiment un Diddley beat qui démarre. Musicalement, ce rock blues blanc électrique et déjanté n'est pas si loin que ça de celui du premier album de Captain Beefheart, mais c'est au niveau des paroles qu'Iggy innove (même si côté chant on sent parfois fortement l'influence de Mick Jagger) car 1969 et No fun sont des hymnes punks existentiels avant la lettre et I wanna be your dog est un classique punk tout court !
Sans connaître les deux albums dans leur intégralité, il est évident que je suis plus un fan de The Stooges ,produit par John Cale, que de Fun house : mes titres préférés (1969, No fun et I wanna be your dog encore eux) sont tous extraits du premier disque. Parmi les extraits de Fun house, mon préféré est Dirt, avec son son de basse déjà très seventies, qu'on dirait joué avec du Fender Rhodes ou avec des pédales et j'aime aussi beaucoup 1970 (avant que le saxo ramène sa fraise...) mais je place ce titre un cran en-dessous de ceux enregistrés en 1969 !

18 janvier 2009

THE WATTS 103rd STREET RHYTHM BAND : Till you get enough


Acquis sur le vide-grenier de la rue de l'Hôpital à Epernay le 2 novembre 2008
Réf : WV 51128 -- Edité par Warner/Vogue en France en 1969
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Till you get enough -/- Light my fire

Pour avoir ce disque, il m'a fallu de la persévérance et un peu de chance...
C'était sur le premier stand où j'ai acheté des disques ce jour-là, juste avant de tomber sur le Jeff Beck au second.
La femme avait juste l'équivalent de deux cartons à chaussures de 45 tours et un des premiers disques que je vois, c'est celui-là et je suis tout content : la mention "Spécial Badaboum" aurait pu suffire à m'intéresser, mais en plus je connais le Watts 103rd Street Rhythm Band de Charles Wright depuis que N.W.A. a samplé repris sans le créditer leur Express yourself en 1989. Mais je n'avais jamais vu un de leurs disques !
Las, en sortant le disque de sa pochette, je me rends compte que ce n'est pas le bon. Et au fur et à mesure que je progresse dans les cartons, je repère plusieurs pochettes intéressantes et à chaque fois c'est un autre disque qui est dedans. Il m'a fallu un peu de temps pour remarquer que ces pochettes avaient toutes une demie-étiquette d'écolier collée dessus avec un nom et un titre. Pour le Watts Band, C'était "Alain Patrick Concerto" et effectivement c'était le célèbre Concerto pour un été dudit Alain Patrick qui était dedans.
Là, je me suis dit que c'était mort : ça faisait tellement longtemps que les disques étaient dissociés des pochettes que quelqu'un avait pris la peine de les réétiqueter. J'ai signalé à la vendeuse que nombre de ses pochettes ne contenaient pas le bon disque, mais à 1 € les deux 45 tours, ça ne lui a fait ni chaud ni froid.
J'ai continué à regarder les disques et, à un moment, alors que j'en sortais encore un de sa pochette pour voir si c'était le bon, j'ai remarqué que le titre sur l'étiquette était Light my fire. Une reprise des Doors ça peut toujours être intéressant. J'ai sorti complètement le disque et c'est seulement là que j'ai vu qu'il s'agissait en fait de la face B du 45 tours du Watts 103rd Street Rhythm Band. Bingo !!! J'ai fait un échange pour remettre le bon disque dans la bonne pochette, j'en ai pris un autre pour faire le lot à 1 € (Elle de Santa-Maria, sur la foi de l'époque et de la pochette, mais ça c'est révélé très décevant) et j'avais à peine le temps de me remettre de ma joie que je tombais trente secondes plus tard sur le 45 tours de Jeff Beck !
Ce que je ne savais pas du Watts 103rd Street Rhythm Band, c'est que c'est loin d'être un groupe underground : ils ont eu neuf hits aux Etats-Unis entre 1967 et 1973, Express yourself étant le plus connu. Ce 45 tours est extrait du troisième album, So long, babe.
Pour les besoins du single, Till you get enough a été réduit d'une grosse minute par rapport à la version de l'album. C'est sûrement dommage car c'est un titre qui fonctionne surtout à partir d'un groove, le genre de truc qui met du temps à s'installer. Pour rester en 1969, même si c'est dans des genres différents, ça me fait un peu penser à l'écoute à mon 45 tours de Pharoah Sanders ou à l'Art Ensemble of Chicago sur Comme à la radio de Brigitte Fontaine et Areski.
La version de Light my fire surprend au premier abord car il n'y a pas du tout d'orgue. Elle est très alanguie par rapport à la version des Doors, presque un peu bossa, avec basse, guitare acoustique et banjo dans la première partie. Les cuivres et la guitare électrique entrent en jeu ensuite. Une réussite.

