17 décembre 2017

BILLY SWAN - SANTANA : Dialogue...


Acquis chez La Ressourcerie de l'Île à Rezé le 9 décembre 2017
Réf : ESP 12040 -- Édité par CBS Special Products en France en 1976
Support : 45 tours 17 cm
Titres : BILLY SWAN : I can help -- SANTANA : Evil ways (Extrait) -/- BILLY SWAN : Don't be cruel (Slow version) -- SANTANA : Oye como va (Extrait)

Drôle d'objet que ce disque, trouvé à la ressourcerie de Nantes la semaine dernière.
On comprend qu'il a été réalisé pour une opération commerciale de la banque Crédit Mutuel (dont le logo n'a pas changé en plus de quarante ans), mais laquelle ? Peut-être quelque chose de festif vu le dessin ? Et il y a ce titre Dialogue..., dont on serait bien incapable de dire s'il se rapporte à la relation entre la banque et ses clients où aux deux artistes présents sur le disque. Car c'est une des autres particularités de ce 45 tours d'associer dans ses sillons Santana et Billy Swan, qui n'ont a priori en commun que d'avoir été tous les deux distribués par CBS en France en 1976 ! Et puis, ce 45 tours n'est pas tout à fait un EP, car les deux titres de Swan sont complets, mais ceux de Santana ne sont que des extraits.
La pochette est signée Xavier Armange. Je pensais comme souvent avoir affaire à un inconnu, mais non ! Il a certes débuté dans la communication, mais est désormais réputé comme écrivain, illustrateur, photographe et éditeur. N'en jetez plus ! Je ne sais pas s'il y a un rapport, mais j'ai acheté mon disque dans l'agglomération nantaise et Xavier Armange est originaire de cette ville. Ce qui est sûr en tout cas, c'est que la maison d'édition D'Orbestier qu'il a fondée et sa filiale jeunesse Rêves Bleus ont actuellement leur siège dans la rue même où je logeais le week-end dernier !
Je me suis surpris moi-même en découvrant que j'avais déjà chez moi trois 45 tours de Billy Swan, mais le plus étonnant c'est qu'aucun de ces disques n'est I can help, son méga-tube, que j'ai pourtant beaucoup aimé quand on l'entendait partout par chez  nous en 1975. Je ne comprends pas pourquoi je n'ai encore jamais acheté le 45 tours du commerce qui est très courant.
Certes, Billy Swan n'a jamais renouvelé ce succès, mais il serait faux de dire que c'est l'homme d'un seul tube : il a composé au début des années 1960 la chanson Lover please, dont Clyde McPhatter a fait un succès en 1962. On en trouve une version par son auteur sur son premier album de 1974, aussi intitulé I can help, mais la version définitive pour moi, même si elle a peu à voir avec les autres, restera éternellement celle, instrumentale, qu'on trouve sur l'album Back in your life de Jonathan Richman & the Modern Lovers.
Réputé comme auteur, musicien de session et producteur (il a travaillé sur Polk salad Annie de Tony Joe White), Billy Swan ne s'attendait sûrement pas à se retrouver sur le devant de la scène avec son premier album sous son nom. Il a composé I can help accompagné d'une boite à rythmes sur un petit orgue électrique offert pour son mariage par Kris Kristofferson et Rita Coolidge. Ça s'entend dans la version finale, portée par cet orgue, qui fonctionne sûrement grâce à son rythme chaloupé et son petit hoquet de refrain qu'est "I can help".
L'autre titre de Billy Swan sur ce disque est aussi extrait de l'album, une excellente version ralentie de Don't be cruel d'Elvis Presley. Billy et Elvis se connaissaient depuis que Billy Swan avait séjourné pendant plusieurs mois à Memphis en 1963 : il logeait chez Travis Smith, l'oncle d'Elvis qui était aussi le gardien de Graceland. Elvis a enregistré sa propre version d'I can help, très fidèle à l'originale, en 1975 pour son album Today.
Le seul titre de Santana qui m'a vraiment intéressé dans les années 1970, c'est son instrumental Europa. Jusqu'à ce que j'écoute mon disque cette semaine, je ne crois pas que je connaissais Evil ways. C'est une reprise d'un titre de 1967 de Willie Hobo qui est très importante pour Santana : on la trouve sur le premier album du groupe et, sortie en 45 tours, ce fut leur premier succès. Ils en ont donné une version mémorable au festival de Woodstock en 1969. Le plus étonnant, c'est que, avec l'orgue, l'enchaînement d'I can help et d'Evil ways fonctionne très bien.
J'ai connu Oye como va pas au moment de la sortie de l'album Abraxas en 1976 mais au début des années 1980 par l'intermédiaire de la version qu'en donnait sur scène un groupe de copains de Châlons dont je n'arrive pas à retrouver le nom. Mais une fois encore, l'original n'est pas de Santana : il s'agit d'un titre de 1963 écrit par Tito Puente. C'est une chanson latino-rock qui m'a toujours bien plu.
Dommage qu'il n'y ait de la place que pour des extraits de ces deux titres de Santana sur mon disque. En tout cas, en le choisissant, je ne pensais pas faire une aussi bonne affaire.


Billy Swan, I can help, en direct dans l'émission The midnight special de Burt Sugarman.


Billy Swan, Don't be cruel.


Santana, Evil ways, en concert au Tanglewood à Lenox, le 18 août 1970.


Santana en concert au Tanglewood à Lenox, le 18 août 1970 (Oye como va à 13'19 s).

16 décembre 2017

McCARTHY : Red sleeping beauty


Sûrement offert par un ami anglais, probablement Luke Chromatone, à Londres en 1986
Réf : PINKY 12 -- Édité par Pink en Angleterre en 1986
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Red sleeping beauty -/- From the damned

Je suis en train de finir de lire le gros livre tout récent de Neil Taylor, C86 & all that : The creation of indie in difficult times. Il fourmille d'informations sur la scène indépendante britannique des années 1980, avec des gros plans sur la genèse de Creation, Television Personalities, Felt et tous les groupes qui ont participé à la compilation C86 du NME. Neil Taylor est bien placé pour en parler, puisqu'il était à l'époque journaliste au NME et qu'il fait partie de ceux qui ont sélectionné les groupes et les titres pour cette compilation.
Il y a plusieurs pages sur McCarthy dans le livre, et on y a apprend notamment que le groupe pensait sincèrement que le titre fourni pour C86, Celestial city, était ce qu'ils pouvaient faire de mieux. Mais juste après ils ont enregistré Red sleeping beauty et se sont tout de suite rendus compte que c'était une classe au-dessus.
Je ne sais plus vraiment comment j'ai récupéré ce 45 tours, mais le plus probable est que c'est l'ami Luke qui me l'a donné lors d'un de mes séjours à Londres à l'époque, puisque c'est une de ses pochettes Chromatone Design, comme il en a fait beaucoup pour Creation et ce label cousin qu'était Pink. Non pas qu'il ait eu beaucoup à faire pour cette pochette, puisque le recto est entièrement occupé par la photo en noir et blanc à l'objectif en œil de poisson de Steve Double (à tel point qu'un macaron a été ajouté pour indiquer le nom du groupe), tandis qu'au dos on ne trouve que les crédits de base, dans un blanc sur fond noir des plus sobres, mais qui ne peut que m'évoquer le verso de Someone stole my wheels !
Ceci est le deuxième 45 tours de McCarthy, après In purgatory. J'ai tout de suite aimé Red sleeping beauty. Je ne crois pas m'être fait la remarque à l'époque, mais l'introduction instrumentale me fait penser aujourd'hui à celle de The instrumental d'un autre groupe Pink, The June Brides. Mais le petit truc qui me fait craquer, c'est un coup de caisse claire à contretemps du batteur Gary Baker, visiblement un excellent musicien qui fait ici une prestation digne de celle de Stephen Morris sur Atrocity exhibition de Joy Division.
La chanson dans son ensemble est tout à fait dans le style jangling/noisy de l'époque, avec même sur la fin un son qui annonce presque le bon My Bloody Valentine de 1988.
La particularité du groupe est qu'ils étaient politiquement impliqués, ce qui se reflète subtilement dans les paroles. On apprend dans le livre que le rouge de cette Belle au bois dormant rouge est bien en référence au communisme et à la révolution.
La face B, From the damned, est très bien et très énergique également.
Danceteria a sorti en France en 1988 une compilation des premiers singles de McCarthy, A la guillotine !, qui s'ouvre sur Red sleeping beauty. Elle a contribué à faire connaître le groupe par chez nous, ce qui explique sûrement que les deux seules vidéos en public qu'on trouve de Red sleeping beauty sur YouTube ont été tournées en France.
McCarthy s'est séparé en 1990 après avoir sorti trois albums. Tim Gane a fondé ensuite Stereolab avec Lætitia Sadier, qui les avait rejoints sur la fin. Le chanteur Malcolm Eden a  lui sorti deux disques avec Herzfeld, un groupe qui comprenait aussi Philippe Lavergne des Freluquets !
Parmi les fans célèbres de McCarthy, on compte Manic Street Preachers, qui ont publié pas moins de trois reprises du groupe, dont une version très fidèle de Red sleeping beauty, en 2007, en face B d'Autumnsong.

