31 janvier 2014

LOU REED : Modern dance


Acquis le 10 juin 2012 sur le vide-grenier de Roches-sur-Marne
Réf : PRO1869 / 9362-47425-2 -- Edité par Reprise en Europe en 2000 -- Promotional copy not for resale
Support : CD 12 cm
Titres : Modern dance (Clean version) -/- Modern dance (Album version)

Uncut a dédié récemment un de ses Ultimate Music Guide à Lou Reed. Je n'ai fait que le feuilleter pour l'instant, mais je suis tombé en arrêt page 125 sur une pochette de Modern dance plutôt drôle avec un Lou Reed en lunettes-miroir (classique) et en gros bonnet de laine noire (beaucoup plus surprenant). J'ai cru qu'il s'agissait de la pochette commerciale du single correspondant, mais non, c'est en fait un album live pirate :


L'album pirate Modern dance, enregistré en Allemagne en 2000.

N'empêche, ça m'a donné envie de ressortir mon CD single promo, acheté avec des dizaines d'autres disques à Roches-sur-Marne en 2012, le même jour que le Howard Werth, le Prince of Wales Star ou un Henri Salvador. Sur le coup, comme c'est souvent le cas quand j'achète un gros lot de disques, j'avais  écouté rapidement ce disque avant de le ranger. J'avais noté, sans surprise, que la Modern dance de Lou Reed n'avait rien à voir avec celle de Pere Ubu et je n'avais en tout cas pas saisi la dose d'humour que contient cette chanson où, entre autres, Reed s'imagine en kilt à Edimbourg à faire une danse moderne. Il faut dire que Lou Reed et l'humour, on aurait tendance à penser que ça faisait deux (même s'il s'est trouvé au moins un gars après sa mort pour lister dix raisons pour en faire un génie comique improbable), en tout cas, jusqu'à ce qu'on ait visionné (ce que je n'ai fait que tout récemment) la vidéo pour Modern dance disponible ci-dessous !!
Il y a donc eu une vidéo pour cette chanson, un CD promo aussi, mais en fait aucun single n'a été commercialisé pour cet extrait de l'album Ecstasy. Le promo en propose une version "clean", pour un passage en radio s'entend. Après écoute de la version album, je ne voyais qu'une chose qui pouvait déranger, le "shit" qui ouvre une phrase à un moment, "Tanganyka" ou "Yucatan" n'étant pas des gros mots (encore que, en cherchant bien...), et c'est précisément ce qu'a fait le label, en réussissant à  allonger la chanson d'une seconde pour lui enlever un mot ! Avec nombre de ses anciens titres, il n'aurait pas resté grand chose de la chanson après leurs coups de ciseaux...
Dans l'entretien initialement paru dans Uncut en 2000 et repris dans l'Ultimate Music Guide, on apprend que la source principale d'inspiration pour cette chanson est le refus de sa compagne Laurie Anderson de l'épouser (d'où vient directement le "Maybe you don't want to be a wife, it's not a life being a wife"). Sauf qu'au lieu de s'énerver en se souvenant de l'engueulade, comme il l'a rejouée lors de l'entretien, il en fait ici une chanson légère, dans son style le plus basique.
En septembre dernier, j'ai acheté l'album Magic and loss et j'ai été tout surpris de l'apprécier pleinement de bout en bout. A la première occasion, j'accorderai deux oreilles attentives à Ecstasy.




Lou Reed, Modern dance, en direct à la télévision anglaise.

26 janvier 2014

NANCY WILSON : The power of love


Acquis sur le vide-grenier du Jard à Epernay le 19 janvier 2014
Réf : EAP 120806 -- Edité par Capitol en France en 1966
Support : 45 tours 17 cm
Titres : (You've got) The power of love -- Where does that leave me -/- No one else but you -- The best is yet to come