De très nombreux extraits de chansons du groupe sont en écoute sur le site officiel de Charles Wright.
De nombreux titres, dont les deux faces de ce 45 tours, sont en écoute en intégralité sur Music Me.

17 janvier 2009

MAGAZINE : Sweetheart contract


Acquis probablement à La Clé de Sol à Châlons-sur-Marne, sinon chez New Rose à Paris en 1980
Réf : VS 368-12 -- Edité par Virgin en Angleterre en 1980
Support : 45 tours 30 cm
Titres : Sweetheart contract -- Feed the enemy -/- Twenty years ago -- Shot by both sides

Apparemment, il était prévu que la sortie en mai 1980 du troisième album de Magazine, The correct use of soap, soit accompagnée d'une série de trois singles, avec tous une pochette sobre en carton retourné qui rappelle le design de celle de l'album. Deux sont sortis début 1980, le bizarre et excellent A song from under the floorboards et la reprise décalée du Thank you (Falentinme be mice elf again) de Sly Stone. Le troisième est sorti quinze jours après l'album et, très bizarrement, ni la face A Upside down, ni la face B (une nouvelle version de The light pours out of me, sortie à l'origine sur l'album Real life) ne figurent sur The correct use of soap.
Je ne sais pas si Upside down a bénéficié du succès de la chanson éponyme de Diana Ross au même moment, toujours est-il que cette bonne chanson un peu poppy de Magazine, dont le refrain reste bien en tête, a été leur plus grand succès dans les charts anglais.
C'est sûrement pour capitaliser sur ce succès que la série de trois singles est devenue une série de quatre avec la sortie de Sweetheart contract en juillet 1980, en deux formats, un double 45 tours et ce maxi. Si j'avais le choix aujourd'hui, je crois que je préfèrerais le double 45 tours, que je pourrais en plus ranger à côté des trois autres, mais je pense qu'à l'époque seul le maxi avait été importé dans le magasin où je l'ai acheté. Si on m'avait demandé mon avis, ce n'est sûrement pas Sweetheart contract que j'aurais proposé comme troisième extrait de l'album. C'est une chanson agréable, mais qui n'a rien de génial. Je lui préfère de loin l'assez électrique et rapide Because you're frightened, qui ouvre l'album. C'est cette dernière que j'écoutais à fond le matin en juin-juillet 1980 pour me mettre en condition pour aller passer les oraux de rattrapage du bac. Ça n'a pas suffi cette fois-là pour l'avoir, mais ça n'enlève rien à la qualité de cette chanson ! Model worker ou Philadelphia auraient aussi très bien pu faire l'affaire...
Le principal intérêt de ce disque, ce sont donc les trois titres live, enregistrés le 3 mai 1980 à la maison, au Russel Club de Manchester, quelques jours avant le suicide de Ian Curtis (rien à voir je sais, à part Manchester...). Ce sont les derniers enregistrements parus avec le membre original John McGeoch à la guitare et au saxophone : il a quitté le groupe en juillet cette année-là et ne figure pas sur l'album live Play enregistré un peu plus tard.
Feed the enemy est très accélérée par rapport à la version de l'album Secondhand daylight et les claviers sont beaucoup moins présents. Au début, ça a surtout pour effet de faire perdre beaucoup de la tension dramatique qui caractérise cette chanson, mais petit à petit cet arrangement différent s'installe et s'impose.
La bonne chanson Twenty years ago n'a pas été intégrée à l'album, mais ça a dû être de peu et le groupe devait bien l'aimer : ils l'ont interprétée pour leur Peel session de janvier 1980, elle est en face B du single A song from under the floorboards et en live sur ce single mais aussi sur Play. Ce qui n'est pas le cas de Shot by both sides, dont on trouve ici la troisième et dernière version publiée par le groupe de son vivant, la seule enregistrée en concert. Elle est assez fidèle aux versions studio et constitue, bien sûr, un tour de force. J'aime particulièrement les choeurs sur le refrain (je ne me souviens pas s'il y en avait dans les autres versions). Le break vers la fin du morceau est également très réussi.

