28 août 2011

BOBBY BARE JR'S YOUNG CRIMINALS' STARVATION LEAGUE : OK - I'm sorry...


Acquis par correspondance via Amazon en août 2011
Réf : BS 102 -- Edité par Bloodshot aux Etats-Unis en 2003
Support : CD 12 cm
8 titres + 2 vidéos

Les messages d'information que Bobby Bare Jr envoie à ses abonnés me laissent rêveur. Voilà un gars qui, au cours du même mois, va faire des concerts chez l'habitant, participer à Shelebration, un hommage à un vieil ami de sa famille, Shel Silverstein, jouer avec son groupe de reprises des Pixies Is She Weird, Is She White, qui compte des membres de And You Will Know Us By The Trail Of Dead et des Cassette Tapes, et donner des concerts "normaux" avec son groupe Young Criminals' Starvation League !
Un programme de fou, mais c'est de toute façon typique de la vie même de Bobby, fils bien sûr de Bobby Bare, numéro 1 aux Etats-Unis en 1972 en interprétant le Daddy what if de Shel Silverstein avec Papa (ces temps-ci, il inverse les rôles en interprétant la chanson avec sa fille) et qui a eu l'occasion de chanter en famille dans la cuisine.
Ce disque est sorti entre le premier album des Young Criminals' Starvation League de 2002 et From the end of your leash de 2004. Comme plusieurs des disques de BB Jr, il est mixé par Mark Nevers et on y trouve par-ci par-là une bonne moitié des membres de Lambchop, ses voisins de Nashville. Il est enthousiasmant, comme le sont tous toutes ses productions, même si le dernier album en date, A storm - A tree - My mother's head est un peu en retrait par rapport au sommet The longest meow. Il est à noter que Bobby a une voix remarquable et chante très bien.
Les huit titres sont répartis équitablement entre enregistrements en studio et en concert.
Les titres studio vont d'une reprise de I'd like to teach the world to sing, un tube des New Seekers de 1971 construit à partir d'une publicité pour Coca, à une excellente version démo de I'll be around, en passant par Pinky, chanson écrite et chantée avec Tywanna Jo Baskette (je n'invente rien !) et True story, adaptée d'un poème de Shel Silverstein, avec un petit côté Come on pilgrim (Bobby Sr avait déjà mis ce poème en chanson, dans une version country, en 1973 sur l'album Sings lullabys, legends and lies).
Côté live, on a deux des meilleurs titres de l'album de 2002 (Flat chested girl from Maynardville et I'll be around), Valentine, un titre qui ne sortira en version studio que sur From the end of your leash, et une chanson restée inédite par ailleurs, Mother ucker, qui manque peut-être de "f" mais certainement pas d'air puisque l'animateur de la radio où elle a été enregistrée se fait même piéger par le break silencieux du milieu.
Rien de tel qu'un disque de Bobby Bare pour garder sa bonne humeur. Ne reste qu'à espérer qu'il quitte un peu Nashville pour venir tourner par chez nous, dans l'une ou l'autre de ses configurations.

OK - I'm sorry... est toujours en vente chez Bloodshot, où on peut télécharger gratuitement Valentine.


Je n'ai pas trouvé en ligne les vidéos du CD sur scène à Chicago en 2003. A la place, voilà Valentine par Bobby Bare Jr et Carey Kotsionis lors d'un concert privé à Alameda en Californie le 5 juin 2011. Comme quoi il ne fait visiblement pas beau et chaud tous les jours en Californie, même au printemps !

27 août 2011

SLEEPYARD : Down Tangerine Road


Offert par Jim Shepherd par correspondance en août 2011
Réf : EAT2 -- Edité par Oatcake en Ecosse en 2010
Support : 45 tours + 33 tours 17 cm
Titres : Down Tangerine Road -/- Dear melody -- Pebble girl (Only you)

Après quelques sorties, le projet de Jim Shepherd pour son propre label Oatcake commence à se préciser. Il a d'abord sorti le Poppy white EP, des titres inédits de son groupe The Jasmine Minks, en hommage à deux membres du groupe décédés. Puis il a sorti un ce vinyl du groupe norvégien Sleepyard, un deux-titres de The Beat Hotel, The fire, et un CD sept titres du groupe post-funk écossais APB, Jaguar. Ces trois parutions ont un point commun : elles comportent toutes des collaborations avec Jim au chant.
Les deux très bons titres de The Beat Hotel sont ceux qui se rapprochent le plus du son des Jasmine Minks ou de Biff, Bang, Pow! des années Creation.
Avec APB, Jim chante sur deux titres, dans un style qui se rapproche plutôt des Talking Heads de Remain in light ou de Gang of Four.
Ces deux disques sont très bons, mais dans le lot, le grand frisson on l'a surtout à l'écoute de Down Tangerine Road, une ballade au piano et à la guitare steel avec un chant bluesy impressionnant de Jim, sur le thème éternel (et d'actualité) des étés qui passent.
Chez Caught In The Carousel, Jim explique comment il s'est retrouvé à collaborer avec un groupe norvégien. En fait, il est en contact avec Oliver Kersbergen de Sleepyard depuis quelques années et il a été très inspiré à l'écoute de la version originale de ce titre, Tangerine Road, parue en 2009 sur Future lines, le quatrième album, entièrement instrumental, de Sleepyard. Il a alors très vite composé des paroles et enregistré la voix, d'abord avec son téléphone portable, puis avec un magnétophone numérique dans sa salle de bains, un lendemain de cuite. Le résultat est impressionnant, et si le piano est aussi présent sur ce titre, c'est sûrement parce que le pianiste est un invité vedette, Mike Garson, celui-là même qui a joué sur Aladdin Sane de Bowie.
En face B, on retrouve un autre titre de Future lines mis en paroles par Jim Shepherd, l'atmosphérique Pebble girl. Le troisième titre, Dear melody, qui n'est pas chanté par Jim, est dans un style plutôt sunshine pop sixties.
Je ne sais pas quels sont les prochains projets de Jim, mais en plus de tout ça il a eu l'occasion cet été de donner un concert à Londres avec une formation originale des jasmine Minks reformée ponctuellement pour l'occasion !

Ce disque est en vente sur le site d'Oatcake.