On trouve en ligne assez peu d'informations détaillées sur McCarthy, mais on peut lire avec intérêt les entretiens réalisés par Tommy Gunnarsson pour Pennyblackmusic avec Malcolm Eden, Tim Gane et John Williamson.


McCarthy, Red sleeping beauty, en concert à La Locomotive, à Paris, le 21 mai 1987.


McCarthy, Red sleeping beauty et A child soon in chains, en concert à Lille et à la télévision le 19 mars 1988.

11 décembre 2017

TAMARII MATETE NO UTUROA : Un vendredi au marché d'Uturoa


Consulté la première fois sur YouTube en 2016
Réf : [sans] -- Diffusé par Lane2812 le 14 octobre 2013
Support : 1 fichier flv
Titre : Un vendredi au marché d'Uturoa

C'est Philippe R. qui m'a envoyé le lien vers cette vidéo la semaine dernière en me disant que j'allais l'aimer. Il connaît suffisamment mes goûts pour n'avoir eu aucun risque de se tromper. Et même, je connaissais déjà cette vidéo, sûrement parce qu'il avait déjà dû me la signaler l'an passé !
Le contexte est simple : nous sommes sur l'île Raietea à Uturoa, chef-lieu des Îles Sous-le-Vent, en Polynésie Française. C'est vendredi, jour de marché, et visiblement, un groupe d'amis s'y donne rendez-vous toutes les semaines jusque midi pour y jouer et chanter ensemble.
L'extrait qu'on peut voir, c'est un long morceau, tout à fait dans la veine de mes disques préférés de chansons de Tahiti, comme Oiseaux de paradis ou Tahiti : Île de Paradis. Sauf que là, ce n'est pas dans les années 1950, c'est vivant, en train de se créer devant nous.
Ils sont une dizaine à chanter et à jouer, avec basse, guitare, ukulélé, percussions et des instruments traditionnels que je ne reconnais pas. Les gens passent, s'arrêtent ou non, se déhanchent. Un moment de plaisir pur, comme on a pu en vivre lors de concerts de Jonathan Richman. Le meilleur de ce que la musique peut nous apporter.
J'ai souvent l'occasion de dire que les disques me permettent de faire des voyages immobiles. Grâce à ce genre de vidéos, désormais facilement accessibles, l'expérience s'améliore encore. Là, j'ai carrément l'impression d'être allé au marché ce matin, d'être tombé sur les Tamarii Matete no Uturuoa au coin de la rue et d'en être revenu remonté à bloc pour la semaine !

03 décembre 2017

LES AMIS DES ONDES : A la recherche du temps... des biguines


Acquis chez Récup' R à Dizy le 25 novembre 2017
Réf : CELINI 108 -- Edité par Aux Ondes/Disques Célini en France en 1970
Support : 33 tours 30 cm
10 titres

J'ai fait un petit tour à la Ressourcerie la semaine dernière. Dans un premier temps, j'ai cru qu'il n'y avait eu aucun arrivage récent de disques, puis en fouillant un peu, j'ai trouvé un bel exemplaire du Vacances-party de Georges Jouvin, et puis un album de Duffo, le premier Herman Brood and his Wild Romance... Finalement, je suis reparti avec six 33 tours, la plus belle pièce étant celui-ci, un exemplaire acquis par "Lisiane" à Fort de France en juillet-août 1976.
Quand je pense que, la veille encore, je participais à une rencontre avec l'écrivain guadeloupéen Daniel Maximin, au cours de laquelle il a insisté sur l'importance de la musique dans son écriture. Je lui avais expliqué que je voyageais souvent aux Antilles, par la musique, grâce aux disques que j'achète autour d’Épernay. A ce moment-là, je n'espérais pas ajouter un disque à ma collection dans les heures qui allaient suivre !
Le recto de la pochette fait peur, pourtant. Quand j'ai vu le haut du disque et de la photo, je m'attendais à un disque folklorique typique, genre du sud de la France continentale. Et puis, j'ai vu le mot "biguines" en bas de la pochette, et j'ai tout de suite su que ce disque allait m'intéresser. Et j'en ai été certain quand j'ai retourné la pochette et que j'ai vu que c'était un disque Célini/Aux Ondes.
Ce 33 tours est un album au sens propre, en ce sens qu'il a une pochette ouvrante, avec un feuillet supplémentaire. On y voit les musiciens en studio le 1er novembre 1969, dont Robert Mavounzy, qui m'avait déjà beaucoup plu il y a quelques temps sur le 45 tours Adieu foulard adieu madras. Là, il retrouve un autre grand saxophoniste, Émilien Antile, ainsi que Tony Faisans à la basse Fender et Philippe Dambury (pour les noms que j'arrive à déchiffrer). Et l'invitée d'honneur de ce disque, dont le but était de mettre à l'honneur la biguine d'antan, est la chanteuse, qui n'est autre que Madame Lise Mavounzy, la maman de Robert.
J'étais bien content de mon achat, mais je l'ai été encore plus dès les premières notes de Tête cantée sur le côté, qui donnent  bien le ton de tout le disque : c'est rythmé, dansant, hip pop optimiste et excellent de bout en bout. La preuve sur la suite de la face avec Ban moin on lisine, Roulé la bodé et Moune dino.
Quand les titres s'allongent en fin de face, avec Mayé quand minme et le sommet du disque, En ké ba ou ça, ça donne la possibilité aux musiciens de s'en donner à cœur joie dans des parties instrumentales.
Le rythme ne faiblit pas en face B, avec Licifé, Belzébithe, Mac Mahon, Boboyotte en moin, Téléphonez la femme au galop, qui démarre avec le son d'une sirène, et Diab'la prend yo.
Toutes les chansons sont créditées comme du "Folklore", mais je m'étonne un peu car les seules références qu'on trouve aux titres de ces chansons mènent à ce disque. Soit ces chansons sont vraiment traditionnelles, mais elles sont peu référencées et enregistrées par ailleurs, soit la plupart ont des paroles au moins en partie originales.
A propos de ces paroles et de Madame Mavounzy, c'est paradoxalement dans un livre en anglais publié en 2000 aux Presses de l'Université de Chicago (Awakening spaces : French Caribbean popular songs, music and culture, de Brenda F. Berrian) que j'ai trouvé le plus d'informations.
Page 153, on apprend d'abord que Madame Mavounzy a été reine de la Fête des cuisinières. C'est grâce à ça que j'ai compris que les photos en couleurs de la pochette ont été prises pendant la parade de cette fête.
Ensuite, et surtout, on découvre que les paroles des chansons de ce disque sont truffées d'allusions sexuelles, qui sont mieux acceptées venant d'une dame âgée et donc respectable ! Ainsi, il serait question de femme adultère dans Téléphonez la femme au galop, d'une femme qui couche avec trois hommes différents dans Licifé, Belzébithe et Mac Mahon, d'une femme enceinte indifférente à sa grossesse dans Roulé la bodé et d'une femme qui apprécie les rencontres sexuelles dans En ké ba ou ça où, sans rougir, Mme Mavounzy décrit quatre positions différentes et chante sur le refrain "Je vais t'en donner jusqu'à t'épuiser, je vais t'en donner, jusqu'à ce que tu supplies pour en avoir plus" !

