30 avril 2011

RENE KOBENA : Moustique, il est là


Acquis sur le vide-grenier de Vauclerc le 25 avril 2011
Réf : FAN 9001 -- Edité par Festival / Fan en France en 1966
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Moustique, il est là -- K. bena -/- Fadema -- Madede -- Anoma wo

Lundi férié, je me suis un fait un périple vide-greniers. C'est lors du troisième et dernier de la journée, au dernier stand qui proposait des disques, d'ailleurs, que j'ai trouvé ce disque. Le stand était tenu par un couple âgé pas particulièrement aimable. Ils avaient deux bacs de 45 tours, principalement de la variété années 70, du coup j'ai été très surpris d'y trouver un 45 tours de Julian Cope en pressage angais en parfait état ! J'étais en train de passer très rapidement les derniers disques quand j'ai aperçu le mot "moustique" en haut de cette pochette. Sans majuscule au mot, je me suis bien dit qu'il ne s'agissait pas du chanteur Moustique, mais ça m'a suffisamment intrigué pour que je sorte le disque et, en un quart de seconde, j'ai su que j'avais affaire à de la musique africaine.
Il s'agit d'un EP, avec non pas quatre mais carrément cinq titres (dont certains assez courts). Le dessin de pochette d'Alain Bocher est daté de 1966, ce qui doit correspondre à peu de choses près à l'année de sortie du disque. Dans un texte en hommage à Manfred Long Mbepe, Jo Tongo, alias Jojo l'Explosif, nous apprend que René Kobena était un chef d'orchestre ivoirien arrivé en France vers le milieu des années 40. Jo Tongo et Manfred Long jouaient dans son orchestre en 1966 et Jo relate une prestation mémorable de l'orchestre à Pont-de-Vaux, dans l'Ain.
René Kobena aurait sorti plusieurs autres disques. Je n'ai retrouvé une vague trace que pour un seul d'entre eux, Rythmes d'Afrique noire.
De meilleurs spécialistes que moi font état d'influences cubaines marquées dans ce disque, qui contiendrait une pachanga à l'africaine et un son montuno. Pour ma part, ce que je peux dire, c'est qu'on a à faire ici à d'excellentes chansons, à commencer par le morceau-titre :


René Kobena : Moustique il est là mis en ligne par noreille

Super ronflements (!) et très bonne instrumentation pour cette chanson chantée en partie en français. Les quatre autres sont de la même veine, sans paroles en français. K. bena est vraiment très cubaine, avec des cuivres. Portée par un instrument à cordes et des flutes, Fadema est une très belle mélodie et j'imagine très bien qu'il s'agit d'une chanson d'amour. Les cuivres et le son cubain reviennent pour Madede. Percussions, guitare électrique, choeurs, avec Anoma wo, dont l'enregistrement est shunté bien trop tôt, on est vraiment dans une ambiance de rumba ou de highlife.
Voilà un disque excellent de bout en bout, un très bon exemple de production africaine à Paris. Je ne suis pas certain qu'il y en a eu tant que ça d'éditées à l'époque.
Par chez nous, s'il y a des moustiques, c'est qu'il fait beau, et s'il fait beau, on peut espérer chiner. Je ne demande qu'à trouver d'autres galettes de cet acabit...

24 avril 2011

RAY LEMA présente BWANA ZOULOU GANG


Acquis probablement chez Vitamine C à Reims en 1987
Réf : 34001-1 -- Edité par Mad Minute Music en France en 1987
Support : 33 tours 30 cm
7 titres

C'est la lecture d'une dépêche de l'AFP titrée Quand la chanson française inspire l'Afrique... et inversement qui m'a fait réagir. Il y est question du projet Yeke Yeke, présenté au Printemps de Bourges ce week-end. Quand je lis un texte où il est question d'associer musique africaine et chanson, où sont mentionnés les noms de Jacques Higelin et de Charlélie Couture, il est impossible pour moi de ne pas penser à un précédent projet, celui du Bwana Zoulou Gang, et je me suis étonné de ne pas le voir mentionné. Certes, ça remonte maintenant à plus de vingt ans, mais ce disque, sorti en 1987, la même année que le Akwaba Beach de Mory Kante, qui contient justement le Yéké yéké qui fit un tube énorme en 1988, est sûrement le premier projet à associer aussi formellement musiciens africains et vedettes de la chanson française.
Autour de Ray Lema, initiateur du projet, et de Lokua Kanza et Manu Dibango entre autres, on trouve à un moment ou un autre au chant sur ce disque Jacques Higelin, Charlélie Couture, Tom Novembre et Alain Bashung, excusez du peu. Et le tout est emballé dans une superbe pochette dessinée par Jano, qui a dû attirer à elle toute seule les fans de BD. C'est d'ailleurs sûrement Raoul Ketchup qui m'a fait connaître ce disque en l'amenant à notre émission Rock Comptines, et cet album a dû faire l'unanimité dans notre trio d'animateurs car Phil Sex est un grand fan de Jano.
Les interventions des "vedettes de la chanson" se limitent en grande partie sur le disque à  des refrains parlés-chantés. Higelin, Bashung et Couture, qui place un couplet en français sur une reprise de Papa was a rollin' stone, font leur truc très bien, et c'est bien intégré à l'ensemble. Ce n'est pas là où le bât blesse. Le problème se trouve plutôt dans la période de production, le milieu des années 80, et dans la mention très haut dans les crédits au dos de la pochette de la présence d'un "Ingineer for Synth" (faute d'orthographe comprise). Dès les premières notes du disque, c'est la cata qui était à craindre avec, avec une attaque de synthés et de saxophones, puis une batterie lourde et des effets un peu partout. Le pire dans le genre est le premier titre de la face B, Pariseries.
Les titres qui échappent à cette production sont ceux qui s'en sortent le mieux, comme le reggae Isle of right et l'instrumental aux percussions Kutakana.
Et puis, il y a quand même une très grande réussite sur ce disque, le titre que j'ai toujours préféré, celui que je passais à la radio, c'est Kayembe, le duo des frères Couture, Charlélie et Tom Novembre. Les deux frères font un grand numéro en nous racontant l'histoire de Kayembe "qui attendait un message en regardant les nuages". Il y a un peu de synthé, mais il est discret, et la production sur ce titre au rythme assez lent est plus discrète et plus roots, avec notamment de la flute. Un titre qui justifie à lui seul toute l'entreprise !

