31 juillet 2011

ALOHA - HAWAIIAN FAVORITES


Acquis sur le vide-grenier de Fleury-la-Rivière le 17 juillet 2011
Réf : PLP - 516 -- Edité par Pontiac aux Etats-Unis en 1952
Support : 33 tours 25 cm
8 titres

Au même stand que le Emile Decotty & Luc Harvet, j'ai acheté ce disque de musique hawaïenne pour 1 €. Inutile de préciser que j'étais très content de ma trouvaille. Des albums 25 cm en parfait état des années cinquante, on n'en trouve pas tous les jours. Celui-ci est en aussi belle condition que celui de Danny Stewart  que j'ai acheté en début d'année, bien qu'il soit encore plus vieux de cinq ans.
A l'écoute, c'est encore mieux : contrairement au Danny Stewart qui était un disque de guiatre hawaïenne aux arrangements très léchés, très américanisés, tendant vers l'easy listening, celui-ci est dans un style beaucoup plus traditionnel. Certes, on entend du vibraphone et un bel orgue très discret sur quelques titres mais la guitare hawaïenne est excellente et surtout le chant, intégralement en hawaïen même pour les chansons dont le titre est donné en anglais, est très pur et souligne la proximité avec les chants tahitiens tels que je les aime.
Dans l'ensemble, le tempo est très lent. Des chansons comme Halona et Mi nei semblent presque ralenties par rapport à des équivalents tahitiens. La guitare est particulièrement bien mise en valeur sur My heart's choice et Waialae, et dans l'ensemble le disque en entier se tient très bien, même si j'aime un tout petit peu moins les titres comme Step lively et Na' lii où la guitare est presque jazz..

Une des énigmes de ce disque, c'est qu'aucune indication ne crédite les artistes qui l'ont enregistré, ni sur la pochette, ni sur l'étiquette. J'ai évidemment cherché à en savoir un peu plus, à partir des références du disque, du nom du label Pontiac et de la maison visiblement associée Remington dont une partie du catalogue est listée au verso de la pochette.
J'ai ainsi découvert que ce même disque avait été précédemment édité sous étiquette Remington (référence RLP - 1008) sous le titre Hawaii - Best known Hawaiian songs, avec cette fois-ci un nom d'artiste mentionné sur la pochette, Waikiki Wanderers Orchestra. Un nom bateau qui ne nous en dit pas beaucoup plus sur les chanteurs et musiciens impliqués, mais c'est mieux que rien.



J'ai ensuite appris que Remington Records avait été fondé par un certain Don Gabor, à qui un site internet est dédié. D'origine hongroise, ancien employé de RCA Victor, installé dans le Massachusetts, il a développé ses affaires en s'adressant d'abord aux communautés immigrées d'Europe de l'Est puis surtout en proposant des disques à prix très réduit, les économies se faisant sur la rémunération des artistes, le réseau de promotion et aussi sur la qualité même des disques qui sont gravés sur un substitut de vinyl, la vinylite, ce qui peut expliquer que mon exemplaire d'Aloha est très épais avec une gravure peu profonde et ressemble plus à un 78 tours qu'à un microsillon.

Pour ce qui est des diques Pontiac, comme l'explique  un article de Billboard d'octobre 1951, il s'agit carrément d'une collection d'albums 25 cm 8 titres aux pochettes en couleurs vendus au prix cassé de 79 cents. On y trouve tous les styles de musique populaire, des valses de Strauss aux tubes country, y compris cet album de musique hawaïenne.



Chez Thrift Store DJ, on peut écouter le titre Beautiful Kahana et télécharger intégralement cet album.


La pochette du 45 tours Remington Holiday in Hawaii, avec quatre titres extraits de l'album.

29 juillet 2011

FALL OF SAIGON : Fall of Saigon


Offert par Thierry Tannières par correspondance en juillet 2011
Réf : GA8851 -- Edité par Gazul en France en 2011
Support : CD 12 cm
13 titres

De tous mes disques que j'ai eu l'occasion d'évoquer en ligne, le maxi de Fall of Saigon, tiré à 1000 exemplaires, est celui que des correspondants du monde entier ont le plus souvent essayé de me racheter, en proposant même parfois des sommes ridicules (de 100 à 150 €).
Avec cette réédition dans la collection Les Zut-O-Pistes de Dominique Grimaud, qui a déjà sorti ces dernières années Back to schizo (1975-1983) de Pascal Comelade et même un Assemblage de pièces comeladiennes du plus bel effet, les complétistes fous fans de Pascal Comelade devraient pouvoir économiser leurs devises puisque ce CD réédite l'intégralité du maxi, augmenté de sept titres rares ou inédits.
Près de trente ans plus tard, les six titres du maxi conservent tout leur mystère et leur magie, je n'en dirai pas plus, vu que j'ai déjà eu l'occasion de le chroniquer ici.
Dans le livret du CD, un entretien avec Thierry Tannières (alias Terry Den, l'un des trois membres du groupe avec Florence Berthon et Pascal Comelade) nous en apprend beaucoup sur la courte histoire du groupe, de fin 1981 à fin 1983, et sur ses différents enregistrements.
On constate que, du début à la fin, le trio n'en a pas toujours été un, puisque les membres du groupe ont joué et enregistré sous les trois combinaisons possibles de duos que ce nombre permet : Pascal et Florence sur scène (c'est en les voyant que Thierry a eu envie de rejoindre le groupe), Thierry et Pascal en studio dès 1981, puis Florence et Thierry et des amis en 1984, après la séparation du groupe, pour deux titres qui étaient restés inédits jusqu'à la sortie de ce CD.
Voilà en fait comment se répartissent les treize titres de ce CD (les titres du maxi sont soulignés) :
  • 1981, Pascal et Thierry : She leaves me all alone, On the beach at Fontana, Andalucia, I'll never be back (ces deux derniers titres ont paru en 1982 sur la cassette Irregular organs, sauf que I'll never be back s'appelait alors 96 larmes)
  • Janvier 1982, Florence, Pascal et Thierry : le premier concert au Grand Odéon de Montpellier, un concert de vingt minutes en première partie du groupe "principal" de Thierry, Joli Garçon : The model, Part time punks et The end, trois reprises de bon goût de Kraftwerk, Television Personalities et des Doors.
  • 1982, Florence, Pascal et Thierry : Visions, Blue eyes, So long, The swimmer, quatre titres enregistrés en une matinée à Montpellier.
  • 1984, Florence, Thierry et trois amis : Sha la la la, Let it go.
J'avais été complètement surpris d'apprendre par la bouche de Thierry que Fall of Saigon avait interprété sur scène des versions de The model et Part time punks, deux titres très importants pour moi à des titres différents. Ils ne doivent pas être nombreux les groupes qui ont eu à la fois Kraftwerk et TV Personalities à leur répertoire. Et en 1982 , j'en parle même pas... La reprise de The end des Doors permet surtout au groupe de tenir dix minutes sur scène avec un répertoire peu fourni. Ce n'est pas désagréable, mais à la rigueur j'aurais bien échangé ce titre contre un enregistrement du Puis je ?  de Kevin Ayers, qu'ils ont régulièrement joué sur scène. C'est mon seul regret à propos de ce CD.
Avec Pascal Comelade au piano, Andalucia et I'll never be back sonnent plus comme ses premiers disques (Sentimientos, Détail monochrome...), pas étonnant donc que ces deux titres se soient retrouvés sur une cassette publiée sous son nom.
Si on poursuit la comparaison légitime avec Young marble Giants, on pourrait dire qu'avec Sha la la la et Let it go, les deux membres de Fall of Saigon impliqués avaient atteint en 1984 leur phase Weekend  !