24 août 2011

CLIFF NOBLES & CO : Horse fever


Acquis sur le vide-grenier de la rue de l'Hôpital à Epernay le 21 août 2011
Réf : INT. 80 155 -- Edité par Vogue en France en 1968
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Horse fever -/- Judge baby, I'm back

Mon début de journée dimanche dernier a été assez cauchemardesque. Au moment même où je me levais en me faisant une joie d'aller à la brocante, un (petit) orage non annoncé par la météo s'est déclenché. J'ai attendu une bonne heure que la pluie s'arrête et, au moment de partir, j'ai mis les doigts dans le vomi qu'un chat avait gentiment déposé sur les affaires que j'avais préparées pour partir, y compris - scandale ! - sur la pochette cartonnée d'un de mes CD promo !
Sans trop de surprise, le vide-grenier était encore plus clairsemé qu'il ne l'est généralement en plein mois d'août, et quand il y avait des disques ils étaient souvent mouillés. J'ai acheté juste trois ou quatre bricoles et c'est au dernier stand avant de partir, dans des cartons protégés de la pluie par des 45 tours sacrifiés qui avaient été étalés pour protéger le reste, que j'ai trouvé ce disque de Cliff Nobles.
Ce n'est pas le prix (50 centimes), ni l'état de la pochette, fragile comme toutes ces pochettes en papier léger des 45 tours deux titres Vogue de la fin des années 1960, qui ont failli m'arrêter. J'ai cependant eu une assez forte hésitation car je ne connaissais pas du tout cet artiste et le style de la pochette me donnait très peu d'indications. Et chez Vogue, il y avait à boire et à manger à l'époque dans la Série Fashion : les six disques présentés au dos vont de Light my fire des Doors à Entre ton coeur et le mien de Luigi ! Dans le doute, j'ai pris le disque. De toute façon, un coup d'oeil plus attentif au rond central aurait dû me convaincre puisque le label américain original se nomme Phil L.A. of Soul.
Le soleil et la canicule étaient revenus entre temps, mais de toute façon ma journée a été illuminée quand j'ai mis ce 45 tours sur la platine à mon retour :  c'est un excellent disque de soul funk chaud comme la braise d'un barbecue qui attend ses premières merguez.
Le brave Chris Nobles, mort en 2008 à 67 ans, aura eu une carrière très paradoxale, racontée en détails par exemple chez Funky 16 Corners ou chez The Soul Review. Après quatre 45 tours sans succès, il sort début 1968 Love is all right, qui va pour le coup être un très grand succès, mais seulement une fois qu'un animateur radio aura décidé de retourner le disque et de matraquer la face B, The horse, qui se trouve être la version instrumentale de Love is all right. Voilà donc un excellent chanteur, Cliff Nobles, qui se  retrouve classé numéro deux des ventes aux Etats-Unis avec un titre sur lequel il ne figure pas, puisque c'est un instrumental sur lequel il n'intervient pas du tout. Evidemment, le label a très vite ressorti le disque avec The horse en face A, devenue une des danses à la mode de cette années 1968, et les disques suivants, à commencer par celui-ci, ont mis en avant la version instrumentale du titre.
C'est vraiment dommage car, si effectivement Horse fever est un excellent instrumental soul-funk, avec quand même des choeurs qui font des "Bom bom bom" assez graves, la version chantée en face B, Judge baby, I'm back, c'est carrément autre chose. Cliff Nobles y met une telle énergie, une telle patate, qu'il transforme ça en dynamite funky. A lui tout seul, c'est James Brown, Otis Redding ressuscité, Sam et Dave à la fois, qui nous font danser le Horse, le Bougalou et le Funky Chicken !
Les cuivres qui ne sont pas manchots, formeront plus tard les fameux MSFB. Quant au "Judge" du titre, il fait référence à un autre grand succès de 1968, Here comes the judge de Pigmeat Markham, l'un des nombreux titres samplés sur le Rush de BAD II. L'histoire de Pigmeat, un comique américain qui s'est retrouvé avec un énorme tube après quarante ans de carrière, est passionnante. Elle est racontée en détails chez WFMU (c'est très long mais ça vaut le coup de s'y pencher).
Pour ma part, je saurai quoi écouter pour rester de bonne humeur la prochaine fois que la météo me privera de brocante !

23 août 2011

MARK OLSON : The salvation blues


Acquis chez Cash Express Beaubourg à Paris le 5 avril 2011
Réf : R2-205884 -- Edité par HackTone en Europe en 2007 -- For promotional use only - Not for sale
Support : CD 12 cm
13 titres

Juste avant d'aller chez Gilda et d'y trouver notamment le Dan le Sac vs Scroobius Pip et le Cowboy Church Sunday School, j'étais passé chez Cash et j'avais été tout content de découvrir, posé en évidence sur une enceinte car son format ne permettait pas de le ranger dans les meubles à CD, ce premier album solo de Mark Olson, quelqu'un dont j'ai suivi d'assez près les aventures avec Victoria Williams et les Creekdippers.
Peut-être inspiré par le titre de la chanson My one book philosophy, le format un peu particulier du disque est dû au fait qu'on a pris grand soin de le présenter comme un petit livre : livret de seize pages, couverture cartonnée avec effet reliure, recouverte d'une jaquette couleurs sur les rabats duquel Michele Gazich (violoniste, notamment sur cet album, et professeur de littérature) a écrit un texte de présentation. Quand on en arrive au CD lui-même, on découvre que ce livre-disque n'est pas censé être venir de n'importe où : le tampon et le numéro d'inventaire indiquent qu'il ferait partie des collections de la bibliothèque de Joshua Tree, qui fait partie du réseau du Comté de San Bernardino.
Dommage que tout ce travail minutieux ait été fait et que visiblement personne, que ce soit Mark Olson ou son label, n'ait pris la peine d'offrir un exemplaire du disque à la bibliothèque pour qu'elle le mette à son catalogue ! D'un autre côté, quand je vois mon exemplaire d'occasion qui a bien vécu et qui est censé venir de cette bibliothèque (sans avoir été rendu, donc), je me dis que c'est logique qu'elle n'en ait plus à proposer à son public...



Blues et salut, ce sont deux termes qu'il parait assez difficiles d'associer comme le fait Mark Olson avec Salutation blues. Il explique très bien lui-même ce qu'il entend par là dans une courte émission de Radio Grenouille (de Marseille), disponible en ligne, que je vous invite à aller écouter.
Il est clair en tout cas que cet album est indissociable des différents événements survenus dans la vie de Mark Olson à ce moment-là, dont la séparation d'avec Victoria Williams et la fin des  Creekdippers et d'autres événements qui ont suivi.
Musicalement, en tout cas, pas de révolution pour ce disque produit par l'impeccable Ben Vaughn : on pourrait se croire à l'écoute d'un album des Creekdippers, et encore plus quand il y a une voix féminine, comme sur le premier titre My carol, même si celle-ci n'est évidemment pas la même que celle, reconnaissable entre toutes, de Miss Williams.
Je trouve que quelques-uns des titres sont un peu ordinaires mais j'aime beaucoup ce disque dans l'ensemble, particulièrement, outre les deux titres déjà cités, Clifton Bridge, National Express, Winter song et Sandy Denny, une chanson dont je n'arrive pas à décider si elle parle ou non de la fameuse chanteuse (je pencherais plutôt pour non).
Je regrette de ne pas avoir eu l'occasion d'assister à l'un des nombreux concerts en Europe de Mark Olson avant et après la sortie de cet album en 2007 (comme celui de Marseille en décembre 2008).
Gary Louris, l'un des fondateurs des Jayhawks avec Mark Olson, est présent aux choeurs sur cet album. Par la suite, les deux compères ont sorti ensemble début 2009 l'album Ready for the flood et parallèlement les Jayhawks se sont relancés, avec Olson pour la première fois depuis 1995, et vont sortir en septembre un nouvel album, Mockingbird time.
Quant à Salvation blues, l'album est toujours disponible. Si vous vous mettez en quête, veillez à vous procurer un exemplaire de la "European first edition", qui compte deux très bons titres, Copper coin et Your time will come, qui ne sont pas sur l'édition américaine.


