27 février 2009

PETER GABRIEL : Games without frontiers


Acquis à La Clé de Sol à Châlons-sur-Marne en 1980
Réf : 6173 522 -- Edité par Charisma en France en 1980
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Games without frontiers -/- The start -- I don't remember

C'est par Solsbury Hill, le tube de son premier album solo, que j'ai connu Peter Gabriel. J'ai toujours beaucoup aimé cette perle pop au son très folk. Plusieurs copains avaient l'album, ainsi que la majorité des ceux de Genesis. J'ai moi aussi fini par acheter ce disque, probablement fin 1978 ou en 1979. Je l'aimais bien, mais j'ai quand même décidé de m'en séparer quelques temps plus tard, en le troquant avec quelques disques du même acabit contre... des manuels scolaires d'un copain en avance d'une classe sur moi !
Je n'ai jamais acheté ni aimé le deuxième album, trop marqué par Robert Fripp, par contre j'ai précieusement conservé le troisième, mon préféré, et ce 45 tours qui l'a précédé. Ce n'est pas un hasard car ce disque, produit par Steve Lillywhite et enregistré par Hugh Pagdam, qui venaient tout juste de travailler sur le Drums and wires de XTC, est sûrement, de tous les enregistrements de Peter Gabriel, celui qui est le plus dans l'esprit new wave. On trouve d'ailleurs sur l'album à la guitare rien moins que Dave Gregory d'XTC et Paul Weller de The Jam sur un titre chacun, ainsi que David Rhodes des obscurs et désormais oubliés Random Hold.
C'est sûrement en écoutant Feedback de Bernard Lenoir que j'ai entendu cette chanson pour la première fois. Il la passait très souvent, en omettant rarement de préciser qu'on y entendait Kate Bush chanter "Jeux sans frontières" aux choeurs. Sans être du tout une chanson pop classique, c'est un titre très accrocheur, par sa petite rythmique électronique et ses deux phrases vocales principales, "Games without frontiers, war without tears" et "Jeux sans frontières", sur lesquelles sont projetés des sons bizarres de synthé et de guitare.
Il est tout le temps mentionné que la version 45 tours de Games without frontiers est différente de celle de l'album. Il est vrai que la version single affiche une petite vingtaine de secondes en moins, mais elles ont juste été coupées au début et peut-être un peu à la fin de la chanson. Sinon, j'ai vraiment l'impression que les deux titres sont identiques, sauf qu'un vers risquant d'être interprété comme raciste, et donc d'être censuré à la radio a été remplacé par un autre de la chanson. On y parle de jungle, de guerre et il y a des sifflements dans cette chanson, on ne peut donc que penser au Pont de la rivière Kwaï. La dernière fois que ça m'est arrivé, c'est en écoutant Back in Judy's jungle de Brian Eno, un musicien qui a au moins deux collaborateurs en commun avec ceux du troisième album de Peter Gabriel, Phil Collins et Robert Fripp.
The start est un petit instrumental au synthé avec un saxophone insupportable qui, ici comme sur l'album, sert de prélude à I don't remember.
De I don't remember, je me souvenais de l'accroche vocale ("I don't remember, I don't recall") plaquée sur un son de basse solide. Mais j'ai surtout écouté la version de l'album. A la base, l'arrangement n'est pas très différent, mais là pour le coup les enregistrements sont effectivement différents. La version de l'album est globalement beaucoup plus rock : chant plus énergique, basse plus lourde et surtout une ou deux guitares saturées (à attribuer à Dave Gregory probablement) qui ne sont pas du tout présentes sur le 45 tours. La version single est du coup beaucoup plus proche dans sa tonalité de celle d'un disque également associé à Brian Eno, sorti quelques mois avant celui-ci, le Lodger de David Bowie.

Les polaroids trafiqués de cette pochette m'ont beaucoup intrigué à l'époque. Surtout ceux-ci, bien plus réussis en couleur que ceux en noir et blanc de l'album. Je me souviens avoir lu un article, probablement dans Actuel, à propos de ces techniques utilisées par quelques photographes d'avant-garde pour travailler la matière des polaroids en triturant les différentes couches chimiques qui constituent le dos de la photo.
Dès que j'ai pu mettre la main sur un polaroid chargé, j'ai fait quelques tentatives peu fructueuses, dont il doit me rester un ou deux exemples. Mon préféré est une mise en scène justement de la pochette du Drums and Wires, une autre façon d'associer indirectement Peter Gabriel et XTC :

Scène de meurtre, 2 juin 1980.

Ce que j'avais oublié, avant de le voir mentionné sur divers sites cette semaine, c'est que, comme le mentionnent les notes de pochette de l'album, celui qui a inspiré à Hipgnosis et Peter Gabriel les techniques de manipulation de polaroids de cette pochette, c'est le photographe américain Les Krims, celui-là même qui en 1968 a pris la photo qu'on trouve sur la pochette de l'édition française de Métode de rocanrol de Pascal Comelade.
Quelques-uns des polaroids manipulés de Les Krims, extraits de son livre Fictcryptokrimsographs (1975).

Le clip vidéo de Games without frontiers.