Pour fêter la sortie de ce CD, Thierry Tannières a eu l'occasion de se produire en public avec deux acolytes sous le nom La Chute de Saïgon, pour interpréter une partie du répertoire de Fall of Saigon. Des extraits du concert du 4 juin 2011 à Marseille sont visibles en ligne. Peut-être verra-t-on un de ces jours la formation originale de Fall of Saigon remonter sur scène. Si ça devait arriver, ils pourraient peut-être choisir de s'appeler pour l'occasion La Rechute de Saïgon !

27 juillet 2011

LES MAXEL'S : Dansez Ou-Lé-Lé


Acquis sur le vide-grenier de la FCPE à Ay le 26 juin 2011
Réf : HFD 1931 -- Edité par Debs en France en 1969
Support : 2 x 45 tours 17 cm
Titres : Dansez Ou-Lé-Lé -- Les Maxel's endiablés -/- Aoua pipip -- Pour la première fois

Voici donc le disque que j'ai acheté à Ay en même temps que le 45 tours de Ti Ken. Les disques, devrais-je dire, car il s'agit là d'un double 45 tours, dans la pochette duquel était même glissé un autre disque des Maxel's (Wight is Wight / M. Zemba), sans sa propre pochette, mais pour 50 centimes il ne faut quand même pas trop en réclamer !
Le luxe de cet album 2 disques et les notes de pochette indiquent clairement que cette parution est un hommage à Jacques Bracmort, l'un des chanteurs des Maxel's, mort à dix-neuf ans en mai 1969. La superbe photo de pochette, prise par Henri Debs lui-même, montre Jacques Bracmort et Pierre Richard, un autre chanteur des Maxel's.



Cette multiplicité de chanteurs s'explique sûrement en partie par l'histoire des Maxel's, qui ont débuté comme groupe instrumental avant d'incorporer différents chanteurs, dont l'haïtien déjà renommé Emile Volel et Christian Zora, qui chante sur Wight is Wight.
Sur ces quatre titres, on a trois chanteurs différents, et trois morceaux rapides aussi.
Jacques Bracmort ouvre le disque avec Dansez-Ou-Lé-Lé, une de ses compositions. Orgue, cuivres, guitare, ce titre de danse on n'est pas éloigné de ce qui se faisait en Afrique à la même époque et fait partie de ces titres antillais qui semblent annoncer le zouk.
Emile Volel sait faire dans le crooner, mais avec un titre pareil, Les Maxel's endiablés est bien sûr un hymne au groupe, chanté sur un rythme de danse enlevé (compas ? contredanse ?).
Pour l'excellent Aoua pipip, c'est Pierre Richard qui est au chant principal. Il n'y a pas d'auteur crédité mais il s'agit probablement d'une reprise d'un titre de 1967 de Nemours Jean-Baptiste et son Super Ensemble, ce même Nemours qui est déjà l'auteur du Désordre musical, la chanson avec laquelle j'ai découvert Les Maxel's.
Le dernier morceau, écrit et chanté par Jacques Bracmort, est un slow, dans la plus pure tradition des années soixante, celle par exemple de ses idoles Christophe ou Adamo. Avec un titre comme Pour la première fois, on est en droit de s'attendre à une chanson d'amour, comme il a eu l'occasion d'en interpréter sur d'autres ballades (C'est pour toi que je chante, Donna mon amour, Je t'aimerai), mais pas du tout. De façon assez surprenante, Jacques Bracmort commente ici son statut de chanteur :

Pour la première fois, j'affronte le grand public
Et moi je crains déjà qu'il me critique
Pour la première fois, je joue mon avenir
Et moi je ne sais pas si l'on va m'applaudir
Si non, je m'effacerai à jamais pour oublier
Si oui, je triompherai et ne vivrai que pour chanter
Car cette foule immense m'attend impatiemment
Et demeure en silence jusqu'à l'heure du jugement
Pour la première fois, je domine la grande salle
Et c'est parti, déjà, je donne un récital
Public, fais ton devoir, et juge-moi sans indulgence
Public, fais ton devoir, et rassure-toi, je te fais confiance

Sachant que le jeune homme qui chante était mort avant même qu'elle soit commercialisée, je trouve cette chanson particulièrement poignante. Et avec le recul, certaines expressions ("mon avenir", "à jamais", "vivrai, "l'heure du jugement") ont une résonance particulière.
En 1988, à l'initiative d'Al-Brack (Alain-Claude Bracmort, le frère de Jacques il me semble), l'album Hommage à Jacques Bracmort a été édité, avec huit reprises de son répertoire.
Il existe au moins deux CD de Jacques Bracmort. Celui de 2005 dans la série Nostalgie Caraïbes ne compte que sept titres. Dans la même série, il vaut mieux lui préférer L'intégrale Jacques Bracmort, parue en 2006, qui compte seize titres (dont Aoua pipip avec Pierre Richard au chant principal, ce qui signifie que trois des quatre titres de ce double 45 tours sont sur le CD).

L'Hommage à Jacques Bracmort et l'Intégrale Jacques Bracmort sont en vente sur le site Antilles-Mizik, où l'on peut écouter de larges extraits de l'intégrale.