Les trois titres live ont été repris en 1990 sur la compilation de raretés Scree. On en trouve aussi deux d'entre eux sur le coffret (Maybe it's right to be nervous now) de 2000.
Pour ceux que ça intéresse, Magazine entame en février 2009 une tournée avec trois de ses membres originaux essentiels (John McGeoch n'est pas retourné d'entre les morts).


Silence est l'unique numéro d'une revue éditée au deuxième semestre 1980 chez Futuropolis. Elle contient des interviews d'Iggy Pop, Howard Devoto, John Mc Kay de Siouxsie and the Banshees et Human League réalisées par Dorothée Lalanne et des illustrations en noir et blanc de Loulou Picasso.
L'interview avec Devoto a eu lieu au lendemain d'un concert à Nancy, le jour d'un concert à Paris. SI j'en crois la liste qui figurait sur feu le site non officiel consacré à Magazine, Shot by both sides, ce concert a probablement eu lieu le 22 mai 1980 au Bataclan, lors de la tournée qui a suivi la sortie de The correct use of soap.
L'an dernier, lorsque je préparais l'exposition Back to 78, j'ai retrouvé à peu près tous les documents auxquels je pensais, sauf mon exemplaire de Silence, que j'ai peut-être bien acheté à l'exposition Les chefs d'oeuvre de Kiki Picasso au Forum des Halles (sûrement la première fois que j'y allais), à moins que ce soit ailleurs à Paris.
A la faveur d'un rangement d'été, Silence est réapparu, (trop) bien rangé au fond d'un tiroir... Cela me permet de vous proposer ci-dessous (cliquer sur les images pour agrandir) cette interview bilingue de Devoto, qui est probablement la plus détaillée jamais réalisée en France.

Silence est actuellement disponible ici au prix de 15 €










11 janvier 2009

BOOKER T & THE MGs : Soul men


Offert par Sabine M. et Jean-Jacques L. à Vauclerc le 25 mars 2007
Réf : SCD 8610-2 -- Edité par Stax/Fantasy en Europe en 2003
Support : CD 12 cm
25 titres

Offrir un disque à quelqu'un comme moi, qui en a beaucoup et qui continue à en acheter beaucoup (de plus en plus rarement des neufs, mais quand même), c'est une entreprise un peu risquée, surtout si je n'ai pas donné des pistes ou une liste au préalable. Là, il s'agissait d'un vrai cadeau surprise et j'avais une certaine appréhension en le déballant.
Quand j'ai vu le nom Booker T & the MG's, j'ai déjà été soulagé : c'est un groupe excellent que j'aime beaucoup. Dans un premier temps, avec un titre pareil, j'ai pensé qu'il s'agissait d'une simple compilation et qu'il y aurait quelques doublons avec le Best-of que j'ai déjà, le 33 tours Melting pot ou les divers titres qui doivent être disséminés sur un paquet de mes compilations rhythm and blues. Il m'a fallu quelques instants pour me rendre compte que, si je connaissais la plupart des titres des chansons (ce ne sont que des reprises), je ne les avais pas dans les versions de Booker T. Encore quelques secondes, et j'ai noté le "previously unreleased" sur la pochette et commencé à lire les annotations et je me suis rendu à l'évidence : ces titres des labels Stax et Motown, ces reprises des Beatles, de Howlin' Wolf ou de Petula Clark, toutes enregistrées dans les années 60, étaient restés inédits pendant près de trente ans, en fait jusqu'à ce que le label anglais Ace les édite en 1995 sous le titre Booker T and the MGs play the hip hits.
Soul men, sorti en 2003 aux Etats-Unis, constitue, avec les mêmes chansons mais avec une autre pochette et un autre titre, la première édition américaine de ces enregistrements (d'où le "previously unreleased") et mon disque en est le pressage européen, notamment distribué en Angleterre par Ace (vous suivez ?).
Les excellentes notes de pochette, reprises de l'édition de 1995, nous éclairent sur l'historique de ces enregistrements.
Rappelons d'abord que Booker T. & the MG's étaient le groupe maison du label Stax. Grosso modo, ils ont passé les années 60 à enregistrer sans interruption et quand ils n'enregistraient pas ils tournaient. Ils ont accompagné la plupart des artistes du label et, en neuf ans, à partir du moment où en 1962, selon la légende, le patron du label Jim Stewart a enregistré sans préméditation et quasiment à la volée Green onions que le groupe s'amusait à improviser, le groupe instrumental a sorti huit albums originaux. Ils ont joué sur tellement de tubes qu'ils finissent sur ce disque par se retrouver à faire des reprises d'eux-mêmes ! : ce sont eux qui jouaient sur les versions originales des trois titres de Sam and Dave et Eddie Floyd qu'on trouve ici.
Mais les journées en studio à accompagner des chanteurs peuvent être ennuyeuses et, quand une session était annulée, retardée ou au contraire finissait plus tôt, le groupe enregistrait, le plus souvent des reprises, comme l'explique le guitariste Steve Cropper :