Après The Fall, on reste dans l'orange curieux avec cette bombe en fourrure synthétique portée avec aplomb par Nancy Wilson sur cette superbe photo de pochette signée Bob Lampard.
J'ai pioché ce disque sur mon premier vide-grenier de l'année, un bon début. Pour maintenir l'activité des brocanteurs professionnels (et des chineurs !) pendant l'hiver, des déballages sont organisés toutes les deux semaines sur le Jard à Epernay (on appelle toujours ça le Jard à Epernay, mais ça fait bien longtemps que ce n'est plus qu'un immense parking...). Là, il faisait étonnamment doux, et sec. Il y avait très peu de disques sur les stands, mais un couple avait deux boites à chaussures de 45 tours. Que de la variété française sans intérêt, que j'ai à peine regardée, sauf que mon oeil a quand même été attiré par ce superbe EP. La dame en voulait initialement 1 €, mais au vu de la gueule que j'ai tiré, elle m'en a aussitôt proposé 50 centimes.
J'ai eu quelques hésitations car j'ai noté que ce disque Pathé Marconi était une production Capitol, et au dos il était précisé à propos de l'album Welcome (une compilation sortie en France qui contient trois des titres de ce disque) que Miss Wilson est une chanteuse de jazz et de variétés. L'année précédente, un EP Nancy Wilson à Paris avait été édité, et elle avait fait un passage remarqué à l'Olympia.
Je m'attendais à quelque chose de très léché (trop pour moi), voire sirupeux, mais je savais qu'il me resterait au moins la pochette. Effectivement, tout est parfait sur ce disque côté instrumentation et interprétation, pas un poil ne dépasse du sillon. La très bonne surprise que j'ai eu à l'écoute, cependant, c'est (You got) The power of love, un titre rhythm and blues/soul endiablé, un peu à la Aretha Franklin, avec guitare et cuivres claquants, et choeurs. Il s'agit d'une reprise, mais étonnamment pas d'un obscur single Motown, mais des Everly Brothers, qui ont sorti cette chanson en single tout début 1966 ! Il va falloir que je creuse un peu la discographie des Everly Brothers car je les associe surtout à des choses très pop, voire molles du genou, mais leur version originale de cette chanson est certes pop côté chant, mais avec un gros son rock à la base. Les Beatles avaient arrêté de piller le répertoire des autres à ce moment, mais cette chanson leur aurait parfaitement convenu. Il n'y a rien d('indiqué sur le disque, et il faut aller fouiner en ligne pour apprendre que c'est Oliver Nelson qui a dirigé cet enregistrement.
Question convenu, les trois autres titres du disque le sont. En tout cas, ils m'ont moins surpris et me plaisent moins, même s'ils sont aussi d'excellente tenue. Where does that leave me et No one else but you sont deux ballades, avec un côté dramatique dans la production qui peut faire penser à Nelson Riddle ou surtout aux musiques de John Barry pour les films de James Bond. Les étiquettes des 45 tours américains sur YouTube nous apprennent que pour ces deux titres le chef d'orchestre et arrangeur est Sid Feller, réputé notamment pour son travail avec Ray Charles, et que No one else but you fait partie de la bande originale du film D pour danger (A man could get killed). Le dernier titre, The best is yet to come, est carrément jazzy, mais ce n'est pas surprenant quand on sait (je viens de l'apprendre) que cette chanson, créée par Tony Bennett, est devenue l'un des titres emblématiques du répertoire de Frank Sinatra, au point que son titre a été gravé sur sa tombe.

25 janvier 2014

THE FALL : Jerusalem

http://www.discogs.com/Fall-Jerusalem-Acid-Priest-2088-Big-New-Prinz-Wrong-Place-Right-Time-No-2/release/1315930
Acquis par correspondance via Discogs en janvier 2014
Réf : FALL 2 CD -- Edité par Beggars Banquet en Angleterre en 1988 -- n° 0807
Support : 2 x CD 7,5 cm
Titres : Jerusalem -- Acid priest 2088 & Big new prinz -- Wrong place, right time n° 2