Cet album, ainsi que l'album de 1972 Musique folklorique d'Al Lirvat et Robert Mavounzy, a été réédité en double CD dans la collection Nostalgie Caraïbes, mais cette édition semble actuellement indisponible.



02 décembre 2017

NANCY HOLLOWAY : T'en vas pas comme ça


Acquis sur le vide-grenier de la rue de la Chaude Ruelle à Épernay le 11 novembre 2014
Réf : 70.917 -- Édité par Decca en France en 1964 -- Offert par Phildar
Support : 45 tours 17 cm
Titres : T'en vas pas comme ça (Don't make me over) -/- Tu n'es pas venu (Whirlpool)

Certains laissent parfois entendre que tous les 45 tours deux titres (en opposition aux EP quatre titres) de la première partie des années 1960 sont destinés aux juke-box. On en avait déjà parlé à propos de Satisfaction : il y avait bien des versions deux titres qui sortaient dans le commerce en parallèle des EP. La pochette n'était pas en quadrichromie, elle n'était pas pelliculée et, avec les deux titres en moins, ça faisait un disque vendu moins cher dans le commerce.
Ce 45 tours-ci de Nancy Holloway est sorti quelques mois après l'édition originale en EP. Mon exemplaire porte une étiquette dorée qui indique qu'il a été "Offert par Phildar", probablement à l'occasion d'une opération de promotion, locale ou nationale. Le petit plus avec cette édition c'est que la photo utilisée n'est pas la même que pour le EP :


La pochette du EP 4 titres, sûrement plus facile à trouver que le 45 tours simple.

De nombreux artistes américains se sont établis en France dans les années 1960. Certains sont repartis après quelques années, d'autres sont restés, comme Memphis Slim ou Mickey Baker. Nancy Holloway vit toujours par chez nous.
On trouve sur ce disque deux adaptations en français de succès américains, avec un orchestre dirigé par quelqu'un que je ne connaissais pas, Jean Leccia, qui se trouve avoir fait le chemin inverse de Nancy Holloway puisque ce français a fait par la suite carrière aux États-Unis, vivant pendant longtemps à Las Vegas.
T'en vas pas comme ça est une version de Don't make me over, le tube énorme de Dionne Warwick. Je ne suis pas particulièrement fan du style un peu grandiloquent de Bacharach et David, mais j'admets bien volontiers que cette chanson est parfaitement réussie et d'une grande efficacité. L'interprétation de Nancy Holloway, avec sa pointe d'accent, et l'arrangement musical sont de très bonne tenue.
Mais je préfère la face B, une reprise de Whirlpool, un 45 tours de Wanda Jackson de 1962. Au moment de rédiger ces lignes, je viens de tomber sur une chronique de l'an dernier de Kevin du 77 pour Requiem pour un twister et il y dit exactement ce que je pense. Certes, la chanson originale est très bien, mais Tu n'es pas venu est une chanson enthousiasmante, avec son rythme chaloupé et ses chœurs, l'accompagnement de guitare, et surtout les solos enchaînés d'orgue et de guitare.
La même année que Nancy Holloway, une certaine Peggy a également enregistré Tu n'es pas venu, dans une version moins forte, au chant qui penche un peu vers Françoise Hardy.
Sylvie Vartan  a aussi interprété Whirlpool, mais en anglais, dans une version plus teintée Rhythm and Blues. L'enregistrement date de 1965, mais il n'est apparemment sorti qu'en 2010, sur un 45 tours avec Ne t'en vas pas en face B (rien à voir avec Don't make me over). Ce qui me rappelle qu'il y a quelque chose de singulier à voir l'association des deux titres de mon 45 tours de Nancy Holloway : le gars, s'il n'est pas venu, il ne risque pas de s'en aller comme ça !

27 novembre 2017

NEW ORDER : The perfect kiss


Acquis neuf je ne sais plus où dans la deuxième moitié des années 1980
Réf : Fac 123 -- Édité par Factory en Angleterre en 1985
Support : 45 tours 30 cm
Titres : The perfect kiss -/- The kiss of death -- Perfect pit

En novembre 1985, j'ai passé trois semaines en Grande-Bretagne, qui ont été bien occupées : séances en studio avec Biff, Bang, Pow !, séjour à Glasgow, concerts à Aberdeen et Croydon avec Primal Scream et Meat Whiplash, concerts à Manchester et Leeds avec The Jesus and Mary Chain et Felt...!
Au milieu de tout ce maelstrom, il y a eu des périodes de calme, notamment à un moment où l'ami Alan était absent de Londres. Du coup, j'ai repris la bonne vieille habitude de mon année londonienne 1983-1984 et, le 23 novembre 1985, j'ai passé mon après-midi au Scala Club Cinema, près de King's Cross. Trois films de Woody Allen étaient au programme pour un prix d'entrée inférieur à celui pour un film en centre-ville, Manhattan, Annie Hall et Play it again, Sam. Comme si ça ne suffisait pas, à un moment, au lieu du Woody Allen suivant, on a vu démarré quelque chose d'autre, et j'ai assez vite compris qu'il s'agissait d'une vidéo de New Order (réalisée par Jonathan Demme, avec Henri Alekan comme directeur de la photographie). Le son de cette vidéo, je l'ai appris plus tard, n'est pas comme d'habitude celui du disque, mais celui de la captation de la performance du groupe (même si des "pains" ont été corrigés par la suite).
J'ai dû acheter l'album Low-life dans les semaines qui ont suivi sa sortie, je connaissais donc Perfect kiss, mais c'est après avoir vu cette vidéo que j'ai vraiment pleinement apprécié cette chanson. Par contre, ce n'est que plus tard, et sûrement pas au prix fort, que j'ai acheté ce maxi sorti en même temps que l'album. Comme c'était la première fois que la face A d'un single de New Order était aussi sur un album, j'ai dû en profiter pour dépenser mon maigre budget autrement.
C'est bien entendu Peter Saville qui s'est chargé de la pochette. Un peu comme pour le 45 tours de Ceremony, on a une pochette unie avec des indications en relief. Comme l'habitude en avait été prise, le nom du groupe n’apparaît pas (mais hors Angleterre, les maisons de disque ne se gênaient pas pour ajouter un autocollant) et, pour ajouter au "mystère", seul le mot central du titre est au recto. Pour moi, c'est un des exemples qui montrent que toutes les pochettes de Saville ne sont pas mémorables.
La chanson, elle, l'est, heureusement. Pour cette version maxi de Perfect kiss, le groupe ne s'est pas contenté de remettre la version de l'album. Celle-ci, à plus de 8 minutes, dure presque deux fois plus longtemps, et la chanson y gagne, ce qui est loin d'être toujours le cas pour les "versions longues".
La première partie est une (bonne) chanson de New Order, avec des ingrédients qui me plaisent comme le séquenceur, les rythmes et les remarquables riffs de basse de Peter Hook. Mais, dans la partie instrumentale de la deuxième moitié, ça décolle vraiment et, si on arrive à commander à ses oreilles de faire abstraction du synthé un peu trop en avant et peu intéressant, on peut atteindre une transe dansante, qui vaut presque celle induite par l'écoute du maxi Blue Monday.
Sur la face B, Kiss of death est une version "dub" largement instrumentale de The perfect kiss et, miracle, les synthés sont moins présents dans la deuxième moitié. Quant à Perfect pit, c'est un court extrait, instrumental également, de ce qui semble être une version plus "brute" de la chanson, peut-être avec le jeu de batterie de Stephen Morris "au naturel", avant qu'il soit échantillonné et réintroduit dans le morceau.  Car, c'est l'une des choses que l'on découvre en regardant la vidéo ou des versions en concert : si Peter Hook et Bernard Sumner jouent à un moment des percussions, Stephen Morris, lui, déclenche des rythmes mais ne semble pas jouer directement de sa batterie.


