15 octobre 2017

TELEVISION PERSONALITIES : Beautiful despair


Offert par Fire Records par correspondance en août 2017
Réf : FIRECD327 -- Édité par Fire en Angleterre en 2017
Support : CD 12 cm
15 titres

Quand, en début d'année, j'ai mis la dernière main à mon Journal d'un fan de chambre sur Television Personalities en y incluant un panorama de tous leurs albums, je n'imaginais pas un instant que, quelques mois plus tard, un "nouvel" album allait paraître, qui rendrait mon travail incomplet.
Fire Records avait déjà réédité au printemps les quatre premiers albums du groupe, d'abord de façon limitée pour le Record Store Day, puis plus largement. Le 21 juillet, le label diffusait sur Instagram une photo énigmatique, reproduisant la pochette de ce disque. Énigmatique mais pas tant que ça puisque, en zoomant sur l'étiquette apposée sur la pochette, on apprenait que cet album précédemment inédit avait été enregistré en 1990, qu'il contenait des chansons inconnues mentionnant les Lemonheads et Felt (et là, mopn cœur a fait un bond car Felt justement est un autre groupe à qui j'ai dédié un livre entier, La ballade du fan) et une autre mentionnant l'ami Alan McGee.
Fire Records m'a gentiment offert un exemplaire du disque, peu de temps avant que sa sortie soit annoncée en exclusivité chez Rough Trade pour le 15 septembre.
J'ai attendu un peu pour chroniquer le disque car je pensais que, comme pour le Record Store Day, une diffusion plus large allait suivre, et j'espérais aussi qu'un ou deux extraits du disque allaient être présentés en ligne, mais un mois plus tard ce n'est toujours pas le cas, tant pis.
Le parcours discographique de Television Personalities est plein de trous. Il s'est passé cinq ans entre les albums The painted word et Privilege, et on sait que ce disque était prêt bien avant sa sortie en 1989, chez Fire déjà. Il s'est écoulé encore trois ans avant que n'arrive Closer to God, un marathon de dix-neuf chansons, soit un CD plein à ras bord.
Mais entre-temps, en 1990-1991, Dan Treacy et le bassiste du groupe Jowe Head, ex-Swell Maps et artiste solo par ailleurs, s'étaient retrouvés dans l'appartement de Jowe pendant plusieurs semaines pour enregistrer en quatre pistes les quinze chansons qui sont réunies ici.
Il s'agit donc d'enregistrements maison, mais ce sont plus que des démos : les arrangements sont travaillés (Dan est au chant et à la guitare, Jowe fait tout le reste, basse, guitare, chœurs, cithare, percussions, synthé et programmation de la boite à rythmes). Jowe indique que le projet était alors de terminer ces chansons et de les sortir à un moment donné. Il aura fallu attendre plus de vingt-cinq ans pour que ça se fasse...
Les chansons écrites par Dan ne sont pas pour autant restées dans un placard tout ce temps-là. Le groupe les a souvent jouées sur scène et onze chansons et demie (l'une ne l'a été qu'en version instrumentale) ont été réenregistrées et publiées sur d'autres disque : sept sur Closer to God en 1992 et cinq sur des singles de 1992 à 1996.
Évidemment, je me suis précipité d'abord sur I like that in a girl, la chanson inspirée par une conversation avec Lawrence. C'est un petit bijou de pop noisy, de moins de deux minutes, qui se termine, comme le souligne Jowe, avec Dan qui tente d'imiter l'accent de Birmingham de Lawrence ("Oi loike that in a girl").
Une autre des grandes réussites du disque, c'est Love is a four letter word. Certes, ça reste un enregistrement bricolé, mais on sent bien que cette chanson a le potentiel d'un immense maxi single de pop dansante. J'ai manqué de m'étrangler quand j'ai découvert que cette chanson avait été publiée en 1992 sous le titre Love is better than war en face B d'un single que je possède, We will be your gurus. Comment est-ce que j'avais pu ne pas remarquer cette chanson ? Eh bien, tout simplement parce que la version publiée est beaucoup moins pop. Les chœurs en "Love love love love love love" sont conservés, mais le tout est noyé sous des guitares crasseuses. Si quelqu'un cherche un tube tout fait, il ferait bien de se pencher sur une reprise de cette chanson.
Closer to God, enregistré en groupe et assez électrique, a toujours été pour moi un album très sombre. D'une manière générale, les versions des sept chansons de cet album qu'on trouve ici, même celles qui ont des paroles très noires, me plaisent plus parce qu'elles ont plus de légèreté. C'est notamment vrai pour Honey for the bears, Razor blades & lemonade, le single Goodnight Mr Spaceman et Hard luck story number 39, avec tout à la fin Dan qui fait une référence à Teardrop Explodes en chantant "It's just a story".
Les autres titres qui ont été par la suite réenregistrés et disséminés par des singles l'ont souvent été par Dan quasiment en solo. Du coup, les arrangements varient moins. Il y a de très bonnes choses là-dedans, notamment How does it feel to be loved ? et Suppose you think it's funny.
L'album s'achève avec Dan qui fait un solo de vocalise sur This heart's not made of stone.
Si The painted word était fortement marqué par l'empreinte de Joe Foster, Beautiful despair l'est bien évidemment par Jowe Head. La variété des sons et le côté bricolé rapprochent ce disque de ses productions solo, comme Pincer movement, plus que d'autres disques de la discographie du groupe, à l'exception de l'un de mes disques tardifs préférés du groupe, I was a mod before you was a mod, avec Dan quasiment en solo.
Même si les conditions de production sont particulières, la grande qualité de ce disque c'est l'unité du son et son inventivité. Au bout du compte, je pense que j'aurai plus de plaisir à l'écouter que Closer to God.
Je crains que la santé de Dan Treacy ne lui permette plus d'enregistrer de nouvelles chansons. On en apprécie d'autant plus de découvrir celles-ci, en espérant que d'autres du même acabit nous attendent encore dans ses tiroirs.

La répartition des quinze titres de l'album dans la discographie de Television Personalities :

Précédemment inédits
Beautiful despair
If you fly too high
I like that in a girl

Closer to God (1992)
Hard luck story number 39
Razor blades & lemonade
Goodnight Mr Spaceman
Honey for the bears
My very first nervous breakdown
Have a nice day (I hope you have a nice day)
This heart's not made of stone

We will be your gurus (1992)
Love is a four letter word (Love is better than war)

Far away & lost in joy (1994)
I get frightened too (I get frightened, version instrumentale)
I don't want to live this life

Do you think if you were beautiful you'd be happy ? (1995)
Suppose you think it's funny (I suppose you think it's funny)

Now that I'm a junkie ! (1996)
How does it feel to be loved ?

Beautiful despair est en vente chez Rough Trade, en CD ou en 33 tours.


Un entretien récent qui revient sur le parcours de Jowe Head, des Swell Maps à Television Personalities.