21 février 2009

OKKERVIL RIVER : The stage names


Acquis par correspondance avec un abonnement à Magnet Magazine en janvier 2008
Réf : JAG110 -- Edité par Jagjaguwar aux Etats-Unis en 2007
Support : CD 12 cm
9 titres

Okkervil River fait partie pour moi des groupes de l'ère MP3 : ces gens dont j'ai écouté la musique pour la première fois en téléchargeant, en bas débit, des titres disponibles légalement chez Epitonic, chez leur label Jagjaguwar et sur leur site officiel.
Au bout du compte, j'ai deux de leurs albums, Down the river of golden dreams et celui-ci, mais je n'en ai acheté aucun car je me les suis fait offrir en renouvelant mon abonnement au magazine américain Magnet. J'entends rarement parler de Magnet en France, c'est pourtant un bimestriel rock pointu de très bonne tenue, basé à Philadelphie, qui vient de fêter ses quinze ans. L'une des grandes qualités de Magnet, c'est qu'ils proposent depuis des années un tarif d'abonnement à l'international en "surface" à 25 $. Certes, vous recevez votre magazine avec plusieurs semaines de retard, mais avec le taux de change actuel, vous avez droit pour une vingtaine d'euros à six numéros du magazine, à six compilations de 20 titres récents, pour la plupart signés par des groupes inconnus, et donc à un CD cadeau à choisir parmi cinq ou six propositions. Et en général, il y a toujours au moins un disque qui m'intéresse beaucoup dans la liste. C'est notamment comme ça que je me suis procuré le The great destroyer de Low.
J'ai toujours plus de titres d'Okkervil River en MP3 que sur disque et si j'en conserve autant, de ces fichiers, c'est que c'est un groupe que j'aime beaucoup. Outre que le groupe y a visiblement gagné en maturité, je considère The stage names, officiellement leur quatrième album mais il y a plein de disques de taille moyenne qui rendent ce comptage peu significatif, comme leur disque le plus réussi parce qu'il est beaucoup moins noir que le précédent Black sheep boy et surtout parce qu'ils ne cèdent pas sur ce disque à ce qui commençait à devenir un tic pénible : l'alternance de parties "calmes" et de parties "énervées" à l'intérieur même de leurs morceaux. Là, c'est plus simple : le disque démarre par trois titres plutôt dans leur style énervé et donnent le ton de l'album, très accessible, qui compte quand même quelques chansons calmes. Le premier titre, Our love is not a movie or maybe, est l'un de mes préférés de l'album, avec A hand to take hold of the scene, Plus ones et John Allyn Smith sails, ce dernier surtout pour sa dernière partie, qui est en fait une version de Sloop John B. Le disque bénéficie de l'enregistrement par les membres du groupe tous ensemble en studio, avant que les arrangements orchestraux, bien dosés, et les voix soient rajoutés.
Un concept un peu casse-gueule soutend tout l'album, explicité par le leader du groupe Will Scheff dans la rubrique Media de leur site. L'origine en remonte à l'automne 2005 quand, après avoir notamment aligné trois tournées de suite, Scheff a eu l'impression que la musique n'était plus qu'un boulot pour lui, avec tous ses mauvais côtés, y compris les maladies professionnelles puisqu'il a perdu sa voix pendant une longue période. De là est née à New-York toute une série de chansons sur la société du spectacle du rock'n'roll, dont neuf se retrouvent ici sur ce Noms de scène et un paquet d'autres sur ce qui en est le complément, The stand ins (Les doublures), sorti il y a quelques mois. Les paroles sont pleines de références que je n'ai pas toutes saisies ni explorées mais j'aime particulièrement celles de Plus ones (en référence au "+ 1" qu'on ajoute généralement au nom de l'invité sur la guest-list des concerts) où il est question de "97 tears", "100 luftballoons", "nine miles high" et de "TVC 16" !

18 février 2009

THE ARCHIES : Over and over


Acquis sur le vide-grenier de Saint-Martin sur le Pré le 22 juin 2008
Réf : 49.678 -- Edité par RCA en France en 1970
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Over and over -/- Sunshine

