27 septembre 2015

ROYAL CITY : 1999-2004


Acquis chez Gibert Joseph à Lyon le 21 février 2014
Réf : AKR 047 -- Edité par Asthmatic Kitty aux Etats-Unis en 2009
Support : CD 12 cm
12 titres

J'ai été bien content de trouver cet album, le même jour que le Dan Michaelson. En effet, j'avais des titres de Royal City sur des compilations, mais aucun disque d'eux. Il faut dire que ce groupe canadien (c'est un hasard si, après The Pack A.D., j'enchaîne deux chroniques de canadiens) fait partie de la génération de ceux que j'ai découverts dans les premières années de l'internet, avec des MP3 en téléchargement libre, mais avant que j'aie l'ADSL : avec le modem à 33 ou 56 K, il fallait de trois à six minutes pour télécharger une chanson, en espérant que la connexion ne serait pas coupée.
En plus, ce CD est un très bel objet avec une pochette faite de deux morceaux de carton très épais reliés par un dos toilé sur lesquels les informations ont été gravées à l'ancienne en creux, avec un effet métallique couleur bronze.
Cette compilation de raretés et d'inédits est sortie quelques années après la séparation du groupe, sur Asthmatic Kitty, le label de Sufjan Stevens, qui les connaissait bien pour avoir collaboré avec eux et avoir accueilli chez lui leur premier concert new-yorkais.
Musicalement, je placerais Royal City dans la lignée des groupes post-Palace, avec des titres folky ou country, comme They come down, I called but you were sleeping, O you with your skirt ou Can't you hear me calling et d'autres plus rapides et électriques, souvent avec des chœurs joyeux, comme A belly was made for wine, qui m'évoque The Go-Betweens ou Bad luck, avec là un chant qui me fait penser aux Violent Femmes. Même remarque pour le chant de Here comes success, une excellente reprise d'un titre de l'album Lust for life d'Iggy Pop. Il y a une autre reprise ici, Is this it ? de The Strokes, sortie à l'origine sur la compilation Rough Trade Stop me if you think you've heard this one before.
L'excellent Bad luck est une version différente et plus rapide que celle qu'on trouvait sur leur deuxième album, Alone at the microphone.
Même s'ils ont été enregistrés tout au long des cinq ans de la carrière du groupe, les douze titres sélectionnés ici forment au bout du compte un album cohérent et d'excellente qualité. Il se conclut en beauté par In the autumn, une chanson qui est peut-être l'hymne du groupe, étant donné que son refrain est "C-I-T-Y, Royal City".

On trouve actuellement cet album en vente en ligne d'occasion pour pas cher du tout.

26 septembre 2015

THE PACK A.D. : Version française


Acquis chez Gilda à Paris le 19 mai 2015
Réf : CORN 15 -- Edité par Cornflakes Zoo/Platinum en France en 2012
Support : CD 12 cm
Titres : Sirens -/- Seasick

Je mentirais en affirmant que ce n'est pas d'abord la photo au recto qui m'a attiré l'oeil ! Mais ce n'était qu'une image muette, alors l'effort de volonté n'a pas été surhumain pour retourner la pochette et découvrir au dos la mention "version française" qui pour le coup m'a intrigué et m'a décidé à investir 50 centimes dans ce disque.
Il n'est mentionné nulle part que c'est un disque hors-commerce, mais c'est un CD-R, avec un contact presse au verso et, après vérification, il s'avère que ce disque n'a été commercialisé qu'en 45 tours ou téléchargement, pas en CD.
Avec le logo de Platinum Records, je m'attendais à un son plutôt électro. Par contre, la mention de Cornflakes Zoo, autre label bordelais, a immédiatement ravivé des souvenirs plus pop remontant à de plus de vingt ans, quand j'avais acheté les 45 tours de The Non Stop Kazoo Organization et Stephen's Library.
En fait, plutôt que de la techno ou de la pop, The Pack A.D. nous propose ici tout simplement du rock, tel que peut en produire un duo guitare-batterie, qu'il soit basé ou non à Vancouver au Canada.
Platinum a sorti en France en 2010 et 2011 les troisième et quatrième albums de The Pack A.D. et, sûrement pour faciliter les passages radio, deux titres d'Unpersons ont été réenregistrés en français par ce groupe anglophone pour le 45 tours, sorti au printemps 2012.
Sirens est basé sur un bon gros riff bien efficace. Il y a des "Whou whou" sur le refrain, et ça se passe bien dans l'océan profond : "Quatre cents lieues, loin très profond, cette horreur se propage doucement. Six secrets sûrs rôdaient près de moi. Yeah, right." On voit avec le "Yeah, right" que le naturel reprend vite le dessus !
C'est aussi le cas avec Seasick (Mal de mer). On pourrait penser à un approfondissement de la thématique aquatique, mais c'est plutôt une chanson post-rupture, avec un anglicisme inventif qui se glisse dans le refrain ("Je ne serai pas celle qui cleanera le bordel de ton départ") et un petit bout des paroles qui est resté chanté tout en anglais.
Deux titres qui me plaisent beaucoup, au final. Je ne dirais pas que ce serait le cas sur un album entier, mais en tout cas je n'hésiterai pas à me déplacer si un concert de The Pack A.D. est annoncé vers chez moi.