25 juillet 2011

ELVIS COSTELLO : I can't stand up for falling down


Acquis par échange avec Dorian Feller à Villedommange le 16 juillet 2011
Réf : FBR 5001 -- Edité par F-Beat en France en 1980
Support : 45 tours 17 cm
Titres : I can't stand up for falling down -- Love for tender -/- High fidelity -- Beaten to the punch

J'avais acheté récemment un EP d'Aurélia qui intéressait bien Dorian et lui venait juste de trouver ce quatre titres d'Elvis Costello en téta neuf sur lequel je louchais. Nous avons vite convenu d'un échange.
Ce 45 tours est le premier qui a été extrait du quatrième album de Costello, Get happy!!. Dans ses notes de pochette pour les rééditions CD de l'album, Elvis explique comment il en est venu à sortir un disque complètement imprégné de l'esprit soul/rhythm 'n' blues des années 60 : "La poignée de chansons qui avait été écrite et arrangée pendant notre tournée de folie avait le son cassant et superficiel adéquat que les programmateurs radio et les agents artistiques identifiaient désormais comme de la 'new wave' (...) Après une rapide tentative pour enregistrer ces travestis, nous sommes allés prendre quelques verres au saloon et nous avons entièrement repensé un disque qu'on venait de finir de répéter (...) La plupart de la musique sortie les trois années précédentes semblait n'avoir aucune racine évidente. La meilleure part se passait dans l'instant, la pire pouvait faire rendre des minutes interminables (...) J'avais recommencé à écouter des disques de R'n'B (...) A partir de toutes ces sources, on a entrepris de réarranger les chansons avec un moteur R'n'B."
Pour moi qui étais en train de grandir avec la new wave et qui venais de passer dix-huit mois avec This year's model puis Armed forces, ce changement de direction était plutôt une catastrophe. A seize ans, le passé ne me passionnait pas vraiment et tout le côté rétro qui accompagnait ce disque, notamment le travail de Barney Bubbles pour la pochette, avait plutôt tendance à me rebuter.
Ça ne m'a pas empêché d'acheter Get happy!! dès sa sortie et de me mettre très vite à l'apprécier énormément. J'ai même acheté les singles High fidelity et New Amsterdam qui en ont été extraits, car ils comprenaient des inédits, mais j'ai fait à l'époque l'impasse sur cette édition française de I can't stand up for falling down car les quatre titres étaient sur l'album. Si j'étais tombé pour pas très cher sur l'édition anglaise, initialement prévue pour sortir chez Two Tone avant de voir le jour sur F-Beat, qui n'a que deux titres mais qui propose le sublime Girls talk en face B hors album, je me serais sûrement laissé tenter (d'autant que je ne pouvais pas savoir que, six mois plus tard, j'allais racheter toutes ces faces B en me procurant la compilation américaine Taking liberties !).
Trente ans plus tard, je suis content d'ajouter ce disque rétro à ma collection. J'ai les titres qu'il contient en de multiples exemplaires (je préfère ne pas faire le compte !) mais je n'avais pas encore cette pochette. Et de le réécouter me permet de grandement réestimer la valeur de ces quatre chansons, et plus largement de Get happy!!, à commencer par I can't stand up for falling down. Le principal reproche qu'on pouvait faire à cette face A de single c'est que c'est une reprise. Quel paradoxe pour un compositeur aussi prolifique qu'Elvis Costello, qui en était à reléguer des bijoux comme Big tears en face B de single ! Sauf que Elvis et les Attractions ont complètement réarrangé la chanson de Sam & Dave : leur version originale de 1967 (que je ne connaissais pas à l'époque) est un slow du plus bel effet alors qu'ici la chanson est prise sur un rythme encore plus rapide que Hold on, I'm coming !, par exemple.
C'est d'ailleurs une des caractéristiques des quatre titres ici présents, exécutés en huit minutes à peine : ils sont tous plein d'énergie et très rapides. Après la sophistication de la phase Armed forces,  on revient ici avec Beaten to the punch par exemple à un tempo et une dose d'électricité qu'on ne trouvait que sur les titres les plus frénétiques de This year's model comme No action ou Pump it up. Avec l'excellent High fidelity, on a même droit à une deuxième face A de single, mais cette sélection a été faite quelques semaines avant la sortie de ce deuxième extrait de l'album en Angleterre.
J'ai longtemps cru que le "tender" de Love for tender avait à voir avec la tendresse. Pas du tout, mais le rapprochement est voulu. Il n'est question que d'argent ou presque dans cette chanson qui magnifie un premier brouillon publié précédemment sous le titre Clean money.
A l'époque de la sortie de ce disque, je passais beaucoup de temps à échanger avec Gilbert, le disquaire de La Clé de Sol à Châlons. Je l'avais aidé à faire de bonnes affaires avec les imports de Visage et de Seventeen seconds de The Cure.
Gilbert m'avait donc à la bonne et il m'a fait plusieurs cadeaux, dont un objet publicitaire d'Elvis reprenant sa photo de la pochette de Get happy!!, sérigraphiée sur une forme découpée  en plastique transparent avec une ventouse pour le fixer. Cet Elvis décorait bien sûr le mur de ma chambre du quartier Saint-Thiébaut, mais nous avons déménagé pendant l'été 80. J'ai bien précieusement emporté toutes mes affaires, disques (heureusement !), livres et habits, mais j'avais pris soin de laisser au mur mes posters, programmes de Lewis Furey à Bobino et autres affiches pour revenir les retirer précautionneusement avant qu'on rende les clés. Sauf qu'entre-temps mon grand-père était repassé finir de nettoyer et avait décidé de mettre au feu toutes ces vacheries sans demander l'avis de personne ! Je ne suis pas certain d'être encore remis de cette perte !!


Une publicité dans la presse pour Get happy!!. Mon Costello en plastique avait cette forme...


En plus du Costello en plastique, Gilbert m'avait donné un exemplaire de ce poster imprimé en Angleterre. Il ne devait pas être au mur de ma chambre au moment de mon déménagement car il a échappé à l'autodafé de mon grand-père et m'a suivi dans tous mes domiciles depuis. Les couleurs sont un peu passées mais aujourd'hui encore il est au mur de mon bureau, au-dessus du tourne-disques.

Les trois vidéos plutôt cheap ci-dessous ont été réalisées par Chuck Statler, réputé pour son travail avec Devo. Dans ses commentaires du DVD The right spectacle, Elvis explique qu'elles ont été tournées dans la villa de Curd Jürgens (à Saint-Paul de Vence) et à Antibes. C'est difficile à croire, mais le groupe a pris un cours de danse à Soho pour travailler la chorégraphie de I can't stand up for falling down ! Costello a laissé les Attractions s'en dépatouiller et a décidé de se contenter de petits sauts. Pour les jets de micro de High fidelity, il s'est inspiré de Roger Daltrey et on n'est pas surpris d'apprendre que ce tournage s'est déroulé le soir du Beaujolais nouveau...