New Order, The perfect kiss, la fameuse vidéo réalisée par Jonathan Demme.


New Order, The perfect kiss, en concert à l'International Centre de Toronto le 4 août 1985.
Je ne parlerai pas de la coupe de cheveux de Peter Hoook, mais Bernard Sumner est ridicule avec son short et ses chaussettes dans des mocassins vernis.


New Order, The perfect kiss, en concert à Louvain en 1985.



26 novembre 2017

MANU CHAO : Politik kills


Acquis le 29 janvier 2015 chez Emmaüs à Reims
Réf : BECAUSE 0216 -- Édité par Radio Bemba / Because en France en 2008 -- Promotional use only. Not for sale.
Support : CD 12 cm
Titres : Politik kills x 10

J'ai trouvé ce CD promo de Manu Chao, dans sa petite pochette cartonnée, un jour où j'avais fait de bonnes pioches chez Emmaüs à Reims, dont le 45 tours de Michel Colombier.
Je suis le parcours de Manu Chao depuis Mano Negra, et il y a plein de choses que j'apprécie énormément dans sa production. En solo, il a trouvé un ton et un son qui lui sont propres, à tel point que, dans ses collaborations (avec Idir, Noir Désir, Amadou et Mariam ou Calypso Rose par exemple), on reconnaît immédiatement sa patte. Le revers de la médaille, c'est qu'il se tient à cette formule musicale, et à tout l'univers qu'il a créé autour, au point parfois de donner l'impression de se répéter. Une impression renforcée, on va le voir, par l'habitude de remettre son ouvrage sur le métier et de faire évoluer certaines chansons sur plusieurs années.
Politik kills est pris de l'album La radiolina, paru en 2007. Avec son rythme tranquille, ses cuivres hispanisants, son chant et ses chœurs sereins, c'est une réussite. Les paroles, dénonciatrices, sont ici en anglais, mais facilement compréhensibles car dans une langue volontairement et habilement malmenée, comme Manu Chao sait le faire aussi avec l'espagnol et le français.
Quand cette chanson est sortie en 2007, elle avait déjà une longue histoire, y compris sur disque, car on en trouve des ébauches sur deux parutions précédentes.
La première c'est sur l'album Automatik kalamity d'Anouk, paru en 2017. Je connaissais Anouk sans la connaître, car elle est créditée au chant sur les albums de Mano Negra, sous son prénom ou son célèbre pseudonyme de Madame Oscar (sachant que, dans Mano Negra, Manu Chao était Oscar Tremor). Sur son album, qui comporte plusieurs échantillons de disques reggae, Manu Chao est crédité à la guitare, la voix et la basse. Sur la chanson Politik, qui est une autre chanson que celle-ci, on entend en même temps qu'Anouk chante l'échantillon d'un chanteur de reggae, ainsi que Manu Chao qui chante en chœur "Politik kills". Après deux minutes, il intervient plus longuement pour chanter "Politik use drugs, politik use bombs, politik use torpedoes, politik use blood, why my friend it's an evidence, politik is violence", c'est à dire un bon bout des paroles de Politik kills.
Idem en 2002, quand Mr. Bobby, une autre chanson de Manu Chao à l'histoire bien compliquée, a été éditée en single. En face B, la version Mr. Bobby (Politik kills) propose dans sa dernière minute, vous l'avez deviné, une autre version embryonnaire de la chanson.
On retrouve sur mon CD hors commerce la version de l'album, accompagnée de cinq remixes différents et des versions instrumentales de quatre de ces remixes. Notons que les disques commercialisés en France, aux États-Unis ou au Mexique ne comptaient que six ou sept titres. Deux versions ici présentes n'ont a priori pas été distribuées (le Rude Barriobeat instrumental et le David B. instrumental), tandis que le dub de Dennis Bovell n'est sorti que sur maxi américain.
Le clou du disque, c'est la version due à Dennis "Blackbeard" Bovell, qui a fait appel pour l'occasion à son vieux complice Linton Kwesi Johnson. Sur ce Denis Bovell remix, j'apprécie comment, de façon simple et subtile, LKJ choisit d'émousser le côté un peu slogan des paroles en chantant "Some politics kill" plutôt que simplement "Politik kills".
Le Prince Fatty remix, dû bien sûr à Prince Fatty, est lui aussi très reggae et excellent, tout comme sa version instrumentale.
Arrivé au Chris Blackwell & Paul "Groucho" remix, je dois bien dire que je commence à fatiguer, d'autant que cette version, tout à fait honnête, est proche de la version de l'album, avec des angles un peu plus arrondis peut-être.
Après ça, le style ragga du Rude Barriobeat remix m'aurait sûrement plu pris de façon isolée, mais là c'est déjà l'indigestion. Et quand arrive la version techno du David B. remix, là je rends mon tablier, même si au bout du compte j'ai passé un bon moment avec ce disque.




Manu Chao, Politik kills, en direct dans l'émission One Shot Not sur Arte, avec en invité un Linton Kwesi Johnson malheureusement sous-employé.


Manu Chao, Politik kills, en direct dans l'émission Tarata en 2009, avec en invités Tiken Jah Fakoly et Amazigh Kateb.


Manu Chao, Politik kills / Rainin' in paradize, en direct dà la télévision, dans une version acoustique.

19 novembre 2017

FOREST FIRE : Survival


Offert par Philippe D. à Paris le 3 juillet 2014
Réf : [CA TAL047] -- Édité par Talitres en France en 2009 -- For promotional use only, not for resale
Support : CD 12 cm
9 titres

Hier, je cherchais quel disque j'allais bien pouvoir chroniquer aujourd'hui. J'ai donc jeté un coup d’œil à la (petite) pile de CD mise de côté dans cette éventualité et l'un de ces disques, collé à un autre par une étiquette de prix, est tombé derrière le meuble. Je me suis contorsionné pour le récupérer et, quand j'ai vu la pochette, ça ne me rappelait rien du tout !
Il s'avère que c'est l'un des très nombreux disques offerts par Philippe D. il y a trois ans. Je l'ai écouté une fois et il m'a suffisamment plu et intrigué pour que je le mette de côté.
C'est un album court (9 titres en moins de 27 minutes), et en le réécoutant hier je l'ai à nouveau fortement apprécié et ça a confirmé mes bonnes impressions de la première écoute.
Forest Fire fait partie de ces groupes qui ont bénéficié du développement d'Internet pour se faire connaître. Ils ont enregistré leur album de façon complètement indépendante, l'ont mis en ligne et ont vendu quelques CD gravés. Repérés par quelques passionnés (La Blogothèque, notamment, en a fait son album de l'année 2008), ils ont ensuite pu éditer l'album plus largement chez eux aux États-Unis, mais aussi en Angleterre et même en France chez l'excellent label bordelais Talitres.
J'ai été accroché dès les premières notes d'I make windows. Pas grand chose de vraiment nouveau là-dedans, on est dans une sorte de folk-rock-Américana qu'on connaît et qu'on aime bien, mais c'est dynamique et accrocheur et ça donne bien la tonalité de l'album, confirmée par le titre suivant, Fortune teller, pas sorti en single mais pour lequel une vidéo a été tournée.
A force d'être courtes, certaines chansons donnent l'impression d'être coupées ou pas finies, comme Through my gloves, qui sonne un peu Calexico et Promise, qui démarre comme du blues joué à la façon du Velvet Underground, mais qui s'interrompt brusquement après 1'42 plutôt que de s'étaler sur dix minutes.
Et ça continue comme ça jusqu'au bout, avec notamment un enchaînement final de trois titres imparables.
Une belle découverte, donc, à l'image de The Shaky Hands, un autre groupe découvert grâce aux disques de Philippe, qui compte un musicien (Nathan Delffs) en commun avec Forest Fire.
Le groupe a sorti deux autres albums, Staring at the X en 2011 et Screens en 2013, mais je pense qu'il est maintenant séparé.