Quand en 1995 j'ai concocté ma liste des classiques de la new wave, j'y ai bien sûr inclus un disque de The Fall, mais j'ai volontairement choisi un album très tardif, I am kurious Oranj de 1988, pour une bonne raison (parmi les disques que je connais du groupe, c'est l'un de mes préférés) et une moins bonne (faire suer les vieux fans du groupe). On a du mal à s'en rendre compte en France, mais The Fall a fait pendant des années l'objet d'un véritable culte d'une chapelle de fans qui l'ont idolâtré à longueur de fanzines, à disséquer les textes de Marc E. Smith, les disques et les concerts. Ceux-là ont dû  avoir du mal à digérer le virage "pop" de la période Brix Smith, à laquelle ce disque appartient.
L'album est de toute façon à part dans la discographie pléthorique du groupe puisqu'il reprend la musique composée pour un ballet contemporain sur Guillaume d'Orange de la compagnie de Michael Clark, créé en 1988 avec The Fall jouant sur scène. Le disque est lui quasiment intégralement enregistré en studio.
Il y manque quelques-uns de mes titres préférés de l'album (Kurious oranj, Yes O yes, Van plague ?, Bad news girl et Cab it up !), mais on va s'intéresser aujourd'hui à une curiosité qui contient quand même plusieurs de ses moments forts, le seul single qui en a été extrait (une version réenregistrée de Cab it up ! est sortie en single en 1989). Beggars Banquet a fait fort pour le coup avec un coffret pour l'édition en 45 tours comprenant deux disques et des cartes postales, et pour l'édition en CD deux mini-disques logés dans une pochette rigide d'un orange uni bien marqué. Un beau gâchis d'ailleurs puisque les quatre titres auraient sûrement pu tenir sur un seul disque, mais le but était de créer un objet "en édition limitée". A l'intérieur, il est précisé qu'il s'agit du premier single double disque compact au monde (et sûrement du dernier). Et là, le groupe ou le label se plantaient complètement puisque les double CD singles ont foisonné pendant les années 1990, les maisons de disque inventant même le single en deux parties sorties à une semaine d'écart, afin d'étaler les ventes four figurer plus longtemps dans les classements.
Trois des quatre titres ici sont bâtis sur la formule habituelle de The Fall, une base musicale assez répétitive basée sur un bon gros riff, sur laquelle Marc E. Smith fait son numéro, avec sa légendaire inventivité langagière.
Jerusalem est l'adaptation d'un poème de William Blake, un truc avec un son énorme. La version de l'album a été raccourcie pour les besoins du single.
Le riff de Wrong place, right time serait dérivé d'un titre de Creedence Clearwater Revival. Quand Smith accompagnait les danseurs en chantant "Can't dance, can't sing", il était peut-être plutôt au bon endroit et au bon moment !
Big new prinz est sûrement le titre essentiel d'I am kurious oranj. C'est d'abord sur Hip priest, un titre paru en 1982 que Michael Clark et sa troupe ont commencé à danser. Puis Smith a retravaillé la chanson pour en faire un truc au forts accent de Glitter beat, intitulé ici Big new prinz (mais New big prinz ou New big prize sur l'album). Mais c'est pas tout puisque Acid priest 2088 (Win Fall C.D. 2080 sur l'album) est encore une autre version de cette chanson, qui en sample une partie des paroles ("Check the record") et les colle sur une musique beaucoup moins rock pour faire une sorte de résumé du ballet.
J'ai mis très longtemps à accrocher à la musique de The Fall et à supporter cette grande gueule de Marc E. Smith (que je ne connaissais que par ses entretiens dans la presse). C'est sûrement I am kurious oranj qui m'a fait changer d'avis et m'a permis d'apprécier son talent particulier, qu'il cultive obstinément depuis maintenant plus de trente-cinq ans.


The Fall, Wrong place, right time, en direct à Munich le 14 février 1989 dans l'émission Off beat night, avec l'une des danseuses de la compagnie de Michael Clark. Assez hilarant.


The Fall, Wrong place, right time, vidéo studio.

http://www.discogs.com/Fall-Jerusalem-Acid-Priest-2088-Big-New-Prinz-Wrong-Place-Right-Time-No-2/release/1315930

18 janvier 2014

SLADE : Slade alive !


Acquis sur le vide-grenier de Fontaine-sur-Ay le 14 avril 2013
Réf : 2480 094 -- Edité par Polydor en France en 1972
Support : 33 tours 30 cm
7 titres

