29 juin 2014

TIM SIMENON : Love so true


Acquis probablement dans un Record and Tape Exchange de Notting Hill Gate à Londres dans les années 1990
Réf : DOOD 4CD -- Edité par Rhythm King en Angleterre en 1991
Support : CD 12 cm
Titres : Love so true (7" version) -- You see me in 3D -- Understand this -- Love so true (12" version)

Lorsqu'il a intitulé son projet musical Bomb The Bass et participé à l'explosion initiale de l'Acid House en 1987 avec son tube Beat dis, Tim Simenon n'avait sûrement pas d'intentions guerrières en tête. Je m'étais imaginé qu'avec ce nom il voulait simplement bombarder les foules de danseurs avec une basse énorme. En fait, ce serait plus lié à l'idée de colorer la rythmique avec un collage de sons, comme un graffiteur le fait sur son oeuvre avec ses bombes de peintures.
Evidemment, il ne pouvait pas deviner que l'Irak allait envahir le Koweit en 1990 et qu'il y aurait en 1991 une Guerre du Golfe contre l'Irak de Saddam Hussein, président du Parti Baas irakien. Bomb The Bass pouvait alors prendre un tout autre sens et la BBC, à qui il fallait beaucoup moins que ça en cette période pour refuser de programmer un titre, comme en témoigne la liste des plus de soixante titres interdits d'antenne début 1991, a fait savoir que Bomb The Bass serait interdit d'antenne. Comme d'autres, l'artiste et son label se sont retrouvés devant un choix cornélien, sortir leurs productions comme si de rien n'était, en les condamnant commercialement car elles seraient privées de toute exposition sur certains des médias les plus suivis du pays, ou faire des concessions. C'est ainsi que, comme pour Massive Attack, qui a raccourci son nom en Massive pour la sortie du single Unfinished sympathy et de l'album Blue lines, le label Rhythm King a rappelé les premiers exemplaires de Love so true sortis sous le nom Bomb The Bass et, par un coup de baguette magique, le disque est aussitôt ressorti, présenté comme le premier de la carrière solo de Tim Simenon ! La plaisanterie n'a pas duré très longtemps, puisque quelques mois plus tard, l'album Unknown territory, qui contient ce single, est bel et bien sorti sous le nom Bomb The Bass.
Si  ces mésaventures n'ont pas empêché Unfinished sympathy d'être un succès, elles n'ont pas sauvé Love so true. Il faut dire que, malgré le changement de nom, la BBC n'a pas diffusé le titre (Ils ont dû penser, à raison, qu'à chaque fois on présenterait Tim Simenon comme membre ou ex-membre de Bomb The Bass). Et puis, surtout, même si les deux titres ont beaucoup en commun (un gimmick aux percussions qui introduit le titre, un tempo moyen, une chanteuse de style soul, ici Loretta Haywood), on penche ici plus du mauvais côté de la variété, malgré la présence de beau monde : Doug Wimbish (Sugarhill et On-U Sound Records) à la production et même Ian Anderson pour un solo de flûte !
Les deux autres titres me plaisent beaucoup plus et on est beaucoup plus proche des débuts électro-house du groupe. You see me in 3D renoue avec le style électro bourré d'échantillons sonores tandis que Understand this est un titre hip hop rappé par A La Mode. 

Les trois titres de ce maxi sont présent sur l'album Unknown territory : Love so true dans sa 12" version, Understand this dans la version présente ici et You see me in 3D dans une version remixée.

28 juin 2014

MASSIVE : Unfinished sympathy


Acquis d'occasion dans les années 1990 ou 2000
Réf : WBRX 2 / 664 035 -- Edité par Wild Bunch / Circa en Europe en 1991
Support : CD 12 cm
Titres : Unfinished sympathy (Paul Oakenfold mix) -- Unfinished sympathy (Paul Oakenfold instrumental mix) -- Unfinished sympathy (Original) -- Unfinished sympathy (Instrumental)