"L'un d'entre nous avait une idée alors qu'on avait fini avec les artistes qu'on accompagnait et qu'on avait une heure de studio libre et on jetait ça sur la bande. 'Hey, tu te souviens de ça ?'. En trois ou quatre minutes on avait calé ça et on faisait une bande et BOUM ça allait sur l'étagère. La plupart n'ont pas été utilisées.
Je suis choqué de voir que certains de ces enregistrements n'ont pas été publiés. Je crois qu'on les a tout simplement oubliés. Je crois qu'ils étaient sur l'étagère et que tout simplement personne n'a jamais pris le temps de les réécouter. Eh mec, pourtant j'aurais pu faire bon usage de ces trucs, je te garantis. Il y a eu des moments où on avait besoin de sortir un disque et Booker ne voulait pas enregistrer, on aurait juste pu sortir ça. Ça aurait fait l'album parfait !"


Et Steve Cropper n'exagère pas. Même s'il s'agit probablement la plupart du temps de premières prises dans des conditions de direct en studio, les arrangements et l'interprétation sont d'une qualité supérieure tout au long de ce disque. Le tempo est souvent lent ou moyen et le groupe fait souvent preuve d'une grande retenue. Il y a parfois des accents jazzy mais on n'approche jamais le côté lounge ou easy listening de tout un pan de la musique instrumentale.
Sur le lot, et avec la variété de la sélection des reprises, de Slim Harpo aux Box Tops, il y a un paquet de titres qui me plaisent énormément sur ce CD, à commencer par la version de Downtown, pleine de tension et d'énergie pour le coup, avec comme souvent un parfait équilibre entre l'orgue et la guitare. Je ne peux pas citer moins que neuf autres titres parmi mes préférés, des blues (Hi-heel sneakers, Spoonful de Howlin' Wolf, Fannie Mae), des lents (You left the water running avec son contre-temps à la batterie, Wade in the water qui me rappelle un peu Green onions avec ses départs de guitare et d'orgue), une auto-reprise (Soul man), une reprise d'un instrumental (Raunchy de Bill Justis) et de toute façon des tubes comme I hear a symphony des Supremes ou Gimme some lovin' du Spencer Davis Group.
Franchement, voici un cadeau précieux et un album — encore disponible — que je vous conseille d'ajouter à votre liste d'achats... ou de cadeaux à vous faire offrir !

10 janvier 2009

THE FLAMING LIPS : She don't eat jelly


Acquis chez Rough Trade à Paris vers septembre 1994
Réf : W0246 -- Edité par WEA International en Angleterre en 1994
Support : 45 tours 17 cm
Titres : She don't eat jelly -/- Turn it on (Bluegrass version)

