20 mai 2017

TONY MILTON : À l'Épi-Club


Acquis sur le vide-grenier de Germaine le 30 août 2015
Réf : 90 S 366 -- Édité par Versailles en France en 1962
Support : 45 tours 17 cm
Titres : Meet me at the Madison Square -- I can't stop loving you -/- Oh yeah, ah ah -- Well I told you

Bon, j'ai plus ou moins entrepris de ranger ensemble certains de mes 45 tours arrangés et dirigés par Mickey Baker. C'est en partie pour ça que j'étais retombé sur le Vic Upshaw.
Je me doutais bien que, au long de son riche parcours, le Popcorn n'était pas la seule "nouvelle danse" à laquelle il s'était attaqué. Rien que pour la période 1962-1965, j'ai trouvé dans l'impressionnante liste des sessions publiée par Surfinbird, des mentions du Twist, de la Bossa Nova (chez Régine) et du Snap.
Mais il y a eu surtout le Madison, que Mickey Baker a largement contribué à populariser avec Le grand M de Billy Bridge.
Je l'ai. Pas mal, surtout l'orgue et la deuxième partie, mais le chant est très variété. Je lui préfère ce disque de Tony Milton sorti quelques semaines plus tard, lui aussi avec "Arrangements et orchestre, Mickey Baker", avec un gros rond "Madison" au recto et la mention de ce mot dans le titre principal.
L'Épi-Club mentionné sur la pochette est le premier club ouvert par Jean Castel, en 1957. J'ai aussi un 33 tours paru à la même époque, Twist à l'Épi-Club.
J'ai écouté ce disque quand je l'ai acheté en 2015, mais sûrement un peu distraitement. Il faut dire qu'il était dans la pile qui contenait le Bobby Lewis et le Chiefs (l'ancien propriétaire est le même) et en plus son écoute n'est guère confortable : si la pochette est en état tout à fait correct, le disque est râpé et, même lavé à l'eau, il craque, fait plein de parasites et compte deux ou trois rayures.
Là, je l'ai réécouté et je trouve toujours la face A assez quelconque. Meet me at the Madison Square est un original co-signé par le chanteur et Mickey Baker. I can't stop loving you est une reprise de Don Gibson. Pour une fois que ce n'est pas Oh, lonesome me qui est repris, c'est sa face B ! Cette chanson de 1957 a été un succès pour Ray Charles en 1962, et ce n'est absolument pas un hasard si on la retrouve ici.
En effet, Tony Milton, de son vrai nom Tony Middleton, est un chanteur américain. Comme beaucoup d'artistes noirs américains qui trouvaient chez nous un bon accueil, il est venu faire carrière à Paris en 1962. Contrairement à Memphis Slim et Mickey Baker, qui sont restés en France toute leur vie, lui est reparti aux États-Unis après quelques années, mais il a enregistré quelques disques chez nous, dont celui-ci. Selon la citation que l'on trouve chez Soul Music HQ à propos de ce disque, Tony a dit "Ouais, ils voulaient un truc à la Ray Charles, alors c'est ce que j'ai essayé de leur donner.".
Le quatrième titre du disque, pas mal du tout, est d'ailleurs une reprise de Well I told you, une chanson créée en 1961 par Richard Barrett and the Chantels, qui est une réplique à Hit the road Jack.
Mais la perle du disque, et cette fois à la deuxième écoute je ne m'y suis pas trompé, c'est Oh yeah, ah ah, un original de Mickey Baker, un rhythm and blues entraînant et dansant, parfaitement chanté par Milton, avec un saxophone bien épais et un très bon rythme.
Chez Surfinbird toujours, on apprend que l'enregistrement s'est fait le 23 mai 1962, et que l'orchestre de Mickey Baker comprenait ce jour-là Ivan Julien, Raymond Katarzynski, Hubert Rostaing, William Boucaya, Georges Arvanitas, Barthélémy Rosso, Léo Petit, Pierre Michelot, Arthur Motta, Armand Molinetti et des chœurs féminins.
Ce titre n'a été édité qu'en France, mais il vaut bien des productions américaines.
En cherchant la chanson en ligne, j'ai découvert qu'on voit Tony Milton l'interpréter dans le film Nous irons à Deauville.
Un gars a eu la bonne idée de mettre l'extrait correspondant sur
YouTube:



Ça me convient parfaitement, mais si ça vous dit, vous pouvez même vous taper le film entier sur YouTube (voir ci-dessous), avec Louis de Funès et Michel Serrault dans leurs œuvres. Moi, j'ai tenu cinq minutes.
J'ai donc encore trouvé une perle inconnue en chinant dans mes propres étagères. J'espère que d'autres s'y cachent encore !
Quant à Tony Middleton, il est assez vite retourné aux États-Unis où, aux dernières nouvelles, il poursuivait sa carrière de chanteur. Dans les années 1960, il a notamment enregistré une version de My little red book avec l'orchestre d'un de son compositeur Burt Bacharach.

La Bibliothèque Nationale de France, établissement public s'il en est, a confié à des sociétés privées le soin de numériser son exemplaire du disque de Tony Milton, ainsi que des milliers d'autres faisant partie non seulement des collections publiques, mais aussi plus largement du domaine public.
En foi de quoi, aux termes des contrats signés, il faut payer 0,99 € par titre pour accéder à ces chansons, ou attendre encore quelques années pour qu'elles soient effectivement disponibles librement.
D'ici là, on doit se contenter de 30 secondes d'écoute, sur le site Bnf Collection par exemple. Ce qui laisse juste assez de temps pour s'interroger sur l'étrange mention "Copyright BNF Collection 2014" qu'on y trouve.



1 commentaire:

Pol Dodu a dit…

Je viens de découvrir que, peu de temps après celle-ci, Mickey Baker a publié sa propre version de Oh yeah, Ah ah. C'était en face B du 45 tours Zanzie, également chez Versailles.
A part le prononcé du titre à plusieurs reprises, elle est instrumentale, et la guitare y est bien sûr bien plus présente que sur la version chantée.

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