29 janvier 2012

LUNA : Close cover before striking


Acquis par correspondance via Amazon aux Etats-Unis en janvier 2012
Réf : TWA51CD -- Edité par Jetset aux Etats-Unis en 2002
Support : CD 12 cm
7 titres + 2 vidéos

Jusqu'ici, je n'avais aucun disque de Luna, juste un morceau sur une compilation des Inrockuptibles, Superfreaky memories, que j'adore mais je n'avais jamais poussé plus loin mon exploration Lunaire. Et puis, Magnet Magazine, qui reparait depuis peu en version imprimée mensuelle, a sorti une info sur la réédition en téléchargement de deux albums du groupe et de cet EP, Close cover before striking. L'info était accompagnée d'un MP3 à télécharger gratuitement, Teenage lightning. Je suis presque tombé de ma chaise en l'écoutant et, après avoir constaté qu'il y avait en plus sur le disque une reprise de Neon lights de Kraftwerk, il ne m'a pas fallu longtemps pour en commander un exemplaire d'occasion à petit prix.
Close cover before striking est sorti quelques mois après l'album Romantica, et en est en quelque sorte un complément, sonore mais également visuel : s'il y avait un briquet sur la pochette de Romantica, le digipack de Close cover before striking est présenté comme une pochette d'allumettes (le titre étant le message de sécurité qu'on trouve sur ces pochettes). Dans la partie multimédia du CD, on trouve d'ailleurs deux vidéos pour des titres de Romantica : Lovedust, un bon titre pop-rock, juste un cran en-dessous d'une réussite comme Superfreaky memories, et 1995, un petit brûlot punky de deux minutes.
Sur le disque lui-même, on trouve des titres originaux et deux reprises. Teenage lightning est sûrement effectivement le meilleur du lot, une ballade dépouillée, un peu à la Velvet, aux paroles réussies ("I can hypnotize a pancake, I can levitate the Pope, I can make your teacher crazy, 'Cause it's all within my scope"). Les membres du groupe ont d'ailleurs dû penser que cette chanson était trop bonne pour rester confinée sur un disque aussi obscur : Dean et Britta en ont fait une nouvelle version en 2009 sur 13 most beautiful... Songs for the Andy Warhol's screen tests.
L'autre excellent titre original du disque, c'est Astronaut. Celui-là, il n'y a qu'une seule raison pour expliquer qu'il ne se soit pas retrouvé sur Romantica. L'intro rappelle The Cure, Inbetweendays plus précisément, c'est à dire The Cure s'inspirant de New Order, et tout le reste du morceau reprend les éléments caractéristiques du New Order des années 83-87, le chant y compris, mais ça ne m'empêche pourtant pas de l'apprécier.
Les autres titres ne sont pas mauvais non plus. L'instrumental Drunken whistler démarre avec une boite à rythmes et comporte une basse aux accents psychédéliques (on entend une trentaine de secondes de ce titre dans une publicité pour American Express). L'enchaînement avec The alibi est bon, mais je préfère le titre suivant, New Haven comet. 
Waiting on a friend est une chanson des Rolling Stones à la généalogie tortueuse. Jouée dès 1970, le groupe a essayé de l'enregistrer au moment de Goat's head soup, mais elle n'est finalement sortie que sur Tatoo you en 1981. J'imagine que la version de Luna de cette ballade vaguement countrysante est assez fidèle à l'originale.
Pour Neon lights, la principale différence avec Kraftwerk c'est que Luna en donne une interprétation avec des éléments rock (guitare électrique, basse, batterie). Joué ainsi, ça me rappelle la reprise en concert de Radioactivity par Kat Onoma. Une fois de plus, ça montre que la musique de Kraftwerk est d'assez bonne qualité pour être transposée dans tous les styles, du quartette à cordes au groupe de rock.

La réédition en téléchargement de Close cover before striking est en écoute sur Bandcamp, mais je n'arrive pas à insérer le lecteur ici. Les deux vidéos sont remplacées par deux bonus, des reprises de Led Zeppelin et Alice Cooper, mais je conseillerais plutôt de chercher à acheter un CD, qu'on trouve encore pour à peine plus cher que le téléchargement.
Ensuite, je conseille de faire comme moi : commander le Best of Luna de 2006 dans son édition double-CD chez Beggars Banquet (surtout pas le simple CD chez Rhino) : le deuxième CD ne contient que des reprises, dont Neon lights mais aussi Outdoor miner, Thank you for sending me an angel, Dream baby dream, That's what you always say du Dream Syndicate, etc, etc. Miam miam, j'ai décidément plein de goûts en commun avec Luna.