14 octobre 2017

WILLARD BURTON - EARL FOREST : The twistin' twist


Acquis sur le vide-grenier de Bisseuil le 24 septembre 2017
Réf : MPO. 3097 -- Édité par Pop en France en 1962
Support : 45 tours 17 cm
Titres : WILLARD BURTON : The twistin' twist -/- EARL FOREST : Memphis twist - Beale Street popeye

Il faisait tellement beau ce dimanche du mois dernier qu'on a décidé en fin de matinée de faire la balade à pied (trois-quatre kilomètres le long du canal) pour aller à la petite brocante du village d'à côté, Bisseuil.
Bonne idée et bonne balade, mais on est arrivé sur place en plein midi, et la plupart des exposants étaient en train de manger et on avait un peu l'impression de les déranger, surtout les habituels pros ronchons.
Mais les propriétaires des deux stands où j'ai acheté des 45 tours à 50 centimes étaient très sympathiques, deux dames où j'en ai pris deux, et un couple âgé à qui j'ai acheté celui-ci.
Le disque est en bon état mais la pochette a bien vécu. Il me plaît de penser, vue la date de parution et vu l'âge des vendeurs, qu'ils ont acheté ce disque à l'époque et qu'ils ont bien dansé dessus.
Je n'avais jamais vu ce 45 tours et je ne connaissais ni Willard Burton ni Earl Forest, mais j'avais plusieurs bonnes raisons d'acheter ce disque : il est sur le label Disques Pop, une étiquette de Vogue, comme mon Jack Hammer; A ce titre, il est estampillé "Strict danse tempo", un slogan réapproprié et repopularisé dans les années 1990 par l'ami Le Colonel; C'est un disque de twist, et l'avantage c'est que les disques de twist ne sont jamais que des dérivés de rock 'n' roll et ils sont rarement complètement mauvais.
Il est précisé au dos de la pochette qu'il s'agit d'enregistrements sous licence de Peacok Records, l'un des nombreux labels de l'américain à la sulfureuse réputation Don Robey. Mais en fait, les titres d'Earl Forest sont sortis à l'origine chez Duke, un autre label de Robey.
Bon, je ne vais pas tergiverser, les trois titres de ce disque sont excellents. Ce sont des instrumentaux, mais à défaut de chant il y a de l'ambiance et on entend des voix. L'orgue et le saxophone sont les instruments principaux.
The twistin' twist est sorti aux Etats-Unis en face A d'un 45 tours crédité à Willard Burton. Quand ça commence, la "foule" est déjà chaud bouillante. La batterie lance les hostilités, avant que le groove se mette en place avec l'orgue, la basse et la guitare, puis le saxo en solo, accompagné de cris d'encouragement et de claquements de mains. Sachant que le 45 tours américain dure 2'20, je me demandais pourquoi on ne trouvait pas sur cet EP sa face B, Dreaming, un titre plus lent avec orgue, guitare et saxophone, qui dure à peine deux minutes.
Eh bien, la version de The twistin' twist qu'on trouve sur ce disque Pop est plus longue de deux minutes que la version originale ! (on peut l'écouter chez Soul-in-Groove), ce qui nous vaut une dose supplémentaire de solos de saxo et d'orgue et permet de mieux se bouger sur cet excellent titre. Je pense que cette version longue n'a été éditée que sur ce disque français.
Pas de surprise sur la face B, on trouve bien les deux faces du 45 tours Duke, Memphis twist et Beale Street popeye.
Que dire ?, sinon que c'est dans la même veine que la face A, au point que ça pourrait être les mêmes musiciens, et que c'est tout aussi bon. Memphis twist est complètement instrumental, tandis que sur Beale Street popeye on a des voix qui interviennent sur les breaks.
Les premières informations que j'ai trouvées sur ce disque et ses musiciens sont dues à Mightygroove sur son site Soul-in-Groove. En plus d'y trouver ce disque chroniqué et en écoute, on y apprend que Willard Burton était le vrai nom d'un musicien plus connus sous celui de Piano Slim (à ne pas confondre avec le bluesman Robert T. Smith) et on y trouve des chroniques d'un 45 tours de Piano Slim et d'un autre de Willard Burton.
Pour Earl Forest, qui est mort en 2003, il y avait quelques mots dans la chronique de l'EP de Mightygroove, mais, en cherchant à en savoir plus sur le Caple qui co-signe les deux titres (le Malone crédité sur tout le disque est en fait Don Robey qui rançonnait ses musiciens), j'ai trouvé des informations complémentaires dans les parties 2 et 3 d'une enquête en trois parties de Soul Detective sur le musicien Clarence Nelson. J'ai notamment appris que l'organiste sur la face B du EP serait Joe Louis Hall, un ancien du Bill Black's Combo, et que les saxophonistes ténor et baryton sont Gilbert Caple, donc, et Floyd Newman. Vous ne les connaissez peut-être pas, mais vous connaissez sûrement Last night des Mar-Keys, l'indicatif de l'émission Salut les Copains dans les années 1960. Eh bien, sous l'intitulé collectif Mar-Keys, Floyd et Newman sont deux des co-auteurs de la chanson et ils jouent sur l'enregistrement. C'est Caple qui en prend le solo, tandis que Newman prononce le "Oh yeah" !
Comme quoi, on détour d'une balade bucolique, avec un disque a priori anodin, on peut quand même faire de belles découvertes.
Et pour conclure, je propose pour une fois de suivre les instructions figurant en fin des notes de pochette : "Mais pourquoi lire ce texte, écoutez plutôt et sans tarder l'enregistrement des orchestres de Earl Forest et Willard Burton, ça c'est de la musique de danse !".

Les trois titres de ce disque sont en écoute chez Soul-in-Groove.

01 octobre 2017

ORIGINAL SOUND OF SOWETO - DANCING IN SOWETO


Acquis chez Emmaüs à Tours-sur-Marne le 9 septembre 2017
Réf : CD Drive 3067 -- Édité par Drive en Suisse en 1980
Support : CD 12 cm
12 titres

L'autre jour chez Emmaüs, quand j'ai acheté le 45 tours de Roger Zami et le 78 tours de Tramel, la petite foule présente pour cette journée de vente spéciale s'intéressait surtout aux vinyls. J'ai donc pu fouiller presque tranquillement les tiroirs de CD, constater qu'il y en avait eu quelques-uns d'ajoutés depuis mon dernier passage et en trouver deux intéressants, dont celui-ci. Pour moi, surtout au vu de la maquette de pochette, il s'agissait d'une banale compilation commerciale de tubes sud-africains, mais je ne pouvais quand même pas la laisser passer.
Une fois rentré à la maison, j'ai eu le plaisir de constater que le CD est excellent de bout en bout. De plus, il semble bien que ce disque soit l'une des rares sorties internationales, voire la seule, pour tous ces titres à succès de la fin des années 1980. Aucune réédition depuis, donc, et quasiment aucune chanson sur YouTube non plus.
Ces enregistrements ont tous été publiés en Afrique du Sud par Tusk Music, créé en 1986 quand la branche locale de WEA a dû fermer en raison des sanctions internationales contre l'apartheid.
Il y a eu en 1988 une compilation intitulée Sounds of Soweto volume 1. Je n'en ai pas trouvé trace en ligne, mais je suppose que ce CD correspond plus ou moins à un volume 2.
C'est un peu surprenant que ce CD ne soit sorti qu'en Suisse. Peut-être que c'était un procédé pour contourner les mesures de boycott puisque, quand ce disque est sorti, l'apartheid était encore en vigueur et Nelson Mandela était même encore en prison.
Si j'en crois son nom et le catalogue qui sert de livret au CD, le label Drive était spécialisé dans l'édition de compilations pas chères dans tous les genres musicaux. Je les imagine bien vendues dans les stations-services pour que les automobilistes puissent les écouter avec leurs beaux auto-radios CD tout neufs.
De ce que j'ai pu voir, les titres compilés ici datent tous de 1987-1989. Ce sont sûrement effectivement des titres populaires, puisque la plupart du temps on trouve ici la chanson-titre d'un album ou son morceau d'ouverture.
Je ne connaissais personne, mais il y a quelques grands noms présents ici, comme Thomas Chauke, M. D. Shirinda ou M. J. Hlungwane, qui a droit à deux titres.
Dès les premières notes du CD, Africa mamela par Cokes, on se rend compte que la musique sera exactement dans le style de musique que beaucoup de français ont découvert, moi compris, avec l'album "sud-africain" de Lizzy Mercier Descloux et son tube Mais où sont passées les gazelles ?.
Mais on est à la fin des années 1980 et les sons électroniques sont largement présents sur tout le disque. Sur le deuxième titre, Sekala par Lazarus Kagagudi, il y a du séquenceur et le synthé prend la place de l'accordéon. Il y aussi de la batterie électronique sur l'album, mais tout ça ne reste qu'un habillage et la musique conserve ses qualités intrinsèques, avec le travail sur les voix et notamment les chœurs de "Sisters" sur la plupart des titres, comme sur l'un de mes préférés, Boti rhandeka, avec la flûte et les chants des Gaza Sisters.
Et même, l'électronique peut être très stimulante, comme sur
Vuxaka bya mali, où la répétition de juste trois notes de synthé aiguës participe au rythme général et en fait une rencontre entre musique africaine et pop synthétique à la Elli et Jacno ou Depeche Mode.
Avec ceux déjà cités, j'ai choisi de vous proposer un troisième titre en écoute ci-dessous, Ma jumble sale de Thomas Chauke, mais l'ensemble du disque est tellement bon que j'aurais pu ne pas m'arrêter là, et mettre aussi Thandiwi des Madlala Brothers, Hamba driver d'Amaswazi Emvelo, Badumaze sisheli sami d'Uvemvane ou Lamulini naxaniseka de George Maluleke na van Wanati Sisters.
Cette année, je trouve en quantité beaucoup moins de disques sur les vide-greniers, mais les dépôt-vente prennent le relais, et surtout, la qualité est là ! Vivement la suite...