23 juillet 2011

EMILE DECOTTY & LUC HARVET : Ça (Oh que ça me plait)


Acquis sur le vide-grenier de Fleury-la-Rivière le 17 juillet 2011
Réf : SBV 509 -- Edité par Présence Variétés en France vers 1969
Support : 33 tours 17 cm
6 titres

Il avait plu à torrents une bonne partie de la nuit mais la matinée était certes fraiche mais à peu près sèche. Ça m'a permis de faire la découverte de ce village du vignoble, Fleury-la-Rivière, avec notamment une très belle église romane qui a l'air conservée dans son jus. Le vide-grenier, plutôt petit, était un peu plus bas, dans un lotissement. J'ai eu la chance d'y trouver quelques disques intéressants à plusieurs stands, dont un 25 cm années 50 de musique hawaïenne, mais on va commencer par parler de ce petit disque car il fait partie de ceux pour lesquels l'écoute est à la limite superflue, l'objet qu'on tient dans la main sur le stand se suffisant presque à lui-même.
Déjà, il y a la pochette avec cette photo très réussie d'André Nisak qui capture en plein action l'orchestre de l'accordéoniste Emile Decotty et de l'organiste-chanteur Luc Harvet. Cette pochette met clairement en vedette une anonyme joueuse de tambourin (peut-être également chanteuse ou choriste, mais on ne l'entend pas sur le disque), quasiment un sosie de la Jacqueline Maillan de ces années-là. Mais il y a aussi Emile, avec son accordéon et son sourire, Luc avec sa fine moustache, sa chemise avec une sorte de jabot et son micro effilé, et les trois musiciens derrière, avec de la moustache et du sourire également.
Ensuite, il y a les titres des morceaux. Les jerks en général c'est bien et là il y en a deux, Le jerk militaire (!) et Jerkorama, plus quand même des choses qui intriguent comme Jupe longue ou mini et Tiens ! Y a quelqu'un. Et il y en a encore deux autres, Ça (Oh que ça me plait) et Le petit coolie chinois, car ce disque a la particularité d'avoir la taille d'un 45 tours mais de tourner en 33 tours, ce qui permet d'y caser six titres faisant chacun deux à trois minutes.
Autre intérêt de ce disque, la présence de Luc Harvet, un organiste que j'ai justement mentionné pour la première fois ici il y a quelques jours à peine, dans la chronique du 45 tours des Requins, un groupe qui a eu l'occasion de l'accompagner sur disque.
Ce qui ne gâte rien, c'est qu'à l'écoute du disque je n'ai pas été déçu. On a droit en fait à six jerks, un seul complètement instrumental (Jerkorama) mais tous les autres commencent par une moitié instrumentale avant le ou les couplets chantés par Luc Harvet. S'agissant de jerks à l'orgue et à l'accordéon ne se prenant pas au sérieux, et vu l'époque, on se situe dans un triangle constitué par Les Charlots (Tiens! Y a quelqu'un, Le jerk militaire), Nino Ferrer (Le petit coolie chinois) et Jacques Dutronc (Jupe longue ou mini : Dutronc, mais aussi Johnny et Claude François sont mentionnés dans les paroles). Franchement, il y a bien pire dans le style et là ça me fait sourire et danser et je ne demande rien de plus ! Je constate en tout cas que Le jerk militaire vaut bien Le twist auvergnat !
Ce disque, comme celui des Requins, est une production de Francis Baxter. A mon sens, il est principalement destiné à des professionnels du spectacle, soit des animateurs de soirée (d'où les références à la danse dans les paroles) soit des musiciens, comme le disque d'André Verchuren chroniqué il y a quelques mois : le catalogue du label au dos, qui contient d'ailleurs des titres de Verchu, est présenté avec des extraits de partition...

On peut télécharger ce disque chez Moogsensations, où Le petit coolie chinois est aussi en écoute.

17 juillet 2011

HERMAN DUNE : I wish that I could see you soon


Acquis par correspondance chez Amazon en France en 2007
Réf : 0094 6 387185 2 9 / SOURCD 126 -- Edité par Source Etc en Europe en 2007
Support : CD 12 cm
Titres : I wish that I could see you soon -- I wish I had someone that I loved well

Il doit être à peu près impossible de trouver une chronique de I wish that I could see you soon, que ce soit pour ce single ou pour l'album Giant sur lequel on trouve cette chanson, qui ne mentionne pas Jonathan Richman. Et pour une fois cela semble tout à fait justifié. De la guitare acoustique en intro aux bongos et aux choeurs féminins (crédités aux Woo-Woos, soit la petite soeur Herman Düne Lisa Li-Lund et les Babyskins), on est en plein territoire Richmanien. Plus précisément, on se croirait plongé dans l'un des trois premiers albums de Jonathan Richman & the Modern Lovers des années 1980, ceux qui ont justement des choeurs féminins, Jonathan sings !, Rockin' and romance et It's time for.
Il n'est pas du tout question de plagiat ici : I wish that I could see you soon ne ressemble à aucun titre précis de Richman. Simplement, Herman Dune a réussi à distiller l'essence d'un disque des Modern Lovers, la spontanéité, l'exubérance, la joie de vivre, et à la préserver dans son propre enregistrement studio, en l'agrémentant d'une guitare électrique et de cuivres (crédités eux aux Jon Natchez Bourbon Horns) aux accents calypso. Et franchement c'est un véritable exploit, car si la recette de la potion magique de Jonathan Richman était aussi simple à décrypter, ça se saurait et notre vie serait encore plus remplie de disques enthousiasmants qui viendraient s'ajouter aux exploits de Jonathan comme I'm just beginning to live.
Cerise sur le gâteau, la vidéo qui accompagne ce single perpétue le bon esprit du disque.
C'est assez bizarre d'avoir choisi comme deuxième morceau une autre chanson dont le titre commence par "I wish". Il s'agit probablement d'un inédit des sessions de Giant, avec les mêmes ingrédients, y compris les cuivres et les choeurs féminins. Côté paroles, I wish I had someone that I loved well est dans la lignée des chansons probablement très autobiographiques d'Herman Düne, avec simplement cette particularité que, si le refrain est bien à la première personne du singulier, David-Ivar se parle visiblement à lui-même à la deuxième personne du singulier dans les couplets.
Ce CD single n'a que deux titres, mais il est à noter que le 45 tours correspondant sorti par Source Etc en compte trois. I wish I had someone that I loved well n'y est pas, mais on trouvait une autre version de I wish that I could see you soon par Lisa Li-Lund et un inédit, Song of Samuel.