A Saint-Martin sur le Pré, le jour où j'ai acheté le disque de Gonthier, j'ai fait une sélection drastique car les 45 tours étaient annoncés à 2 € pièce, mais je n'ai laissé aucun des disques qui me faisaient vraiment envie. Par exemple, il y avait une sélection de 45 tours français des Archies comme je n'en ai jamais vu (quatre je pense, celui-ci compris), mais la plupart avaient des pochettes sans aucun intérêt, d'autant moins que je savais, à travers le seul titre que je connaissais d'eux, le tube Sugar sugar, que les Archies donnaient dans la bubblegum music.
Ce 45 tours-ci cependant, il m'a tout de suite fait envie. Tout d'abord parce sa pochette dessinée me rappelait les BD de ma jeune tante (neuf ans de plus que moi) que je lisais chez mes grands-parents : des BD déjà rétro quand je les ai lues, publiées en albums souples vendus chez les marchands de journaux, qui mettaient en scène une Amérique mythique des années 50-60.
Vérification faite, les BD auxquelles je pensais étaient surtout des albums de Lili, publiés par la Société Parisienne d'Editions. Lili n'a apparemment aucun lien avec la série de bande-dessinée Archie, créée en 1941, mais les deux ont un esprit teenager un style graphique clair en commun.
Peut-être à cause de cet aspect BD et bubblegum, j'avais aussi tendance à associer les Archies aux Monkees. C'est assez logique : les Monkees sont un groupe qui a été préfabriqué pour une série télé, qui a été déclinée entre autres en magazine de BD, avant de se rebeller et de revendiquer une part d'indépendance artistique, notamment en exigeant de jouer et de composer pour ses disques !
Et bien, je ne l'ai appris que par la suite, mais il se trouve que les Archies sont le projet dans lequel Don Kirshner, le producteur musical des Monkees, s'est lancé après ses déboires avec ce groupe rebelle ! Il s'est dit que s'il créait un groupe fictif avec des héros de bande dessinée, il serait plus tranquille et il a monté en septembre 1968 un partenariat avec les éditeurs Archie Comics pour créer une émission de télé hebdomadaire, le Archie Show, dans laquelle le héros Archie Andrews et ses amis Jughead, Veronica, Reggie et Betty interpétaient les membres d'un groupe pop, les Archies. Chaque semaine, l'émission comprenait la présentation d'une nouvelle danse et d'une nouvelle chanson des Archies.
Il n'y a eu que 17 épisodes du Archie Show, mais les disques sortis par ce groupe de papier ont eu un succès encore plus large et surtout plus durable que l'émission : les Archies ont sorti cinq albums de 1968 à 1971, ce qui fait que régulièrement le Archie Show était rediffusé en remplaçant une chanson ancienne par une nouvelle ! Ce succès des disques peut aussi s'expliquer par le fait que, outre les disques classiques, les chansons étaient aussi distribuées sous forme de disque cartonné gravé à découper au dos des boites de céréales de la marque qui sponsorisait l'émission !
Mais de toute façon, les disques des Archies étaient loin d'être mauvais. Il faut dire que, derrière les dessins, du beau monde s'activait. Sous la supervision de l'expérimenté Don Kirshner, il y avait à la production et à la composition Jeff Barry (auteur, souvent avec Ellie greenwich, d'une flopée de classiques sixties, de Be my baby à River deep, mountain high, et déjà présent dans l'aventure Monkees), au chant Ron Dante et Toni Wine, ainsi qu'un paquet de musiciens de session qui touchaient leur bille.
Les deux titres de ce 45 tours sorti par chez nous en juillet 1970 sont extraits du quatrième album des Archies, Sunshine.
Over and over est une chanson excellente. peut-être pas aussi accrocheuse que Sugar sugar, mais plus rythmée et plus dansante. C'est d'ailleurs une petite ligne rythmée avec guitare, basse et batterie qui ouvre la chanson. Ensuite vient le premier couplet, on dirait des Byrds survitaminés et bronzés, qui frimeraient sur Sunset Boulevard dans une décapotable rose. Pour le refrain, les Beach Boys arrivent, accompagnés des Beach Girls, sauf que maintenant ce sont tous des beaux gosses et qu'ils savent vraiment tous faire du surf, avec chacun une fille sur les épaules.
Trois couplets anodins, trois refrains dont le dernier est ad-libbé encore et encore, et emballé c'est pesé, en 2'15 vous avez une guimauve de l'été à l'agréable goût chimique, aussi remuante qu'un pois sauteur du Mexique.
Sunshine en face B c'est grosso modo la même chose, mais en moins bien. Pour commencer, c'est moins dansant. Il y a pourtant un ingrédient supplémentaire habituellement imparable, des bongos, mais pour moi ça ne fonctionne pas tout à fait aussi bien qu'avec Over and over. Pourtant, aux Etats-Unis c'est Sunshine qui était en face A du 45 tours, mais je trouve que le label français a été bien avisé d'inverser les faces.

La couverture de l'un des Archie Comics.

15 février 2009

WILD CHILD : Death trip


Acquis sur le vide-grenier de Cramant le 1er juillet 2007
Réf : MAD 5003 -- Edité par Idéal en France en 1984
Support : 33 tours 30 cm
8 titres