L'album est toujours disponible chez Talitres, en téléchargement et même en CD à moins de 5 €.






La vidéo de Fortune teller, suivie de deux versions très différentes l'une de l'autre, de 2010 et 2008.

18 novembre 2017

FRANKIE VALLI : Can't take my eyes off you


Acquis chez Hervé L. à Épernay le 24 juillet 2017
Réf : B304.139F -- Édité par Philips en France en 1967
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Can't take my eyes off you -/- My funny valentine

Chez Hervé L. l'été dernier, je n'ai pas acheté que des disques des îles de l'Océan Indien (Marie-Josée et Roger Clency, Michou) ou d'Afrique (Goguin Hounzinmé). Non, comme ses goûts, sa collection était très variée et j'ai ramené des 45 tours français ou étrangers de toutes époques, dont celui-ci, l'édition originale française de Can't take my eyes off you de Frankie Valli.
Cette chanson est devenue un classique et elle a été reprise des centaines de fois mais, très bizarrement, je n'ai quasiment jamais eu l'occasion d'écouter cette version originale, qui a connu un très gros succès dès sa sortie aux États-Unis.
C'est par des reprises que j'ai connu cette chanson, à commencer par celle, version disco, de Boys Town Gang en 1982. J'ai vu le 45 tours des milliers de fois dans les bacs des vide-greniers (sans jamais l'acheter) et, si jamais j'ai vu le groupe à la télé à l'époque, heureusement que je l'ai oublié car il y a de quoi être dégoûté à jamais de cette excellente chanson :



D'un autre côté, jusqu'à aujourd'hui j'ignorais jusqu'à l'existence d'Une poussière dans le cœur, la version française par Line Renaud, dont les paroles n'ont rien à voir avec l'original !
Pour moi, il y a eu surtout ensuite le medley des Pet Shop Boys avec Where the streets have no name de U2, mais c'est notamment parce que je n'ai aucune compilation avec cette chanson (contrairement à trois succès des Four Seasons qu'on trouve sur la BO de The wanderers) que j'ai passé autant de temps sans connaître la version de Frankie Valli.
Can't take my eyes off you est donc une chanson terriblement efficace, avec une construction un peu particulière il me semble. Elle s'ouvre sur deux couplets, sur un tempo plutôt lent, avec déjà une première mélodie et des paroles qui restent en tête ("You're just too good to be true, can't take my eyes off of you"), puis il y a un court passage instrumental qui fait monter le tempo et la pression, avant que le refrain n'explose, un moment que Frankie Valli signale d'un geste du bras quand il interprète la chanson. Et ce refrain et ses paroles sont aussi très mémorables ("I love you baby and if it's quite alright, I need you baby to warm a lonely night"). Du grand art, signé Bob Gaudio et Bob Crewe, à qui on doit, parmi beaucoup d'autres, Walk like a man.
En face B, My funny valentine est un autre classique, de la chanson jazz, mais là c'est une reprise que fait Frankie Valli. Cette chanson, pour le coup, c'est par la version d'Elvis Costello que je l'aie connue, avec la face B d'Oliver's army reprise en 1980 sur la compilation américaine Taking liberties. La version Valli est plutôt enlevée et très réussie.
Les deux faces de ce 45 tours figurent sur Solo, le premier album de Frankie Valli sans les Four Seasons. Mais le groupe n'était pas loin car le titre de l'album était préfacé par la mention "The 4 Seasons present" et, sur la pochette, le groupe le portait sur un plateau. Un peu bizarre.
Aujourd'hui, à 83 ans, Frankie Valli se produit encore régulièrement en concert.



12 novembre 2017

THE WAILERS : Catch a fire



Acquis chez A la Clé de Sol à Châlons-sur-Marne vers 198
Réf : 9123 013 -- Édité par Island en France dans la deuxième moitié des années 1970
Support : 33 tours 30 cm
9 titres

J'ai mis un peu de temps à apprécier Bob Marley. Certes, en 1978 j'ai aimé le tube Is this love ? suffisamment pour acheter le 45 tours mais, peu de temps avant ou après ça, on m'avait fait écouter l'album Exodus et ça ne m'avait pas du tout plus. J'étais resté bloqué devant l'aspect répétitif de la rythmique reggae. Ce n'est qu'avec l'album Survival en 1979, que j'ai acheté à sa sortie, que je me suis vraiment mis à apprécier Marley et les Wailers et que, au fil du temps, j'ai aimé leurs enregistrements les plus roots (J'apprécie mieux aujourd'hui, contrairement à l'époque, la production hybride de Could you be loved, mais il ne faut toujours pas me parler de Babylon by bus).
Je suis à peu près sûr que c'est au moment où j'écoutais beaucoup Survival que j'ai investi dans Catch a fire. Il faut dire que le disque chez le disquaire du coin n'était pas cher (entre 30 et 40 francs je crois) et puis il était dans sa fameuse pochette originale.
Due à Rod Dyer et Bob Weiner, elle fait partie avec quelques autres (Sticky finger des Rolling Stones, Look at yourself d'Uriah Heep ou Blue Monday de New Order me viennent à l'esprit) des pochettes élaborées qui sont devenues un sujet d'intérêt en elles-mêmes. En plus, elle représente un Zippo, et ces briquets américains avaient une grosse réputation quand j'étais gamin. Ça vous posait un gars quand il sortait son Zippo ou qu'il entreprenait de le remplir d'essence. Moi qui n'ait jamais fumé, j'aurais bien aimé pendant un temps en avoir un.
En Angleterre, il semble que seul le premier tirage de 20 000 exemplaires de Catch a fire ait été diffusé avec la pochette originale. Ils se sont très vite écoulés et les tirages suivants ont eu droit à une pochette toute simple avec une photo de Marley, qui devait coûter beaucoup moins cher à produire.
Ce n'est pas ce qui s'est passé en France. Déjà, je ne pense pas que le disque soit sorti par chez nous en 1973. L'ajout sur la pochette d'un gros macaron "Featuring Bob Marley" donne à penser que les exemplaires français sont sortis à partir de 1974-1975, après le départ de Peter Tosh et Bunny Wailer, quand le succès du groupe s'est amplifié sous le nom de Bob Marley and the Wailers. Ensuite, parce que le disque avec sa pochette briquet est resté disponible plusieurs années. La preuve, c'est que je l'ai trouvé sans problème vers 1980. Mais c'était la fin je crois : assez vite après la mort de Marley, c'est la seule pochette avec photo qu'on a vue dans les bacs français. En tout cas, les exemplaires avec pochette briquet sont désormais tous très recherchés par les collectionneurs. 
Catch a fire est le premier album des Wailers sorti chez Island. J'ai toujours cru que le titre avait avait à voir avec le fait de donner du feu à quelqu'un pour allumer son joint ou  sa clope, mais apparemment ça signifie plutôt "Va brûler en enfer" !
Outre sa pochette, le disque est surtout réputé pour avoir été "trafiqué" par le label pour lui donner un son plus international. Et c'est vrai que des enregistrements complémentaires ont été faits à Londres, mais au moins ce n'était pas pour y mettre des cordes, comme Trojan avait l'habitude de le faire. Il y a surtout de la guitare par Wayne Perkins et des claviers par Rabbit Bundrick, mais franchement aujourd'hui, à la réécoute, il n'y a plus grand chose qui m'écorche les oreilles, si ce n'est le solo de guitare sur Concrete jungle et un clavier  un peu trop présent sur 400 years. En plus, depuis la réédition Deluxe en deux CD de 2001, les fans ont la possibilité d'écouter la version "jamaïcaine" de l'album, sans les ajouts anglais, comme par exemple Concrete jungle et Stir it up sans les solos de guitare rajoutés.
A mon sens, le monument  du disque c'est sans conteste Stir it up. Cette version est moins roots que d'autres, mais je trouve que pour le coup les ajouts sont bien intégrés. Bizarrement, ce titre n'a pas été sorti en 45 tours, mais c'est sûrement parce que les paroles sont trop ouvertement sexuelles.
Mes deux autres titres préférés du disque ont toujours été les deux compositions de Tosh, 400 years et Stop that train. Il est intéressant de noter que ces trois chansons avaient toutes déjà été publiées sur d'autres disques (dés 1967 pour Stir it up !).
Le reste du disque est d'excellente tenue mais ne m'emballe pas autant. Musicalement, j'aurais plutôt tendance à conseiller African herbsman que Catch a fire, mais pour le coup la pochette de cette compilation est carrément moche !