Une version live de I wish I had someone that I loved well par YaYa Herman Düne à Egersund en 2006, avec Neman à la batterie.

15 juillet 2011

DENIS PEPIN : Une jolie fleur


Acquis sur le vide-grenier de Condé-sur-Marne le 25 avril 2011
Réf : 16404 -- Edité par Warner Bros en France en 1974
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Une jolie fleur -/- Le mauvais soldat

Voici venir le 800e billet de Blogonzeureux!. Une occasion de se plonger dans les souvenirs et de se remémorer l'un de mes exploits vocaux méconnus.
A la Foire Exposition de Châlons, il n'y avait pas seulement Les Robots-Music, le circuit de la Prévention Routière, les concerts et les chars et autres engins du régiment d'artillerie. Il y avait aussi des animations plus ponctuelles, comme les émissions radio en direct de RTL (ma mère a dû participer une fois à une émission de Fabrice du style La case trésor). Une année, vers 1969 je dirais vu la taille de ma soeur, le journal L'Union a organisé un concours de déguisements, le règlement stipulant que les costumes devaient être fabriqués en papier journal avec des exemplaires de L'Union ! Ma mère et une de mes tantes se sont lancées dans l'aventure et nous ont costumés tous les trois. Voilà ce que ça donnait sur ces photos prises par le photographe du journal :


Ma soeur Marie-Claire en vendangeuse, avec Maman derrière elle, primée dans sa catégorie d'âge.


Mon frère Eric à gauche en Vercingétorix et votre serviteur en Robin des Bois à droite. Nos déguisements n'ont pas été primés ce jour-là...

L'exploit dont je vous parlais a eu lieu quelques années plus tard, en 1974 ou 1975, mais malheureusement il ne m'en reste aucune trace, pas de photo et encore moins d'enregistrement. Et c'est bien dommage, car il s'agit d'un concours de chant, organisé sur la foire peut-être bien par L'Union également, concours à l'occasion duquel j'ai brillamment remporté un prix. Parait-il que j'étais tout fier de moi parce que, déjà à l'époque, j'avais acquis la réputation de ne pas chanter très juste. Cela ne nous avait pas empêché, en famille, d'avoir un répertoire assez élaboré qui, à un moment ou un autre, incluait la version intégrale de Gigi l'amoroso de Dalida ou Les rois mages de Sheila.
Très honnêtement, je suis bien certain que si j'ai été distingué ce jour-là, ce n'est pas spécifiquement pour mes qualités vocales mais plus probablement parce que j'avais été capable d'apprendre toutes les paroles de Une jolie fleur, une chanson dont Georges Brassens est l'auteur mais que je connaissais pour ma part comme un tube de Denis Pépin.
Ma mère m'ayant récemment rappelé que, oui, une fois dans ma vie au moins, j'ai été distingué pour mon chant, j'ai inscrit mentalement le 45 tours de Denis Pépin dans la liste de mes disques à me procurer (nous ne l'avions pas acheté à l'époque et je ne connaissais la chanson que par la radio). Etant donné que ce disque a été un grand succès, je l'ai vite trouvé, à Condé, un vide-grenier où j'ai fait plein de bonnes affaires cette année, à commencer par le Braque.
Si je me souvenais bien de l'air et du refrain, ça fait bien longtemps que je ne connais plus par coeur les paroles d'Une jolie fleur et surtout, comme que je n'étais pas capable de m'en rendre compte à l'époque et que je n'avais pas écouté cet enregistrement depuis des décennies, je n'avais aucune idée que la version de Denis Pépin d'Une jolie fleur avait modifié l'arrangement de la chanson pour la transposer dans un style country and western cowboy que le Sheriff "Dad" et ses Enfants de Saloon n'auraient pas renié.
Cette thématique américaine est renforcée par la présence sur la face B de Le mauvais soldat, une composition originale dont l'action se situe pendant la guerre de Sécession.
En préparant ce billet, j'ai eu l'occasion de découvrir que la carrière de Denis Pépin, qui est mort en janvier 2010, ne se limitait pas à son succès avec des reprises de Georges Brassens (après Une jolie fleur, il y a notamment eu Marinette l'année suivante).
Ce 45 tours est produit par FR David, surtout connu pour l'énorme tube Words au débuts des années 1980, mais je savais depuis quelques temps que FR David avait débuté dans les années soixante dans un groupe appelé Les Boots. Eh bien Denis Pépin, ou plutôt Farid Khaldi de son vrai nom, était aussi membre des Boots, et avant ça de Les Trèfles. Il a aussi été batteur de Les Spector, un groupe monté par Serge Mosiniak, qui avait fait partie des Mediators d'Hector.
Sous le nom de Denis Pépin, il avait notamment enregistré Et j'irai te retrouver, une reprise en français d'un titre de Neil Young, sortie en face B du 45 tours Orange bleue en 1973. Une autre de ses faces B, Y'a personne pour t'aider, est un original co-écrit par Gérard Manset.
Pour ma part, si vous me fournissez un costume de cow-boy en papier journal et si vous me programmez à l'occasion d'un concert, d'un mariage ou d'un bal, je veux bien faire l'effort d'apprendre à nouveau les paroles de ce grand succès !

14 juillet 2011

JONATHAN RICHMAN AND THE MODERN LOVERS : I'm just beginning to live


Acquis probablement chez Vitamine C ou à La Clé de Sol à Reims en 1985
Réf : RTT 154 -- Edité par Rough Trade en Angleterre en 1985
Support : 45 tours 30 cm
Titres : I'm just beginning to live -/- Circle I -- Shirin and Fahrad