M.J. Hlungwane / Na Mpfumu Sisters : Vuxaka bya mali. M.D. Shirinda and Gaza Sisters : Boti rhandeka. Thomas Chauke : Ma jumble sale.

29 septembre 2017

DEPECHE MODE : Pleasure little treasure (Live)


Acquis sur le vide-grenier d'Athis le 10 septembre 2017
Réf : SA 1246 -- Édité par Mute en France en 1989 -- Échantillon promotionnel - Vente interdite
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Pleasure little treasure (Live) -/- Pleasure little treasure (Live)

A Athis, avant d'acheter le disque d'Audrey, j'étais tombé à un autre stand sur ce 45 tours de Depeche Mode. Je me suis arrêté dessus parce que la pochette ne me disait rien. Aucune indication particulière au dos, mais j'ai décidé de le prendre quand j'ai sorti le disque et que j'ai vu qu'il s'agissait d'une édition promotionnelle (en plus de la mention sur la rondelle, la pochette a été marquée au tampon sec "Vente interdite - Échantillon gratuit"). Enfin, je l'ai surtout acheté parce que le vendeur m'avait annoncé un prix de 50 centimes. Je crois que je ne me serais pas embêté à mettre plus cher ou à négocier le prix.
La chanson de ce disque (la même sur les deux faces) est extraite de l'album 101, enregistré en concert le 18 juin 1988 à Pasadena, en Californie.
Pleasure little treasure est une chanson que je ne connaissais pas bien. Et pour cause, elle est sortie en face B du 45 tours Never let me down again, disque que je ne connais pas. Elle n'était pas sur le 33 tours Music for the the masses, sorti il y a pile 30 ans, mais une version remixée figurait en bonus sur les éditions originales de l'album en CD et en cassette. Ce même Glitter mix a été inclus sur la bande originale du film Bright lights, big city et là, je sais que j'avais déjà écouté (et oublié) cette version car j'ai l'album.
Je n'en attendais rien de spécial, mais à l'écoute, j'ai été très agréablement surpris par cette version live de Pleasure little treasure. Il y a un gros son de séquenceur bien grave, de la guitare, et le chant, surtout dans les couplets, associé à la musique m'évoque assez fortement le Devo synthétique et déjà aseptisé de 1981-1982, époque New traditionalists / Oh, no ! It's Devo. Il s'avère que cette version en public est très proche de la version originale en 45 tours.
Le seul single commercialisé extrait de 101 est Everything counts. Il n'y a qu'en France qu'il y eu une édition promo de Pleasure little treasure (dont 200 exemplaires ont été envoyés en Espagne pour être diffusés sur les radios de la chaîne 40 Principales). Mais le seul titre gravé sur le disque est très largement disponible, et la pochette est très quelconque. Elle n'a même qu'un rapport indirect avec Depeche Mode puisqu'on n'y voit qu'une version que le logo du label Mute dans sa version assez industrielle de l'époque, sur lequel sont posées deux branches de chêne qui lui donnent un fort accent totalitaire. C'est pourquoi j'ai du mal à m'expliquer pourquoi des obsédés du groupe ont déboursé plusieurs dizaines d'euros chez Discogs (de 80 à 297)pour se procurer ce 45 tours, et tout autant pour l'édition maxi qui a aussi été diffusée.
En tout cas, heureusement que j'ai écouté le disque lui-même avant de visionner l'extrait correspondant du film 101. Outre que le son sur cette vidéo YouTube est très poussif, voir Dave Gahan se pavaner et se déhancher tout au long de la chanson est à vous en dégoûter pour de bon !



24 septembre 2017

TOP COMPAS D'HAÏTI - STAR COMBO


Acquis sur le vide-grenier du Jard à Epernay le 13 août 2017
Réf : MT 001 -- Édité par Magic' Tirelir en France probablement dans les années 1970
Support : 33 tours 30 cm
9 titres

Au vide-grenier du Jard le mois dernier à Épernay, outre le Wilson Pickett acheté à un vendeur professionnel pas particulièrement avenant, j'ai acheté trois disques à une vendeuse particulière très sympathique.
Ce disque antillais était le seul de ce style dans sa petite pile de 33 tours qui contenait plutôt de la variété. Ma théorie dans ce genre de cas, c'est que le disque "exotique" est un souvenir de vacances. Et j'ai souvent l'occasion de me réjouir que les gens aient longtemps eu l'habitude de revenir du bout du monde avec un disque dans leurs valises, car ça a permis de disséminer ces disques dans nos contrées, où on les retrouve sur les vide-greniers quelques décennies plus tard.
Initialement, j'ai cru avoir affaire à un album intitulé Top compas d'Haïti par un groupe nommé Star Combo. Mais, en retournant la pochette et en regardant les rondelles du disque, on se rend compte qu'il y a un groupe différent par face sur ce 33 tours, Top Compas d'Haïti sur la face A et Star Combo sur la face B.
Ce disque est visiblement le premier produit et distribué par une maison nommée Magic' Tirelir Disques, qui a édité des groupes comme Les Vautours, Les Milords, Les Gipsons ou Les Princes Noirs. Le siège était au 56 boulevard Rochechouart.
Si j'en crois la pochette plastique dans lequel le disque était glissé, mon exemplaire a été acheté, comme beaucoup des disques antillais que j'ai, notamment ceux achetés à Mairy-sur-Marne il y a deux ans, chez Anvers Musique, au 35 boulevard Rochechouart.
Mon disque antillais est donc très parisien, et je pense même que les deux maisons étaient liées car, à côté du nom d'Anvers Musique, il y a le logo de Guérardisques, label sûrement lié à Claude Guérard, qui a produit plusieurs disques de Magic' Tirelir...
C'est du très classique dans son genre, mais l'ensemble de ce 33 tours est de très bonne tenue.
J'ai remarqué à l'écoute des cinq titres de Top Compas que l'orgue était proéminent dans les arrangements. Pour les quatre premiers titres, la partie instrumentale débute par une partie d'orgue, avant que les cuivres prennent leur tour. Ca s'explique quand on sait que le maestro du groupe était Wagner Lalanne, également organiste et sûrement de la famille des Lalanne du groupe Les Loups Noirs. Le Super Ensemble "Top Compas" est le dernier groupe pris en charge par le créateur du compas direct, Nemours Jean-Baptiste, pendant une bonne partie des années, comme cela est indiqué dans la biographie du site officiel de Nemours Jean-Baptiste.
Ces quatre premiers titres sont des compas. J'ai choisi de vous faire écouter Suspen' couri, mais j'aurais aussi bien pu prendre le premier titre, Hélène, ou un des deux autres.
Le dernier titre de la face, Destin, est plus court et plus lent. Il est chanté en français sur une musique qui m'évoque les cortèges funèbres de La Nouvelle Orléans.
Star Combo, le groupe qu'on entend sur la face B, est un groupe, sûrement originaire de la Guadeloupe, dont le maestro était le trompettiste Amédé Dinart. On peut voir sur Discogs la liste de ses membres, quand est paru l'album La lutte des grands en 1976.
Je ne sais pas précisément quel est le style musical de leurs chansons, mais pour moi c'est aussi du compas. Les quatre chansons de la face sont très bonnes et font cette fois-ci, plus classiquement la part belle aux cuivres. Je regrette bien de ne pas être en mesure de comprendre les paroles de José le mouchard !
Une fois de plus, voilà une trouvaille intéressante, dont aucun titre n'a jamais été réédité à ma connaissance. Aucun n'était disponible en ligne non plus. J'ai vu un exemplaire du disque en vente à 70 € sur Ebay. Faut quand même pas pousser...