Bon, je dois préciser au départ que je n'ai pas acheté ce disque pour moi. Je pensais qu'il s'agissait d'un groupe de hard années 80 et qu'à 1 € le disque dédicacé (Pour toi "champion", pas très lisible sur ma photo du verso avec les signatures des quatre membres du groupe) sûrement assez rare, ça me donnerait l'occasion de faire plaisir à un vieux ou un jeune fan de hard.
Pourquoi j'ai cru avoir à faire à un disque de hard ? Le nom du groupe, Wild Child, le code couleur rouge et noir, comme pour Epsylon, et un regard trop rapide jeté au look du groupe (on dirait que Nicola Sirkis a adopté par la suite exactement la même tenue que le chanteur Little Jim !).
Mais par acquis de conscience je jette au moins une oreille sur tous les disques que j'achète. Si ça avait vraiment été du hard, celui-ci n'aurait pas tenu plus de trente secondes sur la platine, mais là je me suis surpris à l'écouter entièrement et à le mettre de côté pour une réécoute ultérieure, qui m'a fait le même effet : un bon disque de rock avec un chant intégralement en anglais par des français que je supporte (étonnant, ça). Tant et si bien que j'ai même décidé de garder le disque !
Les apparences étaient donc trompeuses et il s'avère que si Wild Child doit se placer sous le patronage d'un groupe, ce n'est pas sous celui d'AC/DC ou Rainbow mais bel et bien sous celui des Stooges (leur premier 45 tours s'intitulait Stooge face, le titre de cet album Death trip est aussi celui d'un morceau des Stooges et la chanson Messed up est dédiée leur guitariste Ron Asheton), et ça ça me convient bien mieux. J'associe aussi Wild child fortement à Iggy Pop, mais là chronologiquement il ne faut pas se planter : c'est en 1986 qu'Iggy Pop a fait un tube avec Real wild child (Wild one), une reprise d'un titre de 1959, et, à moins que les Stooges ou Iggy n'aient inclus cette chanson dans leur set dans les années 70, ou à moins que ce surnom ait été donné à Iggy avant 1986, il ne peut pas y avoir de rapport direct car le groupe Wild Child a duré de 1981 à 1984.
Ça commence doucement avec What ever happened to us, le moment qui me plait le plus venant tout à la fin quand il y a une deuxième voix. Ce qu'il y a de bien c'est que, comme pour l'accent irlandais avec les Undertones, l'accent marseillais des membres de Wild Child disparait complètement quand ils chantent.
Avec le deuxième titre Story of life me vient ce qui me semble être la deuxième référence du groupe par importance après les Stooges, les Sisters of Mercy, autant pour la voix que pour l'esprit général, mais il peut très bien s'agir d'une proximité par association car je ne doute pas que les Sisters of Mercy ont eux aussi beaucoup écouté et admiré les Stooges.
Au début de Simple mind, la voix a côté dédaigneux à la Johnny Rotten et Messed up, qui démarre comme une ballade à l'harmonica, se poursuit aussi dans un esprit punk avec ses "I don't care". L'intro de Lost children est aussi dans un esprit de ballade, avec un motif de guitare léger et des choeurs réussis. Par contre, le petit cri de Little Jim quand il entame Welcome to my cemetery fait très Iggy.
Avec ses 8'25, Death trip, qui n'est pas une reprise des Stooges, est le morceau de bravoure qui clôt l'album. Ce n'est pas le titre le plus électrique du disque, mais l'esprit des Stooges et des Sisters of Mercy l'imprègne fortement, tout comme, et c'est peut-être plus surprenant, celui de Joy Division pour la batterie et la basse.
En 2005, Garage Records, le label du studio parisien où cet album a été enregistré, a réédité Death trip, qui reste disponible en CD ou en téléchargement. Dommage qu'à cette occasion Garage n'ait pas acquis les droits de l'intégralité du catalogue de Wild Child, qui aurait presque pu tenir sur un seul CD il me semble puisque, outre le premier 45 tours, il n'y a qu'un mini-abum, Speedlife o'mind, sorti en 1982.

13 février 2009

THE CURE : Three imaginary boys



Acquis à La Clé de Sol à Châlons-sur-Marne en décembre 1979
Réf : 2383 539 -- Edité par Fiction/Polydor en France en 1979
Support : 33 tours 30 cm
12 titres

J'ai lu les critiques qui sont parues au moment de la sortie de cet album au printemps 1979, et j'ai sûrement entendu par-ci par-là pendant cette période dans Feedback de Lenoir un titre de The Cure, mais c'est avec le passage du groupe dans l'émission Chorus en décembre 1979 que je les ai vraiment découverts et que je suis instantanément devenu fan.
Grâce à la magie d'une rediffusion télé il y a un peu plus d'un an et d'internet, on peut actuellement facilement revivre ce moment :

(Et l'on redécouvre au passage que A forest s'appelait encore At night quelques mois avant la sortie de Seventeen seconds. Un titre qui plaisait tellement à Robert Smith qu'il l'a attribué à une autre chanson sur l'album).

Je pense que, dès le mardi suivant (Chorus passait le dimanche et le magasin devait être fermé tout le lundi à l'époque), j'ai foncé voir Gilbert le disquaire de La Clé de Sol pour lui acheter Three imaginary boys. Dans les semaines qui ont suivi, je l'ai tanné pour qu'il commande en import le maxi A forest puis l'album Seventeen seconds, ce qu'il a fait et il s'en est vite félicité car les disques se sont très bien vendus pendant plusieurs mois. Pour ma part, pour des questions de budget, je me suis contenté du petit 45 tours et de l'album en pressage français.
Apparemment, Robert Smith s'est plaint de ne pas avoir eu un contrôle complet sur le choix des titres de l'album et sur la conception de la pochette. En tout cas, cette idée de Bill Smith de représenter le groupe par des objets ménagers et de remplacer les titres de l'album par des pictogrammes, si elle peut apparaître à juste au titre au premier abord comme un gimmick bien creux, a renforcé l'attrait qu'a exercé sur moi un disque qui, si l'on s'en tient uniquement à la musique, est de toute façon excellent. Cette pochette rajoute une dimension de mystère au disque, un peu de la même façon que le tombeau de Closer après la mort de Ian Curtis, mais graphiquement la pochette de Three imaginary boys est bien plus proche dans l'esprit de celles des trois premiers albums de Wire.