Le disque est en écoute et en vente chez Platinum, avec sa pochette intacte. C'est aussi le cas chez Bandcamp, mais là les seins sont bêtement floutés.




The Pack A.D., Sirens, en session pour BRBR.


The Pack A.D., Sirens, la vidéo pour la version originale en anglais.


The Pack A.D., Seasick, pour Corus Radio.

20 septembre 2015

EXUMA : 2 - We got to go


Acquis à La Petite Boutique Primitive à Reims vers la fin des années 1980
Réf : XBLY 920 291 T -- Edité par Barclay en France en 1970
Support : 33 tours 30 cm
7 titres

Un des avantages je suppose quand on est disquaire, c'est qu'on peut être son premier client !
Je n'ai jamais été disquaire mais quand nous avons lancé avec Radio Primitive la Petite Boutique dans le sous-sol de nos studios, nous avons fait passer une annonce dans l'hebdo gratuit local et, avec Phil Sex, nous avons récupéré deux ou trois lots de disques, dont certains ont fait étape chez moi avant d'être mis en vente.
C'est comme ça que j'ai dû écouter ce disque d'Exuma, dont je n'avais jamais entendu parler (et je n'en ai pas plus entendu parler depuis...). Avec un nom pareil, je m'attendais à quelque chose dans le style Santana, ou à de la musique africaine. Ce n'était pas vraiment ça, mais ce que j'ai entendu m'a suffisamment plu pour que je décide à acheter le disque.
Tony McKay est né aux Bahamas. Installé à New York, il y a joué de la musique tout au long des années 1960 et, rebaptisé Exuma the Obeah Man, en référence à la fois à l'île des Bahamas Exuma et à la religion afro-américaine Obeah (pratiquée aux Bahamas et plus largement dans les Caraïbes, cousine si l'on peut s'exprimer ainsi du vaudou ou de la santeria), il a signé en 1970 chez Mercury avec son groupe/collectif, lui aussi nommé Exuma.
Ceci est leur deuxième album, sorti quelques mois seulement après le premier. Ce n'est pas du rock, ce n'est pas non plus de la musique traditionnelle, pas du calypso non plus, mais une sorte de mélange de tout ça dans un gros chaudron autour duquel devaient danser pas mal de hippies : rien qu'à lire la liste des instruments, on a l'impression de sentir des effluves de patchouli.
En fait, c'est surtout une musique de transe, rythmée et suffisamment structurée et, vingt-cinq ans après, je suis toujours un peu surpris que ça me plaise autant.
Mes titres préférés sont Damn fool, Fire in the hole, A place called Earth et Zandoo. We got to go, avec sa guitare, n'est pas mal non plus. C'est ce titre qui a choisi par Barclay comme face A de 45 tours en France. African rhythm est bien barré et me plait encore pas mal. En fait, seul Paul Simon nontooth n'est vraiment pas trop ma tasse de thé.
Cet exemplaire français de l'album a une particularité : Barclay a choisi une illustration de pochette au recto différente de l'édition originale américaine. Va savoir pourquoi, mais bon, à la limite ça donne une rareté particulière à cette édition.
Il y a par contre une autre particularité dont on se serait bien passé : bien qu'il figure normalement en deuxième position de la liste des titres au verso de la pochette, pas de trace de Baäl sur l'étiquette du disque ni dans ses sillons. Là, la seule hypothèse que je peux avancer c'est que, à près de 23 minutes, la face 1 du disque était trop longue pour les usines de pressage de Barclay. Mais c'est bien dommage car, avec sa guitare acoustique, ce titre n'est pas mal du tout, et pour ma part j'aurais plutôt viré Paul Simon nontooth ou, à tout le moins, j'aurais tenté de mettre Baäl en face B du 45 tours (même si à 6'26 ça faisait encore bien long pour une face...).
Exuma a sorti des albums jusque dans les années 1980. Tony McKay est mort en 1997 à 55 ans.