Top Compas d'Haiti : Suspen' couri.
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23 septembre 2017

AUDREY : Getting ready for a heartache


Acquis sur le vide-grenier d'Athis le 10 septembre 2017
Réf : 2C 006-92979 M -- Édité par Trend en France en 1971
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Getting ready for a heartache -/- M.Y.O.B. Leave me alone

Il avait fait moche toute la semaine et on était en plein dans les vendanges. Il ne pleuvait pas mais il faisait quand même super frais. Tout ça explique sûrement pourquoi il y avait beaucoup moins de camelots et beaucoup moins de chineurs que d'habitude à la broc d'Athis cette année.
J'y ai quand même acheté deux fois deux 45 tours sur deux stands. A la dame qui vendait celui-ci, j'ai aussi pris le 45 tours, Calypsos de Rico's Creole Band, a priori alléchant mais qui s'est avéré décevant, ne serait-ce que parce qu'il s'agit de calypsos instrumentaux.
Je ne sais pas quelle serait votre réaction si, en fouillant dans une boite à chaussures en carton contenant une grosse vingtaine de 45 tours à 50 centimes, vous tombiez sur un disque avec une pochette de ce style. Pour ma part, j'ai envisagé deux options :
  • Jamais entendu parlé de cet Audrey. Je ne connais aucun nom sur le disque, même pas celui du label. Il y a une chance sur deux pour que ce soit de la soupe tendant vers le disco. Je vais être raisonnable et ne pas m'encombrer avec ça.
  • Cette photo a vraiment de la classe. C'est années 1970 (tampon SACEM) mais, sur les apparences, je parierais que c'est assez tôt dans la décennie pour être de la soul sophistiquée plutôt que du disco ou de la soupe. Jamais entendu parlé de cette Audrey mais, à cinquante centimes je ne vais surtout pas laisser passer ce disque.
La première option n'a que fugacement traversé mon esprit avant que j'opte pour la seconde. Et, si je chronique ce disque ici, vous vous doutez bien que je ne regrette pas mon choix et que ce disque s'est avéré être une excellente pioche !
Getting ready for a heartache, en face A, débute par quelques notes de cuivres très bienvenues. Audrey enchaîne ensuite sur le refrain de la chanson qui, sans surprise, est dans un style soul, avec un arrangement intéressant, grâce notamment à ces cuivres. La voix semble un peu fine, mais ça passe bien. Il y a un break au milieu, et ensuite il y a quelque chose qui se passe - avec l'arrivée d'un saxophone et des chœurs, notamment, et une rythmique d'enfer - qui fait que la chanson décolle et d'un seul coup on se rend compte dans les quarante dernières secondes (d'une chanson qui n'atteint pas les trois minutes), qu'on est irrésistiblement en train de se trémousser.
La face B, M.Y.O.B. Leave me alone (pour "Mind your own business, leave me alone", "Occupe-toi de tes fesses, laisse-moi tranquille") est tout aussi bonne. On est entre le jazz et la soul. Introduction à la flûte, puis chanson assez classique qui démarre, soutenue par de l'orgue et du saxophone. Mais, là encore, il y a un break instrumental, à la batterie d'abord puis encore la flûte, on entend même les musiciens qui s'encouragent, et la chanson prend vraiment une autre dimension.
Je n'ai trouvé aucune de ces deux chansons en ligne, je vous fournis donc les MP3 (en suivant les liens sur les titres ou ci-dessous). Je n'ai trouvé qu'un seul exemplaire en vente en ligne de cette édition française du disque, à 40 € s'il vous plaît, mais il est clair que le vendeur vise les DJs car il s'est dit, comme moi, que les breaks de ce disque pourraient faire le bonheur des échantillonneurs.
J'étais persuadé qu'Audrey était une parfaite inconnue. Ce n'est pas du tout le cas !
Audrey Hall est jamaïcaine et elle a une discographie bien fournie. Elle s'est fait connaître à la fin des années 1960 en chantant en duo avec Dandy Livingstone. En tant que Dandy and Audrey, ils ont notamment eu du succès en 1969 avec Morning side of the mountain, et ont sorti deux albums en 1969 et 1970.
Audrey a ensuite beaucoup travaillé comme choriste dans les années 1970 et 1980, notamment avec sa sœur Pam Hall. Elle a fini par avoir du succès commercialement sous son nom au milieu des années 1980, notamment avec One dance won't do, qui lui a valu de passer à Top of the Pops en 1985.
Getting ready for a heartache est son premier disque solo après l'arrêt du duo avec Dandy. Il est sorti sur un label indépendant anglais, Trend, dont la fabrication et la distribution étaient alors assurés par Philips. Apparemment, seuls deux des disques de Trend ont été diffusés en France, l'autre étant un 45 tours de Consortium.
Trend a été actif de 1968 à 1972. Le label a été fondé par un disquaire londonien, Barry Class, qui a aussi managé les Foundations. Le label donnait plutôt dans le jazz-rock, mais ce disque prouve que sa production pouvait être versatile. La face A est due à deux habitués du label, David Myers et John Worsley, mais la face B est due à Audrey Hall elle-même et, une fois qu'on le sait, on peut en deviner les racines reggae. JE ne serais pas surpris que des musiciens comme ceux du groupe Swegas, alors signé chez Trend, aient participé aux sessions de ce 45 tours.
Un excellent disque jamais réédité. Dans ce genre de cas on se demande toujours comment il a fait pour atterrir à Athis, plus de 45 ans après sa sortie. Mais je ne m'en plains surtout pas ! Au contraire, j'espère continuer à faire d'aussi bonnes découvertes dans les quelques brocs qu'il reste d'ici la fin de cette année.

Audrey : Getting ready for a heartache.
Audrey : M.Y.O.B. Leave me alone.

17 septembre 2017

TRAMEL... LE BOUIF : Que faire ?... Que faire ?...


