31 mars 2018

SENIOR MODEL : Piano bar


Acquis par correspondance chez Bandcamp le 27 février 2018
Réf : [Sans] -- Édité par Senior Model via Bandcamp en 2018
Support : 9 x MP3
9 titres

Vous vous souvenez peut-être que Senior Model est une identité utilisée depuis quelques temps par Alig de Family Fodder pour publier de la musique sur Bandcamp.
C'est sous ce nom qu'on avait découvert l'an dernier les démos de ce qui est devenu il y a peu l'album Easily listening (not) de Family Fodder. Et, ces dernières semaines, c'est un vrai feu d'artifice car, outre la sortie du CD de Family Fodder, on a vu apparaître plusieurs parutions de Senior Model sur Bandcamp.
Tout n'est pas dans mes goûts là-dedans, quand on touche au piano solo (Piano meditations), à la guitare acoustique également en solo (Fret noise), ou à de la musique de style "New Wage" (bien vu !) avec Book of changes 1-16 et 17-32.
Mais il y a une autre série d'instrumentaux qui m'a bien plu, et c'est presque surprenant car on est dans un domaine jazzy.
En effet, Piano bar, c'est Alig qui interprète à sa façon des standards de la bossa nova, du jazz ou de la pop.
Ça peut surprendre, venant de quelqu'un qui a débuté en pleine période New Wave, mais ça ne devrait pas, car on a surtout la preuve ici qu'Alig a de la suite dans les idées.
On trouve ici Gnossos, une version de Gnossienne n° 1 d'Erik Satie, une composition que Family Fodder avait adaptée en 1982 pour en faire le 45 tours The big dig. Quant à The windmills of your mind, la composition de Michel Legrand pour la bande originale du film L'affaire Thomas Crown, c'est en 1983 que Family Fodder l'avait reprise sur le double album All styles, un disque qui m'avait beaucoup déçu au moment de sa sortie.
Alig m'a présenté ces enregistrements comme étant le produit de son "live one man jazz piano trio". A l'écoute, j'ai bien entendu du piano, de la basse, et diverses percussions, dont diverses sonneries et bruitages qui rendent le tout très ludique. Mais je voyais mal comment tout ça pouvait être joué "live", c'est à dire en direct en une seule fois.
J'ai eu un peu de mal à comprendre l'explication, mais elle montre qu'on peu être inventif en exploitant une technique qu'on a à sa disposition. Dans ce cas précis, il s'agit du MIDI et de la façon dont Alig utilise son clavier : quand il joue, les notes sont envoyées vers trois échantillons sonores différents : la basse, le piano et les  percussions. Le clavier est divisé en deux : à main gauche, les notes produisent de la basse et à droite, c'est du piano. Pour les percussions, les différents instruments sont distribués sur certaines notes et apparaissent un peu au hasard, au fil du jeu, ce qui ajoute beaucoup de charme à la prestation. Alig joue sur un "mode duophonique-contrapuntique avec une forte main gauche" et, bingo !, il se transforme effectivement en trio de jazz à lui tout seul !
Je crois que le projet original était d'enregistrer de la bossa nova. On en a deux exemples ici avec She looks straight ahead (The girl from Ipanema) et Corcovado, une autre composition d'Antonio Carlos Jobim, plus Sincerity, qui est une version de Guantanemera, et Concerto d'Aranjuez.En-dehors du monde latino, on trouve dans le répertoire de ce Piano bar, Love her, une version de And I love her des Beatles, qui est devenu au fil du temps un standard en version instrumentale, et deux prises de Take five, dont la version Girls, où des voix samplées remplacent la basse, ce qui donne un effet très Michel Legrand.
Avec un tel répertoire en version instrumentale, la touche "easy listening" est cette fois difficile à nier mais, avec des mélodies ancrées dans nos têtes et des percussions surprenantes, c'est surtout un album que j'ai grand plaisir à écouter.




1 commentaire:

Anonyme a dit…

rien qu'au 1er morceau l'effet est spectaculaire et sans les explications tout cela semble insensé ,riche idée du senior M., dans l'inconcevable abondance de la production musicale ça fait plus que du bien d'entendre le travail un artisan.

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