Il faut bien s'imaginer le lycéen en train d'écouter cet album, essayant de déchiffrer les paroles et de mettre des titres sur les numéros de morceaux de ce disque. Car les titres, on ne les avait pas, ou pas tous. Aujourd'hui, ils sont sur le CD ou on les trouve en dix secondes avec une recherche sur internet, mais à l'époque, pas moyen de les connaître tous. 10.15 saturday night, Accuracy, Fire in Cairo étaient cités dans la critique de Best. Pour Three imaginary boys c'était pas trop dur. Manoeuvre qui, en bon rocker, n'avait pas accroché à l'album, mentionnait Foxy lady, une reprise de Jimi Hendrix, mais c'était quel morceau ? Et les autres ?
En tout cas, le fait de ne pas connaître non plus les paroles a inscrit dans ma mémoire des réflexes qui reviennent à chaque écoute : j'entends "Me talk" plutôt que "Meathook", et surtout je me suis demandé en réécoutant aujourd'hui ce que pouvaient bien vouloir dire les paroles en yaourt chantées par Robert Smith après "If I hurry I an see..." dans le refrain de Fire in Cairo. Il s'avère tout bêtement qu'il n'est pas du tout en train de chanter ce que j'entendais, mais d'épeler le titre de la chanson ! Mes oreilles ne sont pas prêtes en tout cas à entendre ces "vraies" paroles !
Avant de ressortir le disque pour préparer ce billet, j'avais complètement oublié que, en plus de la pochette il y avait un insert recto-verso à l'intérieur du disque :


On reste dans la logique de la pochette : la place des objets-personnes, membres du groupe et autres, dans la maison est indiquée par des traits de couleur, et l'on retrouve leurs noms au verso. Aujourd'hui, ces traits de couleur, pour rester dans la deuxième moitié des années 70, me font à la fois penser à certains travaux de Barney Bubbles et aux couleurs qui "maquillaient" Lewis Furey sur la pochette de son premier album.

Bon, et la musique alors ? Vous êtes sûrement très nombreux à la connaître. On a vraiment à faire typiquement à un classique de la new wave, parfaitement représenté par le titre qui ouvre l'album, 10.15 saturday night : voilà un trio dans une formation des plus traditionnelles (basse, guitare, batterie) qui produit avec ces ingrédients de base du blues et du rock une musique vraiment nouvelle qu'on ne peut rattacher à rien de ce qui a précédé, même pas les outsiders comme le Velvet Underground ou Can. Non, les seuls auxquels on peut penser à l'écoute de l'album ce sont des contemporains new wave, comme Wire surtout et le XTC des tous débuts.
Grosso modo, on pourrait classer les titres de l'album en trois groupes, les trucs extra-terrestres comme 10.15 saturday night (Grinding halt, Subway song, Meathook viendraient s'y ajouter), les titres à tempo moyen (Accuracy, Another day, Fire in Cairo, Three imaginary boys) et les plus punky-rapides (Object, Foxy lady, So what, It's not you).
Quand on pense que trois titres sortis en single (Killing an Arab, Boys don't cry et sa face B Plastic passion) ont été enregistrés grosso modo pendant les sessions de cet album et aurait pu venir en renforcer encore le niveau, on se dit que vraiment que le groupe était bourré de créativité à ses tous débuts, comme c'est souvent le cas. A l'époque, j'aurais dit que Seventeen seconds était mon album préféré de The Cure mais aujourd'hui je pense que Three imaginary boys a bien mieux vieilli. La seule vraie faute de goût, c'est l'espèce de petit instrumental jazzy ajouté en toute fin de disque après le morceau-titre : autant dans les meilleurs moments du disque il y a des espaces qui peuvent faire penser à un esprit jazz, autant ce Weedy Burton (ils lui ont même donné un numéro et un titre dans les rééditions) est sans intérêt.

Polydor qui, à l'époque, distribuait non seulement Fiction mais aussi Virgin (Magazine, XTC, Devo, PIL, etc., excusez du peu) a eu la très mauvaise idée en 1979 de substituer pour certains disques une pochette imprimée faisant la promotion de son catalogue à l'habituelle sous-pochette blanche :


Au moins, trente ans plus tard, je peux me féliciter de ne posséder qu'un seul de ces albums (Allez, je réponds à la question avant qu'on ne me la pose : c'est le Dick Annegarn, que je n'ai malheureusement que dans une réédition en double album avec une autre pochette).
Je crois que cette sous-pochette, et le fait que la pochette française n'était pas légèrement gaufrée comme l'originale anglaise), explique en grande partie pourquoi je me suis séparé (presque) sans regret de mon 33 tours de Seventeen seconds quand j'ai acheté cet album en CD pour pas trop cher.