Acquis chez Emmaüs à Tours-sur-Marne le 9 septembre 2017
Réf : 166.456 -- Édité par Odéon en France dans les années 1930
Support : 78 tours 25 cm
Titres : Que faire ?... Que faire ?... -/- Devinette musicale

L'autre samedi chez Emmaüs, en plus des 45 tours comme celui de Roger Zami, il y avait un carton de 78 tours. Je l'ai regardé vite fait, peut-être trop rapidement d'ailleurs car il y avait dedans plutôt des disques de chansons grivoises que du classique, de l'opérette ou de la musique militaire, ce qu'on trouve le plus souvent dans ce format.
En tout cas, j'ai sélectionné deux disques, celui-ci et un de 1932 de Prior, de L'Empire, avec en face B une "chanson arabe" intitulée Y en a bon en Afrique qui, vous vous en doutez bien, n'a absolument aucun relent raciste !
Une fois rentré à la maison, j'ai cherché en ligne des informations sur ces disques qui, a priori, ne sont pas particulièrement rares. Et là, on se vite compte que le patrimoine discographique français reste fortement délaissé.
Un seul disque est référencé dans le catalogue de la bibliothèque nationale, aucun à la Médiathèque musicale de Paris. Aucun son n'est en ligne sur des sites d'institutions françaises. Sur les sites internationaux, rien sur Archive.org ni Discogs, une seule des quatre faces, la A du Prior, Les filles de Marseille, est en écoute sur YouTube. Clairement, d'un point de vue numérisation et valorisation, on ne traite pas le patrimoine enregistré aussi bien que tout ce qui est imprimé...
Heureusement, on trouve des informations sur la biographie et le parcours de Tramel, alias Félicien Martel (1880-1948), notamment chez Du temps des cerises aux feuilles mortes, où l'on apprend qu'il a enregistré 96 titres, dont 36 monologues et 60 chansons, parmi lesquelles J'ai ma combine et C'est pour mon papa de Georges Milton. Sa discographie complète a été publiée dans la revue Phonoscopies de Gérard Roig, mais malheureusement elle n'est pas reprise en ligne.
Tramel a également fait carrière au théâtre dans quelques comédies musicales, et surtout au cinéma, où il a principalement interprété, en muet et en parlant, de 1922 à 1934, le personnage d'Alfred Bicard dit Le Bouif. Notons que ce personnage du Bouif a été créé dans les pages du Canard enchaîné par Georges de la Fouchardière.
Les deux chansons de ce disque, orchestrées par Albert Valsien, sont légères et très réussies. En moins de 2'30, il y a beaucoup de paroles, que je retranscris ci-dessous, mais les situations sont exposées très rapidement et efficacement, et ensuite ça peut dérouler.
Que faire ?... Que faire ?..., sur des paroles de Georgius, détaille les affres d'un fiancé qui veut plaire à sa future belle-famille. Quand il se met à dérailler devant l'ampleur de la tâche ("Épouser l'contremaître qu'est enceinte d'une moto"), on touche presque au surréaliste.
Devinette musicale, est un exercice de style avec pour trame les dépenses d'un gars pour amener une fille dans son lit. Les paroles sont de Jules Combe et René Sarvil, et chaque couplet se termine par le nom d'un instrument. J'apprécie que d'autres références à des instruments se soient glissées plus discrètement au cœur des couplets : cinq balles, Saxe, corde, diapason.
Au bout du compte, j'ai fait avec ce disque une plongée agréable dans l'histoire de la chanson. Au point que j'ai quelques regrets, et j'essaierai sûrement de voir s'il reste quelques-uns des 78 tours que j'ai laissés lors de ma prochaine visite à Tours-sur-Marne.

Tramel... le Bouif : Que faire ?... Que faire ?....
Tramel... le Bouif : Devinette musicale.

Que faire ?... Que faire ?...
(Paroles de Georgius, Musique de Tremolo)

Je fais la cour à une jeune fille dont j'espère devenir l'époux
Je suis reçu par la famille, les parents sont gentils comme tout
Le père veut me vendre sa bagnole, la mère veut apprendre le piano
La bonniche a une envie folle de s'acheter une grosse moto
Le petit frère joue au ballon, la sœur aînée adore le melon

Que faire ?... Que faire ?... Pour ne pas leur déplaire
Dois-je épouser la fille et racheter l'auto ?
Cultiver des pastèques, apprendre le piano ?
Que faire ?... Que faire ?... Je voudrais tant leur plaire
Dois-je faire du football avec le petit Toto ?
Apprendre à la bonniche à monter en moto ?
Que faire ?... Que faire ?... C'est trop, c'est trop, c'est trop

Au dîner de nos fiançailles, on m'a présenté les cousins
Ils font l'élevage de la volaille et la r'production des lapins
J'ai vu aussi la tante Charlotte, une folle qui joue du saxophone
Son mari qui fait la belote, et l'grand-père qui fait le Charleston
Mon sort je le sens dépend d'eux, ils m'observent et je suis anxieux

Que faire ?... Que faire ?... Pour ne pas leur déplaire
Dois-je acheter la voiture, la bonne ou la moto ?
Cultiver des lapins qui apprendront l'piano ?
Que faire ?... Que faire ?... Je voudrais tant leur plaire
Dois-je élever la tante qui joue du saxophone ?
Épouser une volaille qui fera le Charleston ?
Que faire ?... Que faire ?... C'est trop, ma tête bouillonne

La situation se complique, car le père, un gros commerçant,
A son comptable qui trafique, sa caissière qui a deux amants,
Son contremaître qui pousse des plaintes parce qu'il perd la moitié de ses cheveux
La dactylo qui est enceinte et l'veilleur de nuit qu'est gâteux
Comme plus tard j'aurai la maison, il m'observe avec juste raison

Que faire ?... Que faire ?... Pour ne pas leur déplaire
Dois-je dénoncer l'comptable qu'a deux amants gâteux ?
Cultiver des volailles qui perdent leurs cheveux ?
Que faire ?... Que faire ?... Je voudrais tant leur plaire
Dois-je faire le Charleston, la belote ou l'piano ?
Épouser l'contremaître qu'est enceinte d'une moto ?
Que faire ?... Que faire ?... C'est fou, j'deviens dingo.

Devinette musicale
(Paroles de J. Combe et R. Sarvil, musique d'E. Gavel)

J'vais vous dire une histoire dans laquelle la musique termine chaque couplet avec un instrument.
Vous le devinerez.