Il n'y avait que quelques 33 tours sur le stand, mais c'était suffisant pour que je tombe en arrêt sur cette pochette de Slade alive !. Rien à voir en effet avec celle que je connaissais de longue date, très rock avec son fond rouge et sa photo noire "en négatif". Je me souvenais aussi que la pochette rouge était ouvrante alors que celle-ci, que j'ai vite empochée pour 1 €, est simple, mais il a fallu que je me renseigne en ligne pour qu'on me rappelle que ce superbe dessin pas du tout rock figurait sur l'édition que je connaissais, mais en pochette intérieure.
Bon, j'ai pour excuse de ne jamais avoir eu ce disque auparavant. On a simplement eu pendant quelques temps à la maison, vers 1977-1978, l'exemplaire de ma cousine Nicole.
Je ne sais pas pourquoi Polydor France a sorti le disque sous deux pochettes différentes en 1972 (je ne pense pas qu'il soit question de réédition, les deux ont dû être diffusées à peu près en même temps), mais c'est justice que ce dessin coloré se retrouve promu en recto de pochette puisqu'il a été le lauréat d'un concours organisé par l'imprésario du groupe et le journal The Sun, dont le prix était justement l'honneur d'illustrer la pochette de cet album. J'imagine qu'après coup le groupe a dû intervenir et pousser pour la pochette avec la photo prise en concert au Marquee.
J'ai découvert Slade d'abord en photo, entre deux posters de Julien Clerc sur les murs de la chambre de ma jeune tante Nadette. Ça devait être la photo de pochette de l'album Slayed ?, tirée d'un Salut Les Copains, où ils sont le poing fermé avec "Slade" et "Slayed" écrit sur leurs phalanges.
Il y avait sûrement des 45 tours qui traînaient dans le coin, mais c'est surtout cet album qu'on a écouté avec mon frère. Nous ne le savions pas alors, mais ce Slade alive !, s'il est bel et bien enregistré en direct et en public, est aussi enregistré en studio, en octobre 1971, devant un public composé de quelques dizaines de membres de leur fan club. Ce choix joue certainement un rôle positif pour le son et l'ambiance de ce disque, qui a aussi l'élégance de n'être qu'un (simple) album live, sans aucun des tubes du groupe.
Je pense que les deux titres qu'on écoutait le plus sont le premier et le dernier, des reprises de Hear me calling de Ten Years After et de Born to be wild de Steppenwolf. Je suis bien certain que c'est avec cette version que j'ai découvert ce classique de Steppenwolf, même si pas mal de copains avaient le Steppenwolf live. Pour Hear me calling, c'est bien simple, je n'ai sûrement jamais entendu la version originale de 1969, car le disque d'eux que les copains avaient dans le quartier c'est le double Recorded live de 1973, et c'est tout (et Hear me calling n'est pas dessus).
Même si l'allure glam de Slade m'est globalement insupportable, impossible de nier qu'ils produisent à quatre un excellent rock-boogie-blues basique, comme a su le faire, entre plein d'autres, le Status Quo des années 1970. Les deux originaux de la face A passent bien, et j'ai été tout surpris de bien apprécier la seule ballade du disque, la reprise de Darling be home soon des Mamas and Papas. Le fait que le chanteur Noddy Holder balance un rot bien sonore en plein milieu pourrait faire penser qu'ils l'abordent au second degré, mais parait-il que ce rot était involontaire (sauf que par la suite le public des concerts du groupe l'attendait et le réclamait !).
Les deux premiers tiers de la face B sont un spécial Little Richard. Le groupe s'attribue Keep on rocking, mais c'est en fait un pot-pourri de classiques du rock, qui cite abondamment Keep on knocking et Tutti frutti. Ils enchaînent ça avec Get down and get with it, une chanson de Bobby Marchan de 1965, qu'ils avaient déjà sortie en 45 tours en version studio et dont ils connaissaient surtout la version de Little Richard.
L'album a été un grand succès et il est resté plus d'un an dans les listes des meilleures ventes en Angleterre. Et 1972 a été une excellente année pour Slade puisqu'ils l'ont bouclée en sortant Merry Xmas everybody,  un énorme tube, qui leur rapporte des royautés à chaque fois que la saison revient et que le titre est repromotionné.
Il n'y a pas des dizaines de disques dans ce style que j'aime et que j'apprécie, mais  qui sait ?, rendez-vous peut-être bientôt ici pour écouter Suzy Quatro, Co-co de The Sweet ou Status Quo.

Slade Alive ! est actuellement disponible dans une édition double-CD qui comprend les trois autres albums live du groupe.


Slade en public pour l'émission Set of six de Granada TV l, le 13 juin 1972, l'année de la sortie de Slade Alive !. Le programme joué est en grande partie le même que pour l'album, avec quatre titres en commun, joués dans le même ordre.