28 janvier 2012

DOGBOWL : The best of Dogbowl volume II


Offert par Dogbowl par correspondance au printemps 2002
Réf : 62 TV 29846 -- Edité par 62 TV en Belgique en 2001
Support : CD 12 cm
19 titres

Avec ce disque, on multiplie les aller-retour entre le réel et le virtuel. En effet, c'est ce Best of Dogbowl volume II bien réel édité par les amis belges de 62 TV qui m'a donné l'idée de créer Vivonzeureux Records, même si le catalogue a ensuite intégré des disques imaginaires antérieurs. En l'écoutant, j'ai eu l'idée d'une sélection de mes titres préférés de Dogbowl complémentaire à celle-ci. Ça a donné Chasing bare bones : the best of Dogbowl volume 4, que j'ai décidé de "publier" sur mon label virtuel.
J'ai présenté Chasing bare bones à Dogbowl et Poney, le groupe belge qui l'accompagnait pour les concerts de promotion du best of, lors du concert-vernissage d'une exposition de Dogbowl à la médiathèque de Mons le 27 avril 2002 et c'est un peu plus tard que Dogbowl m'a envoyé cet exemplaire du disque à la pochette personnalisée au feutre. D'où le "Merci", et aussi le "DEVO", en référence à mon enthousiasme pour l'excellente reprise de The day my baby gave me a surprise de Devo que Dogbowl et Poney avait jouée au Bar de la Comédie à Reims un peu plus tôt dans l'année, le 22 février 2002.

 
Dogbowl et Poney à la Médiathèque de Mons le 27 avril 2002. Photo : Pol Dodu.

La troisième et dernière fois que j'ai vu Dogbowl jouer avec Poney, ce fut le 28 août 2002 sur la Guinguette Pirate à Paris, un "concert d'adieu" à l'Europe de Dogbowl, qui retournait s'installer aux Etats-Unis (deux témoignages vidéo du concert à voir ci-dessous).
Depuis cette époque, Dogbowl est resté très actif. Il fait beaucoup de peinture, a publié un second roman, Hundred percent lunar boy (qui sera prochainement adapté au cinéma), sorti un disque inédit, Songs for Narcisse, et deux d'archives, Le chien lunatic, le fameux concert en français de Bruxelles, et des enregistrements de ses premiers concerts solo au CBGB's en 1985-1986. Presque de quoi envisager un best of volume 6 !
Dogbowl est revenu ponctuellement en France, souvent pour des collaborations avec son vieux compère Michel Cloup, avec qui il avait enregistré le double 45 tours Nuage nuage. J'ai eu la chance que l'une de ces visites ait lieu à la Cartonnerie de Reims le 19 février 2009, où Dogbowl a donné un concert d'une demi-heure, debout sur le bar, seul avec sa guitare électrique comme au temps du CBGB's.
Dix ans après, ce Best of volume II constitue toujours un parcours palpitant dans la discographie solo de Dogbowl, de Tit ! (An opera) en 1989 à Fantastic carburetor man en 2001. Il y a deux inédits, des nouvelles versions de Hot day in Waco et Gunsmoke enregistrées avec Poney, et un titre rare, Blue fur bosom girl, sorti uniquement en 45 tours. On y trouve notamment Nothing better, l'ode très expressive au cunnilingus et à la fellation, et plein d'autres chansons que j'adore : Love bomb, Hello Helen, Cindy on the sidewalk, On the monkey bars, Oklahoma, The president was shot... Une de mes préférées reste le court titre a cappella Going out on a date (with a girl that you like), qui exprime parfaitement la nervosité d'un premier rendez-vous.

The best of Dogbowl volume II est actuellement disponible en téléchargement. Des CD sont encore à la vente d'occasion, mais il faut bien sûr refuser de payer le prix prohibitif que certains en demandent.




Dogbowl et Poney à la Guinguette Pirate, Paris, le 28 août 2002.