C'était il y a plus de vingt ans, en 1991. Invasion du Koweit, tempête du désert, frappes chirurgicales, guerre du Golfe, Irak... (une guerre évoquée par Dee Nasty avec Etat d'urgence,sur un album chroniqué ici en 2006).
C'est toujours d'actualité en 2014, mais ce fut à l'époque le baptême du feu médiatique pour une génération trop jeune pour se souvenir du Vietnam, la première grande opération militaire internationale vécue à travers les médias, avec son cortège habituel de propagande, d'hyperboles et de délires, renforcée cette fois-ci par les reportages en direct du front de CNN et les images filmées depuis les bombardiers eux-mêmes, diffusées quotidiennement après avoir été soigneusement sélectionnées par la propagande. On s'en doutait bien, mais on a eu la confirmation que, dès que la guerre pointe son nez, le patriotisme exacerbé, la soumission au militaire et la connerie tout court se concentrent immédiatement.
De ce point de vue, la BBC a fait très fort en 1991. La vénérable société publique britannique ne s'est pas contentée de censurer sur ses antennes plus de soixante chansons, de Boom bang-a-bang de Lulu à Give peace a chance du Plastic Ono Band, elle a aussi fait savoir que le nom du groupe Massive Attack était anti-patriotique. Du coup, le groupe, qui s'apprêtait à sortir son troisième single Unfinished sympathy en février 1991, en pleine campagne de bombardements, s'est laissé convaincre pour l'occasion par son imprésario et son label de raccourcir son nom en Massive, histoire de ne pas trop y perdre commercialement. C'est pourquoi tous les exemplaires de ce single, comme celui-ci, créditent un groupe avec un seul mot dans son nom, à l'exception de quelques-uns envoyés en promotion à la presse qui sont du coup très rares. En avril 1991, leur premier album Blue lines est aussi sorti initialement sous le nom de Massive, mais toutes les éditions ultérieures ont rétabli Massive Attack. Les membres du groupe ont apparemment très vite regretté de s'être prêtés à ce petit jeu.
Il n'empêche, attaque ou pas, avec la petite mélodie aux percussions qui ressemble à une sonnette de vélo et qui accompagne tout le morceau, les nappes de synthés, les cordes, la voix de Shara Nelson, Unfinished sympathy est une réussite, l'une des cinq ou six chansons qui résument idéalement le trip-hop. La seule version indispensable est l'originale, la troisième sur ce CD. Le remix de Paul Oakenfold sert juste à la muscler pour les pistes de danse, mais ça on s'en fout, et les versions instrumentales nous permettent d'admirer à loisir la qualité de la production. En fait, pour être plus précis, la version essentielle d'Unfinished sympathy, c'est sa version vidéo, réalisée par Baillie Walsh, un plan-séquence de plus de cinq minutes qui suit Shara Nelson dans les rues de Los Angeles. 1991, c'était aussi en France le temps du robinet à clips, surtout sur M6, et je pense que cette vidéo a dû être diffusée littéralement des centaines de fois. Je n'étais pourtant pas devant ma télé à longueur de temps, mais la chanson et sa vidéo sont devenus indissociables pour moi.

(à suivre)

21 juin 2014

LEWIS FUREY : Hustler's tango


Offert par Philippe R. par correspondance en novembre 2013
Réf : 625.071 -- Edité par A & M en France en 1975
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Hustler's tango -/- Lewis is crazy