11 janvier 2014

THE SAINTS : This perfect day


Acquis dans un Woolworths de Londres en 1984
Réf : HAR 5130 -- Edité par Harvest en Angleterre en 1977
Support : 45 tours 17 cm
Titres : This perfect day -/- L-I-E-S

Voici l'une des mes bonnes trouvailles dans les quelques lots de dix disques achetés à Londres dans l'une des succursales de la désormais éteinte chaîne de magasins anglaises Woolworths. Je trouvais ces lots dans un magasin situé dans le quartier de la gare Victoria, et sans surprise la grande majorité des disques était d'un faible intérêt.  Mais de temps en temps j'avais une très bonne surprise, comme avec le Mystic Knights of the Oingo Boingo ou le Chelsea girl de Simple Minds, et aussi avec ce disque de The Saints. Il lui manque malheureusement sa pochette illustrée, mais c'est apparemment le cas pour la plupart des exemplaires de ce disque, car la maison de disques EMI s'est laissée surprendre par le succès initial du disque, renforcé par un passage à Top of the Pops. Alors que les disquaires étaient en rupture de stock, ils ont dû presser des disques à tour de bras, en remplaçant la pochette initiale par une pochette maison standard, comme c'était très courant en Angleterre, mais ces exemplaires sont arrivés trop tard et le mien fait probablement partie des invendus retournés au distributeur.
Ce 45 tours est le troisième de The Saints. Il est sorti en août 1977, quelques mois après leur premier album, (I'm) Stranded. La chanson aurait été écrite par Ed Kuepper chez ses parents avec la guitare classique de son père. Son riff serait
l'un des nombreux dérivés de celui de Paint it black des Stones.
En 1977, les Saints étaient classés au rayon punk. Il suffit de les voir sur le plateau de Top of the Pops, en jaquette, blouson ou chemise, avec un Chris Bailey joufflu aux cheveux mi-longs, pour constater qu'ils n'avaient rien de punk. Ou plutôt, comme Dr. Feelgood quelques années plus tôt, ils n'avaient à la fois rien des apparences et affectations du punk, et, au moins à leurs débuts, tout de leurs sentiments, de leur rock speedé et énervé et de leur hargne. Il suffit d'écouter Bailey cracher "J'ai besoin de personne pour me dire ce que je ne sais pas déjà" ou "J'ai besoin de personne, j'ai besoin de rien, de rien du tout" pour s'en convaincre. En face B, L-I-E-S est de la même veine.
Début 1978, This perfect day sera incluse sur l'album Eternally yours, mais dans une version réenregistrée. De nos jours, on trouve les deux titres de ce 45 tours en bonus sur la réédition de (I'm) Stranded mais, à un prix défiant toute concurrence, il vaut mieux opter pour le coffret 4 CD All times through paradise, qui reprend les trois albums des Saints première période avec bonus, plus un live de fin 1977.
Dans ma liste des classiques de la new wave, j'ai inclus le troisième album des Saints, Prehistoric Sounds. Je suis pourtant le premier à admettre que les Saints étaient encore moins new wave en 1978 qu'ils n'étaient punk en 1977, mais ce troisième album des Saints est un disque de rock-rhythm and blues excellent de bout en bout et l'une des grandes réussites de 1978, l'année new wave par excellence. C'est ce disque qu'on aurait dû retrouver ici, sauf que j'ai été assez bête en 1987 pour laisser passer la réédition CD avec titres bonus que Fan Club avait sortie pour une bouchée de pain, et depuis je ne me suis jamais résolu à acheter une autre édition de ce disque.

05 janvier 2014

ORCHESTRE AFRICA TAM-TAM : Africa Tam-Tam "66"


Acquis sur le vide-grenier du Triangle Magique à Epernay le 23 juin 2013
Réf : 460 V 711 -- Edité par Ducretet Thomson en France en 1966
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Bengna na bo -- Bolibo -/- Tum lelel -- Sisegengwan lom Douala