08 février 2009

DOGBOWL : Follow my roving eyeball


Acquis je ne sais plus trop comment dans la première moitié des années 2000
Réf : VISA 4410 -- Edité par Lithium en France en 1998 -- Echantillon promotionnel interdit à la vente
Support : CD 12 cm
Titres : Follow my roving eyeball -/- The president was shot

J'avais vu l'annonce dans le programme de La Cartonnerie du projet Vortex #1, un "sabotage en direct" de la salle rock de Reims pendant trois jours, dont l'idée me rappelait la prise de contrôle de Libération par Bazooka à la fin des années 70, et ça ma paraissait intéressant. Mais, quand Aline m'a tendu le programme complet à la Médiathèque et que j'ai aperçu sur la couverture la mention de la participation de Michel Cloup à la programmation artistique, ma réaction a été immédiate : il a peut-être invité Dogbowl. Et Bingo ! Dogbowl figure bien dans la programmation du vendredi 20 février de Vortex #1. Je ne suis pas devin mais simplement, depuis que Dogbowl a dit au-revoir à la France avant de retourner à New-York, lors d'un concert à la Guinguette Pirate à Paris le 28 août 2002, il n'est revenu jouer par chez nous que deux fois à ma connaissance, pour une performance-concert à Poitiers le 26 mars 2005 et un concert à Toulouse le 24 juillet 2006, et à chaque fois c'était à l'invitation et en collaboration avec Michel Cloup, une collaboration entre Dogbowl et Cloup qui remonte au moins à 1995 et au double 45 tours en commun de Dogbowl et Peter Parker Experience pour le Lithium Singles Club.
C'est donc avec une grande joie que je m'apprête à revoir Dogbowl en concert après un intervalle de plus de six ans, pour ce qui sera au minimum son quatrième concert à Reims (programmé notamment par Rodolphe Rouchausse à chaque fois), le dernier en date ayant eu lieu au bar de La Comédie, accompagné par Poney, avec notamment une reprise mémorable de The day my baby gave me a surprise de Devo.
Cet événement me donne l'occasion de me replonger dans mes disques de Dogbowl et d'en extraire ce single hors-commerce de 1998, diffusé pour soutenir la sortie de The Zeppelin record, qui montre, après ceux de Perio, que Lithium investissait beaucoup dans ses disques promotionnels, puisqu'on a droit ici à une illustration inédite pour chacune des chansons.
Je ne sais plus précisément comment je suis rentré en possession de ce disque. Je suis presque certain de ne pas l'avoir acheté. Le plus probable est que c'est un bon copain qui me l'a offert parce qu'il savait que j'étais fan de Dogbowl (Merci ! C'est une superbe pièce !). L'autre option étant que je l'ai gagné avec un lot complet de disques promos en répondant bien lors d'un blind-test organisé par La Radio Primitive dans un bar rémois.
Dogbowl n'a sorti que deux albums chez Lithium mais, outre que ce sont deux disques excellents, parmi ses meilleurs, ce sont des disques pivots dans sa discographie qui s'étend désormais sur trois décennies : Cigars, guitars and topless bars est l'album live euphorique, enregistré à New-York avec son groupe américain, qui clôt parfaitement la première période américaine de Dogbowl chez Shimmy Disc. A l'inverse, The Zeppelin record est l'album studio sophistiqué enregistré en France, celui pour lequel Dogbowl a bénéficié du plus gros budget, qui constitue une parfaite introduction aux disques suivants, enregistrés en solo à la maison. Et puis, comme ces deux disques ont été bien distribués en France, ce sont ceux sur lesquels vous avez le plus de chance de tomber, avec l'excellent Best of Dogbowl vol. 2, sorti par 62TV, qui couvre tout son parcours jusqu'à 2001.
Dans une interview de 2002 avec Philippe Dumez pour la revue Jade, Dogbowl revient sur le non-succès du Zeppelin record, et notamment sur le fait qu'il n'était pas d'accord avec son label pour le choix de Follow my roving eyeball comme single. Il se demande si son propre choix Womanizer n'aurait pas encore moins aidé l'album à se vendre. D'abord, précisons qu'il est question d'un single qui, à ma connaissance, n'a même jamais été commercialisé ! Et puis, autant The Zeppelin record est un disque excellent de bout en bout, autant j'ai bien l'impression qu'il ne contient aucun single pop évident. Womanizer, lent et pointant à plus de sept minutes, aurait nécessité de bons coups de ciseaux. Follow my roving eyeball, avec son plantage en cours de prise, était un choix courageux avec un refrain assez accrocheur. Personnellement, j'aurais peut-être opté pour Electric eel merry-go-round, Basketball girl #5 ou bien Fly. Peggietta aurait aussi pu faire l'affaire mais c'est Kiss-Kiss la chanteuse principale et ça la fout mal pour promouvoir un album de Dogbowl.
En tout cas, les deux titres de ce single reflètent bien les deux types de sessions d'enregistrement qui ont produit The Zeppelin record.
Follow my roving eyeball a été enregistré au Studio de la Seine avec Dominique Depret à la guitare, Boris Declerck à la basse (de Holden tous les deux) et le fidèle Race Age à la batterie et aux percussions. L'interprétation musicale est des plus délicates. Comme c'est le cas à plusieurs reprises dans cet album d'un new-yorkais à Paris, il est question de New-York dans cette chanson, d'un sentiment d'été, du bord de mer, de "suivre mon oeil égrillard jusqu'à ce que nos langues entrent en collision".
The president was shot fait partie des titres du disques enregistrés en solo par Dogbowl au Lutecia Garden Studio à Clamart. Les paroles sont comme une nouvelle, un peu comme pour Hot day in Waco, dans laquelle le protagoniste raconte comment il a assassiné le président des Etats-Unis, avant de se retrouver à Las Vegas dans une chambre d'hôtel avec une prostituée qui éclate en sanglots quand elle apprend la nouvelle de l'assassinat car elle trouve cela impoli qu'on lui ait tiré dans l'oeil. On pense bien sûr à l'assassinat de Kennedy, mais comme il est question de CNN, cela rend la chanson contemporaine. Dogbowl s'était beaucoup mobilisé contre la réélection de W. Bush, et s'est réjoui de l'élection d'Obama. Je l'imagine mal interpréter ce titre à Reims, des fois qu'il se révèle prémonitoire...!