Catch a fire est intégralement en écoute sur YouTube. Le disque est continuellement disponible depuis sa sortie.


Les Wailers interprètent Stir it up et Concrete jungle le 5 janvier 1973, en direct dans l'émission The Old Grey Whistle Test de la BBC. Superbe. J'adore le look de Peter Tosh.

11 novembre 2017

POSITIVE BLACK SOUL : Positive Black Soul


Acquis probablement avec un magazine professionnel en 1995
Réf : 4427 -- Édité par Island / Mango en France en 1995 -- Not for sale
Support : CD 12 cm
Titres : Je ne sais pas -- Boul falé -- Def lo xam -- Ataya

Je ne savais plus trop comment j'avais récupéré de CD promo du groupe de hip hop sénégalais Positive Black Soul. C'est la trace de l'arrachage d'un ruban adhésif au verso de la pochette qui a ravivé mes souvenirs : je pense que ce disque était fixé sur une page de pub d'un magazine professionnel, probablement Le Bulletin des Rotations, pub qui annonçait la sortie du premier album du groupe, Salaam.
Une dizaine d'années après avoir tenté de faire de King Sunny Adé une star internationale à l'échelle de Bob Marley, Island avait sûrement décidé de promouvoir d'autres artistes africains et avait misé sur Positive Black Soul. Le disque a eu un bon écho, mais ça ne s'est malheureusement pas traduit par un succès à l'échelle mondiale.
Ça fait bien longtemps que je n'avais pas réécouté ce disque, mais mon opinion à son sujet n'a pas changé : on a là quatre titres d'excellente tenue, dans une veine entre la face la moins sombre d'IAM et MC Solaar, qui les a beaucoup soutenus et qui a enregistré avec eux.
Positive Black Soul associe deux excellents vocalistes, mélange les langues (wolof et français, principalement, plus un peu d'anglais) et a pour particularité d'incorporer à son hip hop des éléments de musique africaine.
Comme ils me plaisent tous, j'ai un peu de mal à choisir parmi les quatre titres. J'ai peut-être une préférence pour la première Je ne sais pas et la dernière, Ataya (le thé sénégalais), que j'enchaînerais bien dans une compilation avec Donne-moi le micro. Mais Def lo xam, avec ses instruments traditionnels, et le single Boul falé sont aussi très bien.

Les quatre titres de ce disque se trouvent sur Salaam, un CD qu'on trouve d'occasion pour moins de 1 €, et sur lequel il y a un bon nombre d'autres perles (Le bourreau est noir, Djoko, Bon à rien...).


01 novembre 2017

MEXICO : FIESTAS OF CHIAPAS AND OAXACA


Acquis chez Oxfam à Charleroi le 16 août 2017
Réf : H-72070 -- Édité par Nonesuch aux États-Unis en 1976
Support : 33 tours 30 cm
14 titres

L'an dernier, lors d'une virée à Charleroi et Namur, j'avais trouvé à l'Oxfam de Marcinelle plein de disques aussi variés qu'intéressants, comme le 78 tours des Sœurs Étienne, les reprises à l'accordéon de tubes d'Elvis par Oscar Denayer ou Opel Far East trip, l'album-support d'un jeu concours pour les concessionnaires de la marque en Belgique.
En y retournant cette année, j'espérais récidiver, mais ce genre de petit miracle se répète rarement dans la vie. En tout cas, il est difficile de les provoquer.
Cet été, je n'y ai donc trouvé qu'une petite poignée de disques, mais parmi eux, pour 30 centimes, il y avait cet album qui s'est révélé très réjouissant d'enregistrements de terrain au Mexique dans les années 1970.
Ces enregistrements ont été faits par un anglais, David Lewiston, qui est mort en mai cette année, à 88 ans.
Musicien de formation, établi à New York, il était devenu journaliste financier pour vivre. En 1966, il a pris un congé sabbatique, a voyagé à Bali d'où il est revenu avec des bandes publiées sous la forme de l'album Music from the morning of the world dans la collection Explorer de Nonesuch. Il n'a plus jamais travaillé dans la finance ensuite et a enregistré de nombreux albums, en Inde, au Maroc, au Japon ou, comme celui-ci, au Mexique. On peut lire chez RootsWorld un entretien avec David Lewiston réalisé fin 2000.
On trouve sur ce disque des musiques de fête du Chiapas et d'Oaxaca, deux états du Sud du Mexique. Pas grand chose à voir avec un autre disque chroniqué ici, où l'on se situait au Nord du pays, à la frontière avec le Texas.
Le premier titre, Son sventa n'ahual San Lorenzo, est joué lors de processions pour la fête de Sainte-Marie de Guadelupe. L'instrument principal est une flûte en roseau, l'amay, avec un emboût, deux trous au-dessus et un en-dessous. La musique est entraînante, avec un accompagnement de percussions, de pétards, plus les cloches de l'église qui sonnent à toute volée et un son bizarre que je n'ai pas réussi à identifier. 
A l'écoute de ce titre, j'ai su tout de suite que j'avais bien fait d'acheter ce disque. Dans l'esprit, ce n'est pas loin des Yuyai jai'pna tapes de Luzmila Carpio.
Ensuite, c'est du classique, avec un orchestre de marimba. Il y en a trois sur la face. Ça me fait penser que j'ai un album d'un groupe appelé Marimba Chiapas. Si vous êtes dans le coin, vous aurez peut-être l'occasion d'en écouter une face entière ce dimanche 5 novembre à la salle des fêtes d'Hautvillers, où j'assurerai l'animation musicale de la Bourse BD-Disques.
J'ai sursauté à l'écoute de Batsí son martomail et
K'in sventa ch'ul me'tik Kwadulupe : les voix et l'ambiance m'ont fait penser à un disque que j'aime beaucoup mais qui n'a rien à voir, Light green leaves de Little Wings.
Sur cette face, on trouve aussi un instrumental à la guitare, Son sventa ch'ul na, et elle se termine en beauté avec
Son Sventa Cajvaltic, qui est comme la suite du premier titre.
La face B est d'une aussi bonne tenue, avec des cuivres, du violn et encore de la flûte de la guitare. Une fois de plus, je suis bien content de voyager en musique !

Une réédition en CD de cet album est disponible, toujours chez Nonesuch.
L'album est intégralement en écoute sur YouTube.