L'album entier est en écoute sur YouTube.

19 septembre 2015

GIRLS AT OUR BEST : Politics !


Acquis probablement chez New Rose à Paris vers 1981
Réf : R.R.2 / RT 055 -- Edité par Record / Rough Trade en Angleterre en 1980
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Politics ! -/- It's fashion

Quand j'ai ramené cette galette à la maison et que je l'ai écoutée pour la première fois, j'ai été très déçu ! J'avais acheté ce disque de Girls At Our Best parce que j'avais écouté (et peut-être enregistré) une chanson d'eux dans l'émission Feedback de Bernard Lenoir sans entendre son titre et j'avais naïvement pensé que ce 45 tours trouvé chez New Rose serait le plus récent. Mais non, ce n'était pas la bonne chanson ! Et, quelques temps plus tard, quand j'ai fini par acheter l'unique album du groupe, j'ai à nouveau été déçu de ne pas y trouver cette fameuse chanson.
Il m'a fallu longtemps pour déterminer que le titre que je cherchais, c'était Go for gold, le troisième 45 tours de Girls At Our Best, sorti au printemps 1981.
Et vous savez quoi ? Aujourd'hui, quand j'écoute à la suite Go for gold et mon 45 tours Politics !, je trouve que les deux chansons sont très proches l'une de l'autre et surtout, au final, je crois bien que je préfère mon 45 tours et que je ne regrette plus mon achat !
Girls At Our Best était un groupe de Leeds, au Nord de l'Angleterre, un trio à la base avec une chanteuse à la voix très particulière, un bassiste au son rond et un guitariste doté d'une pédale de distorsion. Il y avait aussi souvent de l'orgue ou du synthé sur leurs enregistrements. Musicalement, on pourrait les situer entre Delta 5, un autre groupe de Leeds, et les écossais d'Altered Images.
Sans être engagée, Politics ! est une chanson concernée qui se moque gentiment, entre autres, des politiciens ("I love to hear the democrats when they're partying all night long"). Au verso de l'édition américaine du 45 tours, il y a une mention qui nous éclaire peut-être sur l'inspiration de la chanson : "Un hommage spécial pour fêter les élections présidentielles américaines de 1980".
En face B, It's fashion est très bien aussi. Musicalement dans la même veine, mais en prenant pour cible les cette fois-ci les victimes de la mode.

La réédition de l'album Pleasure de Girls At Our Best est en vente chez Cherry Red. Le CD contient tous les titres des singles, y compris donc les deux faces de celui-ci, plus quelques inédits.

13 septembre 2015

LE BÂTIMENT : Ton numéro


Acquis par correspondance chez Objet Disque en juillet 2015
Réf : [sans] -- Edité par Objet Disque en France en 2015
Support : 1 x MP3
Titre : Ton numéro