Allez, après Fire, Fame a la mode de Michel Polnareff, Alibis de Carole Laure et Sauverais-tu ma vie ? des Petites Filles, voici la dernière des chroniques qui marquent la parution de mon livre Lewis Furey : Joue-moi un tango. Et on finit en beauté avec Hustler's tango, l'un des classiques de Lewis Furey, le titre qui ouvrait son premier album en 1975.
J'ai beau tenir ce disque entre mes mains, j'ai encore du mal à croire à son existence. Il faut dire que, pendant plus de trente-cinq ans, j'ai justement été amené à penser qu'il n'avait jamais été édité. Je ne m'étais pas mis ça tout seul dans la tête. Au printemps 1979, Jean-Bernard Hebey, célèbre animateur de l'émission Poste restante sur RTL, avait diffusé Hustler's tango pour faire la promotion du spectacle de Lewis Furey et Carole Laure à Bobino. En désannonçant le titre, il avait expliqué avoir beaucoup diffusé cette chanson au moment de la sortie de l'album en 1975 et insisté sans succès auprès de la maison de disques pour qu'elle l'édite en 45 tours.
Donc, j'ai toujours été persuadé qu'aucun single n'avait été tiré en France de l'album Lewis Furey (et pas plus du deuxième The Humours of..., d'ailleurs).
Au fil des années, j'ai quand même mis la main sur un 45 tours Hustler's tango, mais il s'agissait d'un disque promo envoyé aux animateurs de radio américains. Aucune trace d'un 45 tours français, mais je ne men étonnais et je ne cherchais pas après : je n'en suis pas encore à courir après des disques inexistants !
Et puis, un beau jour, un message d'alerte dans ma boite de courrier électronique m'indique qu'un 45 tours Hustler's tango était en vente sur Priceminister. Je pensais qu'il allait s'agir du single américain, mais je suis tombé de ma chaise en découvrant que l'annonce concernait un pressage français, avec une pochette spécifique en plus !
J'avais bien envie de m'offrir cette rareté, mais le prix demandé était quand même élevé pour un disque dont je connais par coeur les deux faces. J'ai entrepris de négocier avec le vendeur et je m'en suis ouvert à Philippe R. qui m'a dit a) qu'il me fallait absolument ce disque, d'autant que j'étais en plein dans la rédaction de mon livre (il avait raison, bien sûr) et b) qu'il me l'offrait pour mon "cadeau de Noël en avance" ! Merci Philippe !!
En attendant que le facteur me livre la chose, j'étais encore persuadé que ce disque allait être un exemplaire promo, un truc hors commerce dont la diffusion n'aurait jamais dépassé un cercle de professionnels (sans même atteindre Jean-Bernard Hebey). Mais je me suis rendu à l'évidence quand j'ai finalement reçu le disque : il a un n° de catalogue (625.071), un code prix (EA) et absolument aucune mention laissant entendre qu'il n'était pas destiné à la vente. Barclay, qui distribuait A & M en France à l'époque, a donc bel et bien sorti ce disque, et ce dès 1975 si on en croit le apposé sur la pochette et l'étiquette du disque.
Pour la pochette, justement, on a fait efficace avec probablement un budget minimal. Du noir et blanc, avec le logo "Lewis Furey" de l'album en gros plus le titre de la chanson, et la photo de pochette de l'album sur un gros quart de la surface. Dans le style, ça me fait penser à des pochettes de 45 tours Barclay telles que celles pour Anarchy in the UK des Sex Pistols ou Wake up and make love with me de Ian Dury.
Côté musique, je ne vais pas encore vous faire l'article. Tout le premier album de Lewis Furey est indispensable. On aime ou on n'aime pas, mais les chansons elles-mêmes, l'orchestration, les arrangements très particuliers et l'interprétation, notamment la voix de Furey, me plaisent et me touchent toujours autant.
Le choix des titres est assez évident. Hustler's tango a toujours été considéré comme le titre phare du disque. C'est aussi la première chanson que j'ai entendue de lui, interprétée en direct à la télévision un mercredi après-midi de l'automne 1977.
Les américains ne s'étaient pas embêtés et avaient choisi de mettre le deuxième titre du disque, Last night, en face B de leur single. Chez Barclay, on a assuré en optant pour Lewis is crazy, qui ouvrait lui la deuxième face du 33 tours. Un choix qui se tient tout à fait. La chanson est excellente et j'ai découvert, également des années plus tard, qu'elle figurait dans une autre version sur le tout premier 45 tours de Lewis Furey, sorti trois ans avant l'album. Cette chanson a aussi été interprétée par Carole Laure sur son album Alibis, en français sous le titre Tout le monde dit dans l'édition la plus courante, mais en anglais sous le titre Carole is crazy dans l'édition allemande chroniquée il y a peu ici.
J'ai fouillé un peu partout en ligne, et je n'ai trouvé absolument aucune autre référence à cette édition française d'Hustler's tango. Par contre, des éditions promo ont été diffusées dans au moins deux autres pays, l'Australie, avec aussi Last night en face B, et, avec encore un autre titre de l'album en face B (Kinda shy), au Chili !!! En 1975 ! Le disque n'a pas de pochette mais les titres sont traduits en espagnol. Ça revient à 32 $ port compris et le vendeur ne semble pas vouloir baisser son prix, alors que le disque est en vente depuis des mois... Si vous voulez me faire un cadeau surprise, vous n'êtes pas obligé d'attendre Noël...


Lewis Furey, Hustler's tango, en concert au Festival International de Jazz de Montréal, en juillet 2008.


Lewis Furey, Hustler's tango, en direct dans l'émission Ce soir ou jamais, le 1er février 2010.

20 juin 2014

EMILE PRUD'HOMME ET SON ENSEMBLE : Mimile et la bossa nova


Acquis chez Gilda à Paris le 13 juin 2014
Réf : SOE 37 33 S -- Edité par Odéon en France vers 1962
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Desafinado (Faits pour s'aimer) -- Recado (Loin de toi) -/- Chega de saudade (Il fait du gris dans mon coeur) -- Barquinho