26 janvier 2012

POL DODU : Mes disques virtuels


Acquis par correspondance chez The Book Edition à Lille en janvier 2012
Réf : 978-2-9536575-4-8 -- Edité par Vivonzeureux en France en 2012
Support : 212 p. 20 cm
30 titres

Après Mes disques improbables en 2010, voici Mes disques virtuels !
Ce quatrième livre des Editions Vivonzeureux, c'est le catalogue commenté et augmenté de dix ans du label Vivonzeureux Records et c'est aussi, après Tu m'as trompette mon amour, un nouvel exemple de fiction discographique.
L'occasion de découvrir notre catalogue éclectique, de Pascal Comelade à Dogbowl et des Frères Nubuck à Jonathan Richman.
Dans les prochaines semaines, plusieurs chroniques de Blogonzeureux! se pencheront sur des disques, réels certes, mais liés d'une façon ou d'une autre aux disques virtuels présentés dans le livre.

Plus d'infos sur Vivonzeureux!

Acheter Mes disques virtuels





 

22 janvier 2012

CLAY ALLISON : Fell from the sun


Acquis avec le n° 8 du magazine Bucketfull of Brains chez Rough Trade à Londres en 1984
Réf : SR001 -- Edité par Serpent aux Etats-Unis en conjonction avec Bucketfull of Brains en Angleterre en 1984
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Fell from the sun -/- All souls

Etrange destinée pour ces deux enregistrements, qui ont été édités sous trois noms d'artiste différents.
L'édition originale c'est celle-ci, créditée à Clay Allison, sur  Serpent, le label du groupe (je suppose), mais principalement diffusée avec le n°8 du magazine Bucketfull of Brains en 1984. C'est comme ça que je me suis procuré ce disque. La revue, j'ai dû l'égarer depuis bien longtemps car je n'arrive pas à remettre la main dessus et je ne me souvenais même plus de la couverture.



Quelques mois plus tard, le groupe avait changé de formation et décidé de changer de nom. J'imagine qu'ils ne s'étaient pas encore mis d'accord sur un nouveau patronyme, deux nouveaux titres sont donc sortis sous celui des trois membres du groupe Kendra Smith (ex-Dream Syndicate), David Roback (ex-Rain Parade) et Keith Mitchell. Aux Etats-Unis, les deux faces du 45 tours ont été incluses sur le maxi. En Angleterre, seule Fell from the sun est dessus, mais en face A.




Le groupe a ensuite très vite pris le nom d'Opal et sorti son seul véritable album, Happy nightmare baby, en 1987. Kendra Smith a quitté Opal en 1989, Hope Sandoval l'a remplacée et le groupe a encore une fois changé son nom pour devenir Mazzy Star.
Pour boucler l'histoire Opal, une compilation des premiers enregistrements du groupe est sortie en 1989, sous le titre Early recordings, où l'on retrouve Fell from the sun et All souls accolés à un troisième nom de groupe.



Et la musique alors ? Fell from the sun, écrite par Kendra Smith, est une chanson excellente. En amont, on sent les influences de Nico et du Velvet Underground. En aval, outre Mazzy Star bien sûr, on peut y entendre des germes de Galaxie 500/Damon & Naomi/Luna ou de Low.
J'ai un peu plus de mal avec All souls, une chanson moins rythmée, sans guitare, avec la voix de Smith peut-être un peu trop à nu.

21 janvier 2012

NIC ARMSTRONG : Broken mouth blues EP


Acquis chez Parallèles / Gilda à Paris le 28 décembre 2011
Réf : 397TP7 -- Edité par One Little Indian en Angleterre en 2004
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Broken mouth blues -- As warm as you really are -/- My voice will be quiet -- I want to be your driver

Un chanteur inconnu par chez moi, mais un 45 tours bien épais typique des années 2000, un logo complètement rétro, et au dos les noms de Liam Watson et de son studio Toe Rag, des gages de qualité, célèbres depuis les White Stripes mais qu'on avait déjà repérés des années plus tôt sur des disques des Television Personalities.
Nic Armstrong est anglais. Il a un penchant pour les sixties, pas tellement pour la période pop-art psychédélique qui fascine Dan Treacy mais plutôt pour le rock et le blues des origines tels que les Rolling Stones et les Beatles avant lui les ont digérés. Ceci est son premier single, inclus la même année sur l'album The greatest white liar. L'album est sorti sous son nom, mais aux Etats-Unis quelques temps plus tard il a été crédité à Nic Armstrong and the Thieves. L'album suivant est carrément sorti sous le nom de IV Thieves, un nom de groupe abandonné depuis.
Le 45 tours dans son ensemble est excellent. Mes deux titres préférés sont le premier et le dernier. Broken mouth blues, avec sa basse fuzz et son harmonica rappelle les Stones des débuts, il y a même des choeurs très réussis tout à la fin. C'est aussi le titre le plus proche des White Stripes.
I want to be your driver est une reprise de Chuck Berry, mais du Chuck Berry comme en jouaient les Beatles en 1963-1964. Ce titre n'était pas sur l'album anglais mais il a été ajouté sur l'édition américaine.
As warm as you really are est plus dans la veine Kinks/Who mid-sixties. My voice will be quiet est le seul titre du lot à ralentir un peu le rythme. Ces deux titres ne se trouvent que sur cet EP, toujours disponible en téléchargement, et même en 45 tours en cherchant un peu.
Nic Armstrong joue aujourd'hui même à Austin au Texas, et il s'y produira à nouveau en mars pour South By Southwest. Il a un nouvel album en préparation.