Vers le milieu des années 1980, Rough Trade a édité cinq disques de Jonathan Richman. D'abord Jonathan sings !, que Sire/Warner avait décliné de sortir en Angleterre, album duquel a été extrait That Summer feeling, puis en 1985 Rockin' and romance et ce maxi qui en est tiré, et enfin It's time for Jonathan Richman and The Modern Lovers en 1986.
Blouson de jean de la couleur du ciel bleu californien, tout sourire, poitrail velu à l'air et boucle de ceinture à l'indienne bien en vue, Jonathan  est resplendissant sur la pochette et c'est tout à fait dans l'esprit de I'm just beginning to live. Avant d'être une chanson, I'm just beginning to live est avant tout une exultation, un cri, un hymne à la joie de vivre. Là où, sur un thème approchant, The morning of our lives donnait presque dans le philosophique (inspiré par Maurice Chevalier, mais quand même), on est ici dans l'énergie pure, propulsée d'autant plus par le 'solo' de batterie d'Andy Paley. On est loin du classique que peut être That Summer feeling, mais c'est du rock 'n' roll à l'état brut.
Ramon Rempel, qui tient un site avec les paroles et les accords de chansons de Jonathan Richman, a dû s'amuser à transcrire celles-ci, qui laissent une large place aux choristes, comme c'était souvent le cas sur les disques des Modern Lovers, particulièrement à cette période :
Ra do da do da di de do
yeah alright
da do da rip a do de dang
dang a dang a dang da
ra do da do da di de do
yeah alright
I'm just beginning to live
oh wah oh yeah
well, wang a dang a dang a do a dang dang
oh rim da dim da do
wang a dang a dang a do a dang dang
oh do de do
And I'm, I'm just beginning to live right now


Comme pour la grande majorité des chansons de Rockin' and romance, la première fois que j'ai entendu I'm just beginning to live c'était lors du concert gratuit que Jonathan Richman et les Modern Lovers (Andy Paley et Asa Brebner) ont donné dans la salle des mariage de la maison commune du Chemin Vert à Reims le 13 juin 1985.


Jonathan Richman and The Modern Lovers, Reims, 13 juin 1985. Photo : Marc Roger.

Ce jour-là, la première chose que Jonathan a faite une fois les instuments installés, c'est de s'allonger par terre pour faire des retouches de peinture rouge au logo des Modern Lovers sur la grosse caisse. Ensuite, il est parti faire un tour de footing dans le quartier.
Ce logo, on le retrouve la semaine suivante sur les images de la vidéo ci-dessous, très probablement tournée au festival de Glastonbury les 20 et 21 juin 1985 et éditée à l'origine sur la cassette VHS The great debt, en soutien à Rough Trade, qui connaissait de grosses difficultés financières.



En face B, on trouve d'abord Circle I, qui doit être un titre issu des sessions de l'album. Grosso modo, il s'agit d'une pub de près de trois minutes pour une ferme biologique, qui vante la qualité de ses productions ! Je suis à peu près certain que ce ranch existait sous ce nom, probablement dans la région de Grass Valley où Jonathan Richman vivait à l'époque, mais je n'ai pas réussi à en retrouver la trace. Une nouvelle version de cette chanson, plus électrique et plus rock'n'roll, sera publiée sur l'album Modern Lovers '88.
Ensuite, on trouve Shirin and Fahrad. L'Orient dans le passé, l'histoire d'amour d'un jeune couple, même si on est en Perse et pas en Egypte et même si ce conte est bien plus tragique, on ne peut que faire le parallèle avec Abdul & Cleopatra et pour ma part la comparaison s'est toujours faite au détriment de Shirin and Fahrad, même si dans l'absolu c'est une chanson que je trouve excellente. Cette version de la chanson sera incluse sur It's time for et en 1994, pour l'album en espagnol ¡Jonathan, te vas a emocionar!, Jonathan Richman a enregistré une nouvelle version de cette chanson, titrée sans surprise Shirin y Fahrad et assez proche musicalement de celle-ci.

Ni Rockin' and romance ni It's time for n'ont jamais été réédités, mais Twin/Tone, le label américain qui avait édité Rockin' and romance à l'époque, vend depuis quelques années des exemplaires sur CD-R du disque pressés à la demande.

10 juillet 2011

KRAFTWERK : Neon lights


Acquis chez Royer à Epernay le 9 juillet 2011 -- Offert par la Médiathèque d'Epernay
Réf : 12CL  15998 -- Edité par Capitol en Angleterre en 1978
Support : 45 tours 30 cm
Titres : Neon lights -/- Trans Europe Express -- The model

Je ne sais pas combien il y a eu de disquaires à Epernay dans le passé mais depuis plusieurs années il n'en reste qu'un, Royer, une boutique associée comme le fut en son temps A La Clé de Sol à Reims et Châlons à une enseigne d'électroménager. Ça pourrait paraitre surprenant mais je ne mets quasiment jamais les pieds dans cette boutique, principalement parce qu'il n'y a à peu près rien pour moi dedans, et ce qui pourrait s'y trouver ne serait pas dans mes prix.
En fait, les seules fois où je vais chez Royer, c'est quand je gagne l'un des lots du blind test organisé deux fois pas an par la Médiathèque d'Epernay. Pour les petits lots, c'est souvent un t-shirt ou un CD, comme celui des Breastfeeders, mais les premiers lots sont généralement des bons d'achat à utiliser chez le disquaire du coin. Et comme j'ai (très) bien répondu au dernier blind test en date, sur le thème des chansons enTRAINantes, lié à des expositions présentée en juin, je me suis présenté hier chez Royer.
Il m'est arrivé parfois de chercher pendant de longues minutes sur quel disque j'allais bien pouvoir porter mon dévolu, mais hier, grosse surprise en entrant : je découvre sur ma droite un bac de 45 tours et quelques bacs de 33 tours !
Il s'avère que les responsables du magasin, à qui on demandait souvent s'ils avaient des vinyls, ont fait le tour de leur arrière-boutique et ont retrouvé les derniers disques oubliés par-ci par-là qui n'avaient jamais été sortis lors des différentes périodes de soldes, certains depuis très longtemps puisque j'ai trouvé là des disques (neufs) datant de 1968 (!), comme l'édition originale française de Suzanne de Leonard Cohen. A 2 € les cinq 45 tours, j'en ai trouvé trente-cinq, plus deux albums et un maxi, rare, de Jona Lewie.
Vous vous imaginez bien que j'étais déjà très content et surexcité, mais ce n'était pas tout ! Alors que je fouinais dans le rayon CD pour trouver de quoi compléter mes achats pour atteindre la somme de mon bon, j'ai remarqué par terre quelques autres 30 cm. La propriétaire des lieux m'a expliqué que ces disques étaient à 50 centimes car c'étaient "des inconnus". Pas tous inconnus pour moi, mais presque tous sans intérêt. J'ai quand même pris, au pif, l'album High fly de Difference. Je pensais tomber sur du reggae ou de la musique africaine : dommage, il s'agit de funk, enregistré en France. Un disque recherché, semble-t-il, mais ce n'est pas ma tasse de thé. J'ai pris aussi un album de Tintin et le disque le plus connu de Mouth & Macneal, que je ne connaissais pas du tout pour le coup, et enfin, j'ai eu un gros coup au coeur quand, perdu entre deux albums, j'ai découvert de maxi en "vinyl lumineux" de Kraftwerk !!!
Il faut dire que le guigne depuis très longtemps, ce disque. Depuis plus de trente ans en fait. J'étais lycéen, je m'étais offert, pour pas très cher, l'album The man . machine. Alors, ce maxi en import, assez cher (code B, celui d'un album pas trop cher à l'époque), avec uniquement des titres extraits d'albums, il avait beau avoir une pochette toute verte et un vinyl coloré, il n'était pas question de me l'offrir. Alors, en 1979-1980, à chacune de mes visites chez ce petit disquaire de la rue du Flocmagny dont j'ai oublié le nom, je tournais et retournais ce disque et le laissais sur place à regret.
En 1978, le premier single extrait de The man . machine a été The robots, un excellent choix et une parfaite introduction à la thématique de l'album. Pour le deuxième single, le label allemand a encore fait un excellent choix et sélectionné ce qui était probablement le plus gros tube potentiel du disque, The model, qui est sorti dans ce pays avec la même illustration de pochette que ce disque-ci, mais sur fond rouge et avec un vinyl rouge également.
Assez bizarrement à mon sens, le label anglais a opté pour Neon lights en face A du single, reléguant The model en face B. Il faudra attendre 1982, l'année du succès de titres synthétiques comme le Being boiled de The Human League, pour qu'une version légèrement remixée de The model soit éditée en face A de 45 tours en Angleterre. Elle se vendra suffisamment pour atteindre la première place des hit-parades.
Ce maxi est complété par le morceau-titre de l'album précédent, Trans Europe Express, également sorti précédemment en face A de single. Il est amusant de noter que ce titre fait justement partie des huit qui m'ont permis de bien me classer au blind test sur le thème des trains ! La boucle est bouclée...
J'aime beaucoup le titre Neon lights, proposé ici dans sa version intégrale de neuf minutes, simplement j'ai du mal à imaginer ce morceau caracolant en tête des ventes (d'un autre côté, qui aurait misé sur Autobahn ou Radioactivity ?). La grande force de ce titre plutôt lent, qui démarre par une partie chantée, c'est de nous plonger dans une douce transe électronique dans la longue partie instrumentale qui suit.
Je n'y croyais absolument pas, mais le vinyl est effectivement vaguement luminescent ! Un étonnement de plus. En tout cas, je ne pouvais pas rêver meilleure récompense pour ce blind test et je suis sorti de chez Royer en ayant eu l'impression d'avoir fait une excellente brocante (de neuf) un samedi après-midi !