Une version un peu raccourcie de Kayembe est en écoute sur le site de Ray Lema (idem pour Pariseries, si vous y tenez).
Ray Lema sort un nouvel album, 99, le mois prochain. 

23 avril 2011

RAMSAY MIDWOOD : Undone


Acquis par correspondance via eBay en Angleterre en mars 2011
Réf : 833-2 -- Edité par Vanguard aux Etats-Unis en 2003 -- For promotional use only. Not for sale
Support : CD 12 cm
Titres : Prophet Omega riff -> Chicago -- He's gone -- Rattlesnake -> Rollin in my sweet baby's arms -- Hobo man -- Shadow mayor of tiny town

De tête, j'aurais dit que ça faisait deux ans, peut-être trois au maximum, mais non, les dates ne mentent pas : j'ai bel et bien attendu quatre ans pour me procurer un exemplaire de ce disque promo, depuis le moment où j'ai chroniqué l'album Popular delusions & the madness of cows et découvert à cette occasion son existence. Pendant tout ce temps, mon alerte eBay veillait pour moi. Elle a ramené dans ses filets un exemplaire du disque de temps en temps, mais ce n'est que le mois dernier que j'ai fini par en attraper un à mes conditions, c'est à dire à un prix correct (10 € port compris). Entre-temps, j'ai quand même réussi à rater la prestation de Ramsay Midwood dans une bibliothèque de Rouen en 2009...
Si je tenais tant à me procurer ce disque d' "enregistrements pirates" de Ramsay Midwood (comme indiqué au dos de la pochette), c'est parce qu'il s'agit d'enregistrements principalement live inédits par ailleurs, avec seulement deux des titres qui figurent sur ses albums, et que, vu les circonstances de sa diffusion, il y a très eu de chance que ce CD soit réédité un jour.
Les circonstances, de ce que j'en devine, c'est que Vanguard, légendaire légendaire label folk-blues des années 50-60, a dû signer Ramsay Midwood vers 2002. Ils ont commencer par éditer aux Etats-Unis son premier album, avec deux titres en plus par rapport à l'édition originale sortie en 2000 en Allemagne chez Glitterhouse (Philippe Garnier l'avait rencontré en 2000 pour Libération). Puis en 2003, ils ont distribué aux professionnels ce demi-album, enregistré lors de trois dates à Los Angeles qui s'étalent de novembre 2000 à avril 2003, les deux premières en live pour la radio KCRW, et la troisième dans la maison d'un certain Danny. Et après ? Et bien, rien. En tout cas, Vanguard a dûr rendre son contrat à Midwood, qui a attendu 2006 pour sortir son deuxième album sur un micro-label indépendant de sa ville d'Austin.
Ce qu'il faut savoir avec Ramsay Midwood, c'est que, enregistrement studio ou en concert, ça ne fait strictement aucune différence au niveau de la prestation et du son, très probablement car il doit faire ses enregistrements studio en direct à l'ancienne.
Le disque s'ouvre par un peu plus d'une minute de Prophet Omega riff, peut-être en référence au prêcheur radiophonique de Nashville, avant d'enchaîner sur une version assez musclée de Chicago, du premier album. L'autre titre qu'on trouve sur disque, c'est Rattlesnake, qui est sur le deuxième album, mais là la version est assez différente. Sur l'album, elle était assez acoustique, alors que là elle est beaucoup plus électrique et rapide, et surtout elle est emmêlée avec une autre chanson, Rollin' in my sweet baby's arms. Rattlesnake est connue sous plein de titres différents, mais le plus connu est Muskrat, dont la version la plus populaire semble être celle de Doc Watson, sortie en 1965 chez... Vanguard ! C'est sûrement un hasard, mais Doc Watson a aussi sorti une version de Roll in my sweet baby's arms, en 1967, toujours chez Vanguard. Watson la crédite à Flatt (de Flatt et Scruggs, qui l'ont enregistrée en 1948), mais la version qui a dû servir de base à Ramsay Midwood, le son et la graphie choisie le prouvent, c'est celle qui a été un tube pour Buck Owens en 1971, Rollin' in my sweet baby's arms, créditée à Owens. Midwood crédite lui ces deux titres comme des traditionnels, ce qui parait plus honnête.
Le début des années 1970 semble d'ailleurs fortement inspirer Ramsay, puisque les deux excellentes reprises enregistrées dans la maison de Danny datent de cette période, He's gone du Grateful Dead, édité pour la première fois sur le triple album live Europe '72, et Hobo man de Link Wray, sorti en 1973 sur son album Beans and fatback.
Le dernier titre, Shadow mayor of tiny town, est un original de Midwood, excellent comme d'habitude, qu'on ne trouve à ma connaissance que sur ce disque.
Le site de Ramsay Midwood n'existe plus et sa page MySpace n'est pas mise à jour, alors ces jours-ci pour avoir de ses nouvelles, il faut aller sur sa page Facebook. Là, on apprend de bonnes nouvelles. Déjà, que Ramsay Midwood joue régulièrement en concert, et surtout qu'il s'apprête à sortir un troisième album, Larry buys a lighter. Un premier extrait, Loopers, est même déjà en vente en téléchargement chez CD Baby.
Il y a quelques mois, Ramsay expliquait à No depression que le nouvel album a été enregistré dans son garage sur bandes magnétiques et qu'il donne ses concerts pas trop loin de chez lui car il a deux enfants à l'école primaire qui occupent pas mal son temps...