15 janvier 2012

CLEARLAKE : Something to look forward to


Acquis chez Parallèles / Gilda à Paris le 28 décembre 2011
Réf : MOTE102CD -- Edité par Dusty Company en Angleterre en 2000
Support : CD 12 cm
Titres : Something to look forward to -- Let's get out of here -- Daybreak

Ce jour-là, j'ai d'abord trouvé un 45 tours de Clearlake, que j'ai failli reposer car j'ai confondu un instant le nom du groupe avec celui de Midlake, qui ne m'intéresse pas du tout. Ensuite, j'ai vu que le disque était sorti chez Domino, alors je l'ai mis dans la pile.
Quelques minutes plus tard, j'ai trouvé ce CD, toujours parmi les disques soldés de chez Gilda, et là je l'ai mis de côté sans hésitation. Je procède toujours comme ça quand j'achète un disque pas cher de groupe que je ne connais pas du tout : j'en prends aucun ou tous ceux que je vois, c'est le meilleur moyen d'éviter d'avoir de gros regrets si je découvre à l'écoute que ça me plait beaucoup. Neuf fois sur dix, c'est surtout le meilleur moyen de se retrouver avec un plus gros paquet de merdes inutiles à la maison, mais bon, on ne fait pas d'omelette sans casser des oeufs.
Dans ce cas précis, si le 45 tours Good clean fun, plus récent et plus produit, m'a paru agréable, sans plus, j'ai accroché dès la première écoute au premier titre du CD, et quand le deuxième m'a fait le même effet, j'ai su que j'étais bien tombé.
Clearlake est un groupe anglais de Brighton, officiellement encore en activité bien que leur dernier album remonte à 2006 et que leur leader Jason Pegg ait sorti un album solo en 2009. Ceci est leur troisième single, sorti en 2000, comme les deux précédents. Ils ont tous été inclus en 2001 sur leur premier album, Lido.
Les chansons de ce single, comme d'autres de l'album, semblent traiter de l'envie de s'échapper du quotidien, ce que confirme l'illustration de pochette avec sa photo de plage ensoleillée au-dessus de l'évier et de la vaisselle sale, et aussi pas mal de la volonté/difficulté de se lever de son lit le matin, les deux étant évidemment liés !
Something to look forward to n'est pas un choix évident comme face A de single, ce n'est pas une pop song classique, même si elle m'a plu à la première écoute. Comme point de comparaison, j'ai d'emblée pensé aux Delgados, avant d'apprendre que Clearlake a eu l'occasion de tourner avec eux au moment de la sortie de ce disque.
Pour Let's get out of here, on ne se pose pas de question. C'est une tranche de pop noisy, avec un soupçon de son rétro qui rappellerait presque Madness. C'était déjà un vieux titre pour le groupe en 2000 puisqu'ils en avaient enregistré une version en 1998 quand ils s'appelaient encore Musikland, diffusée en 2005 sur l'album Not bit of wood.
Le dernier titre, Daybreak, est différent, plus lent, avec des tonalités psychédéliques. Il doit y avoir un lien mais ce titre chanté de 3'11 semble différent de celui de 1'13 sur Lido intitulé Daybreaking (si j'en crois l'extrait instrumental de 30 secondes que j'en ai écouté).

Ce disque est toujours en vente chez Domino.

