02 juillet 2017

JACK SCOTT : There comes a time


Offert par Claire B. à Châlons-en-Champagne le 1er juillet 2017
Réf : REL 10.070 -- Édité par London en France en 1961
Support : 45 tours 17 cm
Titres : There comes a time -- Baby Marie -/- The way I walk -- Midgie

Pour les disques, elle a du flair ma sœur Claire !
Depuis quelques temps, elle a pris la bonne habitude d'acheter à mon intention un ou deux 45 tours lorsqu'elle en trouve en brocs. Jamais cher, toujours au pif, mais pas complètement au hasard puisque, la plupart du temps, elle tombe sur des disques susceptibles de m'intéresser, la preuve en est qu'il y en a quelques-uns que j'ai déjà, comme récemment le Space Art que je venais de chroniquer.
La semaine dernière, elle a enchaîné à Châlons les deux mêmes vide-grenier au Mont-Héry et au square Robert Antral qui en 2016 m'avaient rapporté le Johnny "Rock" Feller et le Sister Rosetta Tharpe. Je les avais trouvés au Mont-Héry. Elle, c'est au square qu'elle a acheté trois EP pour 2 € : celui-ci, une bizarrerie associant Louis Armstrong et Bing Crosby, et le Deep in the heart of Texas de Ray Charles en meilleur état que l'exemplaire que j'avais déjà.
Quand Claire m'a annoncé au téléphone qu'elle m'avait acheté un disque de Jack Scott, j'ai eu un coup au cœur. Je lui ai demandé de me donner les titres du disque. Il y a eu un peu de suspense car le titre que j'espérais entendre, The way I walk, n'est que le troisième du disque, mais je n'en reviens toujours pas d'avoir désormais un exemplaire d'époque de l'enregistrement original de cette chanson.
En effet, pour moi, Jack Scott n'est associé qu'à cette chanson, surtout à la version que The Cramps ont enregistrée en face B de leur premier single, reprise sur le maxi Gravest hits.
Mais la carrière de Jack Scott, né au Canada en 1936, ne peut se résumer à ce seul titre. Il a fait ses débuts sur disque en 1956 et a placé dix-neuf titres sur une période de trois ans et demi dans le classement Billboard des meilleures ventes, presque tous écrits par lui. Cet EP reprend ses septième et huitième singles, sortis tous les deux en 1959 aux États-Unis.
Je ne sais pas comment cet exemplaire a atterri à Châlons, mais c'était à l'origine un cadeau. Il y a un message pour l'accompagner, non pas sur la pochette comme le plus souvent, mais sur les deux étiquettes centrales, en anglais sur une face, en espagnol sur l'autre, pour dire à peu près la même chose : c'est en souvenir du premier disque de Jack Scott et pour l'anniversaire de Françoise.
Sans aucun doute, la perle ici c'est quand même The way I walk. C'est surprenant au départ car, même si les paroles sont les mêmes ("Touch me baby and I'll go hog wild"), il n'y a rien de comparable dans le chant de Jack Scott avec la sauvagerie de Lux Interior, et les premières secondes laissent penser qu'on va avoir affaire à quelque chose d'un peu trop propret. Mais c'est une chanson très riche, avec plein d'écho sur le chant, les chœurs doo-wop des Chantones, un solo de saxophone très rhythm and blues par George Katsakis des Royaltones, suivi d'un autre de guitare, très rockabilly.
Chez Michigan Rock and Roll Legends, on apprend que ce titre a été enregistré juste avant que Scott soit appelé à l'armée début 1959. Il n'avait écrit que deux couplets alors, pour faire durer le plaisir, il a fait répéter "Oo-wee, oo-wee, oo-wee, oo-wee, doo-wah" aux Chantones. Au bout du compte, ça fait beaucoup pour l'originalité et l'étrangeté de cette chanson.
Avec les mêmes participants, la face B de ce single, Midgie, est excellente également, dans un moule rockabilly plus classique.
Ma première réaction à l'écoute de There comes a time, c'est que c'était beaucoup plus gentillet, un titre sur un tempo moyen, dans la veine de ce qu'Elvis Presley faisait avec les Jordanaires. C'est vrai, mais c'est d'excellente tenue, parfaitement chanté, et c'est tout sauf de la soupe. Baby Marie poursuit dans ce style.
Avec un disque comme ça qui m'arrive sur un plateau, moi je dis que la vie est belle. A ce rythme, plus besoin d'aller retourner des dizaines de disques de variétoche de bon matin sous la pluie pour ne rien trouver. Je vais me contenter de réceptionner les cadeaux, et il n'est pas obligatoire d'être de ma famille pour m'en faire. Mais avec ce disque et le Yesterday's Children de Philippe R. l'an dernier, la barre est placée haute !

2 commentaires:

Anonyme a dit…

ah ben oui c'est excellent, bel objet que tu apportes dans cette planète Claire, si j'ose dire. Par ailleurs père Dodu j'avoue que je reste pantois d'admiration devant cette 1ère phrase proche du chef d'oeuvre, on la croirait sorti d'un polar français NRF des années 50, je cite:
"Pour les disques, elle a du flair ma sœur Claire", franchement je rêve d'une suite....

Pol Dodu a dit…

C'est rarement le cas dans le blog, mais il y a certaines phrases que je travaille avant la rédaction, et souvent tu les remarques !
Celle-ci en fait partie. Elle m'est venue ce matin, et j'ai mis le "Pour les disques" au début plutôt qu'après "flair" pour que ça sonne mieux.

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