17 avril 2011

THE COWBOY CHURCH SUNDAY SCHOOL : Open up your heart (and let the sunshine in)


Acquis chez Parallèles / Gilda à Paris le 5 avril 2011
Réf : 9-29367 -- Edité par Decca au Canada en 1955
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Open up your heart (And let the sunshine in) -/- The Lord is couting on you

Allez, c'est dimanche, le jour idéal pour écouter ce disque du Catéchisme de l'Ecole Cowboy !
C'est toujours surprenant de constater que, même dans une ville de la taille de Paris, on peut trouver des disques de plus de cinquante ans en parfait état dans les bacs à soldes. Même si je suis tombé dessus le même jour et au même endroit, celui-ci a très peu à voir avec celui de Dan Le Sac vs Scroobius Pip et je dois bien avouer que, même s'il s'agit d'un disque vraiment d'époque, avec un nom d'artiste et des titres de chansons pareils je l'aurais sûrement moi-même ignoré si je n'avais pas eu connaissance de la bande originale du film A dirty shame, dont il est l'un des moments forts. Je n'ai toujours pas vu le film, mais apparemment on y entend l'hymne des coincés Open up your heart (and let the sunshine in) à deux moments différents.
Cette chanson a carrément été un tube en 1955 (N° 8 du Billboard). Avec un accompagnement d'orgue, des voix angéliques (accélérées en fait de 33 à 45 tours), nous content les bienfaits de la prière et du sourire face à l'adversité ("So let the sun shine in, face it with a grin. Smilers never lose and frowners never win") et, en face B, avec Le Seigneur compte sur toi, admonestent les enfants contre le catéchisme buissonnier.
Ce disque a été enregistré en famille par Stuart Hamblen, un gars qui, si j'en crois sa biographie sur Wikipedia, a eu un sacré parcours. Certes, il son père était unprêcheur méthodiste itinérant, mais à partir de 1926, c'est en tant que l'un des premiers cowboys chanteurs et acteurs qu'il s'est fait connaître, auprès notamment de Roy Rogers, Gene Autry ou John Wayne. En 1934, il fut le premier artiste à signer sur la toute nouvelle maison de disques Decca. On constate qu'il enregistrait encore pour ce label en 1955. Ce disque, précisément, a été pressé au Canada par The Compo Company, la première usine canadienne de pressage de disques, fondée en 1918 à Lachine, près de Montreal. Elle a distribué Decca au Canada à partir de 1935 mais s'était fait racheter par ce label en 1951.
Hamblen a eu dès les années 1930 de gros problèmes avec l'alcool, et aussi le jeu. Souvent violents, il a été arrêté à de nombreuses reprises. Il a renoué avec la religion à l'occasion d'une "croisade" de l'évangéliste Billy Graham en 1949. Il s'est converti, a arrêté de boire, a milité contre l'alcool, au point de refuser les publicités pour la bière dans ses émissions de radio (Il en animait depuis 1931. Sa dernière émission, en 1952, sur une radio chrétienne, s'appelait The Cowboy Church of the Air). Vue la notoriété d'Hamblen, Billy Graham dira plus tard que cette conversion a été un tournant dans son parcours de (futur) télé-évangéliste.
Si Stuart Hamblen a écrit d'autres tubes, comme This ole house et It's no secret (what God can do) (repris par Elvis Presley sur l'un de ses albums de Noël en 1957), Open up your heart nous suffira comme souvenir de lui. Cette comptine religieuse quasi hip-pop optimiste est à écouter avec un sourire en coin, parce qu'elle le vaut bien et parce que le diable est peut-être à l'affut pas loin.