Mark Olson, Salvation blues, sur scène à New-York tiré du documentaire Salvation blues de Ray Foley.

21 août 2011

SOUNDS INCORPORATED : 4 succès de la danse


Offert par Philippe R. à Nantes le 9 août 2011
Réf : POX 68 -- Edité par Pop en France vers 1966
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Michelle -- L'amitié -/- Yesterday man -- Treat her right

Après L'hymne au boudin blanc, voici un autre des cadeaux de Philippe de ce mois-ci. Outre la sélection de reprises instrumentales proposée ici, ce disque m'intéressait notamment pour sa pochette, qui semble pré-psychédélique au premier coup d'oeil mais qui s'avère après inspection représenter tout simplement une décoration de Noël prise, par Michel laguens, au travers d'une vitre en verre granité. Je m'intéresse aussi à certains disques du label Pop, sous-marque de Vogue. Là, le logo a évolué par rapport à des disques plus anciens comme celui de Jack Hammer, pouvant même faire croire que le nom du label est Pop'4 (en référence aux nombres de titres des EP, j'imagine), mais au verso il est bien fait référence à "un enregistrement Pop".
Une fois rentré à la maison, j'ai commencé par (re)découvrir via Google que j'avais déjà deux titres de ce 45 tours, sur la compilation Vogue Voulez vous venier en surprise-partie avec moi ?. Je les avais alors qualifiés de "bons instrumentaux".
Avec un nom comme Sounds Incorporated (à ne pas confondre avec Sounds Orchestral, lancé par un label rival pour les concurrencer), je n'avais même pas essayé à l'époque de trouver des infos sur ce groupe tant j'étais persuadé qu'il s'agissait d'une formation de musiciens de studio anonymes comme il y en a eu des centaines pour sortir à la chaîne des versions instrumentales des grands succès. C'est encore ce que je pensais en lisant au verso du 45 tours les rappels de catalogue allant du Carnaval Polka à des Opérettes célèbres, en passant par des disques des Villagemen ou de Jacky Noguez.
Là où je me trompais, c'est que si Sounds Incorporated est effectivement une formation de (bons ) musiciens ayant surtout enregistré des reprises (essentiellement) instrumentales, il ne s'agit pas d'un vague conglomérat de pros du studio mais bel et bien d'un véritable groupe anglais, formé en 1961, qui a enregistré pour Parlophone, Decca (dont un 45 tours produit par Joe Meek) et Columbia. Leurs disques n'ont pas eu énormément de succès en Angleterre mais ils ont eu un tube en Australie avec leur version de l'ouverture de Guillaume Tell. Leur grande chance a été de signer un contrat de management avec la société d'un certain Brian Epstein. Cela leur donnera notamment l'occasion d'ouvrir en tournée pour les Beatles, notamment lors du fameux concert au Shea Stadium, et même, pour leur section de cuivres, de participer à l'enregistrement de Good morning good morning sur l'album Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band.
Si les quatre titres de ce 45 tours français figurent bien sur l'un  des trois CD de The Sounds Incorporated story, édités en 2004 par Stylus, je ne les vois pas mentionnés dans la discographie anglaise. Il est possible qu'ils ne soient sortis que dans quelques pays, voire uniquement en France.
On a deux slows en face A. L'arrangement de Michelle, avec guitare et orgue en instruments principaux, est intéressant. On pourrait s'étonner de voir des anglais reprendre un titre français, L'amitié, mais Françoise Hardy a eu beaucoup de succès en Angleterre en 1965, et cette chanson fait partie de celles qu'elle a enregistrées en anglais, sous le titre So many friends.
Sur la face B, il y a deux jerks, c'est à dire deux titres rapides. La version de Yesterday man de Chris Andrews est arrangée avec des cuivres, du piano et de l'orgue. Quant à la reprise du Treat her right de Roy Head and the Traits, elle est assez échevelée : sûrement pas assez folle pour être freak, mais très beat quand même. Elle confirme, ainsi que le medley des Beatles ci-dessous (datant probablement de 1967) ce qui est somme toute logique : les membres de Sounds Incorporated sont avant tout des musiciens techniquement compétents, s'attaquant à un répertoire intéressant. On n'a pas vraiment à faire à des rockers, même si les images du Shea Stadium montrent qu'ils ne manquaient pas d'énergie quand il s'agissait de chauffer un stade !

20 août 2011

THE MEMPHIS JUG BAND : He's in the jailhouse now


Acquis par correspondance via Amazon en mars 2011
Réf : ACRCD 190 -- Edité par Acrobat en Angleterre en 2003
Support : CD 12 cm
25 titres

Pendant très longtemps, les enregistrements les plus anciens que j'écoutais et qui m'intéressaient remontaient à la deuxième moitié des années 1930. C'était surtout du blues (Big Bill Broonzy, Robert Johnson) auquel j'étais arrivé en remontant la trace d'Elmore James et de son Dust my broom.
C'était déjà pas mal rustique et je n'imaginais pas qu'il y ait des choses plus anciennes susceptibles de m'intéresser. Je ne cherchais pas après d'ailleurs.
Au fil du temps, les choses ont évolué, grâce notamment aux rééditions en CD de chansons comme Le tango stupéfiant de Marie Dubas, et plus Internet se développe, plus on remonte le temps dans la découverte d'enregistrements intéressants. J'ai déjà évoqué ici Geeshie Wiley, il y a aussi Washington Phillips, mais je suis vraiment tombé de ma chaise quand j'ai écouté On the road again du Memphis Jug Band l'an dernier, sur un CD Mojo je crois.
Je me souviens étant tout gamin avoir vu à la télé des images de jug bands et être tout surpris d'apprendre qu'on pouvait faire de la musique avec un cruchon de whiskey, mais c'étaient des images historiques et là non plus je n'avais jamais eu envie de creuser plus loin. Ici, en l'absence de percussions et d'autre basse, le cruchon est essentiel ici. Il fournit le rythme aux autres instruments, harmonica, kazoo, banjo, guitare, violon, mandoline...
Arrivé au XXIe siècle, ce qui m'a surpris et séduit à l'écoute d'On the road again, c'est combien j'ai été capable d'apprécier pleinement cette chanson pour ce qu'elle est, un titre qui s'inscrit pleinement dans ma culture et mes goûts, du titre (qui n'a rien à voir avec la chanson de Canned Heat, le MJB s'est apparemment plutôt inspiré d'un titre de Tommy Johnson de 1928, Big road blues) au style et au son, et cela indépendamment de tout sentiment de nostalgie ou de recherche archéologique. Du coup, j'ai voulu en écouter plus et j'ai porté mon choix sur ce CD pas cher avec une pochette assez sympathique qui, avec 25 titres, propose grosso modo un quart du total des enregistrements du Memphis Jug Band de 1927 à 1934.
Evidemment, tout ne m'a pas fait un effet aussi fort que On the road again, mais dès les premières de Newport news blues en ouverture, une très belle partie de guitare, j'ai été conquis. Je ne vais pas détailler tous les autres titres (s'agissant d'enregistrements dans le domaine public, on en trouve assez facilement en ligne ou sur des CD à prix correct), mais ceux qui m'ont le plus marqué sont Sun Brimmers blues (pour l'harmonica, la cruche, le kazoo, la voix très claire bien en avant et le court "solo" de guitare à une corde), le très beau Stealin stealin', en écoute ci-dessous (il n'y est pas question de vol, mais plutôt de filer, de se faufiler), Move that thing et Jug Band Quartette (même si là le son est un peu pourri, c'est justement et déjà, en 1934, un hommage nostalgique à leur style de "vieille musique" : "It sounds so sweet, oh, you know it's hard to beat, this jugband music certainly was sweet to me").
La seule chanson que je connaissais très bien avant d'écouter le disque, c'est He's in the jailhouse now, et ça renforce encore ma proximité avec la musique du Memphis Jug Band car les versions que je connaissais sont plutôt celles de Johnny Cash ou de la BO de O'Brother et en découvrant celle-ci, datée pourtant du 21 novembre 1930, j'ai l'impression qu'elle aurait pu être enregistrée lors d'une fête ou un bal à Memphis la semaine dernière.