14 janvier 2012

BIG MAYBELLE : Got a brand new bag


Offert par Fabienne M. à Mareuil sur Ay en décembre 2011
Réf : TEG-9925 -- Edité par Traffic Entertainment Group aux Etats-Unis en 2009
Support : CD 12 cm
12 titres

A l'époque où j'ai téléchargé la reprise de 96 tears par Big Maybelle chez WFMU, début 2007, je m'étais dit qu'il faudrait que je me la procure en disque un de ces jours. On trouve assez facilement le 45 tours (sans pochette) pour une poignée d'euros, mais j'ai préféré me faire offrir ce CD, qui reproduit l'album original en modèle réduit et qui ne coûte pas plus cher.
Voilà ce que j'écrivais en 2007 à propos de 96 tears, le titre qui ouvre l'album et qui a été le dernier de Big Maybelle classé dans les charts : "Musicalement, avec son côté soul/rhythm'n'blues, cette version a quelque chose de spécial, et surtout, vocalement. Big Maybelle s'empare de la chanson de façon impressionnante et ne lâche sa prise à aucun moment. Quand elle chante "I'm gonna get you, yes I am. Ah ah ah ah", on se dit que le mec a qui elle s'adresse probablement ne va pas seulement pleurer 96 larmes, mais sûrement aussi pisser dans son froc !".
Ce que je ne savais pas à l'époque, c'est que la tonalité soul/rhythm and blues est donnée par des musiciens de Memphis (non crédités), probablement la crème de chez Stax. En effet, si ce disque a été enregistré à New-York, le groupe embauché pour cette session est en partie celui qui venait d'accompagner Carla Thomas à l'Apollo Theatre.
Cet album ne contient que des reprises, et pas seulement de la sphère rhythm and blues. En fait, on a l'impression que le label Rojac a fait interpréter un album du hit-parade chanté par une chanteuse connue : on trouve de tout ici : soul pop, music-hall, rock, country... Cela a le grand avantage de démontrer que Maybelle n'était pas seulement une gueularde de blues mais une chanteuse versatile capable de s'adapter à de nombreux styles.
Quand j'ai vu dans la liste des titres que la face B débutait par une version du  I can't control myself, j'ai espéré que ce serait du niveau de 96 tears. Ce n'est pas tout à fait le cas, même si c'est excellent. En effet, Maybelle se contrôle un peu trop, justement, et ne se lâche pas un assez. J'ai eu un regain d'espoir après le break vers la fin, mais quarante secondes ce n'est pas assez pour qu'elle donne sa mesure.
D'une manière générale, les réussites sur ce disque sont les titres qui ont vraiment le son de Memphis. Outre ces deux-là, il y a surtout une version d'anthologie de Black is black de Los Bravos et une bonne interprétation du Coming on strong de Brenda Lee.
Pour le reste, on est plutôt dans la curiosité ou l'anecdotique. Big Maybelle qui chante Mellow yellow, on a du mal à y croire. Même s'il reste un peu de cordes, la version d'Eleanor Rigby est intéressante. Elle est plus rythmée et on s'apitoie moins sur le sort de l'Eleanor, mais je pense que le gars qui a rédigé les notes de pochette pousse assez loin le bouchon quand il fait une comparaison avec Mississipi John Hurt.
That's life, une chanson de Frank Sinatra présentée ici avec orgue et cuivres, passe pas mal, mais je n'aime pas les titres les plus mous et pop proposés ici : la chanson-titre de la comédie musicale Cabaret, le tube country Turn the world around the other way d'Eddy Arnold et Love is a hurtin' thing Lou Rawls. Je préfère de loin les pochades, comme There must be a  word (en fait There's got to be a word de The Trade Winds), avec Big Maybelle qui réussit à prendre une voix de gamine, et The egg plant that ate Chicago, un titre de "jug abnd psychédélique" (!) écrit par Norman Greenbaum avant Spirit in the sky. 

96 tears peut être téléchargé chez WFMU.