15 avril 2011

PERE UBU : Love, love, love


Acquis d'occasion à Londres ou à Reims vers le début des années 1990
Réf : UBUCD 33 -- Edité par Fontana en Angleterre en 1989
Support : CD 12 cm
Titres : Love, love, love (Cajun house mix) -- Love, love, love (132 bpm) -- Love, love, love

Pere Ubu sera en tournée européenne en mai, avec une étape à Paris le 15 au Batofar. Pour l'occasion, et comme ça se pratique assez couramment de nos jours, Pere Ubu interprètera The annotated Modern dance, autrement dit l'intégralité de son premier album The modern dance, sorti en 1978  chez Blank, agrémenté des singles qui l'avaient précédé chez Hearpen. On en avait eu une sorte d'avant-goût à Reims le 16 décembre 2009 quand Pere Ubu avait joué Final solution et Non-alignment pact en "rappel" de son spectacle Long live Pere Ubu !. Tout ce que je peux dire c'est que l'interprétation était excellente et que ça claquait !
Très bien, mais quel rapport entre les débuts de Pere Ubu et ce single Love, love, love, extrait de l'album Cloudland, sorti en 1989 ? Un rapport ténu, a priori, même s'il s'agit nominalement du même groupe. Cloudland est le deuxième album du Pere Ubu reformé, sorti chez Fontana, et il est surtout réputé pour être le disque le plus "pop" ou le plus "commercial" du groupe de David Thomas et consorts, principalement parce qu'ils ont accepté la proposition d'enregistrer quatre des titres avec un de leurs fans, Stephen Hague, producteur notamment de New Order et des Pet Shop Boys qui était très en vogue à l'époque. Tout ce que je sais c'est que, si on s'intéresse aux albums de Pere Ubu dans leur globalité (pas juste des chansons picorées dans les disques), celui-ci est l'un de mes prérérés, avec Ray gun suitcase.
Et ce rapport avec les débuts de Pere Ubu ? Et bien il n'est pas si ténu que ça ! A la sortie du disque, j'avais été très intrigué en découvrant parmi la ribambelle d'auteurs crédités pour Love, love , love le nom de Peter Laughner, guitariste et membre fondateur du groupe, mort en 1977. Avec un peu de recherches complémentaires, avec l'aide des amis et du refrain de Love, love, love, il ne m'avait pas fallu trop longtemps pour découvrir que les origines de cette chanson remontent effectivement aux débuts du groupe, qui la jouait sur scène en 1976. Elle avait été éditée pour la première fois sous le titre Can't believe it en 1981 sur l'album live 390 degrees of simulated stereo.
Cette version studio de 1989 n'est pas si différente que ça de celle de 1976. Certes, elle a pour colonne vertébrale une basse séquencée synthétique et énorme, qui lui donne un côté dance (c'est sûrement un apport des deux mixeurs de ce titre, Daniel Miller, The Normal de Mute Records, et Rico Conning), mais c'est tout et moi ça ne me gêne pas. Et d'autant moins que le reste c'est du pur et du meilleur Ubu : un riff de guitare à tuer, le chant de David Thomas, rejoint sur le "I can't believe it" du refrain par des choeurs, et des bidouillages sonores un peu partout. Il y avait matière à faire un tube, et Fontana a eu tout à fait raison de tenter le coup, même si au bout du compte ça n'a pas marché.
Il y a par contre quelque chose qui me surprend plus que cette résurrection d'une des premières chansons du groupe, surtout quand on connait le contrôle très fort que Pere Ubu exerce à toutes les étapes de la création et de la production sur sa musique et tout ce qui l'accompagne, notamment les pochettes.
En effet, ce CD n'est pas le CD principal de Love, love, love, sur lequel on trouve une face B inédite et un extrait de l'album précédent, mais le "CD 2", c'est à dire en Angleterre depuis la fin des années 80 jusqu'aux années 2000, le CD de remixes. Je n'arrive plus à retrouver la référence, mais je suis sûr que Charlie Dontsurf saura nous expliquer tout ça en commentaire, mais j'ai lu quelque part que David Thomas expliquait que c'était sûrement la seule fois où ils avaient laissé un label faire ce qu'il voulait avec leur musique et qu'ils les avaient laissé commissionné et sortir ces remixes sans intervenir.
Au bout du compte, le seul titre qui compte ici c'est le troisième, celui de la version originale. Les remixes house et dance par The Groove Corporation et Emilio Pasquez sont sans aucun intérêt et je suis même surpris que le Cajun house mix ait eu l'honneur d'être ajouté parmi les bonus de l'édition remasterisée de Cloudland sortie en 2007. Une édition qui, si j'en crois les prix pratiqués en ligne, doit déjà être épuisée. C'est presque dommage puisque je viens de découvrir au passage que, outre deux bonus que je n'ai pas, il y a deux titres de l'édition originale en CD qui ne figurent pas sur mon 33 tours !


Le clip de Love, love, love. David Thomas est avec son Macintosh préféré, je suppose. Les enfants-insectes, comme ceux dessinés sur la pochette, sont là sûrement à cause d'un des vers de la chanson ("Who let all the bugs in ?").
Je trouve que ces enfants donnent au clip un petit côté Gondry, voire même Mondino. En fait, le réalisateur est une autre légende de la vidéo musicale, Chuck Statler, qui a notamment travaillé sur les fameux premiers films d'un autre groupe de l'Ohio, Devo.