On trouve sur ce 45 tours deux des très bons titres de mon album préféré des Flaming Lips, Transmissions from the satellite heart et d'ailleurs la seule raison qui m'a poussé à acheter ce 45 tours alors que j'avais déjà l'album en CD depuis l'année précédente c'est qu'on y trouvait en face B une version inédite de Turn it on.
She don't use jelly reste le plus grand succès commercial en single des Flaming Lips et ce succès est la fondation qui leur a permis depuis de mener la carrière que l'on sait, qui n'en a pas fait des superstars globales mais qui les a rendus suffisamment populaires pour s'offrir des petites folies comme Zareeka (oeuvre expérimentale en quatre CD à jouer simultanément) ou le tout récent film Christmas on Mars. J'imagine que les Flaming Lips, comme beaucoup d'autres groupes alternatifs américains, peuvent remercier Nirvana de leur avoir ouvert les portes qui leur ont permis de toucher un large public. She don't eat jelly n'a rien de grunge, c'est plutôt une bizarrerie pop psychédélique à rapprocher du Pink Floyd de See Emily play ou Apples and oranges, mais sans Nirvana, probablement pas de contrat chez une major pour les Flaming Lips et donc aucune chance de faire une apparition historique dans la série Beverly Hills pour y mimer en play-back cette chanson (Le seul intérêt de la chose c'est la juxtaposition du dialogue des acteurs avec les paroles quand même légèrement décalées de la chanson, qui décrivent trois personnages, une fille qui fait des toasts à la vaseline, un gars qui se mouche dans des magazines et une fille qui se teint les cheveux aussi souvent que Cher, mais en utilisant des mandarines !).
La version "Bluegrass" de Turn it on a été enregistrée avec des membres des Butthole Surfers et de Firehose (A l'époque, je n'imaginais que je serais un jour intéressé par de vrais disques de Bluegrass...). On a l'impression que l'enregistrement s'est fait live en studio, ce qui pourrait expliquer que les voix sont mixées assez faiblement. La version est sûrement dite "Bluegrass" parce qu'un banjo est présent quasiment tout le temps et qu'il y a une bonne grosse basse, mais la guitare électrique solo a un son typiquement Butthole Surfers. A la fin, on a l'impression que le banjo entame les premières notes de Jocko Homo de Devo (à moins que ce ne soit une descente de gamme quelconque, je ne sais pas j'y connais rien) avant d'être recouvert par deux minutes de bruit synthétique. La version album de Turn it on a été le deuxième et dernier single extrait de l'album : le clip, réalisé comme la plupart des autres clips des Flaming Lips par le chanteur Wayne Coyne, est très sympa.

En parlant de clips justement, on peut théoriquement voir tous ceux du groupe sur leur site, mais ça ne marche pas avec mon ordinateur.
Par contre, on peut voir ici une version live de She don't use jelly (plus un autre titre, Moutainside) enregistrée en 1994 pour le Jon Stewart Show.
On peut télécharger ce 45 tours chez Circa 45, un blog fort proche dans l'esprit de Blogonzeureux!, qui semble malheureusement en sommeil.

04 janvier 2009

PLASTIC BERTRAND : Sans amour


Acquis chez Emmaüs à Tours-sur-Marne le 27 décembre 2008
Réf : 101394 -- Edité par RKM/Vogue en France en 1980
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Sans amour -/- Plastic boy

Ce 45 tours-là, mes doigts l'avaient passé et j'étais déjà deux ou trois disques plus loin quand l'information est arrivée à mon cerveau : Je ne connais pas cette pochette de Plastic Bertrand. Du coup, mes doigts ont fait machine arrière, et effectivement je ne connaissais ni la pochette du disque ni aucun des deux titres qui y figurent.
En fait, ce n'est pas très étonnant car ce 45 tours, sorti entre les albums L'album, paru début 1980, et Plastiquez vos baffles, sorti en 1981, n'est pas extrait d'un album. Et il n'a pas dû non plus avoir un grand succès.
Contrairement à la grande majorité des disques sortis par Plastic à l'époque, on ne trouve pas sur la pochette la mention "Production Lou pour RKM". A la place, il y a "Producteur : Buy My Record pour RKM", mais quand on sait que Buy My Record est la maison de production de Lou Depryck on peut se dire qu'il ne devait pas être très loin lorsque ce disque a été produit.
Les deux faces du disque sont très contrastées.
Sans amour est une ritournelle synthétique écrite par Jay Alanski avec de la vraie batterie. Avec ces ingrédients, à cette époque, on pense instantanément à Elli et Jacno. Ça se confirme à l'écoute : c'est probablement le titre de Plastic Bertrand qui se rapproche le plus du son Jacno, mais après tout ce n'est qu'un juste retour des choses : Jay Alanski a signé toute les musiques des premiers titres de Lio, à l'exception bien sûr d'Amoureux solitaires, le tube écrit et produit par Elli et Jacno.
Plastic boy est une chanson dont les paroles sont de Plastic lui-même et la musique de J.P. Hawks (apparemment l'un des pseudos de Lou, je me disais bien qu'il n'était pas loin !). On retrouve dès l'intro une guitare punk qui rappelle évidemment Ça plane pour moi mais elle est accompagnée de cuivres mutins et des choeurs féminins font des "Wouwou" et des "Lalala" enjoués en réponse à Plastic. Les paroles reviennent sur le succès de Plastic ("Je vous rends fou et ça m'affole") en citant le "King du divan", mais aussi Dalida, Voulzy et Souchon.
Au bout du compte, même si on n'est pas tout à fait au niveau de Ça plane pour moi, Bambino/Le petit tortillard, Jacques Cousteau ou même Tout petit la planète, voilà un 45 tours méconnu à ajouter à la liste des disques intéressants de Plastic Bertrand !