Une version raccourcie à trois minutes de Neon lights

09 juillet 2011

LES REQUINS : Carnaby Street


Acquis sur le vide-grenier de Mareuil-sur-Ay le 1er mai 2011
Réf : DN 530 -- Edité par Orly en France en 1973
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Carnaby Street -/- Campus n° 8

En plus des albums comme celui de Mickey Baker, j'ai acheté une douzaine de 45 tours à Mareuil au Papy et à la Mamie qui s'engueulaient quelque peu. Dans le lot, il y en a plusieurs de très intéressants mais lorsque j'ai fait mon achat je n'escomptais pas particulièrement que celui-ci en ferait partie.
En fait, il y avait deux 45 tours des Requins côte à côte dans la caisse, celui-ci et un autre avec deux titres nazes, Sweet Laurie et Quand un amour s'en va. J'ai laissé l'autre sur place, sans regret, et j'ai décidé de miser 50 centimes sur ce 45 tours parce que le titre Carnaby Street me donnait quelque espoir quant à l'intérêt de la musique gravée sur le disque.
A l'écoute, je n'ai pas été du tout déçu par mon choix. Sans surprise à la lecture des mentions figurant sur la pochette, "Dance with... Original music for dance club", il s'agit de musique instrumentale probablement enregistrée par des... requins... de studio ! Mais dans le genre les deux faces sont de très bonne qualité. Carnaby Street, un jerk bien rythmé dominé par l'orgue et les cuivres, avec juste un vague soupçon de psychédélisme, a ma préférence. La face B, Campus n° 8, a côté funk/groove plus prononcé.
Là où j'ai été surpris, c'est de découvrir que ce disque, parfaitement anonyme pour moi, est en fait assez recherché par les aficionados du genre. Campus n° 8 a même été réédité par Sausage Records, en face B d'un 45 tours partagé avec Bisacquei.
C'est notamment grâce à Sausage que j'en ai appris un peu plus sur Les Requins, qui ont sorti trois EP chez Vega sous le nom des Sharks dans les années 1960 et qui ont accompagné l'organiste Luc Harvet sur au moins l'un de ses disques.
Evidemment, ce 45 tours théoriquement "très rare" ne vaut pas les 90 € ni même les 25 que certains réclament pour sa vente, mais ça reste une excellente trouvaille et une bonne pioche "au pif".


Les Requins. Photo par Jean-Louis Rancurel trouvée sur le site de Sausage Records.

03 juillet 2011

THE PATRON SAINTS OF TEENAGE (TRISTAR)


Acquis par correspondance via Amazon aux Etats-Unis en juin 2011
Réf : WK 57562 -- Edité par Creation / Tristar aux Etats-Unis en 1994
Support : CD 12 cm
15 titres