10 avril 2011

BROTHERHOOD OF MAN : My sweet Rosaly


Acquis sur le vide-grenier de Tours-sur-Marne le 3 avril 2011
Réf : R-0545-II -- Edité par Tonpress en Pologne en 1977
Support : Carte postale 45 tours 18 cm
Titres : My sweet Rosaly -- Let's love together

Dimanche dernier, la météo annonçait de la pluie pour "dans le courant de la matinée". Etant donné qu'il faisait encore sec quand je me suis levé, je me suis un peu dépêché et j'étais d'attaque sur place à Tours-sur-Marne pour le vide-grenier plus tôt que d'habitude, à 8h. Evidemment, la première averse de la matinée est tombée dès 8h5...
J'ai quand même fait le tour rapidement, malgré les bâches, et je pense que de toute façon il n'y avait pas d'affaire miraculeuse à faire. Je ne suis revenu qu'avec ce souvenir, acheté à une sympathique dame belge, un objet kitsch au plus haut point, une carte postale 45 tours avec deux titres de Brotherhood Of Man éditée en Pologne en 1977. Il y avait une autre carte postale avec un titre sûrement plus intéressant, Take a chance on me d'Abba, mais la photo était toute moche alors je l'ai laissée. Car bien sûr, la seule raison pour laquelle j'ai jeté mon dévolu sur cet objet improbable, c'est la photo de la carte postale avec ce couple de hippies en poupées.
C'était encore une fois le cas dans ce bac à disques, mais pendant la majeure partie de sa carrière, Brotherhood Of Man aura été dans l'ombre d'Abba. Il faut dire que, dans un style similaire, ils ont été les troisièmes d'un trilogie pop à remporter l'Eurovision au milieu des années 1970, en 1976 dans leur cas avec Save your kisses for me, après Abba et Waterloo en 1974 et Teach-In et Ding-a-dong en 1975.
Comme avec les disques souples, on est toujours surpris que ce genre d'objet produise encore de la musique quand on le met sur la platine trente ans après. Certes, ce n'est pas de la haute-fidélité et il y a un chuintement assez sensible, mais ça passe. Et ce que ça diffuse, c'est de la pop commerciale sans grand intérêt, même si j'ai une petite préférence pour le deuxième titre (pas de face B, les deux titres sont sur le même côté de la carte), Let's love together, qui correspond mieux à l'esprit de l'illustration. Mais bien sûr, c'est par le plus grand des hasards : on retrouve les mêmes titres sur une autre carte postale, avec également des poupées, qui représentent cette fois des danseurs espagnols !!
Cette photo-ci me plait plus, mais le problème c'est que, dès que la carte se met à tourner en 45 tours, l'illustration devient un gloubi-boulga psychédélique, avec une touche de jaune, du blanc et beaucoup de gris. On a l'impression de voir un repas régurgité par un hippie ayant abusé de goulash au patchouli !
En tout cas, ces objets sont une preuve que, au plus fort du régime communiste, la pop commerciale occidentale était diffusée en Pologne, même si c'était par la bande, ou plutôt par la poste.

09 avril 2011

DAN LE SAC vs SCROOBIUS PIP : Thou shalt always kill


Acquis chez Parallèles / Gilda à Paris le 5 avril 2011
Réf : CSRCD50546 -- Edité par Central Station en Australie en 2007
Support : CD 12 cm
8 titres