Sans amour a été repris sur la plupart des compilations de Plastic Bertrand, dont celle en écoute sur Deezer. Par contre, il me semble que Plastic boy n'a été édité qu'en face B de ce 45 tours.

03 janvier 2009

VIC GODARD & SUBWAY SECT : What's the matter boy ?


Acquis à la FNAC de Nancy le 8 juillet 2008
Réf : 844 973-2 -- Edité par Universal Music Operations en Europe en 2000
Support : CD 12 cm
17 titres

J'ai acheté ce disque moi-même, en solde s'il vous plait, mais j'ai utilisé une carte cadeau offerte par mes collègues, c'est donc bien un cadeau.
J'ai raté plusieurs rendez-vous avec Vic Godard. La première fois, c'est vers 1979 quand j'ai délaissé les deux 45 tours de Subway Sect Nobody's scared et Ambition au profit du Paris maquis de Métal Urbain, mais là je n'ai aucun regret car je ne pouvais de toute façon me les payer tous. Puis, à la vue de son look de crooner sur la pochette de Songs for sale, j'ai rayé pendant un temps Vic Godard de la liste des musiciens susceptibles de m'intéresser.
Les choses se sont rétablies petit à petit, avec les louanges de fanzines et de musiciens de Postcard ou de Creation, et surtout avec l'excellente compilation A retrospective (1977-1981) qu'on m'avait donnée en promo chez Rough Trade début 1985. Ensuite il y a eu l'excellent single Johnny Thunders en 1992 et même l'assez mauvais album T.R.OU.B.L.E de 86 que j'ai acheté d'occasion ne m'a pas complètement dégoûté de Vic Godard.
Ces aléas sont assez logiques vu la carrière chaotique de Godard de 1976 au début des années 80, entre les brusques changements de style et les expulsions de la totalité des membres du groupe, ce pionnier du punk n'a jamais rencontré le grand succès, principalement à cause de son attitude ambivalente vis-à-vis du statut de rock star et parce qu'il a lié son destin pendant des années aux décisions de son manager Bernard Rhodes et a lamentablement accepté tous les ukases et les coups bas de celui-ci, à commencer par sa décision de virer le groupe original en 1978.
En raison de ces événements, Subway Sect n'a sorti son premier album, What's the matter boy ? qu'au printemps 1980, alors qu'un autre disque avait été enregistré en 1978 et est resté fameusement en possession de Rhodes (Godard l'a rééenregistré en 2008 et sorti sous le titre 1978 now).
Cette réédition s'ouvre avec le meilleur titre du lot, Stop that girl, un bijou enjolivé par de l'accordéon et de l'orgue. Un excellent choix, sauf qu'il ne figurait pas sur l'album original : il a été enregistré peu de temps après la sortie de cet album, par le même groupe additionné d'un très bon clavieriste turc et est sorti en 1981 chez Rough Trade. Il faut dire que, dès 1980, quand cet album de Vic Godard est sorti, son label MCA ne savait tellement pas comment le commercialiser qu'il en avait confié la promotion à Rough Trade, comme Edwyn Collins le relate dans le livret du CD.
Le groupe qui joue sur ce disque comprend à la section rythmique les frères Paul et Terry Chimes (on connait Terry car il a joué avec The Clash et Cowboys International) et aux percussions et aux choeurs The Black Arabs, un groupe qui a repris les Sex Pistols en disco sur la BO de The great rock'n'roll swindle et qui, après deux albums avec Vic Godard, a rencontré le succès sous le nom de JoBoxers.
D'après Vic Godard lui-même, l'album What's the matter boy ? n'a jamais sonné aussi bien que sur cette réédition car Bernard Rhodes, toujours lui, avait accéléré les bandes de l'album avant leur parution, faisant perdre beaucoup de sons graves et de profondeur aux enregistrements.
Alors, qu'est-ce qu'il y a de bien sur cet album ? Du punk ? Du synthétique ? Du jazz ? Non, rien de tout ça, plutôt une sorte de rock'n'roll fifties primitif : batteries et percussions anémiques, basse élastique, guitare acoustique et surtout des choeurs entre doo-wop et Jordanaires. Si ces ingrédients vous font notamment penser aux Modern Lovers de la fin des années 70 vous n'êtes pas loin du compte, Godard ayant eu l'occasion de les citer comme influence avec Johnny Thunders.
Quand tout fonctionne bien, ça donne des perles toutes fraîches comme le 45 tours Split the money, les deux premiers titres Birth & death et Stand back ou Stool pigeon et Make me sad. Quand ça fonctionne moins bien ou que ça tombe complètement à plat, c'est soit que Godard, qui a enfanté une lignée de chanteurs limites comme Edwyn Collins et Stephen Pastel, ne chante vraiment pas assez bien, soit que la chanson n'est tout simplement pas très bonne (ou les deux au pire !). De toute façon, tous les titres réussis fonctionnent en grande partie grâce aux choeurs excellents des Black Arabs.
En plus de Stop that girl, ce CD contient quatre titres bonus, la Peel session du 14 décembre 1978 qui avait déjà été publiée sur A retrospective. A part une reprise du Head held high du Velvet Underground, les trois titres sont des chansons qui ont été réenregistrées pour What's the matter boy ?. Ces versions sont plus énergiques et mieux chantées que celles de l'album, mais elles n'ont peut-être pas autant d'originalité et de fraîcheur...