Il faisait moche ce 23 juin dernier, mais au moins la pluie a eu le bon goût d'attendre l'après-midi pour tomber, ce qui m'a donné l'occasion d'aller faire un tour sur le vide-grenier du Triangle Magique à Epernay. Ce fut rapide car il n'y avait pas beaucoup de stands, mais j'en suis revenu avec quelques 45 tours intéressants, dont un de Sonny Terry et Brownie McGee et aussi le bel EP Let's go ! de The Routers.
J'étais surtout content d'avoir dégoté ce 45 tours de musique africaine avec sa pochette très réussie et j'avais bien l'intention de le chroniquer ici, mais la première écoute m'a un peu déçu et je me suis contenté de le placer dans la pile des "à réécouter".
Cet automne, je l'ai joué à Philippe R. et il n'a pas eu trop à me pousser pour me convaincre que je m'étais planté et que ce disque valait vraiment qu'on s'y intéresse de près. Si je m'y étais pris plus tôt, il aurait sans doute figuré dans la liste de mes grandes trouvailles de l'année 2013.
Pour une fois, on a des précisions au dos de ce 45 tours sur les conditions de production du disque, alors profitons-en : publié sous l'étiquette Ducretet Thomson, il a été enregistré à Paris aux studios Pathé par des musiciens camerounais qui étaient de passage en ville. On a même le détail des musiciens, c'est Byzance ! Emile Bisseck est à la direction musicale et au chant et joue de la tumba sur un titre. David Kon est au chant, aux maracas et aux claves. Mario Ponture est au piano, Pierre Benoit à la tumba, Fréjus Mauvois à la basse, Oberlin Mang et Jonas Nestor aux guitares.
Les rythmes annoncés pour les différents titres (merengue, bamba, guaracha, calypso) sont ceux de la Caraïbe, à la mode à l'époque, mais les arrangements ne se contentent pas de reproduire les airs des succès entendus à la radio. Avec l'originalité de la présence du piano, on a ici quatre excellentes chansons associant les deux voix, les percussions et les guitares.
La face A est très bien, mais j'ai une petite préférence pour les deux titres de la face B, Tum lelel et Sisegengwan lom Douala, avec son introduction à la guitare électrique. Les voilà :


Orchestre Africa Tam-Tam : Sisegengwan lom Douala

 
Orchestre Africa Tam-Tam : Tum lelel

Je n'ai pas trouvé trace d'un autre disque de l'Orchestre Africa Tam-Tam. Seule la chanson Bolibo, extraite de cet EP, a été incluse à l'époque sur un 33 tours compilation Pathé, Du Sénégal au Congo, où elle est en très bonne compagnie avec des titres de l'Orchestre O.K. Jazz et de G.G. Vikey. Je n'ai retrouvé la trace que d'un seul musicien, Emile Bisseck, qui est mort à 72 ans en 2004. Il s'est marié en France avant d'aller s'installer à Winnipeg au Canada. En plus d'avoir exercé diverses professions, il a toujours fait de la musique et apparait notamment dans le film The saddest music in the world de 2003. Quand il était en France, il aurait notamment joué avec Manu Dibango. Ce disque est une bonne occasion de se souvenir de lui.

03 janvier 2014

FOUR ONE AND ONLY'S : Holy


Offert par Jean-Pierre Moya à Reims en 1996
Réf : FARCE 004 -- Edité par FARC aux Pays-Bas en 1996
Support : CD 12 cm
20 titres

J'ai ma petite idée des bonnes raisons qu'a eues Jean-Pierre de Rockomondo de m'offrir ce très beau cadeau. Il voulait sûrement me remercier de l'avoir aider à traduire la lettre d'information internationale de Rockomondo, et il a sélectionné cet album de Four One And Only's car, non seulement il est co-produit par l'ami Joe Foster, mais il contient une reprise de UFO man de Jonathan Richman.
L'originalité de Rockomondo est de se concentrer sur les musiques qu'on aime jouées par des artistes ni français, ni anglais ni américains. Ca laisse de la marge et au fil des ans, on a pu découvrir avec Jean-Pierre les allemands The Truffauts, les finlandais 22-Pistepirkko ou ces hollandais de Breda, Four One And Only's. Ce n'est donc pas une surprise de constater que le seul texte en français un peu détaillé à propos de ce groupe disponible en ligne est justement un billet de Rockomondo. On trouve par contre par ailleurs une discographie détaillée.
Le moins que l'on puisse dire c'est que, en plus de faire de l'excellente musique, ce groupe avait de bons contacts, puisque dès le deuxième en 1988 ils ont systématiquement travaillé avec Joe Foster, des TV Personalities et de Creation Records, pour la production de leurs albums. Il co-produit celui-ci, leur cinquième et dernier. Ces gens-là ne manquaient pas d'humour non plus, leurs titres et leurs paroles le prouvent, et ils ont choisi de nommer leur label FARC, soit Fuck All Record Companies !
Ils avaient bon goût aussi, puisque, côté reprises. Outre leur interprétation de l'enthousiasmant UFO man, qui ouvrait en 1993 l'album-hommage Can you talk to the dude ?, avec des membres de Jazz Butcher aux choeurs, s'il vous plait !, on trouve une très bonne version de Little bit o' soul, une chanson popularisée dans les années 1960 par The Music Explosion. Il y a aussi Let's all make love, une version chantée de Misirlou. Il est possible que j'ai laissé passer d'autres reprises, mais les crédits sont imprimés en spirale sur la pochette en plastique transparent, et ne précisent pas les auteurs-compositeurs, alors je fais ce que je peux.
Les vingt titres de l'album s'écoutent d'une traite sans une seconde d'ennui. Je vais quand même essayer de ne pas es lciter tous en sélectionnant mes préférés. Il y plusieurs instrumentaux, dont l'excellent Rock rock hard go go ! en ouverture et The return of gitarzen pour clore le disque. Il y a du noisy-punk (Love me hate me !, A feather in my ass, Love-handle bop), du psychédélique (Die and let Rush live, Killer bells), de la surf music (A fan's a friend), des chansons dignes des TVP's (What's left of it, She's my Efteling beyond the grave). Ils semblent être quelque peu obsédés par la choucroute puisque, après avoir sorti en 1989 un EP intitulé The clouds smell like Sauerkraut, ils nous proposent ici It hurts to be sauerkraut, une de mes chansons préférées du disque, avec en intro une guitare à la Monochrome Set. Une autre de mes préférées est You're a local creep.
Four Ones and Only's s'est séparé en 1997 et a sorti pour marquer le coup un double album compilation, Goodbye hello. Mais, Jean-Pierre l'a bien précisé, leurs disques ne sont pas faciles à trouver. Le groupe a rejoué au moins une fois, en 2011.