Cette semaine, j'ai fait chez Gilda une bonne razzia, notamment dans un lot de CD promo qui venait d'être mis en rayon. Celui-ci par contre, ça fait trois mois qu'il trainait dans le bac des disques à 80 centimes. C'est presque étonnant.
Au moment de la sortie de ce titre, j'avais vu passer dans la presse les pseudos incongrus des deux protagonistes, Dan Le Sac et Scroobius Pip, mais il a fallu attendre septembre 2008, quand Bob Morlock me l'a fait passer en MP3, pour que je découvre Thou shalt always kill et que je m'éclate dessus.
Dans un esprit proche de LCD Sound System, peut-être en plus déconneur, Thou shalt always kill est une tuerie. Dan Le Sac a concocté un truc dansant très électro et là-dessus Scroobius Pip ne chante pas, il ne rappe pas, non, il balance une diatribe qui a fait pour beaucoup dans le succès de ce titre.
Ce qui est assez étonnant dans ce texte, écrit sur le mode des dix commandements, c'est qu'il mélange allègrement deux thématiques, mises sur le même plan, celle d'ordre social et politique ("Tu ne voleras pas s'il y a une victime directe / Tu n'achèteras pas de produits Coca Cola. Tu n'achèteras pas de produits Nestlé / Tu donneras autant d'importance aux tragédies qui ont lieu dans un pays non-anglophones qu'à celles qui ont lieu dans des pays anglophones / Tu penseras par toi-même.") et celle relative à la musique et à la culture pop ("Tu ne vénéreras pas d'idoles pop / Tu n'arrêteras pas d'aimer un groupe simplement parce qu'il a du succès").
La partie qui a le plus marqué les consciences, et qui fait office de refrain, c'est celle qui suit le commandement "Tu ne mettras par les musiciens et les artistes interprètes sur des piédestaux ridicules", une litanie de noms de groupes, qui ne sont que ça, des groupes, parmi lesquels : "The Beatles were just a band / The Beach Boys, just a band / The Sex Pistols, just a band / The Clash, just a band / The Cure, just a band / The Pixies, just a band".
Ce single a été réédité en 2009 dans une nouvelle version avec Pos Plug Won de De La Soul comme invité au chant. Je ne connais pas cette version. Par contre, en plus de la version single courte et de la version originale, je me suis fadé les six remixes de Thou shalt always kill qu'on trouve sur ce CD qui dure plus de trois-quarts d'heure. Comme c'est souvent le cas, aucun de ces remixes ne conserve intacte la magie de l'original, et bien sûr aucun ne l'améliore vraiment. Au mieux (ici, la version courte du mix de Chris Fraser), c'est écoutable et dansant. Au pire, surtout avec l'accumulation, ça gave et ça dilue l'impact du morceau de départ.
Sur le coup, j'ai un peu été étonné de tomber à Paris sur un pressage australien de ce CD, bâti sur le mode des maxis à rallonge américains. Après vérification, il semble bien que cette édition de Thou shalt not kill est la seule qui soit sortie sur support CD, et la seule sur laquelle on trouve ces remixes. En effet, le single original a surtout été disponible en téléchargement, avec une édition limitée en 45 tours dotée d'un remix différent en face B, mais de CD anglais/européen ou américain, point.

A lire : L'auto-interview de Dan Le Sac et Scroobius Pip chez Télérama et la chronique de l'album Angles, sur lequel on trouve ce single, chez I Left Without My Hat.

08 avril 2011

LOUIS ARMSTRONG : C'est si bon


Acquis sur le vide-grenier de la rue de l'Hôpital à Epernay le 20 mars 2011
Réf : 105.525 -- Edité par CID en France vers le milieu des années 1950
Support : 45 tours 17 cm
Titres : C'est si bon -- Avril au Portugal -/- La vie en rose -- Ramona

Allez, après le Kingsmen et le Lightnin' Hopkins, un troisième (et dernier pour l'instant) disque tiré du très beau lot de la rue de l'Hôpital à Epernay.
D'abord, je trouve que la pochette du disque est une grande réussite. Encore une fois, comme Pacific ou Riviera, un label des années cinquante  nous prouve qu'on peut produire une pochette très efficace sans quadrichromie, avec juste deux couleurs plus le noir et blanc. Je trouve celle-ci particulièrement flashy avec un fort côté BD ou, plus à propos, pop art.
Plus largement, j'ai été très content de tomber sur ce disque car ça fait de nombreuses années maintenant (depuis le succès renouvelé de What a wonderful world à la fin des années 1980) que j'apprécie le Louis Armstrong chanteur, intérêt renforcé aussi par l'excellente version que M. Ward donnait sur scène à ses débuts de Someday you'll be sorry. Et avec la liste des titres de ce disque, j'étais certain d'avoir à faire à des morceaux chantés !
Si j'en crois la discographie concoctée par Michael Minn et Scott Johnson, les enregistrements de ce disque sont issus de deux sessions qui ont eu lieu à trois ans d'écart : La vie en rose et C'est si bon datent du 26 juin 1950 tandis qu'Avril au Portugal et Ramona ont été enregistrés, à New-York également, le 21 avril 1953.
Même si le titre d'April in Portugal a été francisé pour l'occasion, Armstrong chante bien en anglais sur tout le disque, en-dehors bien sûr des quelques expressions exotiques comme "C'est si bon" ou "La vie en rose".
Vocalement, avec son chant énergique, Armstrong me fait souvent penser à Louis Prima. Musicalement, je préfère la face B, plus chanson et moins jazz, surtout La vie en rose, avec la contrebasse, une guitare, le piano et une trompette pas trop énervée qui accompagnent Armstrong pendant les trois-quarts de la chanson.
D'après les indications au dos de la pochette, CID a sorti au moins cinq autres EP d'enregistrements de Louis Armstrong sous licence Decca. Et aussi au moins un 33 tours, en 1956, Satchmo sings, sur lequel on retrouve le deux titres de 1953 de ce 45 tours. Je voudrais bien le trouver celui-là aussi car il y contient aussi Someday you'll be sorry !