Nous sommes partout est le site du projet Vortex #1.
The Zeppelin record, mais aussi Live on WFMU et The best of Dogbowl vol. 2 sont en écoute chez MusicMe.

06 février 2009

LES PINSONS : La vieille truie


Acquis chez Emmaüs à Tours-sur-Marne le 30 janvier 2009
Réf : 432.318 BE -- Edité par Philips en France en 1958
Support : 45 tours 17 cm
Titres : La vieille truie (The old sow) -- Clementine -/- Le dindon digne (Yankee doodle) -- You are my sunshine

A force d'aller chez Emmaüs à Tours à intervalles trop rapprochés cet hiver, sans laisser le temps au stock de se renouveler, j'en reviens avec un nombre de disques de plus en plus réduit. Là, j'ai même cru que j'allais revenir les mains vides, jusqu'à ce qu'il me prenne la curiosité de regarder l'étiquette de cet EP un peu miteux à la couverture neutre en papier déchirée. Et alors, quand j'ai lu "Les Pinsons", "Joyeux cow-boys", "You are my sunshine" et "Crazy Horse Trio", j'ai su que ce ne serait pas le cas et je n'ai plus eu qu'à trouver deux autres 45 tours pour faire le lot de trois à 1 € et rentrer chez moi écouter Les Pinsons.
Et je n'ai pas été déçu, car les quatre titres de ce disque, effectivement des reprises de chansons traditionnelles western ou country, sont excellentes et très drôles, des bruits que fait La vieille truie de la première chanson, avec le hoquet de l'un des deux chanteurs, à l'engueulade entre ces deux gars pour la prononciation de Clementine, à la française ou à l'anglaise. Yankee doodle démarre en anglais, avant de se transformer en un Dindon digne hilarant par la grâce des paroles de Francis Blanche et de l'interprétation des Pinsons. Le version de You are my sunshine est de très bonne tenue, mais comme il n'y a ni paroles en français ni clowneries, on est presque un peu déçu après la déferlante comique des trois premiers titres.
Musicalement, on pense à des Homer and Jethro un peu moins virtuoses (mais le Crazy Horse Trio touche sa bille) ou à Spike Jones, dont on n'est pas surpris d'apprendre qu'il a donné sa propre interprétation d'au moins deux des quatre titres de ce disque, The old sow song et Yankee doodle.

Ce n'est qu'après cette première écoute que j'ai cherché des informations sur Les Pinsons. Je suis très vite tombé sur la page du site Amour du Rock'n'Roll consacrée aux cow-boys chanteurs français et c'est comme ça que j'ai appris que Les Pinsons étaient un duo composé de Roger Verbecke et de Raymond Devos !
Il s'avère que Les Pinsons étaient le deuxième numéro burlesque monté par Raymond Devos, après Les Trois Cousins et avant qu'il ne trouve sa voie en écrivant le sketch La mer démontée et en se lançant en solo. Ils ont tourné au moins d'avril 1951 à avril 1952.

Les Pinsons au Théâtre de l'ABC, Paris, avril 1952. © Lipnitzki/Roger-Viollet

Chez Encyclopédisque, on apprend que Clémentine et Le dindon digne ont été édités à l'origine en 1952, dans un format un peu particulier de 78 tours, le 78 Minigroove, un disque de 17,5 cm lancé par Philips pour concurrencer le 45 tours et surtout éviter de payer les droits correspondants au détenteur du brevet RCA Victor. Après des titres classiques, Clémentine serait le premier disque de variétés édité sous ce format.


Comme pour certains formats de vidéo, de disque laser et bientôt de DVD, le 78 Minigroove n'a pas duré et, lorsque le disque des Pinsons a été réédité en 1958, il est devenu un EP 45 Minigroove.


Cet EP est sorti alors que Raymond Devos avait connu le succès, pas étonnant donc qu'il signe le texte au dos du disque. Ce qui est plus étonnant, c'est qu'en six ans, le numéro de cabaret est devenu un groupe qui chante pour les enfants, dans le but de les aider à apprendre l'anglais ! L'enregistrement n'avait pas du tout été fait dans ce but, mais j'avoue que, au collège, lorsqu'on m'a fait étudier les paroles de My darling Clementine, ça aurait été beaucoup plus passionnant si on nous avait aussi fait écouter la version des Pinsons en illustration !!