La compilation de 45 titres Twenty odd years, sortie en 1999, ne semble plus facilement disponible mais on peut l'écouter en intégralité sur Deezer.

02 janvier 2009

PASCAL COMELADE : Compassió pel dimoni


Acquis par correspondance chez Maria Dos à Ceret en novembre 2008
Réf : DM 1246 -- Edité par Enderrock/Discmedi en Espagne en 2008 -- Exemplar promocional -- Distribuit amb la revista Enderrock 157 (Novembre del 2008) -- Prohibida la seva venda
Support : CD 12 cm
8 titres

D'autres artistes en auraient fait un album entier, un disque facilement vendable sur lequel il aurait été facile d'avoir une bonne promotion presse. Mais pas Pascal Comelade. Quand il s'est agi d'éditer un disque de reprises des Rolling Stones ("8 stoned sub-versions" dit le sous-titre), "El meu grup preferit de tota la vida" comme dit Comelade, il a choisi expressément de le diffuser en accompagnement d'un numéro du magazine de rock catalan Enderrock, qui il faut dire lui a consacré ce mois-là sa une et huit pages à l'intérieur. Ce disque est d'ailleurs un objet de qualité de bout en bout, avec une pochette cartonnée ouvrante illustrée, notamment en couverture par une photo d'Agusti Torres prise à l'aéroport de Palma de Majorque.
Pour la couverture du magazine, Pascal a même exceptionnellement cédé à la mode en se prêtant au jeu du "Sleeveface", sauf qu'avec la pochette de Sticky fingers, c'est évidemment plus de "SleevepElvis (Presley)" qu'il s'agit ! :


En huit titres, Compassió pel dimoni propose un Greatest hits, forcément partiel mais bien choisi, des compositions originales des Stones, avec juste un titre un peu obscur, Sweet Virginia, et une série de tubes : Satisfaction, Sympathy for the devil (En catalan, ça se dit Compassió pel dimoni; c'est fou d'ailleurs de découvrir à la lecture d'Enderrock qu'on arrive à pas mal comprendre le catalan sans connaître du tout cette langue au préalable.), Brown sugar, Honky tonk women, Jumpin' Jack flash et Paint it black.
Parmi ces titres et sauf erreur de ma part, seuls deux avaient été préalablement édités : Paint it black sur l'album Musiques pour films vol. 2, mais là seule la meilleure partie du titre a été conservée, celle en fanfare interprétée par la Banda Naurasténica del Poble Sec et Honky tonk women, déjà parue sur El Primitivismo en 1987 puis en ouverture de Danses et chants de Syldavie. J'ai toujours un petit coup au coeur quand j'entends cette version de Honky tonk women car je l'ai longtemps utilisée en indicatif d'ouverture ou de rubrique de mon émission Vivonzeureux! et à chaque écoute je suis prêt à appuyer sur le bouton de la table de mixage pour prendre l'antenne.
Le seul titre chanté est Satisfacció, traduit et interprété sur scène par Sergi Lopez en 2003, et c'est le titre que j'aime le moins du lot, à la fois parce que le son et l'interprétation live ne sont pas aussi bons que les enregistrements studio et parce que Sergi Lopez, qui n'est pas un chanteur de choc, déclame les paroles plus qu'il ne les chante, un peu comme Enric Casasses dans ses collaborations avec Comelade.
Les cinq autres titres ont été enregistrés en 2008. Pascal les interprète entièrement seul, à l'exception d'une intervention au theremin sur Compassió pel dimoni de son ingénieur du son Raph Dumas (avec qui Comelade a sorti en collaboration cet automne l'excellent 45 tours Le chanson douce). Ces cinq titres sont excellents et, me dit Philippe R., très fidèles aux compositions originales. Je les aime tous, avec peut-être une préférence pour Under my thumb, probablement parce que dans le lot c'est déjà au départ la chanson que je préfère. Il y a des percussions dans l'instrumentation, du piano bien sûr, mais aussi beaucoup d'orgue et d'accordéon. C'est peut-être à mettre en rapport avec ce que j'ai cru comprendre dans l'article d'Enderrock de l'évolution actuelle des concerts de Pascal Comelade pour lesquels il délaisserait un peu le piano au profit de l'accordéon.