18 août 2011

LES PLAYERS : Last space train (Danses modernes) - Disco chansons de France


Offert par Sonic Steph via Philippe R. à Nantes le 9 août 2011
Réf : P 8 -- Edité par Poulain en France en 1980 -- Offert par le chocolat Poulain
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Last space train -- Nashville -/- Happy guitar -- Players theme

Je ne sais pas précisément ce qui a donné l'idée à Steph de m'offrir ce disque qu'il a trouvé en tout début d'année (J'ai ma petite idée quand même...), mais il ne pouvait pas mieux tomber ! En effet, je recherche un exemplaire de cet album (pochette ouvrante avec livret 4 pages agrafé à l'intérieur) depuis un bon moment. Ces albums ont été diffusés par Poulain dans les années 1960 et, s'agissant de Poulain, il existe également en plus des disques un album d'images à collectionner avec le même titre et la même couverture.
Ces albums contenaient chacun deux disques, pris au hasard parmi une liste de dix figurant du dos. Pour tout dire, en souvenir de celui que nous avions à la maison à l'époque (qui existe peut-être encore quelque part dans la famille, mais avec la pochette déchirée en deux parties, le livret disparu et les disques maltraités), j'en avais déjà acheté un exemplaire il y a un an ou deux, mais il contenait les disques 1 (Un soir à Vienne - Valses de Johann Strauss) et 9 (Accordéon musette), qui ne sont quand même pas très motivants. Il manque un des deux disques à l'album offert par Stéphane, mais au moins celui qui reste m'intéresse !
Si je m'étais mis en quête de cette Collection disco-chansons de France, c'est parce qu'elle me rappelle de très bons souvenirs, et ces souvenirs sont certainement liés à Tonton Poulain :



Je me souviens très bien où ça s'est passé : c'était au Cirque de Châlons, probablement au tout début des années 70, à une époque donc où le cirque n'accueillait pas encore l'école des arts du cirque : c'est là que se tenaient les matches de boxe et les réunions de catch de la ville et le café qui le jouxtait (la Coupole ?) était sûrement le plus grand PMU de la ville.
Je ne sais plus par contre à quelle occasion c'était. Peut-être le passage du Tour de France, puisque Poulain patronnait alors le Grand Prix de la Montagne, ou la foire-exposition (mais c'est peu probable car la foire a déménagé du Jard au parc des expositions dès 1969) , ou plus sûrement l'une des "grandes manifestations enfantines" où Tonton Poulain et son équipe d'animateurs étaient présents pour organiser "des jeux passionnants pour le grand plaisir des enfants et de leurs parents". Toujours est-il que, ce jour-là, autant que je m'en souvienne, avec mon frère et ma soeur nous étions sûrement accompagnés, mais pas par nos parents je crois, et nous avons sûrement eu à faire à Tonton Poulain, qui chantait finement "Viens Pou-Poule, viens Pou-Poule, viens Poulain, le meilleur chocolat c'est le chocolat Poulain" et nous avons en tout cas participé à des jeux passionnants, puisque nous en sommes revenus avec l'album de disques, certes, mais aussi et surtout un certain nombre de plaques de chocolat parmi lesquelles certaines avaient des saveurs surprenantes (au café, au raisin...). Un bel exploit familial, qu'on aurait aimé renouveler tous les jeudis !

Dans la liste des titres de la collection au dos de la pochette du disque, il est indiqué que le disque A8 (Last space train (Danses modernes)) est un disque des Spotnicks. Il y a dû avoir un hic dans la gestion du contrat de licence au dernier moment car on découvre sur l'étiquette du disque que les interprètes n'en sont pas les Spotnicks mais Les Players, même si ceux-ci reprennent bien deux des titres des suédois annoncés sur la pochette, Last space train et Happy guitar.
Je n'avais jamais entendu parler des Players, c'est pourtant un groupe français du début des années 60, issu de la scène du Golf Drouot, qui a eu une carrière non négligeable, sortant au moins huit 45 tours et un album 25 cm. Outre les Spotnicks, leurs productions en majorité instrumentales sont notamment influencées par les Shadows et Duane Eddy, avec cependant des particularités puisque la batterie est très souvent mise en avant et le quatuor compte un organiste/pianiste plutôt qu'un deuxième guitariste. Le groupe a notamment raté le coche avec sa version en français de The house of the rising sun des Animals : ils ont été les premiers à sortir Le pénitencier, mais on sait que c'est Johnny qui en a fait un tube...
Outre les deux reprises des Spotnicks, on a droit ici à deux originaux des Players (qui figurent sur leur album), Nashville, un titre un peu western complètement dans le style Spotnicks/Shadows qui a notamment été un succès au Japon, et Players theme, avec carrément un solo de batterie, ce qui ne doit pas surprendre car ces deux titres sont signés du batteur, Jean-Pierre Prevotat (et non J.H. Frevotat comme indiqué sur l'une des étiquettes du disque).
Jean-Pierre Prevotat, qui est mort au début de cette année, a marqué le rock français, puisqu'après la séparation des Players il a joué avec Triangle puis Magnum. Oeuvrant plus dans la variété, Hervé Roy, mort en 2009, a eu lui aussi une immense carrière comme compositeur, arrangeur et chef d'orchestre (il est même déjà cité une fois ici-même).