03 avril 2011

THE BEATLES : 1962-1970


Offert par les médiathèques d'Issy-les-Moulineaux par correspondance en mars 2011
Réf : [sans] -- Edité par les médiathèques d'Issy-les-Moulineaux en France en 2011
Support : Virtuel
28 titres

Comme beaucoup de ceux qui ont grandi dans les années 1970, mon éducation aux Beatles s'est faite principalement par le biais des compilations 1962-1966 (l'album rouge) et 1967-1970 (le bleu). Nous ne les avions pas chez nous, mais ils étaient chez presque tous les copains et dans la famille. J'avais plutôt une préférence pour l'album rouge et je me souviens avoir été épaté en vérifiant les dates de copyright par le nombre de classiques sortis par les Beatles en 1965. Pendant l'été 1977 ou 1978, il y a eu aussi une grosse promotion des Beatles à la radio ("Un Beatles par heure" je crois) sur RTL ou Europe 1, qui m'avait bien marqué. Ainsi, mon premier véritable engouement pour la musique a été pour les Beatles, même si je suis assez vite passé à autre chose, que ce soit Lewis Furey ou Elvis Costello.
Les deux double-albums rouge et bleu regroupent 54 titres, avec les plus grands succès du groupe, y compris les scies genre Ob-la-di Ob-la-da et Yellow submarine. Mais étant donné que les Beatles ont enregistré plus de deux cents titres en moins de dix ans, tout n'y est pas. C'est là qu'intervient l'initiative des médiathèques d'Issy-les-Moulineaux qui, à l'occasion de l'exposition Do you speak Beatles ? qu'elles présentent jusqu'au 10 avril, et dans le même esprit que les disques virtuels de Vivonzeureux! Records, se proposent de nous faire découvrir le double album-vert 1962-1970, soit une sélection de vingt-huit titres des Beatles qui n'ont pas trouvé leur place sur les disques rouge et bleu.
Et là-dedans, si tout n'est pas parfait (Il y a des titres comme If I fell ou I'll be back que je trouve plus faibles), il y a avant tout un paquet d'excellentes chansons, très rock (I saw her standing there, You can't do that, And your bird can't sing, Helter skelter), plus pop (Do you want to know a secret ?, The night before) ou d'inspiration folk-country (I should have known better, I've just seen a face, Blackbird).
J'écoute rarement l'album blanc, mais la sélection de cinq titres qui en est proposée ici (Dear prudence, Happiness is a warm gun, Blackbird, Birthday, Helter skelter) a une forte tendance à le faire remonter dans mon estime. Pour ce qui est des trois extraits de Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band, je les trouve significatifs : si Getting better est plutôt un excellent titre rock (mais les Beatles ont fait bien mieux par ailleurs), When I'm sixty four, avec son inspiration rétro, et She's leaving home avec ses cordes (Je suis bien sûr qu'aucun Beatles ne joue sur cet enregistrement) sont deux chansons plutôt bonnes, mais qui n'ont absolument rien de rock. Je ne veux pas trop faire mon sectaire, mais je pense que c'est justement parce que cet album n'est pas vraiment rock qu'il est porté au pinacle par la critique et figure en haut de la majeure partie des classements de meilleurs albums.
Par rapport à cette sélection, ce sont les titres de l'année 1966 qui ont ma préférence, issus des sessions de l'album Revolver et du single Paperback writer : I'm only sleeping, avec son côté très Kinks, le très électrique And your bird can sing (J'avais justement lu il y a quelques semaines une explication intéressante sur l'inspiration de cette chanson) et les deux tueries psychédéliques, Rain et Tomorrow never knows. J'ai bien l'impression que Rain aurait pu influencer fortement le Pink Floyd de Syd Barrett. En tout cas, cette chanson concentre en elle tout le son et toute l'inspiration de Biff, Bang, Pow ! à l'époque de son premier album, Pass the paintbrush, honey : en 1984, le groupe la reprenait sur scène et Alan McGee ne portait pas de cuir mais le même blouson marron que John Lennon sur la pochette de Rubber soul.

La présentation du disque vert avec des extraits en écoute.
Les albums en hommage aux Beatles qui figurent dans les collections des médiathèques d'Issy, ainsi qu'une sélection de reprises isolées. Sans surprise, on n'y trouve pas d'exemplaire de mon album de Gérard Saint-Paul.



L'histoire des Beatles (Editions Phoebus, 1977).
Acquis en 1977 ou 1978, probablement au bureau de tabac du Carrefour de Châlons-sur-Marne. J'étais déjà suffisamment intéressé par la musique pour acheter, pour la première fois, un livre-magazine en plus des disques.

02 avril 2011

CAKE : Long time


Acquis par correspondance via eBay aux Etats-Unis en mars 2011
Réf : [sans] -- Edité par Upbeat aux Etats-Unis en 2011
Support : CD 12 cm
Titres : Long time (Radio edit) -/- Long time (Album version)