Le diable Comelade mange du Stones à tous les repas, même quand c'est sa collection personnelle qui est servie à table !

01 janvier 2009

PROTOTYPES : Je ne te connais pas


Acquis chez Emmaüs à Tours-sur-Marne le 14 novembre 2008
Réf : 10167 -- Edité par Boxson/Music Machine en France en 2004 -- Ce CD est à usage promotionnel uniquement. Il ne peut être vendu, copié ou distribué sans l'approbation du titulaire des droits qui y sont attachés. Le titulaire des droits qui y sont attachés est libre d'engager toute poursuite à l'encontre des personnes qui n'auraient pas respecté ces conditions.
Support : CD 12 cm
Titre : Je ne te connais pas

Un disque de lendemain de fête... Ils auraient pu chanter que ça commence toujours par un slow, on n'en est d'ailleurs pas loin :
Ça commence toujours pareil
On s'embrasse, on boit un verre
Ça finit toujours pareil
On se dit qu'on se rappelle

Je ne te connais pas
Je ne m'en souviens pas
T'es sûr que c'est moi ?
Est-ce que tu ne te trompes pas ?
Il y a quand même des fois de vrais coups de chance.
Cet été, lorsque je m'étais mis en quête d'un disques de Prototypes à acheter, j'étais tombé sur une annonce pour ce CD promo. Mais près de 6 € port compris pour un CD promo un titre d'un morceau que j'avais déjà en MP3, c'est trop cher pour moi et j'avais préféré alors me rabattre sur l'album promo Synthétique, que je ne connaissais pas et qui était moins cher, et aussi sur l'autre album, Mutants médiatiques. Mais quand même, j'avais des regrets. Hors, ce fameux jour de novembre où j'ai fait de plutôt bonnes trouvailles au rayon 45 tours chez Emmaüs, j'ai avisé deux cartons de CD singles alors que j'attendais près de la caisse. En règle générale, et de façon surprenante, on trouve encore peu de stocks de CDs d'occasion intéressants chez Emmaüs, mais là ils avaient visiblement récupéré un lot de CDs surtout promos venant d'une radio régionale. J'en ai trouvé plusieurs qui m'intéressaient, mais celui qui m'a fait le plus plaisir c'est bien celui-ci.
Je ne te connais pas est mon titre préféré du premier album de Prototypes, loin devant l'autre "tube" du disque, Danse sur la merde. Comme la plupart du temps chez ce groupe, il y a une base new wave et synthétique, mais je connais peu de titres new wave du tournant des années 80 qui ont autant de pêche et d'énergie que cette chanson. Il y a aussi de la saturation et de l'électricité sur ce disque mais, de nos jours, je ne mettrais pas ma main au feu pour affirmer que ces sons ont été produits avec une guitare. Et puis, dans le couplet, les paroles ci-dessus sont entrecoupées de "Yé yé yé" qui, avec la voix d'Isabelle Le Doussal, ajoutent un petit côté sixties à l'affaire. Au bout du compte, les points de repère les plus adéquats seraient peut-être du Stereo Total largement survitaminé ou du Katerine accompagné par les Little Rabbits encore plus efféminé que sur la pochette de Robots après tout...
Franchement, voilà une chanson qui met en joie et qui donne la pêche, et je n'aurais qu'un reproche faire à ce disque, c'est que je trouve très moche sa pochette, adaptée de celle de l'album, mais de toute façon je n'aime aucune des pochettes des trois albums de Prototypes !



Prototypes, Je ne te connais pas, en public au festival South by Southwest à Austin le 15 mars 2007.

LinkWithin

Linkwithin