Magic Records a édité un double CD reprenant l'intégrale des Players.
A lire absolument : l'article sur Les players extrait de La belle histoire des groupes de rock français des années 60 par Jean Chalvidant et Hervé Mouvet.

Ajout du 20 août 2011

Hier, j'avais un petit bricolage à faire : rajouter une plaque à la serrure de la porte de la cour pour la protéger de la pluie, vu que le bois commence à s'abimer car y a deux trous d'anciennes serrure.
J'ai donc eu besoin d'une plaque en fer blanc. En cherchant dans le grenier, je me suis souvenu de la boite à sucre familiale, celle que nous avions à la maison dès avant 1971. Elle avait été recyclée par la suite en boite à forets et, un jour que mon père était venu bricoler chez moi, la boite a été cassée. Soit elle s'est effondrée sous le poids, soit, plus probablement, je l'ai écrasée malencontreusement en mettant le pied là où il ne fallait pas ! Au lieu de jeter toute la boite, j'en avais conservé la partie verticale qui, une fois dépliée, proposait un paysage en ombres chinoises avec la mention "Vieilles chansons de France", et j'ai laissé le tout mariner au grenier... jusqu'à hier.
De façon très exceptionnelle, j'ai réussi du premier coup à découper une plaque de la bonne taille dans les restes de la boite, à faire un trou pour la serrure élégamment placé là où était le "de" et à clouer la plaque sur la porte !!!
Par curiosité, j'ai cherché à savoir aujourd'hui d'où venait cette boite. Et bingo ! Elle fait partie d'une série de six diffusée par Poulain accompagnée d'un album d'images Les belles chansons de France !
Vu la quantité de chocolat à avaler, en plaques ou en poudre, pour avoir assez de points pour commander la boite, ceci confirme que notre famille, même gourmande, devait être fidèle à cette marque...


15 août 2011

THE WEATHER PROPHETS : She comes from the rain


Acquis probablement à Londres en 1987
Réf : ACID 1TX -- Edité par Elevation en Angleterre en 1987
Support : 45 tours 30 cm
Titres : She comes from the rain -- Wide open arms /- You upset the grace of living when you lie -- Who by fire

En dix-sept ans d'existence, Creation Records a eu plusieurs labels satellites, comme August, Infonet, Eruption ou Ball Product. Aucun d'entre eux n'a été vraiment marquant, même si Infonet a sorti toute une série de disques intéressants dans un style électro-danse.
Connaissant le penchant rétro de Creation, il n'est pas surprenant de constater que le label qui a le mieux marché c'est celui dédié aux rééditions, Rev-Ola, qui, en passant sous la houlette de Cherry Red, a même survécu à sa maison mère. Notons cependant que le fondateur de Rev-Ola, Joe Foster, ne s'en occupe plus et s'est désormais lancé dans l'aventure Poppydisc.
Le premier de ces labels annexes, et le plus ambitieux, ce fut Elevation (en référence à un titre de Television), une étiquette financée par Warner Angleterre avec Alan McGee à la direction artistique. Si dans la presse Alan a eu l'occasion de dire que l'idée c'était de monter une collaboration similaire à celle entre Elektra et Warner aux Etats-Unis dans les années soixante, le véritable modèle d'Elevation est à chercher beaucoup plus près : il s'agit de Blanco Y Negro, le label de Warner monté en partenariat avec des membres de Rough Trade et Cherry Red en 1983. Dans les deux cas, l'objectif était le même : faire passer à une autre échelle en terme de ventes et de notoriété des artistes ayant fait leurs preuves sur des labels indépendants. Pour Blanco Y Negro, il y a eu des succès (Everything But The Girl) et des échecs (The Monochrome Set). Entre les deux, il y a eu The Jesus and Mary Chain, qui venait justement de chez Creation, avec initialement Alan McGee comme manager.
Pour Elevation, l'aventure a été de très courte durée (à peine un an), principalement parce que, contrairement à ce qui était espéré, les vedettes des charts indépendants qu'étaient Primal Scream et les Weather Prophets, rejoints par l'ex-Orange Juice Edwyn Collins, n'ont pas vendu beaucoup plus en Angleterre ou à l'international une fois chez Warner. Du coup, les groupes dont passés de la tête des charts indépendants à la soixantième place des charts nationaux, pas vraiment le meilleur moyen de faire plus parler de soi. Les raisons de cet échec ? Elles sont évidemment multiples, mais elles tiennent sûrement en partie au fait qu'Alan et ses groupes n'ont pas voulu jouer tout à fait le jeu du gros label et aussi bien sûr au fait que les deux albums sortis, Mayflower et Sonic flower groove, n'étaient pas les disques exceptionnels escomptés.
Ce She comes from the rain des Weather Prophets est le tout premier disque sorti par Elevation. Ici, ce n'est pas le maxi original auquel on a à faire, mais à la version en édition limitée à prix réduit. La différence, en-dehors de la pochette ? Une des deux faces B, Happy, est remplacée par deux reprises. Je ne connais pas Happy, mais en tout cas en quantité on n'y perd pas au change.
She comes from the rain est un titre tout à fait dans la lignée du premier single à succès des Weather Prophets, Almost prayed. De façon assez amusante, la production de Lenny Kaye lui donne des tons psychédéliques qui rapproche le son des Weather Prophets de celui du Biff, Bang, Pow ! de The girl who runs the beat hotel, par exemple. En tout cas, avec (un peu) plus de moyens, le résultat final n'est pas très différent des productions sans budget de Creation enregistrées à l'Alaska Studio.
Wide open arms est une chanson qui aura été condamnée aux faces B des singles des Weather Prophets : elle était déjà en face B du maxi Almost prayed et on la retrouve ici. C'est dommage car c'est une bonne chanson. Dans cette nouvelle version elle est rapide et très électrique, annonçant le son plus rock du deuxième album des Weather Prophets. L'arrangement de la première version, à base de bongos et de guitare acoustique, était peut-être plus original et intéressant.
Après avoir repris Richard Hell (avec The Loft), Robert Johnson et Chuck Berry, Peter Astor élargit ici sa palette de références en proposant en face B des versions de You upset the grace of living when you lie de Tim hardin et Who by fire de Leonard Cohen. Connaissant les propres compositions de Peter, ce choix de reprises n'est pas très surprenant. Les deux titres sont très bons et il faut noter que peu de gens reprenaient Hardin ou Cohen dans ces années-là. Je me demande d'ailleurs si cette version de Who by fire ne fait pas partie des enregistrements qui ont pu donner à l'équipe des Inrockuptibles l'idée de se lancer quelques années plus tard dans l'aventure de la compilation-hommage I'm your fan. Sur cet album, Peter Astor (en solo) reprend un autre titre de l'album New skin for the old ceremony, Take this longing.
Peter Astor reste actif musicalement : on attend ce mois-ci la sortie de son nouvel album, Songbox.

Mayflower peut actuellement être téléchargé chez Obscurely Fragile Productions.