Place de la République, je rencontre une jeune fille de 15 à 33 ans
Mais je me dis in petto, qui va sano va... piano

Après des pourparlers, dans un taxi j'l'emballe
Pour le 68 de la rue des Vertus
C'est un restaurant chic à prix fixe, cinq balles
D'où je croyais sortir tous les deux bien repus
Mais dans le fond de nos assiettes, on ne bouffa que des... clarinettes

Pour compléter l'menu, dehors je lui offre encore
Dix sous de cacahuètes chez un marchand de marrons
Une place à trois francs pour voir un film sonore
Mais elle dit, je ne suis pas bête à manger du thon
Puis après m'avoir dit, "Zut !"
Elle veut s'tirer des... flûtes

Je la r'pêche aussitôt et pour lui re-re-plaire
J'lui offre un p'tit café sur le zinc d'un bistrot
Puis, chez un fabricant de casseroles en terre
Un joli vase en porcelaine de Saxe [pour eau]
Mais elle demande au patron
"Voulez-vous m'indiquer où..." piston

Ça m'avait refroidi. Mais bientôt elle m'accorde
De venir avec moi jusque dans ma maison
Et comme, de son cœur, je crois toucher la corde,
Je mets le mien de suite au même diapason
En lui susurrant, mignonne,
Vraiment, vous êtes... trombone

Mais, quand ma dulcinée enfin se mit à l'aise
Quand je fis l'inventaire de ses trésors cachés
Je lui dis, non, c'est samedi, jour de semaine anglaise
Remballe ta marchandise, les bureaux sont fermés
Et je m'enfuis à mon tour
Sans trompette ni... tambour

16 septembre 2017

ROGER ZAMI - LES MAXELS : Salut champion


Acquis chez Emmaüs à Tours-sur-Marne le 9 septembre 2017
Réf : RC 80 -- Edité par Aux Ondes/Disques Célini en France en 1970
Support : 45 tours 17 cm
Titres : ROGER ZAMI : Salut champion -- LES MAXELS : Tumbélé -/- Biguine Roger Zami -Vini dansé tumbélé

Samedi dernier, la presse avait annoncé que les vinyls de l'Emmaüs de Tours-sur-Marne seraient de sortie, sûrement pour la première fois depuis juin dernier, quand j'avais acheté le 45 tours de Freddie Bell.
J'imagine que les voraces du disque piétinaient devant la porte bien avant l'ouverture. Pour ma part, je me suis assuré d'arriver tranquillement un quart d'heure plus tard. Évidemment, à cette heure les 33 tours étaient pris d'assaut, mais on pouvait encore se contorsionner pour accéder aux 45 tours.
L'ami Damien m'avait précédé, il a donc pu empocher le Lola des Kinks. Pour ma part, j'ai su que j'avais fait ma trouvaille du jour quand j'ai mis la main sur cette pochette très colorée, que j'ai vu qu'elle était du label Aux Ondes de René Célini, et, en la retournant, que Les Maxels étaient de la partie. Il y avait deux autres 45 tours Aux Ondes dans les bacs, qui venaient du même propriétaire, mais je les avais déjà : ils compléteront la collection de Philippe R.
Au bout du compte, j'ai trouvé aussi quelques autres 45 tours, deux 78 tours et deux CD intéressants. Bonne pioche, donc.

Je n'avais jamais entendu parler de Roger Zami, mais je me suis bien douté qu'il y avait quelque chose de particulier puisqu'il est précisé au dos de la pochette que Salut champion, le premier titre du disque, est une interview avec lui.
Une fois rentré à la maison, j'ai écouté le disque et j'ai cherché son nom en ligne, et j'ai appris que Roger Zami était un boxeur né en Guadeloupe en 1941, devenu champion de France en janvier 1970, c'est le moment où ce disque a été enregistré, puis champion d'Europe en février 1972.
Il a perdu son titre européen en octobre 1972 et disputé son dernier combat en août 1974. il est mort, "tragiquement", en novembre 1977.A Le Gosier en Guadeloupe, sa ville natale, la rue qui le longe et le stade municipal portent le nom de Roger Zami.
Il est assez attachant dans l'interview, avec des réponses sur un ton très posé aux questions du journaliste.


Roger Zami, champion de France de boxe, photo trouvée sur le site Boxing nazairien.

Je connais et j'apprécie Les Maxels depuis 2008, quand j'ai acheté en bas de chez moi leur excellent Désordre musical. Depuis, j'ai pu acheter plusieurs de leurs disques, dont Dansez Ou-Lé-Lé.
Le nom du groupe n’apparaît pas au recto de la pochette, et il est seulement en tout petit au dos, cela explique sûrement pourquoi ce disque n'est pas répertorié dans leur discographie, ni sur Wikipedia ni sur Discogs. Pourtant, en-dehors de l'interview, cet EP nous propose bel et bien trois excellents titres des Maxels, non édités par ailleurs.
Biguine Roger Zami est un titre hommage de circonstance, qui mentionne les exploits sportifs l'année précédente d'un autre guadeloupéen, Roger Bambuck. Musicalement, c'est très bien, avec un assez long solo de saxophone suivi d'une autre partie de cuivres.
Les deux autres chansons, Tumbélé (où il est question de rendez-vous au bar à Gégé) et Vini dansé tumbélé, sont, comme leur titre l'indique je suppose, des tumbélés, concoctés avec des ingrédients similaires : une rythmique basse et percussions implacable, autour de laquelle s'enroule  un tricot d'orgue, un chant entraînant, le saxophone en instrument principal, avec les guitares électriques qui ne sont jamais loin derrière, les deux instruments se relayant pour les solos.
Les Maxels ont enregistré plusieurs albums, notamment chez Debs. Chez Célini, ils ont sorti plusieurs 45 tours sous leur nom et ils ont accompagné plusieurs autres artistes. Il y a largement la matière pour produire une excellente compilation, rien qu'en se concentrant sur leurs premières années. Ça viendra peut-être...

Roger Zami : Salut champion (Interview). Les Maxels : Tumbélé.
Les Maxels : Biguine Roger Zami.
Les Maxels : Vini dansé tumbélé.
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09 septembre 2017

AIMABLE : Tainted love


Offert par Dorian Feller à Villedommange le 26 août2017
Réf : 101619 -- Édité par Vogue en France en 1981
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Tainted love -/- Radio Montmartre

Je sais comment l'ami Dorian s'est procuré ce disque qu'il m'a très gentiment offert : il est passé avant moi chez Hervé L. et s'est souvenu que je cherchais ce disque...
J'ai découvert l'existence de ce 45 tours et j'ai eu envie de me le procurer en voyant sa pochette très bigarrée dans les documents de communication de l'exposition sur La maison Vogue montée par Zebrock en 2011, présentée à Villetaneuse et puis à la Bibliothèque Nationale de France.
Je connais depuis longtemps les incursions d'Aimable dans les tubes new wave : j'ai chroniqué ici il y a quelques années sa version de Main dans la main d'Elli et Jacno.
C'était une pratique répandue : Aimable a pendant très longtemps fait la promotion du catalogue de son label Vogue avec ses versions instrumentales à l'accordéon et à l'orgue. Dans les années 1960, il reprenait notamment Françoise Hardy. En 1981, sur son double album 28 tubes qu'on avait à la maison, outre Elli et Jacno qui étaient chez Vogue, il y avait Food (for thought), le tube d'UB 40, diffusé en France par... Vogue. Et la semaine dernière, j'ai réussi à ne pas ramener à la maison, même s'il ne coûtait qu'1 €, un autre double album d'Aimable de 1981 (!), 28 tubes pour le plaisir, sur lequel on trouvait Stop the cavalry de Jona Lewie, un grand succès de Stiff Records sorti en France par Vogue.
Et, on en vient au disque qui nous intéresse aujourd'hui, Aimable a publié, toujours en 1981 mais sur un 45 tours hors album, sa version de Tainted love.
On a déjà eu l'occasion d'en parler ici, on sait que la version originale de Tainted love est due à Gloria Jones, en 1965. Mais parfois une reprise est tellement réussie qu'elle vampirise en quelque sorte la chanson originale. C'est le cas avec la version par Soft Cell de Tainted love, surtout dans la version maxi enchaînée avec Where did our love go ?, qui pour moi comme pour beaucoup d'autres je pense est la version de référence.
Le disque de Soft Cell est paru sur le label indépendant  anglais Some Bizarre, qui avait un contrat de licence pour la France avec  le label indépendant Celluloïd qui, quand les ventes ont décollé après la sortie initiale du maxi, a fait appel à son partenaire Vogue pour diffuser largement ce disque.
L'intro de la version d'Aimable de Tainted love est frappante : on a l'impression que c'est celle du disque de Soft Cell. Ça change après, cependant, il y a beaucoup de cuivres, auxquels se mêlent l'accordéon et du synthé.
J'ai été surpris de découvrir que c'est un autre vétéran de la Radio Primitive, Golgoth The Mod, qui a mis ce titre sur YouTube. Mais après tout, Tainted love est un classique du Northern soul, et cette version lui fait honneur.
Changement d'ambiance en face B avec Radio Montmartre et du vrai musette. Ce n'est pas précisé, mais il s'agit sûrement d'une composition réalisée pour la toute jeune radio libre Radio Montmartre, un jingle ou un indicatif d'émission : il y avait beaucoup d'accordéon au programme et Aimable lui-même intervenait à l'antenne.
Le titre est co-signé Aimable et Maurice Larcange, un autre grand nom de l'accordéon, dont le père, Emile Larcanché, professeur de musique réputé, a justement eu Aimable pour élève !
Merci encore à Dorian pour ce cadeau. J'en viens presque à regretter que ce disque n'ai pas pu figuré pas dans ma Discographie personnelle de la New Wave !