Je suis tombé sur ce disque chez Gilda la semaine dernière. C'est un pur coup de chance s'il nous permet d'être en phase avec l'actualité sportive, vu que je l'aurais acheté de toute façon, pour deux bonnes raisons : son titre et sa photo de pochette. Mimile et la bossa nova, quel contraste, ça claque ! Et cette danseuse, dont on suppose qu'elle est censée être brésilienne. Un rapide coup d'oeil sous sa perruque semble indiquer qu'elle est plutôt originaire d'Asie que d'Amérique du Sud. Avec ses paillettes et ses couleurs vives, elle pourrait à la rigueur évoquer le Carnaval de Rio et la samba, si la photo n'était pas prise dans un cabaret parisien ou sur la scène d'un baloche. Une pochette à inscrire à l'inventaire supplémentaire des monuments du mauvais goût !
Je connaissais Emile Prud'homme de nom, mais ça doit être le premier disque de lui que j'achète. Pour ma génération, il est moins connu qu'Aimable, André Verchuren ou Yvette Horner, sûrement parce que, né en 1913, il a commencé sa carrière bien avant la guerre de 1939-1945. Il a quand même énormément publié de disques jusqu'à sa mort en 1974.
La bossa nova a vraiment dû être en vogue en France vers 1961-1962. Mimile reprend ici trois titres sortis en 45 tours en France à cette époque par des vedettes de variétés françaises. Le classique Desafinado a été interprété par Richard Anthony sous le titre Faits pour s'aimer. Depuis cinq ans, j'associe de manière indélébile cette chanson à l'interprétation époustouflante que j'en ai donnée pour fêter la 500e chronique de ce blog, accompagné par rien moins que Georges Jouvin, sa trompette d'or et son orchestre. Pour Recado, c'est Sacha Distel, un habitué de la bossa nova, qui s'en est chargé sous le titre Loin de toi. Les paroles sont signées Pierre Barouh. Comme ses autres collègues paroliers français, il est crédité ici pour des versions instrumentales (orthographié Barout), suivant la pratique assez courante alors qui permettait de conserver en France une partie des droits d'auteur des adaptations de chansons étrangères. Traduite pour Jacqueline Boyer, Chega de saudade est devenue Il fait du gris dans mon coeur. Je n'ai pas trouvé trace d'interprète en français pour Barquinho, une chanson écrite par Roberto Menescal et Ronaldo Bôscoli, créée en 1961 par la chanteuse Maysa sous le titre O barquinho.
Pas de surprise particulière dans les versions de ces chansons enregistrées par Emile Prud'homme. Evidemment, l'accordéon domine largement et interprète la ligne mélodique du chant. Maracas et contrebasse l'accompagnent, et la guitare, plus électrique qu'acoustique d'ailleurs, essaie de se faufiler au premier plan dès que l'accordéon lui en laisse l'occasion. Ma préférée serait peut-être Recado.

Si vous voulez en savoir plus sur la musique brésilienne, vous pouvez visiter Bossa nova Brasil, lire Si tu vas à Rio... la musique populaire brésilienne en France au XXe siècle d'Anaïs Fléchet (2013) ou écouter des émissions de France Culture, France Info ou France Inter.

15 juin 2014

SURPRISE-PARTIE DE POCHE n° 2


Acquis sur le vide-grenier de Montmort-Lucy le 8 juin 2014
Réf : 17. 16. V. 02 -- Edité par Vogue en France vers 1957
Support : 16 tours 17 cm
8 titres

Le 18 mai dernier, sur le vide-grenier de Reims-la-Brûlée, je n'ai pas fait de bonnes affaires en disques, mais j'en ai fait une en tourne-disques !
Une petite dame avait sur son stand une vieille chaîne hi-fi années 1970 en piteux état posée sur une valise toute propre que j'ai reconnue instantanément comme un électrophone. J'ai fait de la place pour accéder à la valise, je l'ai ouverte et j'ai constaté que l'appareil, un Hifivox, brillait comme un sou neuf. La dame était en train de s'excuser qu'elle ne pouvait garantir le bon fonctionnement de l'appareil quand je lui ai demandé combien elle en voulait. Une fois qu'elle m'a eu répondu 5 €, la transaction s'est faite très rapidement. Et la bonne nouvelle, c'est qu'une fois rentré à la maison j'ai pu vérifier que, à part un faux contact sur le volume, l'appareil fonctionne parfaitement.





