17 décembre 2017

BILLY SWAN - SANTANA : Dialogue...


Acquis chez La Ressourcerie de l'Île à Rezé le 9 décembre 2017
Réf : ESP 12040 -- Édité par CBS Special Products en France en 1976
Support : 45 tours 17 cm
Titres : BILLY SWAN : I can help -- SANTANA : Evil ways (Extrait) -/- BILLY SWAN : Don't be cruel (Slow version) -- SANTANA : Oye como va (Extrait)

Drôle d'objet que ce disque, trouvé à la ressourcerie de Nantes la semaine dernière.
On comprend qu'il a été réalisé pour une opération commerciale de la banque Crédit Mutuel (dont le logo n'a pas changé en plus de quarante ans), mais laquelle ? Peut-être quelque chose de festif vu le dessin ? Et il y a ce titre Dialogue..., dont on serait bien incapable de dire s'il se rapporte à la relation entre la banque et ses clients où aux deux artistes présents sur le disque. Car c'est une des autres particularités de ce 45 tours d'associer dans ses sillons Santana et Billy Swan, qui n'ont a priori en commun que d'avoir été tous les deux distribués par CBS en France en 1976 ! Et puis, ce 45 tours n'est pas tout à fait un EP, car les deux titres de Swan sont complets, mais ceux de Santana ne sont que des extraits.
La pochette est signée Xavier Armange. Je pensais comme souvent avoir affaire à un inconnu, mais non ! Il a certes débuté dans la communication, mais est désormais réputé comme écrivain, illustrateur, photographe et éditeur. N'en jetez plus ! Je ne sais pas s'il y a un rapport, mais j'ai acheté mon disque dans l'agglomération nantaise et Xavier Armange est originaire de cette ville. Ce qui est sûr en tout cas, c'est que la maison d'édition D'Orbestier qu'il a fondée et sa filiale jeunesse Rêves Bleus ont actuellement leur siège dans la rue même où je logeais le week-end dernier !
Je me suis surpris moi-même en découvrant que j'avais déjà chez moi trois 45 tours de Billy Swan, mais le plus étonnant c'est qu'aucun de ces disques n'est I can help, son méga-tube, que j'ai pourtant beaucoup aimé quand on l'entendait partout par chez  nous en 1975. Je ne comprends pas pourquoi je n'ai encore jamais acheté le 45 tours du commerce qui est très courant.
Certes, Billy Swan n'a jamais renouvelé ce succès, mais il serait faux de dire que c'est l'homme d'un seul tube : il a composé au début des années 1960 la chanson Lover please, dont Clyde McPhatter a fait un succès en 1962. On en trouve une version par son auteur sur son premier album de 1974, aussi intitulé I can help, mais la version définitive pour moi, même si elle a peu à voir avec les autres, restera éternellement celle, instrumentale, qu'on trouve sur l'album Back in your life de Jonathan Richman & the Modern Lovers.
Réputé comme auteur, musicien de session et producteur (il a travaillé sur Polk salad Annie de Tony Joe White), Billy Swan ne s'attendait sûrement pas à se retrouver sur le devant de la scène avec son premier album sous son nom. Il a composé I can help accompagné d'une boite à rythmes sur un petit orgue électrique offert pour son mariage par Kris Kristofferson et Rita Coolidge. Ça s'entend dans la version finale, portée par cet orgue, qui fonctionne sûrement grâce à son rythme chaloupé et son petit hoquet de refrain qu'est "I can help".
L'autre titre de Billy Swan sur ce disque est aussi extrait de l'album, une excellente version ralentie de Don't be cruel d'Elvis Presley. Billy et Elvis se connaissaient depuis que Billy Swan avait séjourné pendant plusieurs mois à Memphis en 1963 : il logeait chez Travis Smith, l'oncle d'Elvis qui était aussi le gardien de Graceland. Elvis a enregistré sa propre version d'I can help, très fidèle à l'originale, en 1975 pour son album Today.
Le seul titre de Santana qui m'a vraiment intéressé dans les années 1970, c'est son instrumental Europa. Jusqu'à ce que j'écoute mon disque cette semaine, je ne crois pas que je connaissais Evil ways. C'est une reprise d'un titre de 1967 de Willie Bobo qui est très importante pour Santana : on la trouve sur le premier album du groupe et, sortie en 45 tours, ce fut leur premier succès. Ils en ont donné une version mémorable au festival de Woodstock en 1969. Le plus étonnant, c'est que, avec l'orgue, l'enchaînement d'I can help et d'Evil ways fonctionne très bien.
J'ai connu Oye como va pas au moment de la sortie de l'album Abraxas en 1970 mais au début des années 1980 par l'intermédiaire de la version qu'en donnait sur scène un groupe de copains de Châlons dont je n'arrive pas à retrouver le nom. Mais une fois encore, l'original n'est pas de Santana : il s'agit d'un titre de 1963 écrit par Tito Puente. C'est une chanson latino-rock qui m'a toujours bien plu.
Dommage qu'il n'y ait de la place que pour des extraits de ces deux titres de Santana sur mon disque. En tout cas, en le choisissant, je ne pensais pas faire une aussi bonne affaire.


Billy Swan, I can help, en direct dans l'émission The midnight special de Burt Sugarman.


Billy Swan, Don't be cruel.


Santana, Evil ways, en concert au Tanglewood à Lenox, le 18 août 1970.


Santana en concert au Tanglewood à Lenox, le 18 août 1970 (Oye como va à 13'19 s).

2 commentaires:

Monsieur Vinyle a dit…

Je vois que tu ne connais pas Santana et c'est un tort ;-)
Les premiers albums sont des merveilles.
Et Abraxas est en fait sorti en 1970.
Europa est à mon avis bien moins intéressant mais c'est une histoire de gout.
Billy Swan a aussi bercé mon adolescence avec son tube, et je ne l'ai pas non plus ;-)

Pol Dodu a dit…

Jusqu'ici ça ne m'a jamais trop manqué de ne pas m'être intéressé à Santana, mais après ça je vais essayer d'écouter au moins le premier album.
"Europa", on l'entendait à la radio et des copains l'avaient. Avec mon frère, on aimait bien, mais on n'a jamais été jusqu'à acheter le disque.
J'avais mélangé la date de sortie d' "Europa" avec celle d' "Abraxas" : j'ai corrigé !

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