03 septembre 2017

GOGUIN HOUNZINMÈ et son ensemble folklorique LE "ZINLI" D'ABOMEY : Mi djè midé si


Acquis chez Hervé L. à Épernay le 24 juillet 2017
Réf : MFD n° 24 -- Édité par Les Impressions Sonores du Bénin au Dahomey entre 1960 et 1975
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Mi djè midé si -/- Adjanou hla

J'ai ramené ce disque de chez Hervé, comme le Marie-Josée et Roger Clency. C'est le seul disque africain du lot. Il doit être relativement rare : il y a bien vingt disques des Impressions Sonores du Bénin répertoriés sur Discogs, parmi lesquels je repère le nom d'El Régo, que je connais depuis seulement quelques mois, mais ce 45 tours de Goguin Hounzinmè n'y figure pas. Et d'ailleurs c'est bien simple, je ne trouve en ligne aucune référence à Goguin Hounzinmè !
L'adresse du label à Cotonou est donnée au dos de la pochette comme étant située en République du Dahomey, le nom officiel de l'actuelle République du Bénin de 1960 à 1975. Le disque doit donc dater de cette période et, au vu de la typographie sur l'étiquette en papier, je dirais plutôt de la fin des années 60-années 1970.
Il est clairement indiqué que l'on a affaire à de la musique folklorique. Le nom de l'ensemble, Le "Zinli" d'Abomey, nous renseigne sur le style musical. En effet, le zinli est un rythme traditionnel exécuté à l'origine lors de funérailles. Mais il a évolué et a acquis un caractère plus festif.
D'un point de vue musical, je cite le site Tourisme Bénin, "Le Zinli se joue avec les Kpézin qui sont des tam-tams ayant deux formes nuancées par la taille : Kpézinnon et Kpézinvi. On leur associe un vase tambour ayant donné son nom au rythme : Zinli. Tout cela se fait accompagné des sons de gongs, de hochets et battements de mains soutenus par des chants et danses.".
Si vous voulez voir comment on joue du zinli, regardez sur cette vidéo comment les musiciens jouent du vase tambour marqué "Zodji".
Depuis les années 1980, le zinli dit "rénové" a connu une grande popularité grâce au "roi" Alekpehanhou, dont je vous propose de regarder la vidéo pour la chanson Awo mèwito.
J'imagine assez bien que, en son temps, Goguin Hounzinmè était le roi du zenli traditionnel. En tout cas, je remarque que les deux faces du 45 tours, Mi djè midé si et Adjanou hla, sont construites de la même façon que le morceau d'Alekpehanhou : une première partie avec de la voix seule, avec ou sans choeurs, avant que les instruments n'entrent dans la danse.
Si quelqu'un en sait plus sur Goguin Hounzinmè, qu'il n'hésite pas à partager ses informations en commentaire. En attendant, je vous propose d'écouter ci-dessous les deux faces du disque.

Goguin Hounzinmè : Mi djè midé si.
 Goguin Hounzinmè : Adjanou hla.
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02 septembre 2017

WILSON PICKETT : I found a true love


Acquis sur le vide-grenier du Jard à Epernay le 13 août 2017
Réf : 650 114 -- Édité par Stax en France en 1968
Support : 45 tours 17 cm
Titres : I found a true love -/- For better or worse

Il y a des brocantes sur le Jard à Épernay tous les mois, voire même tous les quinze jours à certaines périodes de l'année, mais la plupart du temps elles ne rassemblent que la même grosse poignée de vendeurs professionnels locaux, et sont donc de peu d'intérêt. Mais, une ou deux fois par an, notamment à la mi-août, il y a un événement plus important, avec des vendeurs venus de plus loin, et là il y a parfois la possibilité de faire une bonne affaire.
C'est ce qui m'est arrivé le mois dernier, où j'ai acheté des disques intéressants sur quatre stands, dont celui-ci à un pro du disque arrogant, qui avait des disques très chers, mais aussi une boîte à 1 €, la seule que j'ai regardée, où j'ai bizarrement trouvé le 45 tours 2 titres "juke-box" de L'eau à la bouche de Gainsbourg, le Save me de Julie Driscoll & Brian Auger et ce 45 tours de Wilson Pickett.
Celui-là, je sais pourquoi il n'était "qu'à" 1 € : le disque est en bon état, mais il n'y a que la moitié de la pochette papier, le recto heureusement, qui a été collée sur celle d'un disque publicitaire largement diffusé, que j'ai peut-être bien quelque part, le Cosmos 70 de Grundig.
Comme beaucoup de disques Stax ou Atlantic diffusés par Barclay à cette époque, celui-ci porte le tampon de Rhythm and Blues Formidable, une excellente collection, mais les disques qu'elle contient ne sont malheureusement pas tous essentiels : j'ai récemment été déçu par le Born again de Sam and Dave, dont la photo de pochette était pourtant très sympathique.
Sur ce titre, la discographie de Wilson Pickett peut être piégeuse de prime abord.
En effet, il a sorti en 1967 sur 45 tours Atlantic 45-2394 et sur l'album The sound of Wilson Pickett la chanson I found a love, de Robert West, Willie Schofield et Wilson Pickett. Cette chanson, un slow, est très bien, mais elle n'a rien à voir avec celle qui nous intéresse aujourd'hui.
En effet, l'année suivante, Wilson Pickett a sorti sur 45 tours Atlantic 45-2558 et sur l'album The midnight mover la chanson I found a true love de Reggie Young et Bobby Womack, diffusée en France sur ce 45 tours à la pochette jaune (alors que l'album, lui, n'est pas sorti chez nous à l'époque).
Donc, I found a true love est co-signé par Bobby Womack. Je ne le savais pas avant, mais Pickett a contribué à faire reconnaître Womack comme compositeur en enregistrant dix-sept de ses chansons, de 1966 à 1968, à Memphis et Muscle Schoals. Ces chansons viennent justement d'être rassemblées pour la première fois sur la compilation Wilson Pickett sings Bobby Womack, éditée par Ace cet été.
Sur l'album The midnight mover, produit par Tom Dowd, c'est carrément six des onze titres qui sont co-écrits par Womack. Certains sont des originux, d'autres sont des reprises. C'est le cas de I found a true love, parue initialement en 1965 en face B d'un 45 tours de Bobby Womack of The Valentinos. La version originale est excellente. La version Pickett est meilleure encore, un rhythm and blues d'anthologie, avec une très bonne partie de guitare électrique et la puissance de la voix qui emporte tout.
La face B, For better or worse, qui est aussi sur l'album, est très bien également. C'est un slow blues marqué par des choeurs aux accents gospel.