A part une compilation de faces B et de raretés en 2007, Cake n'avait rien sorti depuis 2004. Alors, quand Showroom of compassion, leur sixième album, s'est annoncé, en indépendant sur leur propre label cette fois-ci, je m'y suis intéressé, comme je le fais avec Cake depuis Fashion nugget et I will survive en 1996.
Je me suis notamment intéressé au premier single extrait de l'album, Sick of you, excellent, qui confirme l'un des grandes qualités de Cake : malgré les départs de membres importants ils ont imposé leur son, reconnaissable en quelques secondes, et avec le style parlé-chanté de John McCrea ils sont capables de produire sur chaque disque des chansons solides, dansantes et souvent drôles.
Depuis ses débuts, et quel que soit son label, Cake diffuse des disques promos qui sont intéressants car ils bénéficient souvent d'une pochette à l'illustration inédite. J'en ai un tout petit nombre, surtout Rock 'n' roll lifestyle, et j'avoue que je bave d'envie devant la liste de leurs disques promo, dont certains contiennent des titres inédits. C'est pour ça que je me suis mis en quête de Cake quand j'ai voulu me faire un petit cadeau. J'ai finalement jeté mon dévolu sur une enchère qui concernait deux CD promo récents (en fait, des CD-R "originaux" officiels), celui de Sick of you (qui n'a été diffusé commercialement qu'en 45 tours et en téléchargement d'où un intérêt supplémentaire) et celui de Long time, un autre titre de Showroom of compassion qui, cerise sur le gâteau, n'est pas encore commercialisé. Ce devrait être très prochainement le deuxième single extrait de l'album; la vidéo a été diffusée officiellement il y a deux jours.
Je n'ai pas encore écouté l'album en entier, mais en tout cas Long time est un autre single très solide. Par rapport à Sick of you, on s'éloigne juste un petit peu du son classique de Cake avec des apports électroniques : effets sur les choeurs, batterie au son de boite à rythmes, synthé...
Quand j'ai passé ma commande, il s'agissait pour moi de continuer à m'intéresser à un groupe moyennement connu, plutôt sur une pente descendante, qui sortait assez discrètement son nouvel album. Et bien, je me plantais complètement. Comme ça avait été le cas il y a quelques temps pour Bright Eyes, et le marché du disque étant ce qu'il est au 21e siècle, Showroom of compassion s'est retrouvé à sa sortie n° 1 du classement des ventes Billboard aux Etats-Unis, rien que ça, et la tournée qui accompagne l'album se fait quasiment à guichets fermés. En France, même cas de figure avec l'unique concert qui a eu lieu à La Cigale, et Libération nous révèle même l'une des causes de cet engouement : la nostalgie pour les années 90 ! Je suis bien bête de ne pas y avoir pensé tout seul car je sais bien que vingt ans, c'est le temps qu'il faut à la nostalgie générationnelle pour se mettre en place : les vingt ans découvrent la musique qu'écoutaient leurs parents et les quarantenaires,  une fois les enfants grandis, se souviennent de la musique qu'ils ont aimée et ressortent plus facilement en concert. Pour ce qui concerne particulièrement Cake, ce qui est notable c'est qu'entre-temps ils ne se sont jamais séparés et ont produit des disques d'une qualité constante. Et de mon côté, j'ai toujours eu du plaisir à les écouter...

Showroom of compassion est en vente sur le site de Cake, avec des extraits en écoute.



01 avril 2011

LIGHTNING HOPKINS : This is the blues Vol. 1


Acquis sur le vide-grenier de la rue de l'Hôpital à Epernay le 20 mars 2011
Réf : 10 351 -- Edité par Brunswick en Allemagne vers 1963
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Merry Christmas -- Happy new year -/- I'm wild about you baby -- Cemetery blues

Dans un genre différent, voici un disque issu de la même collection et acheté probablement à peu près en même temps que le Kingsmen. Cet EP inaugurait une nouvelle collection du label allemand Brunswick appelée This is the blues, qui venait s'ajouter aux Pioneers of jazz et aux Kings of swing. Il y a eu au moins dix parutions dans cette série, toutes illustrées par des dessins aux aspects de vitraux de Seidat, et au moins un album compilation, The best of This is the blues.
Si Lightnin' Hopkins est un grand nom du blues, la sélection pour les autres volumes est très pointue : Roosevelt Sykes, Johnnie Temple & Jesse James, Cow Cow Davenport, Peetie Wheatstraw, Lonnie Johnson, Ollie Shepard, Jimmy Gordon, Rosetta Howard, Cousin Joe. A part Lonnie Johnson et peut-être Roosevelt Sykes, je ne connaissais aucun de ces noms...
J'ai quelques titres d'Hopkins sur des compilations de blues mais en-dehors de ça je ne connais pas bien sa discographie assez pléthorique. Je m'attendais à du blues plutôt traditionnel joué seul à la guitare électrique : j'ai été agréablement surpris car en fait on trouve ici quatre des huit titres enregistrés pour Decca le 29 juillet 1953, en trio avec Donald Cooks à la contrebasse et Connie Kroll à la batterie.
Il y a deux blues assez lents, Merry Christmas et Cemetery blues, marqué par un arrangement particulier, un accompagnement vocal fait de sanglots qui ont été rajoutés à l'enregistrement live (Ils ne sont pas présents sur cette version). Si ces deux titres sont excellents, je leur préfère les deux rapides, qui sont aussi proches du rock que les Cramps ou les White Stripes sont proches du blues : Happy new year a une guitare quasi-rockabilly et I'm wild about you baby est aussi sauvage que son titre le suggère, avec Lightnin' Hopkins qui fait des "Whou Whou" d'excitation.
Un grand disque, qui me donne envie d'aller jeter une oreille sur les autres titres de cette période. Ils ont été très souvent réédités, et notamment par Proper sur le coffret de quatre CD Texas thunderbolt. Sauf que, même si c'était il n'y a pas si longtemps, en 2007, ce coffret semble déjà épuisé et son prix augmente sur certains sites.

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