Je suis attentif aux publications d'Objet Disque depuis que ce label a diffusé une compilation et une face de 45 tours de Chevalrex. Quand est arrivée cet été l'annonce de la sortie de l'album Vous arrivez trop tard de Le Bâtiment, je suis allé y jeter une oreille.
C'est de la pop, en français, et j'ai trouvé ça bien agréable. Pas au point d'aller jusqu'à commander le CD, mais j'ai particulièrement accroché d'emblée à Ton numéro et j'ai acheté le MP3.
C'est tout ce que j'aime dans la pop imparfaite, des Television Personalities et Pastels à Little Wings. Une base de guitare acoustique, une batterie anémique, des chœurs qui jouent au perroquet en répétant ce que dit le chanteur puis font des "Ah hou whaou" qui me rappellent The day my baby gave me a surprise... Une fois la chanson finie, on la remet et de toute façon on la garde ensuite en tête pendant trois jours.
Les paroles font grand cas d'un événement de la vie quotidienne susceptible d'entraîner un vrai drame sentimental :"J'ai ton numéro sur un bout de papier, mais le dernier chiffre est effacé." Ça a un petit côté suranné car il me semble que de nos jours on s'échange plus souvent les numéros de téléphone de portable à portable...! Le pauvre chanteur se lamente, "Si seulement je pouvais me relire", et on compatit tout en pensant qu'il est un peu benêt : étant donné qu'un seul chiffre est effacé, il lui suffit d'essayer les dix combinaisons possibles. Au pire, il devra s'excuser neuf fois, mais il finira par tomber sur le bon numéro !
Le Bâtiment se situe Porte d'Orléans à Paris. Je souscris complètement à la seule phrase qui figure sur leur page de présentation  : "Le Bâtiment rêve en français alors il chante en français".
Vous arrivez trop tard est la première parution sous forme d'objet disque (logique) de la musique de Le Bâtiment. C'est une compilation de seize titres parmi ceux très nombreux qu'ils ont diffusés gratuitement sur Bandcamp depuis 2010. Et Le Bâtiment semble aller bien en 2015, avec déjà trois parutions : Tout ce bruit, Le vautour et L'ami de personne.
Ton numéro figurait à l'origine sur le très bon album Tamasheq Orchestra de 2012. Parmi les autres titres sélectionnés pour Vous arrivez trop tard, j'ai aussi beaucoup aimé Vers le soleil (tout là-haut), paru lui aussi en 2012, mais sur Nathalie.



12 septembre 2015

THE CHIEFS : Enchiladas !


Acquis sur le vide-grenier de Germaine le 30 août 2015
Réf : RE-U 10.009 -- Edité par London en France en 1958
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Enchiladas ! -- Moments to remember -/- Apache -- Dee's dream

Voici un autre de mes disques trouvés à Germaine. Comme le Bobby Lewis, à peu près de la même époque et qui appartenait sûrement à la même personne, la pochette est en état correct mais le disque et ses étiquettes sont très usés.
J'ai vu The Chiefs décrits en ligne comme un "Surf band" (Discogs) et leur musique comme du "R & B pop corn soul titty shaker"(un vendeur sur Ebay qui tente désespérément de refiler sa camelote). Il ne faut quand même pas exagérer !
Comme le laisse entendre la mention "Directed by Sid Bass" au recto, on a affaire ici à la compilation en un EP des deux 45 tours sortis aux États-Unis par un orchestre de danse sous le nom de The Chiefs plutôt que sous celui moins sexy de Sid Bass and his Orchestra. Dans le style, c'est sympathique, mais il n'y a quand même pas de quoi crier au génie. 
Enchiladas ! fait dans l'hispanisant avec guitare espagnole, castagnettes, choeurs et saxophone.
Moments to remember, est une version instrumentale avec chœurs, accélérée et plus rythmée, d'un titre sorti par The Four Lads en 1955, également repris par Lawrence Welk and his Orhestra dès 1956.
Apache (rien à voir avec le titre ultérieur des Shadows) fait dans l'indien et dans le léger avec des "Yip yip", un saxo et quelques coups de guitare qui se répondent, avant qu'une voix grave ne réclame "One more scalp" !
Mon titre préféré est peut-être le dernier, Dee's dream, le seul que je n'ai pas trouvé en ligne, avec une guitare électrique en intro puis assez présente, relayée par un motif au piano puis des cuivres.
Il y a le disque, pas inintéressant donc, et il y a sa pochette.
J'aime beaucoup le recto, un dessin tout simple, mais qui évoque très bien les gratte-ciel de New York. Je suppose que le thème a été choisi en raison de l'information qui est donnée sur le label original : "Recorded by GREENWICH in New-York".
Le dessin est signé Jean Cayré. Ce n'est pas de bol car le site de l'Echo du Berry est inaccessible ce matin, mais la semaine dernière j'ai pu y lire l'article Jean Cayré de la pub à la peinture, qui retrace son parcours. Il y explique notamment que, débutant et jeune père de famille, il complétait ses revenus de salarié de l'agence de publicité où il a fait carrière en réalisant des dizaines de pochettes pour des labels comme London ou Decca, avec un budget minimal et dans des délais très courts.
Il a publié en 2010-2011 le blog Arjoie, avec des reproductions de ses peintures et sculpures.
Je ne suis pas le seul à avoir apprécié cette pochette : il y a trois trous de punaise sur mon exemplaire qui montrent qu'il a dû être affiché quelque part à un moment ou  un autre depuis 1958.
Si on retourne la pochette, on peut continuer de rêver avec l'extrait du catalogue London : Ricky Nelson, The Chordettes, la version originale de Witch doctor, Tequila de The Champs, une reprise de Raunchy par Ernie Freeman... Et puis, et surtout, Chuck Berry n° 1, le tout premier disque de Chuck Berry sorti en France ! Celui-là, le jour où je tombe dessus sur un vide-grenier, je le chronique ici dans l'heure ! Mais le plus sûr moyen d'approcher ce 45 tours ces jours-ci, en-dehors d'une simple mention comme là, c'est de se procurer la réédition en fac-similé qui vient de sortir en édition limitée chez Caméléon, l'un des labels issus de l'excellent site 45vinylvidivici.