Peter Astor le 20 novembre 1985, dans la loge du Croydon Underground, le soir d'un concert où les Weather Prophets étaient à l'affiche avec Primal Scream et Meat Whiplash. Photo : JC Brouchard.

13 août 2011

PASCAL BALDO "SPARAL II" : L'hymne au boudin blanc de Rethel


Offert par Philippe R. à Nantes le 9 août 2011
Réf : KO/880203 -- Edité par Pascal Baldo en France en 1988
Support : 45 tours 17 cm
Titres : L'hymne au boudin blanc (Paroles et musique) -/- L'hymne au boudin blanc (Musique)

Je crois que Philippe a été subjugué par la force de Ô Chauny, comme tu es jolie ! de Gonthier, l'ode à une ville de son département natal. Malheureusement, ce disque manque toujours à sa discothèque et du coup, chaque week-end, Philippe est condamné à se lever aux aurores pour partir en quête de ce 45 tours élusif. On pourrait croire que l'Ouest de la France n'est pas le meilleur terrain pour trouver un 45 tours du Nord-Est, mais les disques ont tendance à voyager de façon surprenante. Ainsi, s'il n'a toujours pas trouvé le Gonthier, sa vigilance a permis à Philippe de se procurer un autre disque vantant une spécialité locale, cet Hymne au boudin blanc de Rethel, qu'il m'a aimablement offert, pensant à juste titre que j'aurais envie d'en faire profiter le plus grand nombre.
Pascal Baldo, à qui nous devons cet hymne, est un musicien précoce : vers 11-12 ans il faisait déjà des imitations de Thierry le Luron et des animations de club du 3e âge ! Aujourd'hui professeur de musique, il joue notamment dans le groupe Baldo & co. après avoir été membre de Sparal de 1979 à 1988 (un 45 tours, PCV en 1983). Peut-être inspiré par l'ambiance à la bonne franquette et le succès de Viens boire un p'tit coup à la maison, Pascal a composé pour le monument du patrimoine gastronomique ardennais un hymne chaleureux à la conscience sociale marquée, dont le refrain s'entonne à plusieurs :
  • Pas besoin d'avoir de dents pour déguster du boudin blanc
  • Avec un petit verre de blanc c'est succulent
  • Pas besoin d'être un notable, le boudin blanc c'est abordable
  • Et sur toutes les bonnes tables il est présent
La version instrumentale en face B permet de s'entraîner et sera fort utile pour animer votre prochaine fête familiale !
Il est rassurant de constater que le petit commerce rethélois  connait une certaine stabilité. Après plus de vingt ans, si le magasin de disques-carterie Graffi'disc, qui a vendu cet exemplaire, n'existe plus (presque sans surprise), les deux sponsors figurant au verso continuent  leur activité, le fleuron qu'est la Charcuterie Demoizet, bien sûr, mais aussi Rethel Vidéo.
Mon exemplaire du disque est dédicacé à une certaine Denise. Le seul autre exemplaire que j'ai vu en ligne est lui aussi dédicacé, mais à une Monique !





En plus du 45 tours de Pascal Baldo, Philippe a trouvé dans la pochette un disque souple faisant la promotion d'un coffret de  huit albums des Beatles édité par reader's Digest. a la différence du coffret Jouvin, pour lequel Georges officiait en personne, le label, qui n'avait probablement pas de membre des Beatles sous la main, a fait appel à une personnalité extérieure, le journaliste Gérard Klein, qui débite sa promo ("Quel coffret que ce coffret là !") avec des qualificatifs choisis ("Formidable", "Superbe", "Rien à dire") avant l'emballage final : "C'est un magnifique coffret, vraiment, qui vous transportera d'allégresse et de joie sans  cesse renouvelée et qui deviendra j'en suis sûr le numéro un de votre discothèque, in-dis-pen-sable !"
On trouve assez souvent des disques souples de ce genre. La meilleure utilisation qui en a été faite à ma connaissance est due au Vieux Thorax, avec le titre Sources d'inspiration sur l'album Echantillons légèrement modifiés en 2007.

08 août 2011

COUNTRY GUITAR (GREAT COUNTRY AND WESTERN HITS)


Acquis dans une boutique de charité de Portsmouth le 19 mai 2010
Réf : RCX 107 -- Edité par RCA en Angleterre en 1957
Support : 45 tours 17 cm
Titres : HANK LOCKLIN : Geisha girl -- JIM REEVES : Two shadows on your window -/- JIM EDWARD, MAXINE AND BONNIE BROWN : I heard the bluebirds sing -- HANK SNOW : Tangled mind

Le même jour que le Jean-Claude et ses Wachi-Wala et le Chubby Checker mais au centre-ville de Portsmouth, j'avais trouvé ce superbe EP à un tout petit prix, alors que la même boutique vendait des CD de rééditions country (relativement) cher.
Ce 45 tours est le premier volume de la série Country guitar de RCA Angleterre, qui en comptera treize jusqu'en 1961, des compilations pour la plupart, mais aussi des quatre titres de Hank Locklin et surtout Hank Snow, pour ne citer que ceux présents ici.
Le principe est de présenter une sélection de tubes country américains, mais je dois dire que la sélection a été très bien faite puisqu'il n'y a que des bons titres ici.
Il suffit de voir la photo des frères et soeurs Jim Edward, Maxine et Bonnie Brown, également connu, fort logiquement, sous le nom de The Browns, pour penser à la Carter Family. Et quand on écoute le réjouissant I heard the bluebirds sing, on a confirmation qu'il y a un air de famille, si je peux me permettre. Dans un style plus folk-pop, leur plus gros succès en 1959 fut une reprise de Les trois cloches, la chanson à succès d'Edith Piaf et des Compagnons de la Chanson ! Ils se sont séparés depuis bien longtemps mais tous les trois sont encore vivants.
Je ne connaissais pas du tout le nom d'Hank Locklin, pourtant il a sorti 65 albums en plus de cinquante ans de carrière et à sa mort en 2009 il était le membre le plus âgé du Grand Ole Opry. L'épatant Geisha girl ("Have you ever heard a love song that you didn't understand ?") est l'un de ses plus grands succès avec Please help me I'm falling et Send me the pillow you dream on.
Tangled mind est un bon titre tout à fait dans le style d'Hank Snow. La version en dirct à la télévision ci-dessous est des plus sympathiques. 
Two shadows on your window de Jim Reeves est le titre qui me plait le moins du lot. On sort du style country le plus traditionnel pour aborder une ballade taciturne et larmoyante avec des choeurs, mais quand il chante "One of them is taking my place", ça ne peut que me rappeler le Stranger in the house d'Elvis Costello et George Jones.