Les quatre titres de ce disque sont inclus sur de nombreux CDs de Raymond Devos, et parfois crédités à son seul nom, du simple fait qu'il s'agit de ses premiers enregistrements discographiques. On peut les écouter en intégralité chez MusicMe (même si la chanson y est intitulée Tu es mon soleil, il s'agit bien de la version en anglais de You are my sunshine, celle qui figure sur le disque original).
La version de The old sow song des Pinsons s'avère très fidèle à certaines des versions américaines sorties en 78 tours qu'on peut écouter sur Youtube.

01 février 2009

WALL OF VOODOO : Wall of voodoo


Acquis à La Clé de Sol à Châlons-sur-Marne fin 1981 ou en 1982
Réf : SP 70401 -- Edité par Index aux Etats-Unis en 1980
Support : 33 tours 30 cm
Titres : Longarm -- The passenger -/- Can't make love -- Struggle -- Ring of fire -- Granma's house

La première fois que j'ai écouté Wall of Voodoo c'était chez François B. Il s'agissait d'un exemplaire en import du premier album Dark continent, probablement prêté par Philippe R., et, bien que fan de new wave et donc habitué au son des boites à rythmes, ma première réaction avait été d'être très surpris par le fait que celle de Wall of Voodoo ait un volume aussi fort et soit mixée autant en avant. Mais je n'avais pas été rebuté pour autant, puisque j'ai très vite ensuite acheté Dark continent, et plus tard le deuxième album Call of the west.
Entre la parution des deux albums, j'avais fini par craquer pour ce disque, le premier sorti par Wall of Voodoo, un mini-album en import, donc assez cher, avec quatre chansons et deux petits instrumentaux, qui a lontemps traîné à La Clé de Sol avant que je les en débarrasse. J'avais aussi dû être alléché par les différents articles que Philippe Garnier leur a consacrés dans ces moments-là dans Rock & Folk.
Les deux instrumentaux sont OK; ils doivent remonter au temps où le chanteur Stan Ridgway et le guitariste Marc Moreland avaient monté une boite, Acme Soundtracks, pour essayer de vendre des musiques de film.
Les quatre chansons sont elles carrément excellentes. Les ingrédients du son du groupe sont déjà parfaitement en place : boite à rythmes donc, synthés et guitares qui se répondent et prennent tour à tour les devants, et un chanteur hors pair.
Longarm traite de la mécanisation dans les usines, avec les petits bras trop faibles des ouvriers remplacés par ceux plus grands et plus forts d'un robot pour actionner les leviers.
The passenger (rien à voir avec la chanson d'Iggy Pop) parle effectivement du passager d'un avion, visiblement un pirate de l'air porteur d'une bombe qui va faire exploser l'avion en l'air. Il y a un solo avec un son trafiqué, probablement joué au synthé mais ça pourrait presque être de la guitare.
Je n'ai pas le courage de rechercher l'article, que j'ai quelque part dans une boîte, mais Can't make love est une chanson sur laquelle Philippe Garnier avait écrit tout un paragraphe. C'est une chanson sardonique sur les relations humaines à Los Angeles dont le refrain ("Je suis un mec sympa mais je ne t'aime pas, je veux juste coucher avec toi") prend un sel particulier quand on sait que le premier couplet s'adresse aux filles et que le second est identique mot pour mot, sauf bien sûr que Ridgway s'adresse alors aux garçons.
Je suis bien certain que la reprise de Ring of fire est la première chanson que j'ai jamais écoutée de Johnny Cash. J'avais été prévenu par une chronique dans Best ou Rock & Folk que ce Johnny Cash était un monument réac de la country (une sentence pas entièrement injuste, surtout à cette époque où Cash était au nadir de sa carrière), ce qui m'a tenu pendant des années prudemment et bêtement éloigné de son oeuvre, mais ce qui ne m'a pas empêché d'apprécier énormément la reprise typiquement new wave de Wall of Voodoo.
Pas de boite à rythmes ici, ni de percussions. Le rythme est donné par un synthé saturé au vibrato très prononcé, sur lequel la guitare brode pendant que Stan Ridgway fait son numéro. Une fois les paroles évacuées, on a deux bonnes minutes d'instrumental, avec des solos de guitare et de synthé et divers bruitages.

La quasi-intégralité de ce disque a été rééditée une première fois sur la compilation Granma's house en 1984, juste après le départ de Stan Ridgway, et surtout en 1991 sur le CD Index masters, qui associait cet EP en entier avec un concert de 1979 précédemment inédit (sauf un medley de musiques d'Ennio Morricone déjà sorti fin 1982 en face B d'une réédition de Ring of fire, suite au succès de Mexican radio). Ce CD a lui-même été réédité en 2005 et je vous le recommande chaudement, tout comme Call of the west, toujours disponible. Il est simplement très dommage que Dark continent, un album que je préfère à Call of the west, soit depuis longtemps indisponible, la dernière édition CD remontant à 1992.

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