01 janvier 2014

MES GRANDES TROUVAILLES DE CHINE 2013

Allez, un regard en arrière sur les billets 2013 de Vivonzeureux! avant de vraiment attaquer 2014, pour constater que, si la récolte en disques d'occasion n'a pas été remarquable en quantité, la qualité est encore suffisamment présente pour justifier ce billet.
Parmi les tendances de l'année, on constate que l'éclectisme géographique se maintient, avec des disques du Nigéria, de Belgique, d'Israël et de Suisse, et que l'apparition des 78 tours, facilitée par un cadeau bien pratique, un Teppaz, a rendu possible l'écoute de disques de millésimes quasiment antiques, puisqu'on est remonté jusqu'à 1932. A l'inverse, les CD font leur apparition dans ce type de bilan, et ça devrait se confirmer ces prochaines années car les vinyls d'occasion commencent doucement à se raréfier. Autre nouveauté qui devrait perdurer, la sélection d'un disque chiné en ligne. Ce sera toujours plus cher que sur un vide-grenier, et il y a du port à payer, mais c'est quand même un moyen de faire de bonnes affaires.
Rendez-vous dans un an s'il y a matière à !

Un clic sur le titre ou la pochette vous emmènera sur la chronique correspondante.
Les disques sont listés dans l'ordre de leur chronique sur le blog.


Des suisses qui font de la musique cajun avec un son garage !

Oop-pop-a-da ? C'est assez élémentaire pour me faire apprécier un disque classé au rayon jazz.

Un disque d'un groupe kényan édité au Nigéria et vendu neuf au Tchad...!

Comme quoi, avec beaucoup de chance, on peut encore tomber sur un EP rock sixties d'un obscur groupe breton.

La collecte de disques oblige parfois à se cultiver. Il a fallu mener l'enquête, ne serait-ce que pour déchiffrer les inscriptions en hébreu sur ce disque de chansons du Yémen.

Du twist en wallon ! L'occasion de prendre du bon temps et de découvrir le parcours d'Emile Lambert.

Un disque choisi parmi les vingt-cinq d'un excellent lot d'albums antillais. On ne fait pas ce genre de trouvaille tous les dimanches.

Le disque qui m'a fait changer d'avis sur My Life Story.

Qu'il soit filmé par Ernst Lubitsch rend tout de suite Maurice Chevalier plus plaisant. Et que ce disque contiennent deux des chansons de la version tournée en français à Hollywood du film Une heure près de toi (une version du film de 1932 qu'il est désormais à peu près impossible de voir) le rend d'autant plus précieux.

Il faut en acheter des piles de CD récents en soldes pour réussir à découvrir un groupe vraiment réjouissant, comme ce fut le cas avec Golden Boots.

Voilà le disque déniché en ligne. Ca valait le coup pour la qualité et la pureté des chansons, et pour rendre hommage à G.G. Vikey, mort en mai 2013.

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