Ceux qui suivent savent que, depuis un peu plus d'un an, je suis l'heureux propriétaire d'un Teppaz, dont le premier intérêt a été de m'inciter à acheter des 78 tours quand j'en trouve qui me paraissent intéressants. Je n'avais donc pas vraiment besoin d'un autre électrophone, sauf qu'il y a des affaires difficiles à laisser passer et sauf que l'intérêt de l'Hifivox par rapport au Teppaz, c'est qu'il est capable de tourner à la vitesse de 16 tours, en plus des 33 tours, 45 tours et 78 tours. Or, les quelques onze cents chroniques publiées ici recouvrent de nombreux formats de disques, des vinyls 45 tours 17 cm aux 33 tours 30 cm (les plus courants), en passant par les 45 tours 30 cm, les 33 tours 17 cm, mais aussi les 33 tours ou 78 tours 25 cm, les disques qui tournent une face en 33 tours et l'autre en 45 tours, l'unique 33 tours 15 cm, et aussi les cassettes, les CD (12cm ou 7,5 cm), les DVD, les MP3 et le mutant une face 33 tours 12 cm / une face CD ! Tout ça pour dire que, jusqu'à la semaine dernière, je n'avais aucun disque tournant en 16 tours et c'était dans mes objectifs de m'en procurer un depuis l'acquisition du tourne-disques.
Ça c'est fait finalement assez vite, sur le petit vide-grenier sympathique de Montmort-Lucy, par un temps parfaitement agréable. J'ai quand même dû avoir de la chance car, si les appareils avec des vitesses 16 tours ont eu une assez longue durée de vie, j'ai appris que, en fait, les disques 16 tours eux-mêmes n'ont été édités que pendant quelques années. Ils ont surtout servi pour des méthodes d'apprentissage de langues, des opéras, des textes lus, et pour des disques de danse. Tous types de disques nécessitant une certaine durée ou ne pâtissant pas trop d'une qualité sonore moindre. Aux Etats-Unis, les 16 tours ont aussi été utilisés pour des tourne-disques embarqués dans les voitures !
Toujours est-il que le succès commercial n'a pas été rendez-vous et que les quelques labels qui s'étaient lancés dans l'aventure ont vite jeté l'éponge.
Vogue faisait partie de ceux-là, avec une série de dix disques 16 tours 17 cm (Marino Marini, Aimable, Colette Renard...) lancée par deux "surprise-parties de poche". C'est la deuxième que je me suis procuré.
C'est la première fois que je fais tourner un disque en 16 tours 2/3, soit moitié moins vite qu'un 33 tours. Eh bien, c'est vraiment lent. On a l'impression que le disque est arrêté et on a tellement l'habitude des autres vitesses qu'on a envie de l'accélérer. Mais non, les titres passent bien à la bonne vitesse.
Au programme de ma surprise-partie de poche, on retrouve quatre artistes du catalogue Vogue avec deux titres chacun.
La face A est entièrement dans le style jazz Nouvelle Orléans, avec Claude Luter d'abord, puis deux ballades de Sidney Bechet avec André Réwéliotty et son orchestre.
Cerise sur le gâteau pour moi qui suis fan, la face B s'ouvre avec deux titres de Marcel Bianchi, Pagan love song et Song of the islands, deux incontournables du répertoire de la guitare hawaïenne mais interprétés et arrangés comme toujours à la fois brillamment et sobrement. On reste à Hawaï pour le premier titre qui suit d'Earl Cadillac, alias Hubert Rostaing, qui interprète deux tangos au saxophone alto !
Je ne sais pas si Vogue a été le premier à utiliser le titre "surprise-partie de poche", mais en tout cas d'autres labels l'ont aussi utilisé, pour des disques 17 cm en 33 ou 45 tours. Idem pour le kangourou pour illustrer le disque de poche : Atlantic en utilisera un dix ans plus tard comme logo pour ses 33 tours 15 cm.
Et si chez Vogue on a vite abandonné les 16 tours après leur lancement en 1957, on a gardé l'idée du kangourou dans un coin de sa tête pour le ressortir au tout début des années 1960, sans référence à la poche, pour les super surprise-parties Kangourou, des 33 tours 30 cm réunis dans une super Collection Kangourou, dont le titre a inspiré la légendaire émission Opération Kangourou, créée sur La Radio Primitive et diffusée depuis de nombreuses années sur F.P.P..
Et tiens, sinon, puisqu'on parle technique discographique aujourd'hui, j'en ai appris une bien bonne en préparant cette chronique : la moitié de la production mondiale de vinyle, la matière première qui sert à fabriquer les microsillons, est assurée par Resinoplast, une entreprise dont l'usine se situe à Reims ! J'aurais préféré que ce soit MPO, l'usine de pressage mayennaise, qui soit près de chez moi (mais ça risquerait de m'inciter à fouiller leurs poubelles...), mais c'est amusant de se dire qu'une bonne partie des galettes actuellement produites est plus ou moins rémoise.

09 juin 2014

LES PETITES FILLES : Sauverais-tu ma vie ?


Acquis neuf à Châlons-sur-Marne en 1979
Réf : RSB 488 -- Edité par RCA / Saravah en France en 1979
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Sauverais-tu ma vie ? -/- Sauverais-tu ma vie ? (Instrumental)

Voici l'avant-dernière des chroniques qui marquent la parution de mon livre Lewis Furey : Joue-moi un tango.