29 octobre 2017

BOBBIE GENTRY : Ode to Billie Joe


Acquis sur le vide-grenier du Triangle magique à Épernay le 12 mars 2017
Réf : 5950 -- Édité par Capitol aux États-Unis en 1967
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Ode to Billie Joe -/- Mississippi delta

C'était une des premières brocantes de cette année. Il faisait plutôt beau et je suis tombé sur Damien R. au moment où il payait des 45 tours à 50 centimes sur un stand. On a discuté pendant que je passais en revue presque machinalement les 45 tours, presque tous de variétés. Quand j'ai repéré ce superbe logo Capitol sur un disque sans aucune pochette, j'ai regardé ce que c'était,j'ai récupéré une pochette blanche sur un autre disque et, alors qu'on se dirigeait vers le stand suivant, Damien était tout surpris de voir que j'avais payé et emporté le disque pendant qu'on discutait.
Comme souvent, on se demande comment un disque américain a pu se retrouver à Épernay mélangé à ce qui visiblement n'est pas une collection très pointue. Mais j'ai été bien content de récupérer cette Ode to Billie Joe, un tube mystérieux et envoûtant qui fêtait justement ses cinquante ans cette année.
Comme beaucoup de français de ma génération, je connais bien cette chanson. J'ai dû l'entendre souvent à la radio et à la télé dans la première moitié des années 1970, mais ce n'est pas la version originale par Bobbie Gentry que je connais, mais la reprise par Joe Dassin sous le titre de Marie-Jeanne.
Dans son arrangement et ses paroles, cette adaptation cherche, même si c'est parfois maladroitement, à rester proche de l'original et c'est son grand intérêt, car elle a permis à tous les français de comprendre les paroles de la chanson, qui sont pour beaucoup dans son succès.
En effet, musicalement Ode to Billie Joe est toute simple, même si elle est prenante, avec la guitare de Bobbie Gentry, une basse et des cordes, mais ce sont ses paroles qui focalisent l'attention depuis un demi-siècle. Elles décrivent pourtant une situation toute simple, une scène de repas familiale dans une ferme du Mississippi, où il est question de la grande nouvelle du jour, le fait que Billie Joe MacAllister a sauté du pont sur la Tallahatchie. Et les questions que tout le monde se pose tournent autour de la relation entre la narratrice et Billie Joe, de ce qu'ils auraient jeté dans la rivière quelques jours plus tôt et bien sûr des raisons du suicide.
Il n'y a pas et il n'aura jamais de réponse à ces questions. Bobbie Gentry elle-même a dit qu'elle ne les connaissait pas. Apparemment, le thème principal de la chanson pour elle est l'indifférence de la famille à l'annonce de la mort de Billie.
Il se murmure de longue date que la chanson durait initialement sept minutes plutôt que quatre et que des couplets avaient été supprimés, qui éclaireraient peut-être les choses.
J'ai cru tenir le bon bout en découvrant les paroles manuscrites du début de la chanson, qui ont été exposées en ligne par la Bibliothèque JD Williams de l'Université du Mississippi.
Figurez-vous qu'il y a un bien un couplet en plus, avec un premier vers rayé à propos d'une Sally Jane Ellison qui a quitté la ville depuis la première semaine de juin, mais non seulement ce couplet n'apporte pas de réponses aux questions communément posées, mais c'est sûrement une bonne décision de l'avoir supprimé car sinon la chanson aurait quand même été moins mystérieuse. En tout cas, et ce n'est pas courant, cette chanson a marqué les esprits au point, en 1976, d'inspirer le film du même titre, écrit par Herman Raucher et réalisé par Max Baer, Jr.



J'ai été tout surpris à l'écoute de la face B du 45 tours, Mississippi Delta. Après Ode to Billie Joe, je ne m'attendais pas à entendre un titre électrique, de très bonne facture, qui n'est ni plus ni moins que du swamp rock, à la manière de ce qui allait faire le succès de Creedence Clearwater Revival peu de temps plus tard. A l'origine, c'est cette chanson qui devait être le titre principal du 45 tours, mais très vite les radios et le public ont préféré l'autre face.
Ode to Billie Joe a eu un énorme succès. Le 45 tours et l'album du même titre ont délogé les Beatles des classements des ventes aux États-Unis, ce qui n'était pas rien en 1967.
Bobbie Gentry a enchaîné les disques dans les années suivantes, dont une album avec Glen Campbell en 1968. Elle a eu d'autres succès, notamment en Angleterre, mais qui n'ont jamais atteint celui de ce premier disque. Elle a animé ses propres émissions de télé, a monté des spectacles pendant plusieurs années à Las Vegas. Elle a joué ainsi le jeu du show business pendant toutes les années 1970, mais au début des années 1980 elle a visiblement décidé de quitter la vie publique. Elle vivrait actuellement dans le Mississippi, pas très loin de la rivière Tallahatchie. Le pont dont il est question dans la chanson a été détruit en 1972, mais Bobbie Gentry nous a laissé son ode à Billie Joe.

On trouve depuis 2012 chez Kill Me Sarah une chronique de Marie-Jeanne et Ode to Billie Joe, qui prouve au moins une chose, c'est que nous sommes de la même génération.


27 octobre 2017

MODELS : Unhappy


Acquis au Record and Tape de Notting Hill Gate à Londres en 1984
Réf : AMS 8212 -- Édité par A&M en Angleterre en 1982 -- Promotion copy. Not for resale.
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Unhappy -/- Rate of change

Models est un groupe new wave australien qui doit être à peu près inconnu en France, ne serait-ce que parce qu'aucun de ses disques n'a jamais été diffusé par chez nous (La seule exception est peut-être le deuxième album, Local &/or general, celui qui contient les deux faces de ce 45 tours, dont il existe un pressage hollandais. Or, A&M était distribué par CBS, qui pressait en Hollande ses disques pour toute l'Europe continentale).
Pour ma part, j'ai découvert Models, comme souvent à l'époque, en fouillant dans la cave du Record and Tape Exchange à Londres. J'y ai d'abord trouvé leur premier album de 1981 AlphaBravoCharlieDeltaEchoFoxtrotGolf pour la somme faramineuse de 10 pence (soit guère plus de centimes d'euro). C'était complètement au pif, mais je ne l'ai pas laissé passer.
J'ai écouté le disque, il m'a bien plus, alors quelques temps plus tard j'ai investi, au même endroit, vingt fois plus d'argent (2 £) pour m'offrir l'album suivant, Local &/or general.
Notons que ces deux albums sont des exemplaires promo, revendus par des professionnels pour se faire un revenu complémentaire. Ces disques n'ont pas dû se vendre suffisamment en Angleterre pour qu'il s'en retrouve ensuite dans le marché de l'occasion.
Entre ces deux achats, probablement, j'avais acheté ce 45 tours promo du deuxième single tiré de l'album. Il en existe une version avec la même pochette que dans le commerce, mais celle-ci est très moche et je crois que je préfère ma pochette générique du label qui rend un bel effet quand elle est associée avec l'étiquette du disque.
C'est le guitariste-chanteur Sean Kelly qui est la figure principale du groupe sur la durée mais, dans les premières années, les autres membres du groupe (Janis Freidenfelds, Mark Ferrie et Andrew Duffield), composaient tous des chansons, dont certaines comptent parmi mes préférés.
Dans un entretien pour Australian Musician Magazine, Sean Kelly revient sur le parcours de Models et notamment sur la période de production du deuxième album.
Des démos ont été enregistrées en Australie pour le label australien Mushroom, puis le groupe est parti enregistrer l'album en Angleterre pour A&M, qui venait de les signer. Mushroom a trouvé les démos tellement bonnes qu'elles sont sorties en Australie sous la forme du mini-album Cut lunch, qui a eu du succès. Local &/or General est sorti ensuite, avec des photos de pochette signées Anton Corbijn et une nouvelle version de trois des six titres de Cut lunch.
La musique de Models est une new wave très pop et peu synthétique. Parmi les groupes de l'époque, on peut les rapprocher des Nits, d'Original Mirrors ou d'XTC, ou aux États-Unis de Human Sexual Response, des dB's ou des Bongos.
Unhappy est une excellente chanson, bien représentative du groupe, complète avec ses rires moqueurs. Les paroles sont toutes simples ("Le bonheur est absurde. J'aimerais vraiment être heureux, ça doit être mon tour."). La chanson se termine sur une voix de speaker professionnel qui doit lire une petite annonce de rencontres (un peu comme pour Top ten sexes de Lewis Furey).
C'est dommage que ce soit coupé ici entre les deux faces du 45 tours, mais sur l'album ça enchaîne directement sur Rate of change, un instrumental à l'atmosphère caribéenne, que j'aimais beaucoup à l'époque, tout comme Uncontrollable boy (I'm just an), le titre chanté dans la même veine qui était sur le premier album. Ça préfigurait sûrement mon intérêt pour la musique des Antilles.
Je conseille en tout cas aux amateurs du genre de se mettre en quête de ces deux premiers albums de Models. Il n'y a pas eu de grand programme de rééditions, mais plusieurs compilations CD ont été publiées, et les disques originaux ne sont pas très cotés.