07 janvier 2012

JOY DIVISION : Transmission


Acquis à La Clé de Sol à Châlons-sur-Marne en 1981
Réf : 101 576 -- Edité par Factory en France en 1981
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Transmission -/- Novelty

Je recommande à tous ceux qui apprécient Blogonzeureux! le recueil Chroniques des temps perdus & bande-son pour orgasme de KMS (Kill Me Sarah). Evidemment, comme on a à peu près le même âge et pas mal de goûts en commun, cette lecture a ravivé pas mal de souvenirs musicaux, et l'une des dernières chroniques du livre, sur Joy Division, m'a donné envie d'aller rechercher l'un des disques du groupe dans mes étagères.
Mon choix s'est porté sur Transmission. Sorti pile entre les deux albums, ce titre, mieux que Love will tear us apart ou Atmosphere, pourrait très bien résumer à lui tout seul la courte histoire du groupe, une parfaite synthèse entre la fougue et la hargne des débuts punks et la production plus sophistiquée de Closer, avec un Ian Curtis impressionnant (et encore plus au moment où il se met à chanter "Well I could call out when the going gets tough").
Pour moi, Joy Division a toujours été de la new wave, mais en réécoutant le disque aujourd'hui, et aussi en les voyant interpréter Transmission en direct à la télé en septembre 1979 (voir ci-dessous), je me dis que tout bêtement c'est du rock and roll et que Transmission est au rock de 1979 ce que Satisfaction était au rock de 1965, le grand succès populaire en moins, malheureusement.
Presque aussi excellente, la face B, Novelty, semble être une réflexion sur la fugacité du succès et la fatuité des pros du showbiz, écrite à un moment où le groupe n'en avait encore pas eu du tout, de succès. Car ces deux titres étaient déjà "vieux" au moment de la sortie de ce single : le groupe les avait déjà enregistrés en mai 1978 pour l'album de Warsaw, alors resté inédit. On peut donc s'étonner qu'ils ne soient pas sur Unknown pleasures, où ils n'auraient pas déparé, au contraire. Pour Novelty, je ne sais pas quelle en est la raison, mais pour Transmission il semble bien que ce soit parce que le groupe et Factory voulaient en faire un grand succès. On apprend sur le site Shadowplay que, en plus de la Peel session de janvier 1979, le groupe s'y est repris à trois fois avant de mettre dans la boite en juillet-août cette version de Transmission (et entre-temps ils ont enregistré tout Unknown pleasures !). Et malgré sa qualité le 45 tours n'a pas été un grand tube...
Pour ma part, je n'ai vraiment commencé à écouter Joy Division qu'après la mort de Ian Curtis, mais alors je me suis mis à acheter tout ce que j'ai pu trouver et qui était dans mes moyens. D'où ma préférence pour les pressages français, quand ils existaient, et pour les 45 tours, quand ils avaient les mêmes titres que les maxis. Et pour Factory en 1980 on a eu de la chance car le label était représenté exclusivement chez nous par Virgin France SA, distribué par Arabella Eurodisc, ce qui nous a changé fortement des pressages français Virgin Records précédemment diffusés par Polydor, dont les pochettes étaient souvent caviardées, comme le Go 2 et le This is pop d'XTC. Avec Virgin/Arabella on aurait peut-être eu une vraie Metal box en France, avec Virgin/Polydor on a eu une pauvre Second edition.
Donc, pour Factory, Virgin France a respecté très fidèlement le graphisme des pochettes de Joy Division, au moins pour les disques que j'ai (Unknown pleasures, Atmosphere et celui-ci), jusqu'au choix du carton de la pochette, avec le même léger relief que le tirage anglais original du disque. Pour le Ceremony de New Order, Virgin France trichera un peu : ils glisseront le pressage français du disque dans des exemplaires de la pochette anglaise. On fait d'ailleurs toujours grand cas des pochettes de Peter Saville, elles ne sont pourtant pas toutes incontournables. Celle-ci notamment, en tout cas le recto, ne me botte pas trop. Je trouve que la photo du verso fonctionne beaucoup mieux : cette image d'une explosion stellaire (ou d'un orage) ressemble à un oeil explosé par trop de nuits blanches et d'excès. Alternativement, les éclairs pourraient symboliser la transmission, la communication.
La transmission dont il est question dans la chanson, c'est l'émission radiophonique. Et à cette époque, alors que je n'imaginais pas moi-même un jour faire de la radio, j'ai très largement obéi à l'exhortation de Ian Curtis à danser en écoutant la radio, mais je l'ai fait aussi et plus souvent encore en écoutant Joy Division, New Order, Magazine et tant d'autres, dans ma chambre de lycéen, ma chambre d'étudiant, et même au casque dans le train, dans le noir, entre Reims et Vitry-le-François.


la couverture de mon songbook (pirate) de Joy Division (56 p. en noir et blanc au format A5),acheté chez New Rose au début des années 1980.