C'est probablement lors de son spectacle au Palace fin 1977 (avec la participation de Carole Laure et sur des arrangements de Jean-Claude Vannier) que Lewis Furey a utilisé pour la première fois un choeur de petites filles. Il a récidivé pour le spectacle suivant à Bobino au printemps 1979, en faisant appel aussi pour le contraste à deux "vieilles dames" pour jouer des cordes.
On a eu l'occasion de voir que, en amont du spectacle à Bobino, la promotion avait été assurée par la sortie simultanée des albums The sky is falling de Lewis Furey et Alibis de Carole Laure. S'il y a eu des 45 tours extraits de ces deux disques, ils ont soit été réservés à la promotion, soit très peu diffusés. Par contre, cet unique disque crédité aux Petites Filles est sorti au moment du spectacle et, sans être un très grand succès, il a été pas mal diffusé et a dû se vendre à plusieurs milliers d'exemplaires car on le trouve régulièrement en vente d'occasion. Ça aurait pu être vraiment un tube car Sauverais-tu ma vie ?, une comptine aux accents disco (en 1979, la vogue était à son comble), aurait très bien pu envahir les cours de récréation de la France entière.
L'enregistrement a probablement eu lieu en même temps que celui d'une autre production de Lewis Furey, la chanson See you Monday pour la bande originale du film Au revoir... à lundi. En tout cas, le studio, l'ingénieure du son et l'arrangeur sont les mêmes, ce dernier étant l'anglais Graham Preskett, avec qui Furey avait travaillé sur son album The humours of.... En tout cas, même pour un 45 tours pop très léger, une fine équipe a été rassemblée, avec une brochette de musiciens de session chevronnés. Le batteur Joe Hammer s'y connait en disco, étant donné qu'il a joué avec Space. Le violoniste Michel Cron a été soliste de l'Opéra de Paris et a tourné pendant quinze ans avec l'Orchestre de Paul Mauriat. Jean Schulteis est aux percussions et Claude Engel et Basile [Leroux, probablement] tiennent les guitares.
Enregistrées sur disque, les voix des Petites Filles ne sont pas aussi perçantes et surprenantes que sur scène mais, associées d'une manière très dynamique avec celles de Lewis Furey et Carole Laure, qui interviennent toute à tour en anglais, elles font de Sauverais-tu ma vie ? une chansonnette énergique des plus réjouissantes. Les paroles, par Lewis Furey et Carole Laure, sont très réussies.
La version instrumentale en face B n'est pas juste la face A sans les voix. C'est un arrangement différent, beaucoup moins disco, avec moins de batterie et de basse. Une preuve supplémentaire que des moyens ont été mis dans ce projet.
Je suppose que Les Petites Filles ont eu l'occasion d'interpréter Sauverais-tu ma vie ? à la télévision mais je n'en ai pas trouvé trace en ligne. Vous pouvez cependant les voir avec Lewis Furey pour Lullaby en février 1978  (il s'agit des Petites Filles du Palace, sûrement) et Desire machine en avril 1979 (au moment de Bobino et de ce 45 tours, donc).


La présentation des Petites Filles dans le programme du spectacle à Bobino au printemps 1979. Seules quatre d'entre elles ont participé à l'enregistrement du disque.

08 juin 2014

JULIAN COPE : Discover Odin


Acquis chez Autism Jersey à Saint Helier le 22 mai 2014
Réf : HH12 -- Edité par Head Heritage en Angleterre en 2001 -- n° 957 / 1000
Support : CD 12 cm
6 titres

La boutique d'Autism Jersey a déménagé depuis notre précédent séjour à Saint Helier. On a localisé le nouvel emplacement et on y est arrivé une demi-heure avant la fermeture. Bonne surprise : tous les livres et tous les CD étaient à 50 pence. Très vite, posé parmi les livres pour enfants, on a repéré ce Discover Odin, que j'ai d'abord pris pour un simple livret.
Je connais l'intérêt de Julian Cope depuis quelques années, mettons depuis la sortie de Jehovahkill en 1992, pour l'histoire pré-romaine de la Grande-Bretagne, particulièrement pour les mégalithes et les cultes, mais, si ses albums "pop-rock" m'intéressent, je n'ai jamais cherché à en savoir plus sur son travail dans ce domaine, marqué par la publication en 1998 du livre The modern antiquarian.
Il était très clair d'après la couverture que ce livret a été édité à l'occasion de deux soirées avec Julian Cope qui ont eu lieu au British Museum à Londres les 4 et 5 octobre 2001. Sur douze pages, il présente effectivement le résumé des différents points de son intervention sur l'importance d'Odin, le Dieu principal des Vikings dans la culture européenne. C'est très sérieux et n'a pas dû déparer au British Museum, mais Cope n'oublie pas ses propres références culturelles en dédiant les deux dernières parties à la place d'Odin dans la poésie et dans le rock 'n' roll, en se posant par exemple la question d'un lien possible entre Ygg (l'un des noms d'Odin) et Iggy Pop !
Ce que j'ai découvert qu'après avoir feuilleté le livret, c'est premièrement qu'il s'agit d'une édition limitée, numérotée et signée par l'auteur, et deuxièmement qu'elle contient également un CD réalisé spécifiquement pour l'occasion.
J'ai tout de suite pensé que le CD allait contenir du texte lu, et il y en a bien, mais il y a aussi de la musique, même si les vocaux sont plus souvent déclamés que chantés. Sans surprise, on ne découvrira pas ici de pépite géniale particulièrement bien cachée, mais c'est une preuve du talent de Julian Cope qu'il réussit à rester intéressant même quand il égrène les 18 sorts d'Odin, pris du mythe nordique Le seigneur des gibets. Pour la mise en musique de ses deux Ode to Wan, Cope est accompagné par la groupe japonais Karuna Khyal. La première partie, qui fait beaucoup penser aux Residents, est très réussie. L'autre titre qui m'a bien plu est Road to Yggdrasilbury. Pourtant, quand j'ai vu que ça durait près de 18 minutes, j'ai d'abord eu envie de fuir. Effectivement, cette marche prend son temps mais, avec la participation de Donald Ross Skinner à la batterie en plus de Cope et Thighpaulsandra, ça passe bien.
Julian Cope s'intéresse vraiment beaucoup à Odin. En 1999, il a enregistré deux "méditations" sur lui de plus de soixante-dix minutes. La première, parlée, est sorti en 1999 sous le titre Odin. La seconde, Woden, instrumentale, n'a été éditée qu'en 2012. Je ne me suis pas précipité pour les commander en ligne !
Cet intérêt ne faiblit pas avec le temps puisque, Revolutionary suicide,  son dernier album en date, s'ouvre avec un hymne à Odin.