06 août 2011

CASS McCOMBS : Dreams-come-true-girl


Acquis au Record & Tape Exchange de Notting Hill Gate à Londres le 24 septembre 2009
Réf : RUG324CDP -- Edité par Domino en Angleterre en 2009 -- For promotional use only - Not for sale
Support : CD 12 cm
Titres : Dreams-come-true-girl (featuring Karen Black) - Radio edit -- Dreams-come-true-girl (featuring Karen Black) - Album version -- Minimum wage

Cass McCombs, je ne le connaissais pas vraiment. Pour tout dire, j'avais tendance à l'associer à la scène post-rock américaine, ce en quoi j'avais tort puisque je confondais avec Doug McCombs de Tortoise.
Je ne connaissais rien de lui, donc, mais mon attention avait été aiguisée par les louanges que lui tressent régulièrement Philippe Dumez dans ses différentes publications, notamment les billets Le Cass du siècle et Cass et la voix sur I wanna be your blog (Quels jeux de mots ! Bon, il faut dire que Cass lui-même y incite quelque peu en intitulant son quatrième album, dont ce single est extrait, Catacombs : je suis bien sûr qu'il faut entendre Casstacombs ou quelque chose dans le genre...).
Donc, j'étais sensibilisé et les deux fois où je suis tombé sur des CD promo de Cass McCombs dans la cave chez Record & Tape Exchange je les ai pris. De toute façon, à 10 pence et chez Domino, je pense que je ne les aurais pas laissé passer.
J'ai donc deux extraits de l'album Dropping the writ, That's that et Crick in my neck (des deux, seul le premier a été vraiment commercialisé en single) et ce Dreams-come-true-girl.
A la première écoute, aucun de ces titres ne m'a accroché et j'ai mis les disques de côté. Mais quand Philippe Dumez a remis ça en début d'année à l'occasion de la sortie d'un nouvel album, j'ai réécouté mes disques et cette fois-ci j'ai mieux apprécié Dreams-come-true-girl, titre d'ouverture de Catacombs et seul single extrait de l'album.
Continuant ses facéties habituelles (voir au hasard les Triffids, James Yorkston ou les TV Personalities), le label Domino n'a édité ce single qu'en 45 tours, ce qui ne l'a pas empêché d'envoyer aux médias ce CD,avec une pochette différente de celle du disque mis dans le commerce !
Avec son premier couplet, Dreams-come-true-girl sonne comme un exercice d'écriture de chanson d'amour stéréotypée ("You're not my dream girl, you're not my reality girl, you're my dreams-come-true-girl"). L'instrumentation est épurée (contrebasse, batterie, guitare acoustique et électrique) mais entre le chant de Cass, les choeurs et les interventions vocales de l'invitée vedette, l'actrice Karen Black, la chanson finit par nous gagner au fil de ses cinq minutes. Problème ici avec la version raccourcie pour les radios : comme elle est amputée de ses deux dernières minutes, il ne reste de Karen Black que quelques vocalises en "Hou hou", alors que dans la version complète elle chante quelques vers. Drôle de façon de remercier une invitée !
Les deux chansons ont le même titre, mais Minimum wage n'a rien à voir et n'est pas aussi drôle que le morceau de They Might Be Giants de l'album Flood. Je ne crois pas d'ailleurs qu'il faut s'attendre à beaucoup d'humour dans les disques de Cass McCombs. Là, la chanson n'est pas mauvaise du tout, mais déjà au bout de la deuxième on perçoit les limites du style McCombs : tempo moyen, chant détaché et distancé, on aimerait qu'il se lâche un peu...




La pochette du 45 tours diffusé commercialement. Je n'arrive pas à retrouver le nom de l'acteur, mais j'imagine bien que c'en est un.
Les deux pochettes sont bien plus réussies que celle de l'album Catacombs dont ce single est extrait.

04 août 2011

P-A-O-L-A avec ALAIN GORAGUER, SON ENSEMBLE et LES FONTANA : Hula hoop (La danse du cerceau)


Acquis sur le vide-grenier de Fère Champenoise le 31 juillet 2011
Réf : 372.617 / TP1 -- Edité par Philips en France vers 1958
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Hula hoop (La danse du cerceau) -/- Hou la-la-hoop

C'est un peu loin de chez moi, mais la brocante de Fère Champenoise a lieu en plein dans le creux de l'été et n'a guère de concurrence localement. En plus, elle est assez grande et plutôt sympathique, c'est pourquoi j'y fais régulièrement le déplacement.
Cette année, je n'y ai pas trouvé grand chose. Juste quelques disques, dont celui-ci, heureusement. Pour compléter cet achat, j'ai acheté quelques minutes plus tard une autre version de la chanson Hula hoop (qu'on trouve aussi dans une graphie partiellement francisée en Houla-houp !), celle de Jerry Mengo.
Avant d'être une chanson à (grand) succès, lancée par Georgia Gibbs aux Etats-Unis, le hula hoop a d'abord été un jouet (un cerceau en plastique), un jeu et surtout une mode qui a déferlé sur le monde entier (en-dehors des documentaires sur les années cinquante, on peut regarder Le grand saut des frères Coen si on veut en savoir plus sur l'histoire du hula hoop en passant un moment agréable).
J'ai connu les patins à roulettes, le tac-o-tac, le skateboard, mais à quelques années près j'ai raté la folie du hula hoop (par contre, j'imagine assez bien Philippe R. piquant l'engin de sa grande soeur à la fin des années cinquante pour essayer de le faire tournoyer en jouant des hanches). Et parmi  tous ces gamins qui jouaient au cerceau, j'imagine que beaucoup le faisaient en passant une version de Hula hoop sur le tourne-disques. Et question disques, il y avait le choix, avec des dizaines de versions dont la plus connue est peut-être bien celle d'Annie Cordy.
Ces derniers temps, le hula hoop j'en ai le plus souvent entendu parler sur le site Amour du rock 'n' roll. C'est un site passionnant qui m'apprend plein de choses, mais par contre j'ai beaucoup de mal à naviguer dedans. Sans Google, pas sûr que j'aurais retrouvé les quatre pages qui y sont dédiées au hula hoop : la page de base sur la danse du cerceau, celle où ce disque est présenté, la page sur hula hoop & rock and roll,  celle sur le hula hoop made in Europe et enfin la page hula hoop danse & sport.
Au fil de la lecture, on a la confirmation que, comme pour le twist quelques années plus tard, tout le monde, absolument tout le monde, a dû enregistrer sn titre hula hoop en 1958-1959, y compris Marcel Bianchi et bien sûr Georges Jouvin ! Et depuis la grande époque, ça continue. Plastic Bertrand par exemple a enregistré son propre Hula hoop.
Les 3 Ménestrels, accompagnés également par Alain Goraguer et son orchestre, ont eux enregistré Hou, la houppe sur un 45 tours qui contenait également La bourrée des labours, c'est dire. Ce disque des Trois Ménestrels a été réalisé par Boris Vian pour Fontana et il est très probable que ce disque de P-A-O-L-A et Alain Goraguer chez Philips a été édité quand Boris Vian y était directeur artistique.  Même s'il n'est pas signé, même s'il n'est pas repris dans le recueil Derrière la zizique, même si ce disque n'est pas (pas encore ?) listé sur cette liste de pochettes du site De Vian la zizique, je ne me pense pas me tromper en avançant, comme le fait également le site Fleurs de vinyl, que Boris Vian est l'auteur des notes de pochette, où Goraguer est surnommé Gogo comme dans d'autres textes effectivement signés par Vian.
 