Joy Division : Transmission en direct dans l'émission Something else de la BBC 2 en septembre 1979, soit à mi-chemin entre l'enregistrement du 45 tours et sa sortie.

02 janvier 2012

TEENAGE FANCLUB AND JAD FAIR : Near to you


Acquis par correspondance chez Amulet Records via Ebay en novembre 2011
Réf : GEOG 13 -- Edité par Geographic en Ecosse en 2002 -- Limited edition 0549 of 1000
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Near to you -/- Always in my heart

On va terminer avec ce disque notre passage en revue (partiel) des collaborations croisées entre Jad Fair, Daniel Johnston, les Pastels et Teenage Fan Club. Après l'album de Jad Fair et Daniel Johnston, les Pastels reprenant Johnston, une des collaborations entre Jad Fair et les Pastels, voici donc le single extrait de l'album Words of wisdom and hope, qui voit Teenage Fan Club enregistrer avec Jad Fair, avec la participation de Katrina Mitchell des Pastels et sur le label de ce dernier groupe. La pochette, dessinée par Jad Fair, est une réussite.
J'ai vu Herman Düne en concert pour la première fois au Centre Culturel de CROUS de Reims le 24 avril 2002. Il y avait trois groupes, et aussitôt après la fin de son concert, David-Ivar a posé un lecteur CD à haut-parleurs sur un frigo dans une salle attenante et s'est mis à passer de l'excellente musique et à danser. Je le regrette un peu, mais comme Il était tard, que j'avais de la route et que je bossais le lendemain, je ne suis pas resté très longtemps. Suffisamment cependant pour entendre un Jonathan Richman (si mes souvenirs sont bons) et découvrir un extrait de Words of wisdom and hope, soit Near to you, soit le premier titre de l'album, Behold the miracle.
Comme souvent lors de ces collaborations avec Jad Fair, on a l'impression que Teenage Fanclub a d'abord composé/enregistré les titres instrumentaux avant que Jad ne vienne poser ses paroles/sa voix dessus. En tout cas, la sauce prend parfaitement sur Near to you. L'instrumental de Teenage Fanclub est dynamique,  avec un riff tout simple bien accrocheur, Jad Fair s'en sort bien et les choeurs de Katrina Mitchell sur le refrain viennent parfaire le tout.
En face B, Always in your heart, un titre qui ne figure pas sur l'album, est moins accrocheur mais est très bien aussi. Les paroles citent le gospel This train et mentionnent les Beatles. Aux Etats-Unis, Alternative Tentacles a mis Always in your heart en face A, avec en B un autre inédit, Let's celebrate, sorti en Angleterre uniquement sur la version CD du single. Apparemment, ces deux titres ont été ajoutés en bonus sur l'édition japonaise de l'album.
Voilà, il n'est pas impossible que cette série se poursuive. Il y a notamment eu en 2001 un autre album de Jad Fair et Daniel Johnston, The Lucky sperms : Somewhat humorous,  et surtout,  en 2006, sur le propre label des écossais, un 45 tours de reprises de Daniel Johnston par Teenage Fanclub et Jad Fair, Like a monkey in a zoo.


La pochette du 45 tours américain Always in my heart...


...et celle de l'album Words of wisdom and hope.

01 janvier 2012

MES GRANDES TROUVAILLES DE CHINE 2011

Je me souviens que l'an dernier, avant que la saison des vide-greniers ne redémarre, je me demandais si j'allais encore y trouver des disques intéressants. En effet, plus le temps passe, moins il y a de disques en vente (les CD ne supplantent toujours pas les vinyls, d'ailleurs) et la concurrence est rude (sans compter que je ne suis pas du genre à arpenter les allées dès 6h du matin avec une lampe de poche).
Au bout du compte, je n'ai pas fait moins de découvertes en 2011 que les années précédentes.  A condition d'être curieux et de ne pas se limiter strictement au rock, on continue à trouver des disques bons et/ou étonnants dont on ne soupçonnait même pas l'existence.
Voici une sélection de ces trouvailles de 2011, 13 disques trouvés au hasard des vide-greniers qui on largement contribué à alimenter Blogonzeureux! puisqu'ils représentent plus de 10% des billets de l'année.
L'ordre proposé n'est pas un classement. Disons que c'est sûrement celui que j'aurais choisi si j'avais mis des extraits de ces disques sur une compilation maison.

Un clic sur le titre ou la pochette vous emmènera sur la chronique correspondante.
























LinkWithin

Linkwithin