Au-delà des mille premiers exemplaires signés et numérotés, Julian Cope a gardé Discover Odin au catalogue de son label Head Heritage, mais actuellement il n'y a en a plus en stock. 

07 juin 2014

BLEIZI RUZ : Laride


Acquis sur le vide-grenier de Jâlons le 1er juin 2014
Réf : MK 10 -- Edité par Arfolk en France en 1973
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Laride -/- Cavotenn ar menez (Gavotte des montagnes)

A nouveau
, dimanche dernier à Jâlons, par un temps agréable, un vide-grenier de village à l'ambiance bon enfant : c'est parfait. En plus, j'ai trouvé des disques. Comme je suis tombé sur un stand sur des 33 tours à 50 centimes avec quelques disques intéressants (Soul on top, un bel album de James Brown en bon état, par exemple, ou l'un des nombreux disques posthumes de Jimi Hendrix), les 45 tours étaient pour une fois en minorité dans mon sac quand j'en suis reparti. En fait, je n'en ai acheté que deux pour 1 € en tout, sur un seul stand.
On a récemment évoqué ici Les Jeunes Loups. L'an dernier, c'est des Loups Noirs d'Haïti qu'il était question. Là, on voit d'emblée qu'on a sept loups rouges dessinés façon BD sur la pochette, hilares à l'exception des deux qui se prennent une mandale par le joueur d'accordéon. Ils sont disposés sur un drapeau breton. On n'est donc pas surpris d'apprendre que le nom du groupe, Bleizi Ruz, signifie Loups Rouges en breton.
Cette pochette aurait suffi à me décider à acheter ce disque, mais j'ai aussi noté qu'il a été édité par le label Arfolk, un label que Philippe R. me recommande régulièrement.
Il s'agit d'un 45 tours instrumental, et je n'est pas été déçu à l'écoute, surtout de la face A, Laride. Ça débute avec de l'accordéon, et des percussions qui donnent une tonalité orientale. Plus loin, les instruments à vent nous plongent dans une ambiance de fête médiévale. Je sais qu'on est dans la musique traditionnelle bretonne de danse, mais sur ce titre au moins ça m'évoquerait même le Penguin Café Orchestra ou Michael Nyman. Super.
En face B, Cavotten ar menez (Gavotte des montagnes) est très bien aussi, sur un rythme échevelé.
Il s'agit probablement du tout premier disque de Bleizi Ruz qui s'est formé à Brest en 1973, l'année de la sortie de ce disque. Cette même année, le groupe a sorti chez Arfolk son premier album. Le dessin de la pochette est exactement le même, mais les deux titres du 45 tours n'y figurent pas.
La formation de Bleizi Ruz a évolué au fil du temps. Ils se sont même séparés en 2003 avant de se retrouver en 2007 pour de nouveaux spectacles. L'album Musiques et danses de Bretagne, diffusé en ligne en 2010, contient deux titres intitulés Laridés et Gavotte "Yves Menez". Il s'agit peut-être des mêmes compositions que celles du 45 tours mais en tout cas ce ne sont pas les mêmes versions.
Mon disque porte au dos le tampon de la station Petitjean Louis à Somme-Suippe, un autre village de la Marne, pas tout près de Jâlons. Je me demandais bien ce qu'une station-service pouvait fabriquer avec des 45 tours, jusqu'à ce que je fasse des vérifications et que je découvre que la station de service de Somme-Suippe est toujours ouverte et qu'elle fait aussi café. Avec Bleizi Ruz, ça devait danser dans la salle du café ! Voilà peut-être l'un des rares arguments pour fusionner la Bretagne avec la Champagne-Ardenne. Après tout, on pourrait chanter "Ils ont des gros nez rouges, vive les champenois !".


Bleizi Ruz, Laride.