La face A de ce 45 tours est une version chantée par P-A-O-L-A de la chanson de Georgia Gibbs, avec les paroles les plus courantes, qui mélangent allègrement dans la même phrase un sorcier d'Haiti, des vahinés (de Tahiti par définition), le tout sur fond de guitare hawaïenne. Pas étonnant après que certains, comme moi pendant longtemps, confondent tous ces lieux. Il y est aussi question d' "un nouveau jeu pour les jeunes et les vieux" et même de "maigrir en gardant le sourire". On le voit, on est dans un registre léger, fantaisiste, mais les arrangements et l'interprétation sont de qualité, et les Fontana (avec notamment Christiane Legrand, la soeur de Michel) font des "Hou hou" très réussis.
Pour ce qui concerne P-A-O-L-A, je vous conseille si vous ne l'avez pas fait ces derniers temps de retourner voir mon billet sur Si t'as été à Tahiti : je l'ai complété récemment par des informations sur le parcours de P-A-O-L-A fournies par son mari, Lucien Juanico.
La face B, Hou la-la-hoop, est une composition instrumentale originale d'Alain Goraguer, dans le même esprit de légèreté, avec aussi notamment de la guitare hawaïenne.
La photo de pochette, très réussie, est créditée à Ionesco, sans prénom (Pourrait-il s'agir d'une jeune Irina Ionesco ?). Il est amusant de constater que, sur mon exemplaire comme sur celui reproduit ci-dessus, le cercle d'usure sur la pochette dû au rond central du disque vient rajouter comme un hula hoop de plus à la photo !


J'ai non seulement piqué au blog Nouvelle danse l'image du recto de la pochette du disque, mais aussi ce lecteur MP3 où on peut écouter la face A du 45 tours.

02 août 2011

SIMPLE MINDS : Real to real cacophony


Acquis à La Clé de Sol à Châlons-sur-Marne fin 1979 ou début 1980
Réf : SPART 1109 -- Edité par Zoom / Arista en Angleterre en 1979
Support : 33 tours 30 cm
12 titres

J'ai acheté mon exemplaire en import de ce deuxième album de Simple Minds dans les semaines ou mois qui ont suivi sa sortie, mais pourtant je n'ai pas tout à fait l'édition originale anglaise de Real to real cacophony. En effet, comme pour mon exemplaire, la pochette de l'édition originale était imprimé sur un carton bleuté texturé assez léger, mais en plus ce carton comportait des découpes, comme on peut le voir ou . Mais ce genre de plaisanterie, comme les formes en relief sur le Fear of music de Talking Heads, qui venait de sortir et qui a peut-être inspiré le graphiste Paul Henry, ou les différents projets pour Factory qui ont fait la réputation de Peter Saville, ça revient tout de suite très cher et, dans ce cas précis, Arista a très vite décidé d'arrêter les frais après la sortie initiale du disque. N'empêche, je préfère ma pochette anglaise "pas finie" à celle qu'Arabella Eurodisc a fini par sortir en France au bout d'un certain temps : une pochette avec un bleu différent sur un carton lisse filmé tout brillant, qui n'avait pour le coup plus grand chose à voir avec le projet original, qui n'est de toute façon pas une réussite.
Il faut se replacer dans le contexte de 1979 : Simple Minds était un jeune groupe prometteur qui décevait beaucoup sa maison de disques Arista : le premier album Life in a day et les 45 tours associés avaient peu marché et le label s'est vite rendu compte que ça serait idem avec celui-ci. Simple Minds est un cas d'espèce plutôt rare, celui d'un groupe qui a connu le méga-succès seulement au moment de son cinquième album ! A ce moment-là, le groupe avait depuis longtemps quitté Arista et c'est Virgin qui a empoché la mise.
Musicalement, je dirais que le Simple Minds de 1979 est un caméléon de la new wave. On reconnait la voix de Jim Kerr, l'album est loin d'être mauvais, mais il manque d'originalité et se situe presque trop dans l'air du temps. A tel point que, à l'écoute, c'est un florilège des grands noms de l'époque qui vient à l'esprit, et cela dès les premières notes du disque avec le début du titre Real to real qui me fait immanquablement penser à Kraftwerk, notamment la façon de chanter qui m'évoque beaucoup le tube Radioactivity.
Avec ses sept titres, la face A part un peu dans tous les sens. Si Naked eye et Citizen (Dance of youth), avec leur côté sombre et claustrophobe, semblent annoncer Empires and dance, Carnival (Shelter in a suitcase) me renvoie plus  au premier album Life in a day.
Après l'instrumental Cacophony, il a Veldt, et là c'est particulier. Une fois plongé en 1980 dans l'album solo d'Andy Partridge Take away / The lure of salvage, je n'ai pas pu m'ôter de l'idée que Veldt, ce titre à l'ambiance de jungle expérimentale digne également de la série Homo safari d'XTC, avec John Leckie comme producteur commun, ne pouvait qu'avoir bénéficié de l'apport (non crédité) d'Andy Partrtidge, que j'étais presque persuadé d'entendre. Ce n'était pas le cas et je le sais car je suis même allé jusqu'à poser cette question subsidiaire à Mr Partridge, qui m'a répondu par la négative. A moins peut-être que Leckie ait utilisé à son insu un enregistrement de la voix de Partridge, mais je ne pense pas quand même !
La face B de l'album est plus homogène. Elle contient notamment trois titres très forts de chacun cinq minutes grosso modo qui auraient pu apporter le grand succès un peu plus tôt à Simple Minds. Il s'agit de Changeling, qui pour le coup est sorti en single et n'a pas marché, Calling your name et Premonition, qui a été mise en version live en face B de deux singles différents. Mais là encore les références abondent à l'écoute. La basse proéminente de Premonition me rappelle le Psycho killer des Talking Heads, Changeling me ferait plutôt penser au Gary Numan de Replicas (Il avait été question un temps que Numan produise cet album plutôt que Leckie), quant à Calling your name et Scar, ces deux titres me font penser à la fois à Ultravox ! et Magazine...
Pour finir, et là je ne pense pas qu'il y ait pu avoir une influence dans un sens ou dans l'autre car les deux titres doivent être à peu près exactement contemporains et les mondes sont assez différents, mais Film theme a tendance à me rappeler le Rectangle de Jacno et les autres titres géométriques de son premier disque solo.
Real to real cacophony est un album que j'ai énormément écouté au moment de sa sortie, une époque où j'avais de toute façon peu de disques que j'écoutais tous énormément. Je continue à l'écouter de temps à autre avec plaisir et ça reste plus de trente ans après un bon album, très solide et très représentatif de la new wave.

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