22 octobre 2017

MICHOU : Largu' la sauce


Acquis chez Hervé L. à Épernay le 24 juillet 2017
Réf : 77.0018 -- Édité par Royal en France en 1978
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Largu' la sauce -/- Tombé levé

Après le Marie-Josée et Roger Clency et le Goguin Hounzinmé, voici un troisième disque pêché chez Hervé cet été.
J'avais déjà trois disques de Michou, une chanteuse de La Réunion qui a démarré sa carrière très jeune sous la houlette de son père Narmine Ducap. Sur les deux premiers, l'un où elle accompagne Narmine et ses Rythmes et l'autre où elle chante L'amour y fait mal, elle a une voix de gamine. J'ai aussi un de ses succès de 1977, Mam'zelle Paula.
Quand ce 45 tours est sorti en 1978, Michou avait 18 ans et sa voix avait mûri. Dès la première écoute, les deux chansons m'ont beaucoup plu. Largu' la sauce est un excellent titre de Maloya, doux et serein, et les chœurs sur le refrain sont du plus bel effet. Tombé levé est plutôt du séga il me semble, et là il y a une partie de cuivres remarquable.
Pour une fois, j'ai trouvé une transcription des paroles des chansons (Largu' la sauce et Tombé levé). Ça aide un peu, mais pas de miracle : je ne comprends pas le créole pour autant !
Les mots du titre Larg' la sauce m'ont évidemment évoqué celui de l'album Largue la peau de Sages Comme Des Sauvages et aussi le Larg pa lo kor de Christine Salem.
Ce n'est qu'après coup que j'ai découvert que l'album Vol. 1 - Tombé levé de Michou, dont ce 45 tours est tiré, avait été enregistré non seulement avec Narmine Ducap et ses musiciens, comme d'habitude, mais aussi avec les membres du groupe Caméléon, parmi lesquels on comptait Renaud et René Lacaille, Loy Ehrlich et le désormais légendaire Alain Peters, dont Sages Comme Des Sauvages a justement repris deux titres sur son album. Tous les liens se tissent !
Michou quant à elle se produit toujours régulièrement sur scène. Sa fille Laurence poursuit la lignée familiale en se produisant sous l'intitulé Laurence Acoustic Songs.

21 octobre 2017

BILLY ZE KICK ET LES GAMINS EN FOLIE : Mangez-moi ! Mangez-moi ! Remix


Acquis sur le vide-grenier de la rue de l'Hôpital à Épernay le 16 août 2015
Réf : 2428 -- Édité par Shaman en France en 1994 -- Disque promo interdit à la vente
Support : 33 tours 30 cm
Titres : Mangez-moi ! Mangez-moi ! (Funik remix) -- Mangez-moi ! Mangez-moi ! (Chicken remix) -/- Mangez-moi ! Mangez-moi ! (Ragga mix) -- Le chant du Ψlo

Une chanson pour un après-midi d'automne...
Il y a deux ou trois vide-greniers par an rue de l'Hôpital à Épernay. J'en suis souvent rentré bredouille mais, au fil du temps, j'y ai quand même trouvé un bon paquet de disques intéressants, dont plusieurs ont été chroniqués ici.
Mais, en août 2015, j'y ai carrément fait une bonne moisson, puisque j'en suis revenu avec des singles CD d'XTC et de Tindersticks, le CD regroupant ensemble les deux albums des Marine Girls et des 45 tours d'Eric B. and Rakim et Jeanette. Sur un même stand, j'ai aussi acheté trois maxis promo qui venaient sûrement d'un DJ de discothèque ou d'un animateur radio : un extrait "Spécial club" de la compilation Pop à Paris, Beaux dimanches d'Amadou et Mariam et ces remixes du tube de Billy ze Kick et les Gamins en Folie.
Comme j'ai eu l'occasion de le raconter il y a déjà plus de onze ans et demi, j'ai eu la chance de voir le groupe en concert le 7 décembre 1991 à Rennes à l'occasion d'un apéro-concert organisé par la Férarock. Du coup, ça fait bien longtemps que j'ai plusieurs versions de Mangez-moi! Mangez-moi !, mais j'ai quand même été bien content de récupérer ce maxi, ne serait-ce que parce que sa pochette, colorée et joyeuse, est à mon sens la plus réussie des trois (les deux autres étant celle du maxi aux Productions du Fer et celle du tube chez Shaman). En plus, elle s'accorde parfaitement avec le Rigolus qui sert d'emblème à Vivonzeureux!.
On peut juste avoir l'impression fugitivement que les psylos sont des spermatozoïdes grossis quelques milliards de fois, mais ça c'était déjà vrai dès les débuts du groupe puisque, sur le carnet de chant distribué lors de leurs premiers concerts, ils avaient cru bon de préciser à propos du champignon : "Attention, ceci n'est pas un spermatozoïde !!".
De mon côté, j'ai toujours eu un problème avec l'expression "Ouvre les volets de la perception" car, même sans jamais avoir ingurgité de champignons hallucinogènes, je visualise à chaque fois que je l'entends un fonctionnaire des impôts qui ouvre boutique !



En lisant aujourd'hui la biographie du groupe, j'ai appris que c'est une chronique du premier album de De La Soul dans Les Inrockuptibles (où il était question de "gamins en folie ne respectant rien et pillant les poubelles de la musique") qui avait inspiré à la fois le choix de son nom et la chanson 1er avertissement.
Je trouve assez maladroit de la part du label Shaman d'éditer un maxi à l'attention des radios et des discothèques et de le faire tourner en 33 tours : on sait bien que les DJ préfèrent les 45 tours et on peut être certain que nombre d'entre eux se sont fait avoir et ont passé le disque à la mauvaise vitesse.
Sur la face A, on trouve deux remixes qualifiés de "consensuels". Je ne sais pas trop ce qu'il faut comprendre, si ce n'est qu'ils sont un style techno-house sans grande originalité et se dispensent du sample du Right time des Mighty Diamonds qui forme l'ossature des mixes originaux, qu'on retrouve en face B.
Ces remixes n'ont rien d'infamant mais, comme souvent, ils n'apportent pas grand chose d'intéressant à la chanson. J'ai quand même une préférence le Chicken remix et sa ligne de basse par rapport au Funik remix. Deux autres remixes "danse" de Mangez-moi ! Mangez-moi ! ont été publiés plus tard sur le maxi d'O.C.B.
Pour une fois, la version de ce maxi diffusée commercialement est peut-être plus intéressante que ma version promo, car le Ragga mix, la version la plus diffusée du morceau, y est remplacée par une version Remixe-le moi ! qui est une version a cappella pour qu'on puisse laisser libre cours à son imagination musicale.
On est bien loin aujourd'hui des quelques polémiques sur la promotion des drogues qui ont accompagné le succès de Mangez-moi ! Mangez-moi !, mais je repense quand même souvent à ce fait divers relaté dans la presse à l'époque : des gendarmes avaient planqué pendant plusieurs jours dans les bois de Saint-Imoges, entre Épernay et Reims, pour y surprendre des cueilleurs de psylos. Par la suite, le champ avait dûment été passé au bulldozer pour l'en débarrasser des champignons !


Billy ze Kick et les Gamins en Folie, Mangez-moi ! Mangez-moi !, la première vidéo.


Billy ze Kick et les Gamins en Folie, Mangez-moi ! Mangez-moi !, la deuxième vidéo.


Billy ze Kick et les Gamins en Folie, Mangez-moi ! Mangez-moi !, en direct dans l'émission Le Cercle de minuit sur France 2, le 30 mai 1994.


Billy ze Kick et les Gamins en Folie, Mangez-moi ! Mangez-moi !, en direct dans l'émission Nulle part ailleurs sur Canal Plus, en octobre 1994.

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