06 septembre 2015

GEORGES JOUVIN : J'ai mon badge


Offert par Le Vieux Thorax à Paris à la fin des années 1990
Réf : EGF 951 -- Edité par La Voix De Son Maître en France en 1966
Support : 45 tours 17 cm
Titres : J'ai mon badge -- Il faut ranger ta poupée -/- Moi j'aime -- Winchester Cathedral

La version originale de 2004 de Tu m'as trompette mon amour, mon hommage au trompettiste Georges Jouvin et à la chanteuse Dominique était disponible gratuitement en téléchargement. Cela s'est arrêté en 2010 quand est parue la nouvelle version, disponible cette fois-ci en livre imprimé tout en couleurs, et aussi en téléchargement payant.
Le temps passant, et suivant l'option que j'ai prise récemment (pour la Discographie personnelle de la New Wave ou Felt : La ballade du fan), la version numérique de Tu m'as trompette mon amour est désormais disponible gratuitement. Alors, profitez et faites passer l'info !
Pour fêter ça, j'ai ressorti ce 45 tours offert par Le Vieux Thorax au moment où je me lançais dans le projet Jouvin. Il l'avait en double et m'avait chaudement recommandé le titre principal.
Et il avait raison le bougre ! Parmi les (relativement) rares faces A de 45 tours de Jouvin qui ne sont pas une reprise, J'ai mon badge est l'une des plus intéressantes.
C'est un titre avec un refrain chanté par des choristes, qui chantent les quatre vers au début et en reprennent certains ensuite :
"J'ai mon badge, c'est de mon âge et ça remplace un long discours
Sur mon badge, une image te dit ainsi que je suis pour 
Par ce badge, ce message te parle franc et sans détour
Par ce badge, tu t'engages, et c'est un lien même en amour"
Je m'interroge, mais j'ai quand même bien l'impression que le dernier vers assimile le badge à une bague de fiançailles...
Le tempo est enlevé, c'est très rythmé avec une basse marquée. Les cuivres plus graves qui répondent à la trompette, l'orgue et les "Whaaa" criés par les choristes donnent un ton enjoué à l'ensemble.
On imagine bien que cette chanson, interprétée par le groupe J.M.S. ou une chanteuse en vogue, aurait pu être un succès.
Il y sur ce disque un autre titre à la musique composée par Jouvin et Jo Moutet. C'est Moi j'aime, qui se trouve être le seul à avoir été repris en album. Celui-là est instrumental et c'est aussi une réussite. Il est rapide également, avec cette fois-ci le ton décalé qui est provoqué par un cuivre qui fait une sorte de canard.
Pour les deux autres titres, Il faut ranger ta poupée et Winchester Cathedral, on est dans le registre le plus courant de Jouvin de reprise des succès du moment, dans ce cas précis par Hugues Aufray et The New Vaudeville Band respectivement.
Je suppose que, au moment où ce disque est sorti, il y avait une mode du badge, qui a dû suivre de peu celle du yo-yo ou du porte-clé. J'allais écrire que, bien qu'il soit précisé "vous offre son badge" sur la pochette, je ne voyais pas d'endroit où ce badge aurait pu être accroché. Mais si !! Il y a un morceau de ruban adhésif sûrement d'origine juste sous cette mention et je pense maintenant qu'il devait effectivement y avoir un badge collé là, qui faisait pendant à la photo de Georges en bas à gauche. Le Vieux Thorax n'avait pas ce badge, sinon il me l'aurait dit, et je ne l'ai jamais vu. Si quelqu'un l'a, je veux bien en voir une photo...
Georges Jouvin a fêté cette années ses 92 ans. Si j'en crois la photo de lui la plus récente que j'ai trouvée en ligne, le verre à la main aux côtés de Claude Lemesle lors d'une cérémonie à la SACEM en mars dernier, il tient la grande forme. Alors, santé, Georges !