01 juin 2014

CAROLE LAURE : Alibis


Acquis par correspondance via Discogs en août 2012
Réf : PL 37325 -- Edité par RCA en Allemagne en 1979
Support : 33 tours 30 cm
11 titres

On poursuit notre série de chroniques pour marquer la parution de mon livre Lewis Furey : Joue-moi un tango avec le premier album de Carole Laure, écrit et produit par son compagnon Lewis Furey.
Comme je l'explique dans le livre, tout a été fait par la maison de disques RCA / Saravah début 1979 pour qu'on prenne Alibis et le troisième album de Lewis Furey, The sky is falling, pour des disques jumeaux : sortie simultanée, pochettes ouvrantes, vente des deux disques en étui au moment de leur spectacle à Bobino au printemps 1979... Il est vrai que les deux disques ont beaucoup en commun : ils ont été enregistrés en même temps avec la participation de l'arrangeur John Lissauer et ont de nombreux musiciens en commun, dont le guitariste Jeff Layton et le batteur Barry Lazarowitz. Les deux albums ont même une chanson en commun, Thieves. Mais si on y regarde de plus près, on découvre que les deux disques sont loin d'être tout à fait semblables. Sur son album, Lewis Furey a incorporé des éléments de production "rock", et on y entend de la guitare et de la basse électrique. Carole Laure, elle, qui adorait le premier album Lewis Furey de 1975, a souhaité s'approcher au plus près de l'ambiance de ce disque, entièrement acoustique. Du coup, le bassiste Stu Woods laisse sa place sur Alibis au contrebassiste Jay Leonhart et Jeff Layton pose sa guitare pour jouer surtout de la mandoline et du banjo. Autre différence, l'album de Lewis Furey était chanté entièrement en anglais, tandis que celui de Carole Laure était entièrement en français, avec une majorité des chansons brillamment adaptées en français par Dominique Issermann, qui a aussi pris la photo de pochette.
Je me souviens avoir lu à l'époque que Carole Laure avait aussi enregistré une version en anglais de son album pour le marché international. Ça paraissait logique vue la tournure qu'avait pris sa carrière alors, avec par exemple l'Oscar du meilleur film étranger attribué à Préparez vos mouchoirs, dans lequel elle avait l'un des rôles principaux. Je n'avais jamais vu aucune mention d'une édition de ce disque en anglais et je n'avais pas cherché après, mais j'ai été content, et pas trop surpris, de découvrir deux de ces titres, Lullaby et Bring me a tango en bonus de la réédition en CD de l'album par Mantra / Saravah vers 1990. Surpris, par contre, je l'ai été en 2012 quand j'ai commencé sérieusement à travailler sérieusement sur mon projet de livre et que j'ai découvert sur Discogs qu'il existait un pressage allemand d'Alibis dont la liste des titres indiquait clairement qu'il contenait ces fameuses interprétations en anglais. Ainsi donc, le seul pays qui semble avoir effectivement sorti cette édition alternative de l'album, ce n'est pas le Canada, pour la partie anglophone de la population, ni les Etats-Unis ou l'Angleterre, mais bien l'Allemagne, où l'on apprécie pourtant il me semble la chanson française.
En tout cas, j'ai été bien content de recevoir l'exemplaire allemand que j'ai aussitôt commandé. De réécouter attentivement l'album m'a aidé à mieux l'apprécier qu'à l'époque de sa sortie et à l' a fait remonter dans mon estime.
Quatre des titres sont conservés dans leur version française (Croque la lune, Le tango de Lorca, La valse de l'oubli et Vole pigeon vole). Les sept autres sont donc en anglais, ce qui nous permet de découvrir les paroles originales de trois chansons qui n'ont jamais été publiées par ailleurs en anglais : Satisfaction Club (Baci Baci en français), Bring me a tango (Joue-moi un tango) et Train tableau (Scènes du train). Autres petites différences intéressantes : le choeur des voleurs de La chanson des voleurs (Lewis Furey et Robert Charlebois) laisse la place ici sur Thieves à des voleuses anglophones. Il y a aussi des choeurs en anglais pour Carole is crazy et Lewis, qui interprète Billy en français dans Tout le monde dit, le fait ici en anglais, bien sûr.
Que ce soit en anglais, et encore plus en français, Alibis est un album excellent que je vous recommande chaudement. Malheureusement, pour vous le procurer il faut chercher sur le marché de l'occasion. L'édition CD est depuis longtemps épuisée et le disque n'est pas encore disponible en téléchargement. Le 33 tours n'est pas trop rare heureusement et en cherchant on doit le trouver assez facilement.


Carole Laure, Joue-moi un tango, dans l'émission Avec Carole Laure en 1979.


Carole Laure et Lewis Furey, Croque la lune, dans une émission avec Alain Souchon en 1982, au moment du spectacle au Théâtre de la Porte Saint-Martin.

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