Le verso de la pochette, que je n'ai pas, avec un supplément de gommettes.

27 août 2017

MARIE-JOSÉE & ROGER CLENCY : Pas touche mo joué-joué


Acquis chez Hervé L. à Épernay le 24 juillet 2017
Réf : 3.003 -- Édité par AS en France probablement dans les années 1970
Support : 45 tours 17 cm
Titres : MARIE-JOSÉE : Pas touche mo joué-joué -/- ROGER CLENCY : A la léa aller

L'ami Hervé a décidé de se séparer de sa collection de disques. Pour ma part, je suis loin d'imaginer en venir à une telle extrémité (Au contraire, je continue à ajouter des disques à ma collection chaque semaine), alors j'étais tout à fait partant pour aller voir si je trouvais chez Hervé quelques disques à mon goût.
Je n'étais pas le premier à faire le voyage, plusieurs acharnés m'ayant précédé, mais pourtant j'en suis reparti avec quelques 33 tours et CD, et surtout une grosse quarantaine de 45 tours, reflets de la variété des goûts d'Hervé puisqu'on y trouve du rock et de la chanson, des disques des années 60 et des années 80, du rap et de la musique africaine, et aussi plusieurs 45 tours de séga de La Réunion ou de l'Île Maurice.
Je m'intéresse au séga depuis que, il y a pile huit ans, j'ai acheté deux 45 tours anciens et rares de Ti Frère. Depuis, j'ai notamment acheté d'autres disques de séga à Southsea en 2010, dont le Jean-Claude et ses Wachi Wala, et à Saint Remy en Bouzemont il y a deux ans : Planning familial de Jean-Claude Thévenin.
Il y a les achats, mais aussi les cadeaux : en 2012, Philippe R. m' offert Ortensia, l'un des grands succès de Roger Clency et Marie-Josée.
Marie-Josée et Roger Clency, c'est, pendant près de soixante ans un duo à la scène et, pendant longtemps, un couple à la ville. A l'occasion du concert Nostalgie autour de Roger et Marie-Josée Clency le 11 juillet 2015 à Vacoas-Phoenix, LeMauricien.com a retracé en détails leur parcours.
En 2016, ils étaient présents avec La vie en badinage sur la compilation Soul sok séga de Strut Records.
Malheureusement, Roger Clency est mort à 74 ans en janvier 2016. Marie-Josée lui a rendu hommage dans un entretien pour 5-Plus Dimanche.

J'ai trouvé sur Discogs la trace de quatre versions différentes, toutes orthographiées différemment, de Pas touche mo joué-joué :

Je pense que le seul extrait de la chanson qu'on trouve sur YouTube vient de l'un de ces deux derniers disques.

Roger et Marie-Josée ont enregistré des duos, mais sur ce disque ils prennent le chant principal chacun sur une des faces.
Pas besoin d'avoir l'esprit trop mal placé, pas besoin de savoir que Roger Clency s'est fait une spécialité des des ségas à double sens, pas besoin non plus de comprendre les paroles pour penser que Pas touche mon joué-joué ne parle d'une gamine pas partageuse dans une cour de récréation ! En tout cas, c'est une excellente chanson et cette version est une grande réussite.
Plus lente et dans un style différent, A la léa aller est également très bien.
Comme je n'ai pas du tout trouvé ces enregistrements en ligne, je vous les propose ici, en attendant d'écouter ensemble prochainement d'autres ségas.

Marie-Josée : Pas touche mo joué-joué.
Roger Clency : A la léa aller.

20 août 2017

DEATH IN VEGAS : Dirge


Acquis chez Salvation Army à Poole le 31 mai 2017 2017
Réf : HARD44CD2 -- Édité par Concrete en Angleterre en 2000
Support : CD 12 cm
Titres : Dirge #2 -- Dirge (Live) -- Death threat (Live) -- Dirge (Video)

En vadrouille à Poole au printemps dernier, je suis tombé dans la boutique de l'Armée du Salut sur une grosse poignée de CD à 50 pence de la des fin années 90-début des années 2000, de Super Furry Animals, Modest Mouse, Death Cab For Cutie, Weezer, Asian Dub Foundation, Air, et Dilated Peoples. Plus celui-ci.
The contino sessions, le deuxième album de Death In Vegas, est sorti en septembre 1999. Comme d'autres groupes électroniques de DJ/musiciens de l'époque (The Chemical Brothers, Unkle,...), ils ont fait appel sur cet album à des chanteurs invités : Iggy Pop et les amis Bobby Gillespie, Jim Reid et Dot Allison, anciennement de One Dove, qui chante sur Dirge.
Dirge a été publié une première fois en single en novembre 1999. Le titre principal en était la version album, qui dure 5'43.
Pourquoi est-ce que le label a décidé, à peine six mois plus tard, de sortir une nouvelle édition ce titre en single ? Sûrement parce qu'il pensait que le titre n'avait pas réalisé tout son potentiel commercial la première fois, et aussi parce qu'il souhaitait bénéficier des retombées de l'utilisation de cette chanson dans une pub pour des jeans Levi's au début de l'année 2000.

Il y a deux principaux changements dans cette nouvelle édition :
  • Alors qu'à l'origine, Dirge n'était créditée qu'aux deux membres de Death In Vegas Richard Fearless et Tim Holmes, on voit désormais apparaître les noms de Graham Cassie, Dave et Simon Harper, John Yorke et Daniel Whittock, soit ceux des membres du groupe Five Or Six qui sont les auteurs-compositeurs en 1981 de Another reason. C'est tout à fait normal car, même si je ne m'en suis pas rendu compte moi-même initialement, c'est bien Another reason qui constitue la colonne vertébrale de Dirge. Mais il a fallu une action judiciaire pour que cela soit reconnu.
  • Dirge a été remixée et est devenue Dirge #2, perdant au passage plus de deux minutes, les premières il me semble. "Dirge", en anglais, ça désigne un hymne funèbre ou un chant lugubre. Je ne trouve pas que ça s'applique à cette composition construite autour des "La la la" de Dot Allison. Dans la version originale, ça montait lentement en pression à partir d'une phrase de guitare et d'une grosse ligne de basse, avant d'éclater avec l'arrivée d'une guitare bien crade et de la batterie. Là, on rentre directement dans le vif du sujet en se concentrant sur la partie la plus énergique de la chanson, mais c'est un remix que je trouve très réussi et très efficace.
Je suis parfois étonné que des groupes de bidouilleurs pas toujours musiciens réussissent à captiver les foules sur scène, mais c'est apparemment ce que Death In Vegas a réussi à faire : ils ont été à l'affiche des plus grands festivals pendant des années de La Route du Rock à Glastonbury.
Le CD 1 de la réédition contient des remixes de Dirge. Le mien, c'est le CD 2 et on y trouve deux titres enregistrés en concert en novembre 1999 au Shepherds Bush Empire de Londres, Dirge et Death threat. Les versions ne sont pas mauvaises, elles sont juste très proches de celles de l'album, avec des  cuivres comme seul ajout notable.
Death threat est un instrumental construit autour d'un échantillon de voix trafiquée, qui devient comme une sorte de vrombissement d'insecte électronique et n'est pas sans évoquer Higher than the sun.
Death In Vegas est actuellement en activité, avec Richard Fearless comme seul membre permanent. Le groupe a sorti l'an dernier son sixième album, Transmission.



Death in Vegas, Dirge, en direct dans l'émission Later with Jools Holland, en 2000.

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