Il s'agit de deux compilations du label Creation sorties en 1994 qui portent exactement le même titre, mais la version anglaise, distribuée initialement avec un numéro du NME, et cette version américaine sont très différentes l'une de l'autre. Un autre point commun quand même, une pochette vraiment pas enthousiasmante même si celle-ci a droit à la couleur.
En fait, les objectifs poursuivis et les publics visés par les deux disques sont très différents. Les dix titres du NME avaient été choisis parmi les grands succès du label depuis 1984 pour marquer son évolution (comme quoi on peut être à la fois créationniste et évolutionniste en matière de musique !) à l'occasion de son dixième anniversaire. Ici, il s'agissait pour le label Tristar, une étiquette de Sony, qui venait de prendre près de la moitié des parts du capital de Creation, de présenter au public américain une rétrospective des premières années du label, sachant que les disques à faible tirage n'avaient pas été distribués aux Etats-Unis, sauf parfois sous la forme d'imports excessivement chers.
En ce sens, cette version de The patron saints of teenage est plus proche de I love the smell of napalm, la toute première compilation américaine de Creation, sortie par Rough Trade US en 1986, avec quelques groupes en plus pour couvrir les années suivantes. Et du coup, contrairement aux nombreuses compilations anglaises de Creation qui offraient au mieux un slogan, on a droit ici à un livret détaillé avec des notes de Timothy J. Broun qui retracent très fidèlement l'histoire du label et le parcours de chacun des artistes présent. Primal Scream est absent, probablement parce que le groupe avait individuellement signé un contrat américain avec Sire bien avant le deal avec Sony.
Ayant eu deux groupes sur la période, Peter Astor a droit à deux titres ici, le toujours excellent Almost prayed des Weather Prophets et Winter, la face B du premier single de The Loft.
Les premiers singles Creation, à la pochette pliée en deux glissée dans un sac plastique, sont bien représentés avec, Revolving Paint Dream, Biff, Bang, Pow !, X-Men, Slaughter Joe, The Bodines et Meat Whiplash.
La période immédiatement suivante est représentée notamment par les Pastels avec Baby honey, le tout premier maxi du label mais j'aurais préféré Something's going on, le premier titre de Felt paru chez Creation, Ballad of the band, et le toujours sublime Cut me deep des Jasmine Minks.
Pour Momus et The Jazz Butcher, les titres proposés sont bons (le titre-phare du premier maxi Murderers, the hope of women et une reprise du Everybody's talkin' de Fred Neil) mais personnellement j'aurais fait d'autres choix dans les enregistrements disponibles. Par contre, le très dylanien Jangle town de Nikki Sudden est sûrement le single de lui chez Creation que je préfère.
Au bout du compte, le morceau que je connaissais le moins du lot est aussi le plus "récent", High on fire des Telescopes, sorti en 1992, mais ce titre très psychédélique est très proche dans l'esprit de la chanson publiée la première des quinze, Flowers in the sky de The Revolving Paint Dream, la deuxième référence en 45 tours de Creation, sortie tout début 1984.


The Jasmine Minks, Cut me deep.
Une vidéo réalisée à partir de photos d'archives, dont plusieurs ont été prises lors de leur venue en France en mars 1987. A 3'10, il y en a même une qui est prise dans mon ancien appartement rémois.
Les Jasmine Minks donneront un concert exceptionnel avec tous leurs membres originaux au Borderline à Londres le 23 juillet.

02 juillet 2011

TI KEN : Bla bla bla


Acquis sur le vide-grenier de la FCPE à Ay le 26 juin 2011
Réf : K 001 -- Edité par [Hibiscus ?] à La Barbade en 1988
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Bla bla bla -/- Il pleut il pleut

Le hasard faisant bizarrement les choses, tout chineur vous dira qu'il n'est pas rare qu'une thématique se dégage au fil des stands rassemblés ponctuellement sur un même vide-grenier. Tel disque pas si courant qu'on voit trois fois de suite, des collections de hard-rock tous les cinq mètres...
Là, j'étais tout content d'avoir acheté juste avant un bon lot de disques contenant un EP de calypso des années cinquante, un autre de Maurice Alcindor et un de Joseph Lacides chez Aux Ondes quand je suis arrivé au stand de ce gars à qui on la fait pas qui annonce qu'il vend ses albums de rock usés jusqu'à la corde comme on l'a rarement vu à un prix de débarras de 2 à 5 €. Heureusement, il faisait ses 45 tours à 50 centimes et je suis d'abord tombé sur un superbe album de deux 45 tours des Maxel's, opportunément agrémenté d'un troisième 45 tours sans sa pochette. Pour faire l'euro, et pour m'assurer que le matamore n'allait pas essayer d'augmenter le prix de "mon" 45 tours en fonction de son épaisseur et du nombre de disques à l'intérieur, j'en ai cherché un deuxième et mon oeil a tout de suite été attiré par la belle pochette colorée de ce 45 tours et par le diminutif "Ti" qui m'a fait pensé à Ti Frère. Quand j'ai sorti le disque de sa pochette et que j'ai vu sur la rondelle l'inscription "Fabriqué à la Barbade par WIRL", j'ai su que j'allais encore augmenter ma collecte de disques antillais de ce jour.
Il me semblait, à raison, que la Barbade était plutôt une île anglophone, mais ce disque est présenté entièrement en français et comporte la mention SACEM.
Cerise sur le gâteau, la chanson Bla bla bla me plait énormément. Avec une dose de reggae-ragga sautillant, le gamin Ti Ken nous chante :
"Bla bla bla et bla bla oh tous ces gens
me chipotent les oreilles, oui vraiment
Il est temps que j'ai vingt ans oui mais quand

Moi qui n'aime pas la soupe quand deviendrais-je grand ?" 
Dans le style, c'est encore plus frais que Musical Youth et, même si les chansons n'ont rien à voir entre elles, on ne peut que faire l'association avec un autre reggae francophone de 1988, le Trop de bla bla de Princess Erika. Et je rajouterai aussi un soupçon de Nono Le Petit Robot pour le côté jeune et synthétique.
Autant Bla bla bla est un titre frais et enthousiasmant, autant la sauce ne prend pas avec la face B Il pleut il pleut. Là, on tombe dans la comptine un peu modernisée comme il y en a des centaines qui encombrent les rayons de disques pour la jeunesse.
Apparemment, ce titre a eu un certain succès aux Antilles. Les deux faces sont écrites par Liliane Ransay, la grand-mère de Ti Ken, renommée comme auteur-compositeur. La production et les arrangements sont dus à Jean-Marc Monnerville, alias Kali, le père de Ti Ken, dont le seul titre de gloire n'est pas d'avoir représenté la France à l'Eurovision en 1992. Sur un album de Kali live en Espagne de 2006, on trouve une version de Bla bla bla chantée par Ti Ken. Accessoirement, on peut en déduire si on remonte la lignée familiale que Ti Ken est l'arrière-petit fils de Gaston Monnerville.
Autant ce disque est gai et frais, autant l'enregistrement vidéo d'époque de Bla bla bla qu'on trouve en ligne est d'une toute autre ambiance. La scène est visiblement filmée dans le hall d'un grand hôtel. Le groupe est endimanché et Ti Ken porte un costume digne d'un épisode colorisé de Zorro. La chanson est la même, mais le son vidéo est évidemment de moins bonne qualité. Les deux rastas, dont Kali probablement, s'en sortent avec beaucoup de classe mais le pauvre clavier-flutiste, avec sa veste à revers rouges, me fait penser à un clown des Bario.
Ti Ken a fini par grandir et a largement dépassé les vingt ans. Il se produit désormais sous le nom de Nazareken et il joue  régulièrement en France, notamment à Paris.

La page Facebook de Ti Ken, alias Nazareken.




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