Georges Jouvin et Claude Lemesle à la cérémonie des Grands Prix de L'UNAC 2015 à la SACEM, le 16 mars 2015.

05 septembre 2015

BOBBY LEWIS : Tossin' and turnin'


Acquis sur le vide-grenier de Germaine le 30 août 2015
Réf : SOE 3602 -- Edité par Odéon en France en 1961
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Tossin' and turnin' (Betty et Jenny) -- Are you ready -/- Oh yes, I love you (Si, si, je t'aime) -- One track mind

En règle générale, je pars rarement pour les vide-greniers avant 8h. Ça me permet d'arriver alors que tout le monde a déballé et d'éviter la première vague d'excités qui courent d'un stand à l'autre, lampe de poche à la main si le jour n'a pas eu le temps de se lever, à se battre pour accéder à des cartons avant même qu'ils soient sortis du camion.
Mais la semaine dernière, alors que le temps était encore estival, j'étais prêt, levé, lavé, rasé, sustenté très tôt, et je suis parti dès 7h pour Germaine. Et ça a quand même des avantages, car je ne pense pas que j'aurais trouvé ce disque si j'étais arrivé à mon heure habituelle.
Le stand de ce couple de semi-pros ne payait pas de mine. Ils avaient tout un bric-à-brac, dont deux caisses de CD posées par terre, sans aucun intérêt. Mais un peu plus loin, il y avait un carton de 45 tours et j'ai tout de suite senti que, parmi des disques de variétés très courants, il allait y avoir des choses intéressantes. Je me suis fait annoncer le prix à 50 centimes pièce et j'ai pris tout ce qui m'a semblé ne serait-ce que potentiellement intéressant : une grosse vingtaine de disques au total, majoritairement des années cinquante et soixante.
La particularité de ce lot, c'est que, les pochettes, quand il y en a, sont dans un état tout à fait correct, mais les disques eux, semblent avoir servi de pelle dans un bac à sable, ils sont râpés, usés, aussi bien la surface d'écoute que les étiquettes.
C'est le cas notamment de celui-ci, sûrement la plus belle pièce, le seul EP édité en France de Bobby Lewis.
Le portrait en pochette est superbe, avec une maquette très classique. La musique est à l'avenant.
Qu'il n'y ait eu qu'un disque de Bobby Lewis édité en France, c'est dans l'ordre des choses, car c'est avant tout l'homme d'un seul très grand succès, Tossin' and turnin', l'une des meilleures ventes de 45 tours aux Etats-Unis de l'année 1961, numéro 1 des ventes pendant près de deux mois. C'est l'histoire classique d'un gars qui ne peut pas dormir car il pense à une fille et ne fait que tourner et se retourner dans son lit. L'enregistrement a eu lieu le 1er février 1961, avec King Curtis au saxophone ténor dans l'orchestre dirigé par Joe René.
Sous le titre Betty et Jenny, cette chanson a été reprise en France au moins deux fois par Les Vautours puis Lucky Blondo. En 1962, Bobby a tenté sa chance avec Tossin' and turnin' again, mais cette resucée n'a pas dû rééditer le succès de l'original.
La face B américaine, Oh Yes, I love you, n'est pas mal du tout. Il y a  un titre français d'indiqué, Si, si, je t'aime, mais je n'ai pas réussi à trouver qui avait pu l'interpréter.
On trouve sur ce disque les deux titres du 45 tours américain suivant. One track mind, enregistré quatre mois plus tard, est un autre très bon titre rapide qui, sur la lancée du précédent, a lui aussi eu un certain succès. La face B, Are you ready, lente, est moins intéressante.
Bobby Lewis a maintenant plus de 80 ans. Il est affaibli, mais on se réjouit de constater que ça ne l'a pas empêché d'interpréter encore Tossin' and turnin' le 19 avril dernier.
Pour ma part, je n'ai pas encore eu le temps d'écouter tous mes disques de dimanche dernier, mais ça ne m'empêche pas d'espérer en trouver demain, si le temps le permet.

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